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University of Ottawa
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MAATSCHAPPIJ
DER
ANTWERPSCHE BIBLIOPHILEN
UITGAVE Nr 31.
Exemplaar voor den handel
De Voorzittkr,
De Secretaris,
Antwerpeii. Driikk. J,-E. Buschmann. Rijnpoortvest.
CORRESPONDANCE
DE
CHRISTOPHE PLANTIN
PUBLIÉE PAR J. DENUCÉ
CoHservaleiir du Musée Planlin-Moretus.
— VI. —
DE NEDERLANDSCHE BOEKHANDEL
'S GRAVENHAGE
MARTINUS NIJHOFF
1916
^mmmmmmmmu
PRÉFACE
^ES années 15 78-1 581, auxquelles se rapporte le
sixième tome de la Correspondance de Plantin,
comptent parmi les plus troublées dans l'histoire
politique de nos provinces. Don Juan d'Autriche, nommé
gouverneur des Pays-Bas le lendemain de la Furie espa-
gnole, avait été déclaré à son tour traître à la patrie ; le
pouvoir suprême est offert à l'archiduc Mathias, jeune
ambitieux de vingt et un ans. En même temps (1578),
Alexandre Farnèse, duc de Parme, est délégué par
l'Espagne pour remplacer don Juan. Immédiatement, il
engage la lutte contre Mathias et les Etats généraux, lutte
dans laquelle, à la longue, les Pays-Bas du Sud devaient
succomber.
En 1578, l'archiduc et les États généraux étaient venus
s'établir à Anvers. Plantin, par décision du 17 mai, est
nommé imprimeur officiel des nouvelles autorités. Il prie
ses correspondants de ne plus l'appeler « Architypographe
de Philippe II », tout en protestant de son attachement
personnel au roi. On devine la situation ambiguë de
Plantin : il imprime l'édit qui proclame Philippe II
déchu de ses droits au trône des Pays-Bas ; lui ou son
gendre Raphelingien, publie la plus forte diatribe de
l'époque contre la pohtique espagnole, Tyrannies et cru-
431140
VIII —
aute^ des Espagnoles perpétrées es Indes Occidentales; d'un
autre côté, par l'intermédiaire du secrétaire royal, Gabriel
deÇayas, et du confesseur de Philippe H, Arias Montanus,
il déclare rester le serviteur dévoué du roi. Dans la
correspondance avec ses amis espagnols, on voit alors
Plantin déployer cette habileté diplomatique spéciale dont
la nature l'avait doué et dont il usera plus tard pour se
défendre d'avoir accepté, à Leyde, des fonctions à
l'université calviniste. La dernière lettre du présent recueil,
adressée à Matai Metellus, est typique sous ce rapport :
c'est un véritable réquisitoire, non pas contre Philippe II,
mais contre ses ministres, sur qui l'imprimeur rejette la
faute de ses malheurs financiers et à qui il reproche de
l'avoir obligé à servir les États généraux.
La pièce est intéressante à un autre point de vue
encore. Par inadvertance, Plantin a laissé dans le brouillon
de cette lettre, dont nous avons une copie au net, un
long passage relatif à Hubert Languet, le fameux polé-
miste français. Nous y apprenons que l'imprimeur avait
été son homme de confiance, chargé même de prendre
soin des dernières dispositions du publiciste protestant,
qui était venu mourir à Anvers en 1581.
De plusieurs autres lettres reproduites dans ce volume,
il ressort que l'architypographe était aussi lié avec les
chefs des Calvinistes qu'avec les représentants autorisés
du culte catholique. En général, un ton plus dégagé
caractérise la correspondance de ces années. Les États
généraux, incontestablement, avaient inauguré un régime
de plus grande liberté d'expression. « La franchise,
écrit Plantin à l'historien écossais Georges Buchanan
en 1581, est ores en ces pais icy propre a ne rien
obmectre des matières que durant le règne Espagnol on
- — IX —
n'eust jamais souffert, ainsi que pouvés bien le scavoir
et juger par ce livre De la vérité de la religion Chrestienne
que je vous prie recevoir en gré ». Cette nouvelle publi-
cation hardie était l'œuvre d'un écrivain calviniste
français, plus connu même que Languet : son ami
Philippe de Mornay, Seigneur du Plessis-Marly.
Honoré de la confiance de Languet et de Mornay en
France, de Daniel Rogers et Buchanan en Angleterre,
de Dousa et de Lipse en Hollande, de Metellus et Gobe^
liusen Allemagne, Plantin préféra néanmoins rester fidèle
à l'Église catholique. Avec l'âge, on le voit s'occuper de
plus en plus de mysticisme religieux, s'absorber surtout
dans la contemplation de la vie de Jésus-Christ. Il devient
le véritable chef de la secte anabaptiste de Barrefelt, ou
de la Famille de la Charité. Dans ses lettres à ce dernier
et à Arias Montanus, Plantin ne désire plus que voir,
avant sa mort, l'achèvement du livre des Témoignages du
Thrésor caché, la bible de la congrégation de Barrefelt.
Nous ne possédons malheureusement qu'une minime
partie de la correspondance de Plantin avec les dissidents
de l'ancien culte : pas un mot de Languet, de Mornay,
de Dousa, ni de Juste-Lipse pendant son séjour en
Hollande, presque rien d^Arias Montanus, qui connaissait
les tendances de la Famille de la Charité. Si une partie
des lettres de Barrefelt sont restées aux archives du
Musée, c'est que les successeurs de l'architypographe
n'ont probablement rien compris au langage bizarre et
symbolique du fondateur de la secte. Nous en repro-
duisons ici le commencement.
Pour l'étude de la vie morale et intellectuelle au XVP
siècle, ces fragments de la correspondance secrète de
Plantin sont de première importance. La plupart des
esprits indépendants, érudits et artistes, semblent avoir
appartenu à cette société occulte de la fin du siècle. Il n'y
a pas lieu de s'en étonner, quand on apprend les plaintes
déchirantes de l'élite intellectuelle sur la situation de
guerre, d'anarchie et d'intolérance qui perdurait en
Europe. Plantin, dans ses lettres, en appelle aussi aux
princes et aux hommes en général pour « s'ouvrir à
des sentiments plus humains, car par les armes, les
perturbations actuelles ne pourront jamais finir ».
Le livre sur les sociétés secrètes en Flandre au XVP
siècle reste encore à faire. Qu'elles aient été plus floris-
santes ici que partout ailleurs, résulte de la grande activité
dans tous les domaines de l'art et de la science, allant de
pair avec l'essor économique d'Anvers, jusqu'au dernier
quart du siècle. Nulle part, le désir de pénétrer le mystère
de la vie, si caractéristique pour l'humanisme, n'a été
plus intense qu'ici. Il éclate, sous un aspect nouveau,
dans les Hieroglyphica de Goropius Becanus, paru en
1580 ; il continue à se manifester dans les innombrables
éditions d'Emblemata fournies par Plantin, comme, en
général, dans l'œuvre de nos architectes et graveurs dont
les motifs symboliques, dits de la Renaissance flamande,
ont eu une influence marquée bien loin au delà de nos
frontières, en Hollande et en Allemagne.
Parmi les publications plantiniennes des années 1578-
1581, il se trouve un nombre extraordinaire d'auteurs
anciens, commentés par Juste-Lipse, Antoine Muret,
Louis Carrion, André Schott, Guillaume Canters, Fulvio
Orsini, Rataller, Viperanus, Cruquius, Verrepasus, etc.
L'année 1579 vit paraître les œuvres de S. Jérôme, en
neuf tomes in-folio, faisant partie de l'imposante col-
lection des Saints Pères, promise par Plantin; les Octo
— ^ XI
Missce de Georges De la Hèle, la plus considérable des
impressions musicales de l'architypographe ; la première
édition plantinienne du Theairum, l'atlas universel d'Or-
telius; \esEntiées triomphales de l'archiduc Mathias à
Bruxelles et du prince d'Orange à Anvers. L'année
1580 restera mémorable dans les annales de l'officine
par l'édition des œuvres posthumes de Goropius Becanus,
avec introduction du futur évêque d'Anvers Torrentius,
dédiée à Arias Montanus. Des bibles hébraïques et latines,
en formats in-4" et in-8°, datent de la même année. En
1581, Plantin "acheva d'imprimer le grand Kniydtboeck
de Mathias de Lobel, les Plantarum seu stirpium icônes,
recueil de plus de mille gravures de plantes, dédié à
Gobelius, médecin du duc de Prusse ; enfin la première
édition plantinienne de la Descrittione di tutti i Paesi-Bassi
de Guichardin, éloquent témoignage de la civilisation
dans nos provinces, à son apogée, mais dont plusieurs
chapitres ne correspondaient déjà plus à la réalité, au
moment où l'ouvrage fut terminé.
J. Dexucé,
8o3- — Michel Sonnius à Plantin.
{Archives Plant iniemies, XCIII, f" 395),
30 Juillet 1578.
Je Michel Sonnius Libraire juré a Paris, confesse
avoyr promijs et promez par ceste a S*" Cliristophle Plan-
tin, en continuant l'accord passé entre ledict S' Plantin et
moy en la ville d'Anvers en Aoust 1577(1) de luij
rebastre de tous et chascung de livres de mon impression
donq en aurai] quantité que luij plera me demander, a
raison de quarente pour cent en prenant des livres in
folio jusques au nombre de cinquante exemplaires, et
des aultres comme in 4", 8° et 16° et aultres jusques au
nombre de cent exemplaires. Le tout en argent content,
comme aussi ledict S' Plantin m'a promis le semblable
comme apert par sa signature. Faict ce 30* Juillet 1578.
Michel Sonnius.
{Au dos :) Promesse reciprocque du Sig""
Michel Sonnius du 30 Juillet
1578.
(i) Voir pièce n" 774.
804. — Jacques Strada {i) à T)odoens et à Plantin.
{archives Plantiniennes, XCIII, fo 653).
Vienne, le 13 août 1578.
(Strada espère que Dodoens aura parlé à Plantin de ses proposi-
tions. II tient beaucoup à tomber d'accord avec l'architypographe sur
l'impression des travaux que Dodoens a vus chez lui et dont le D""
Blotius pourra donner d'utiles références. Ces ouvrages ont coûté
des sommes importantes à Strada, tant pour la copie que pour la
gravure de nombreuses planches. Il parle en premier lieu d'une
description de l'Italie, avec cartes et plans de villes, armoiries, anti-
quités, etc., le tout colorié. Les figures qui manquent seraient gravées
à Anvers, car à Vienne, il n'y a pas de maîtres-graveurs. Le livre serait
imprimé aux frais dePlantin ; Strada toucherait la moitié du bénéfice.
Suit l'énumération et la description succincte d'une foule de grands
travaux que l'antiquaire propose à Plantin d'éditer, notamment sept
tomes d'inscriptions anciennes, un inventaire de toutes les médailles
anciennes romaines, les médailles des empereurs romains, une bio-
graphie de Charles- Q.uint, les antiquités de la ville de Rome, un dic-
tionnaire en seize volumes d'auteurs latins, grecs, hébreux et chaldéens,
avec inscriptions et médailles s'y rapportant ; des livres de magie,
d'astronomie et de géomancie traduits de l'arabe ; une bible arabe, le
coran, un dictionnaire arabe-turc-persan, une chronique ottomane,
calendriers et astrolabes arabes, livres sur la castramétation chez les
Romains et chez le Grand Turc, des recueils d'architecture, les plus
beaux palais italiens, les colonnes Trajane et Antonine à Rome, celle
de Théodose à Constantinople, l'art de se vêtir chez les Romains, le
palais del Te près de Mantoue, les loggia des papes à Rome décorées
par Raphaël, etc. etc.).
Molto Mag'° et Ex"= Sig°' Dottor Car™°.
L'amorevolezza delà S. V. Car™" S°'' Dottore con la
sua dolce conversatione è rimasta apresso di me et rima-
nara in etterno (2) ; Creddo che quella habbia à memoria
[i libri scritti ch'vide nel mio studio deli quali V. S.
s'ofFerse volerne scrivere costi al S°' Plantino stampatore
Regio et volermi con esso lui far far amicitia & pratica ; .
ma ji negotij de la S. V. et li mei erano tali che non vi
fu tempo di poterci pensare como ora ô fatto et fo deli
continue ; et anche apresso alla S. V. costi ne potra à
bocca raggionare con il detto 3°" Plantino et vedere di
concluderne il negotio ; è ben vero che io creddo che lui
vi mettra difficulta non vedendo li libri. Impero io mi
sforzero di informarlo l'Indice meglio ch'io potro et
3 —
anche se à lui pincera di scrivere qui al S"' Dottor Blo-
zio (3) Bibliothecario C^esareo che vegghi detti libri io
mené contentero ; ma non voglio gia che altri le veghino
per qualche respetti.
Si debbe intendere che questi libri ame mi costano
assai danari a farli scrivere, et metter insieme e a disseg-
nare et far dissegnare li figure che entro vi vanno et farle
intagliare che in rame che in legno. Et prima parlaro
délia Descritione délia Italia, la quale à spese mia o
mandate à far rittrare délie Citta in Italia ch'io non
havevo ; et à caduna Citta ô fatto ritrarre tutte le Arme
délia Nobilta di esse Citta et tutte collorite. Apresso ho
fatto coppiare tutte le cose piu degne che sonno in esse
Citta ; cioe Antiquita di Edifitij Antiqui : Inscriptioni et
Epitavii antichi che stanno nei marmi scritte, con le loro
figure delli ornamenti ch'sonno d'intorno aile detti Ins-
criptioni : PoiChiesijPalazzi moderni,et altre cose degne,
et à cadauna Citta doppo la sua descritione nel fine neo
posto le figure sunominate, con le Arme délia sua Citta,
et poi delli Principi che in essa sonno nati et quando sonno
stati Imperadori neo posto la sua medaglia ritratta dal
antiquo con il suo roverso, et li Pontifici, Cardinali,
Veschovi^ Principi, Duchi, Marchesi, &c. neo posto la
sua Arme collorite, poi quelle délie Case 111* et nobilta
loro et ultimo neo posto li nomi di tutti gli huomini
Dotti con li nomi délie opère loro stampate, é non state
stampate, Questo ordine ô tenuto in tutta l'opéra. In
quest'opera, sonno intagliate in legno, et dessign^ate moite
Citta : & anche vene sonno alcune da intagliare, che digia
son dessignate sopra al legno tutte sonno di una gran-
dezza fatta giusto come sonno le figure deli Paesi piculi
che sonno nelli Commentarij mei di Cœsar, stampnti
— 4 —
in Francoforte {4). Le figure poi délie Région! délia
Italia saranno di magior forma, perche sonno carte di
Cosmographia, queste si potriano far in rame. Le Arme
di tutti li Pontefici et Cardinali, sonno tutti intagliate et
collorite si che questo libro tutto quello che attiene alla
scrittura e tutto finito et si puol stampare ; solum vi
mancha délie figure et Arme da intagliare et costi presto
si metteria alla fina perche vi sonno coppia de intagliatori,
et dissegnatori, cosa ch'qui in Vienna non si puol fare
per mancamento di Maiestri. Questo libro délia Italia per
la augmentation! délia Scrittura & figure che entro vi
andaranno accresciera piu di altro tanto del testo latino.
Il partito che lo ne vogUo fare sarra questo : lo daro il
libro con tutte le figure indissegno sopra alla carta bian-
cha ben fatti et finiti, io daro tutte le figure intagliate et
da intagliare et il stampatore lui à spese sua le fara intag-
Hare facendo lui ridurra li dissegni in minor forma sopra
al legno ô vero rame come piu a lui placera et ne farra
stampare mille o piu secondo ch'alui placera et io vi
avero parte del guadagno per la metta secondo che si
venderanno et tutto sarra stampato à spese del stampatore
non ne sentendo io gravezza alcuna di spesa di niuna
sorte. Le stampe saranno comune fra dinoi cioe la metta
per uno et niuno pottra vender la sua parte salvo che àl
compagno ; & dette stampe non si potranno adoperare in
altri libri senza la volunta del uno o vero del altro ; è
cetto quelle deli Papi & Car'' che queste mêle voglio
servare perme & non voglio chel stampatore vi habbia
parte niuna in esse ; la dedicatione del libro la voglio
rittenere per me, la mia marcha sia posta apresso à quella
del stampatore, nel titolo del libro ; & voglio che vi sia
fatta mentione che essie del mio Mus^eo si como sonno
quelli che son stampati avanti. Similmente voglio che sia
fatta la conventioni di tutti gli altri libri che si stampe-
ranno che qui sotto nominaro che questo ch'io ô sopra
parhito se intende in générale per tutti li libri cioe che io
non ci voglio metter in compagnia danaro alcuno salvo
le coppie, le figure che io mi trovero tanto intalgliate
quanto dessignate, et quelle che non sarranno dessignate
io le dissegnaro di mia mane in carta.
VII. Tomi de Inscriptioni Antique.
Questa sia una raccolta di tutte le Inscriptioni che
sonno nel Mondo in tutta l'Europa, Asia et Egypto rac-
colte con grandissima fattica & spesa di luoche dove
sonno State coppiate cioe Citta et altri sonno n° 5 140 (?)
fra questi Inscriptioni venue sonno infinité Grasche & vi
sonno dessignato, aie piu belle li loro ornamenti de intorno
come sta nel sasso dove sonno intalgliate et apresso vie
anche descritto detto sasso molto dottamente. Io parlaro
ora il n° quante ne sonno per tomo, et sonno messe
benissimo per ordine secondo l'Argomento che trattano
et sonno scritte giusto et apunto come stanno intagliate
cioe alcune rigle grande, alcune di minor forma, insuma
per dir tutto in una parola simile giuste come il marmo
instesso.
Tomo Primo contiene Inscription
Tomo Secondo contiene Inscription
Tomo Terzo contiene Inscriptioni n° 307
Tomo Quarto contiene Inscription
Tomo Q.uinto contiene Inscription
n° 563
n° 826
n° 1480
n° 456
Tomo Sexto contiene Inscriptioni n° 2086
Tutte insieme fanno n° 5718
Tomo Septimo questo contiene la description di tutte
— 6 —
le Antiquita di Roma, di Statue, Sépulture, di Tavole
historiate et altre cose degne fra li quali vi sonno anche
moite Inscription! antiche ch' non sonno nel numéro di
quelle di sopra delli VI. Tomi sunominati.
La Descriptione di tutte le Medaglie Antiche di Roma,
di Argento et Oro, che si truove in tutto il Mondo messe
insieme con grandissima fatticha & spesa et oltra alla
description, io mi truovo tutte le Medaglie in buona
parte in dissegno, fra antiche et coppie, & queste
Medaglie sonno fatte in dissegno 12 per pagina di mia
propria mane et continuo et seguitaro in sino alla fine se
al S""" Iddio placera di darmi vita è sanita. Il n° di questi
Medaglie descritte sonno n° 6579 fraesse veno sonno
oltre aile Latine di Grseche di Arabe di Africane et altre
carateri molto stravoganti et non plu viste vene sonno
anche piu de 2000 da aggiungervi che doppia ô ante per
ch' questo libro passa anni 25 che io lo feci scrivere a
M. Pietro Cimitero Fiamengo che in quel tempo era
mio servidore.
Un libro di una Séries di Medaglie di tutti gli Impera-
dori,cioe una Medaglia per sorte grande come unTallero,
intagliate in rame, la testa con açanto il suo roverso et
sotto ad essa medaglia vie la vita di esso Imperadore bre-
vemente descritta ridotta in Epitome : In queste Medaglie
vi sono le piu belle et le piu esquisite che io mi truovi,
comincia à C. Jul. Cœsare et finera nel nostro Imperadore.
Vi sonno anche apresso à essi Imperadori le sue moglie
et figliuoli et parenti, vi sonno anche tutti li Tijranni che
sonno stati sotto ad essi Imperadori con le loro Medaglie
la maggior parte (5).
Un altra Séries pur di tutti gli Imperadori, queste
sonno teste con li sui petti (ô busti) parte armati et parte
nudi & vestiti ritratte dalle vere antiche di marmo che
sonno in Roma et altra Citta délia Italia, et cadauna testa
è posra sopra ad un basamento o pedestale et dentro ad
esso bassamento, vie scritto un EUogio délia vita di esso
Imperadore. Et similmente sonno anche aile Impératrice,
et questa Testa sta sopra al suo pedestale posta ; occupa
una fuzza ô pagina di un folio reale, et vi avanza quattro
dita di margine di sopra et altre tanto da basso. Questo
si potriano le teste intagliare in rame et il pedestale in
legno, et un pedestale servirebe per tutti, perch' dentro
nel mezzo saria transforato & vi si componeria dentro
l'Ellogio di lettere majuscule ; poi le teste in rame vi si
stampariano sopra ; certo questa saria il piu bel libro et
il piu singolare che mai fosse stato visto di tal génère ;
et anche di buona vendita.
Un libro di Medaglie dissegnate di mia mane dove XII.
Medaglie occupano una pagina cioe la testa con li suoi
roversi. Queste Medaglie cominciano à C. Jul. C^sare
et finiranno nel nostro Imperadore et alla fine di cadauno
Imperadore vi sarra la descriptione di tutte le sue Me-
daglie.
Un libro scritto à mane délia vitta di Carolo V. con le
sue Medaglie accomodate di tempo in tempo immitate al
modo Anticho.
Un libro di Statue collorita di tutta la Casa d'Austria
cadauno con la sua moglie con l'Arme loro, questo libro
mai è stato visto, et non è simile à quelle stampato in
rame grande (6).
La Descriptione délia Citta di Roma con tutte le sue
antiquita di figure di marmo, et inscriptioni, con tutte
le Arme coUorite di tutte le Casate nobile & antiche di
essa Citta.
Li Indici del mio Dicdonario qualli sonno XVI. volumi,
nelli quali contengano tutto quelle che si truova nelli
buoni auihori Latini Greci & Hebrei et Caldei, con
tutto quello che si truova nei marmi antichi di figura et
de Inscriptioni et di Medaglie, et di hogni qualumque
cosa che si puole mostrare à viva ô in dissegno ; questi
Indici che li stampasse di lettera minuta in tre colonne
giudico saria come son le concordantia délia Biblia del
Plantino. Questi Indici è cosa maravigliosa à creddere
che non li vede ; perche tutto quello ch' l'huomo si
puote immaginare è qui anottato et cittato il luogo dove
si lege ô vero si vede ; da tutti gli huomini dotti che
rhanno visto è stato giudicato ch' se mai si stampasse
saria il piu util libro che si potesse desiderare.
Bibliotheca Phoci dui Volumi scritti Grasci, questo
non è mai stato visto alla stampa.
Picatrix latino tradotto dal Arabico, libro di magia. Un
gran tomo in folio.
Annulum Salomonis libro di Magia. In pergameno
scritto con le sue figure in fol.
Un libro di Geomantia antico tradotto dal Arabo scritto
in Pergameno, in fol.
La Biblia scritta a mano Arabica, con caratteri Arabi,
libro anticho ; mio figliolo Paulo mello compro à Con-
stantinopoli ; libro veremente raro.
L'Alchorano scritto Arabo in XIIII. questo è scritto à
mano, fu del fratello di questo Turcho che fu strangulato,
è scritto di lettere d'oro, di Azureo oltramarino et altri
coUori finissimi, questo si puole paragonare ad una gioia
che vaglia asai danari.
Dictionarij Arabi, Turchi, Persiani scritti - à mane
ch' in fol, ch' in 4'°, ch' in 8^°.
— 9 —
Una Chronica délia Casa Ottomana scritta Araba in fol.
Libro Arabo scritto che insegna à far Horologij et
Calîendarij con le sue figure dissegnate con entro li segni
del Zodiaco et altre note Arabice.
Un Calendario scritto Arabo con moite altre cose
apresso scritte apertinenti.
Un Astrolabio Arabo con le sue Tavole Arabe aparti-
nente di Ottone tutte intagliate minutissime ; questo
instrumento apartiene al libro et Callendario sudetto.
Un altro Astrolabio délia medema grandezza corne il
sunominato di Ottone, intagliato di lettere Calde^e con
anche le sue Tavole.
Un libro non mai stato visto délia Castrametatione
di Romani ; questo lo feci fare à mia instanza al Ser-
glio (7) Architetto del Re Francesco in Lione & io neo le
stampe intagliate in legno, sarra un libro délia grandezza
del suo settimo chio ô fatto stampare à Francoforte.
Poi varii libri di dissegni per intaliare in rame. Prima
di cose di Architetura (délia quale sempre mi son delet-
tato e deletto), cose messe insieme et ritratte dal Anticho,
che vernmente che le stampasse sariano di grande Utilita
al mondo.
Un libro di tutti li piu belli Palazzi et fabriche che sia
in Roma et altre Citta délia Italia cioe Fiorenze, Mantua
et Vinetia.
Un libro dove sonno ritratte tutte le statue et Tavole
et Sepolture antiche che sonno m Roma, Neapoli,
Fiorenze, Vinetia, Mantova et altri luochi.
Un libro dove sta ritratta tutta la colonna Trajana che
in Roma p' tutta la forma délia colonna di fuori et di
dentro et poi le historié in un libro sonno foli. 150. In
questo libro sonno tutte li vestimenti Civili et milittari
lO —
si de Romani corne anche di altre natione Barbari dove
Traiano Imperadore combatette.
Un libre di tutti li Vestimenti antiche di Romani et
anche délie donn'e Romane dove si vede tutto quello chel
huomo si puol imaginare di simil materia.
Una Castrametationi anzi dua corne il Gran Turcho
sta in Campagna con un libro dove sta in dissegno come
marchiano in Campagna.
La Colonna Antonina di Roma ridotta in un libro
simile alla Traiana sunominata ; questa fu dessignata ad
instanzia mia in Roma.
La colonna di Theodosio Imperadore che sta in Con-
stantinopoli ridotta in un libro passa loo fol. reali
aperti ; questa lo fatta dessignare à spesa mia in Con-
stantinopoli.
Un libro dove sta tutto il Palazzo del Thi (cossi chia-
mato) che fuori di Mantua un tiro d'Archibugio (8);
questo sia tenuto il piu bel palazzo che hoggidi sia sopra
alla Terra si de Architetura come anche délie pitture. Di
questo Palazzo io ad instantia mia lo fatto dissegnare in
questo modo. Prima la planta con li suoi proffili di fuori
& di dentro tutti posto minutamente le suoi misure ;
Poi li giardini con li sui abitationi anche misurati, Poi le
Camere ad una peruna con li sui compartiment! & figure
& Historié che vi stanno dentro, hogni cosa dissegnata
benissimo et ben intessc di questo senne faria un belis-
simo libro con scrivervi anche le cose particolare che
saria un libro scritto et dissegnato.
Un libro dove sonno tutti li dissegni délia loggia del
Papa in Roma che chiamano la loggia delli Groteschi ;
questa anche tutta la feci à mie spese dissegnare passano
100 fol. In questa loggia vi sonno tutte le Historié délia
— II —
Biblia di mane di Raphaël d'Urbino et vi sonno li piu
belli stucchi & Groteschi che sia in tutto il mondo ;
questi di bellezza avanzano & superano gli Antichi.
Infinité cose mi truovo messe insieme con grande
spesa di Medaglie Antiche et altre belle cose antiche ch'
qui non accade tutte nominare, li qualli stanno nel mio
Studio et libraria. Questa lettera V. S. la tenghi apresso
di lei che non mi euro che vedia in molti mani, solum
ch' r S""" Plantino la vegghia et sel vie cosa secondo il suo
gusto che mené scrivi per tempo, et quando lui non voglia
far partito alcuno con esso meco V. S. ne potra trattare
con qualche altro Stampatore et la S. V. sempre da me
sarra salutata delli mei libri che si stamparano di mano
in mano, ô vero di altra cosa se quella si degnara di
commendarmi alla qualle con tutto il cuore megli ofForo
et arricomando il S°' Iddio dia hogni fellicita et longa
vitta. V. S. potra mandare la risposta di quello che ella
bavera fatto sotto aile lettere del Krai qui mercante Fia-
mengo in Vienna che lui mella dara sicura. Di Vienna
li XV. Agosto 1578.
D. V^ S^ Sempre Efitionatiss°.
Jacopo Strada Servidore
& Antiquario délia S. G. M. del Imp. mio S°^
{Adresse au verso :) AU' Molto Mag^" et Ex*" Dottore,
Il S""" Ramberto Dodoneo,
Medico délia M^^ Gassarea ; mio
Semp° oss'""
Anversa ôvero
dove si vitruova.
(i) Jacques Strada de Rosberg, antiquaire des empereurs Ferdinand,
Maximilien et Rodolplie II, né à Mantoue, mort à Prague en 1588.
Il fit le trafic d'objets d'art au dépens de l'Italie, notamment de ma-
12
nuscrits et de médailles, comme le fait soupçonner la présente pièce.
Dès 1553, il publia, non sans mérite, quelques ouvrages de numisma-
tique. Dix volumes manuscrits in-folio se rapportant aux médailles
anciennes, sont encore conservés à la bibliothèque impériale de Vienne,
trente-et-un autres in-folio du même genre, se trouveraient à la
bibliothèque de Gotha.
(2) Dodoens habita Vienne dès le mois d'octobre 1574.
(3) Hugo Blotius, de Delft, premier bibliothécaire impérial à
Vienne depuis 1575. Appelé par erreur Blatius au tome III de cette
Correspondance, pp. 10 et 12.
(4) C. Iulius Casaris reruni gestartim commentarii XIV .. Cumdoctiss.
Annotationibus : Henrici Ghreani, Francisci Holomani, 1. C., Fulvii
Ursini Romani, Aïdi Mantttii, P. F. Ex Musao & impensis lacobi Stra-
dce Mantuani. Francofurti ad Moenum, 1575. in-fo (apud Georgium
Corvinum).
(5) De Vilis impcraiorum et cœsartim romanorum . . à C. Julio Casare..
ad T>.N. Iniperatorem, Casareni Maitbiain., Francfort, Joh. Bringerus,
161 5, info, et en allemand en 1618, 1629, avec les médailles des
empereurs. Publié par son petit-fils Octavien Strada.
(6) Parut en 1629, également parles soins d'Octavien Strada : Ge-
nealogia et séries Austriœ duciim, archiduciim, reguin, et iviperalorum^ à
Rudolpho 1°, ad Ferdinandum II. Francfort, in-f°.
(7) Sébastien Serlio, architecte, né à Bologne (1475-15 52), Fran-
çois I, roi de France, l'appela auprès de lui, le nomma architecte
de Fontainebleau et surintendant des bâtiments de la couronne.
Tombé dans la détresse à la mort du roi, il se retira à Lyon, où
Strada lui acheta ses manuscrits. Celui-ci en fil imprimer une partie
à Francfort.
(8) Le Palazzo del Te, à Mantoue, construction remarquable de
Jules Romain, avec fresques de ce maître.
805 . — Plantin à de Çayas.
{Archives Plantiniennes , \^lll, f» 236).
Paris, le 19 août 1578.
(Plantin remercie de Çayas du soin qu'il prend de ses intérêts. Il
hâtera son retour à Anvers afin d'exécuter plus facilement les
ordres du secrétaire royal. Pour deux autres motifs encore, il voudrait
13
rentrer à Anvers : d'abord pour échapper aux sollicitations de plus en
plus pressantes du roi de France qui le veut retenir en qualité d'impri-
meur attitré; ensuite pour dresser l'inventaire de ses biens, car ses
créanciers pensent qu'il veut se dérober aux obligations contractées
envers eux. Plantin rappelle de nouveau les énormes dépenses faites
pour l'impression des 50.000 Bréviaires et Missels. Le papier et le
matériel réunis en vue de ces éditions, représentent la somme de
50.000 florins, capital sans rapport parce que Plantin n'a pas dû
continuer l'impression. Il faut y ajouter les frais de l'Antiphonaire,
s'élevant à 20.000 florins. L'architypographe s'est vu forcé à vendre
déjà cinq de ses presses et des caractères pour une somme de 3000
florins. Les oeuvres de S. Jérôme ne sont pas expédiées parce qu'elles
se trouvent en partie à Louvain, d'où il est difficile de les faire venir
en ce moment. Si Plantin trouve encore un exemplaire du Bréviaire
grand format, il l'enverra à Maldonado, qui a pris connaissance égale-
ment des pièces, invitant l'architypographe à s'établir en France).
111' Viro Dno Gabrieli Zaj'ie.
Litteris tuis 4. hujus Madriti datis ut paucis respon-
deam, Viradmodum Illustris et Patrone colendiss., gratias
in primis habeo tibi maximas quod res nostras tibi sunt
cordi, properabo itaque de omnibus qu^e jubés singulatim
te certiorem facere. Id quod cum hic nequeam exequar
ubi primum Antverpiam rediero quo mihi duplici de
causa redeundum est, prima ut effugiam importunitatem
eorum qui ante jam annum etïecerunt ut diplomate Regio
nominarer et retinerer generalis linguarum typographus
regius (i) cum privilegiis et stipendiis haud vulgaribus.
Ipsi etenim non cessarunt a me toto hoc anno suis litteris,
maxime vero ex quo hue appuli propriis verbis efflagitare
ut hanc provinciam ultro mihi oblatam suscipiam adeo
ut tamen nullam aliam excusationem obtrudere potuerim
quam quod necessario deberem prius iterum Antverpiam
redire quam quid certo poUicerer; altéra est ut rerum
nostrarum Indicem seu quod vocant Inventarium faciam
— H —
creditoribus meis ostendendura qui propter nosiram ab-
sentiam incipiunt (uti ad me scriptum est) de fide nostra
dubitare quasi illinc nostra movere velim et foro cedere,
numquam vero in animum habui nec uti spero habebo
illos vel minima re defraudare, uti neque Dominum uUo
modo mutare si tandem ab £ere alieno quo nimium cre-
dulus ad illis parendum qui nomine Regio ad illum con-
trahendum me impullerunt onerer liberari queam. Qiiod
ne brevi fiât cogar unam ex conditionibus quie mihi a
Catholicis aliis Principibus prêter Ch"""™ offeruntur acci-
pere (2).
Ex Impressionibus a me factis et datis nihil mihi debe-
tur, sed postquam mihi scriptum fuit et a Dno Soto verbis
confirmatum ut ego me pararem ad imprimenda quin-
quaginta milia Breviariorum et totidem Missaiium variis
formis, tantam multitudinem typorum curavi fundi ut ex
singulis fere 20. generibus typorum ad ea necessariorum
potuissem 12. pr^la eodem tempore exercere qu^ si
simul omnia uno et eodem tempore exercerentur suffice-
rent ad 240. prasla exercenda et tantam molem Papyri
comparavi ut me foenus exederit.
Il!i siquidem apparatus typorum ut papyri ascenderunt
ut minimum ad quinquaginta milia florenorum qu^e mihi
ab eo tempore inutilia fore extiterunt, postquam jussus
sum ab illis libris imprimendis cessare. Accesserunt
sumptus facti ad Impressionem Antiphonariorum quorum
Indicem nescio quoties istuc misi mittamque rursus
statim ubi Antverpiam Deo favente reversus fuero. Hic
namque libros rationum non habeo. Memini vero illa
ascendisse ad nescio quot ultra viginti milia florenorum.
Vendidi autem quinque pr^la et typos fusos varios ut
me juvarem ad summamcirciter trium milium florenorum.
Qux jubés mittam quamprimum potero. Scribis Ma-
jestatem Regiam petere ut mittantur 6 Opéra Augustin!,
existimo autem amanuensem Augustin! nomen scripsisse
pro Hieronymi. Illico namque subjunctum est de scri-
bendo ad Universitatem Lovaniensem pro Indice. Diu
siquidem est quod Indicem cum operibus S. Augustin!
impressimus et istuc misimus. Hieronymi vero necdum,
eo quod pars operum ejus sit Lovanij unde nobis nunc
est impossible propter bellum evocare, ad quod Univer-
sitas nos'juvare non potest sine gratia III"" Austriaci. Imo
ut nunc res se se habent non video qui propter milites
utrimque vagantes fier! possit. Breviarium magna forma
si aliquod exemplar nobis restet Antverpi^ eo appulsus
mittam ilico ad D. Maldonatum eu! Diploma Régis Ch""'
quo me constituit suum typographum ostendi et causam
profectionis mea; declaravi etiam antequam tuas legissem
quibus magis confirmatus fui ut tu^ voluntat! satisfacere
queam. Ceterum non est quod de nostra fide umquam
dubites qu^e per De! gratiam semper (etiams! quid contra
voluntatem nomen nostrum patiatur) (3) impolluta ma-
nebit. Dus noster Jésus Christus te Reipub. Christianas,
Régi nostro opt. et nobis diu conservet incolumem. Pari-
siis 19. Augusti 1578 (4).
(i) Henri III lui avait offert le titre d'imprimeur royal pour dix
langues avec un traitement de 200 écus d'or.
(2) Peu après, des ouvertures avaient été faites à Plantin par le
duc de Savoie qui, au mois de décembre 1581, invita l'architypo-
graphe à s'établir à Turin.
(3) Allusion sans doute aux édils et pamphlets dirigés contre le
roi d'Espagne, qui sortirent des presses de Plantin par ordre des
Etats généraux.
(4) Suit un fragment de lettre, sans date ni nom de destinataire, qui
se rattache, croyons-nous, à la pièce ci-dessus : Conjunctas litteras
rogo ut D. A. Montano transmittere digneris meque excusare de duplici
— i6 —
hac mea in hisce litteris barbarie. Festinanter admodum scripsi nec
relec^endi datum est tempus eo quod cum aliquot comitibus ulterius
per Gallias esset mihi faciendum iter, interea dum quid a te et a
nostris litterarum expectabo antequam quid de habitatione vel reditu
statuam. Interea vero dum typographiam nostram Antverpia movere
non licet coguntur nostri ea uti ad illa imprimenda quas superiores
jubent; omnium vero librorum exemplar unum aut alterum ut olim
tibi curarem transmitti si tutum esset et vos id cupere intelligerem.
Amicus siquidem semper idem qui olim manet etiam si vires et
facultates corporis et bonorum externorunt attenuatas sint et prorsus
debilitatas...
8oé. — Georges De la Hèle à Plantin.
{archives Plantiniennes, LXXXV, fo 349 et copie par Plantin f° 35 1).
21 Août 1578.
Je soubsigné cognois et confesse avoir faict accordt et
convention avec Christophle Plantin Imprimeur du Roi)
telle comme s'ensuit.
C'est ascavoir que je prometz estant achevé d'imprimer
mon livre de Messes (i) lequel j'ay baillé a imprimer au-
dit Plantin, d'en achepter quarante exemplaires au prix
que ledit Plantin les tauxera aux libraires en me rabatant
encores oultre ledit prix quelque gracieusité telle qu'il
luy plaira me ottroijer.
Et ledit Plantin me livrera desdits exemplaires par
demi douzaine a la fois, et incontinent que je auray faict
distribution de laditte demi douzaine receue je payerai)
ce qu'elle montera devant que recepvoir aultres exem-
plaires promettant de recepvoir lesdits quarante exem-
plaires et les payer devant le terme de ung an en comp-
tant de la date de cestes. Le tout sans fraude et mal
engin, faict en Anvers ce 21' de Augst 1578.
George De la Hele.
— 17 —
(i) Il s'agit du recueil de messes, véritable monument de la typo-
graphie musicale, que Plantin fit paraître en 1578 : VIII Missa
quinque, sex et septem vocuni, in-folio maximo, orné de lettrines des-
sinées par Pierre Van der Borcht et gravées par Antoine Van Leest.
L'énorme volume contient quatre messes à cinq voix, sur des motifs
d'Orlando di Lassus, Cyprianus de Rore et Thomas Crequillon ;
deux à six voix sur des motifs d'Orlando di Lassus, et deux à sept
voix sur des motifs de Josquin des Frets. Voir A. Goovaerts, His-
toire et bibliographie de la typographie musicale dans les Pays-Bas. Anvers,
1880, p. 253, où le contrat ci-dessus se trouve reproduit.
807. — Jean Moretus à Camerarius (?)
[archives Planiiniennes, IX, {° 73^).
(Avant !e 18 septembre) 1578.
(Le quinze de ce mois, Moretus a confié au porteur un ballot de
livres, contenant les deux Bibles royales et deux exemplaires des
Comtes de Hollande et de Zélande, qui ne manqueront pas d'inté-
resser Camerarius. Le Corpus Civile se vend à 18 fl., le Corpus Cano-
nicum à 10 fl. Plantin, jusqu'ici, n'a pas édité de Bible avec gravures ;
les Bibles plantiniennes de petit format se vendent à 20 stuv.).
S. P. Décima quinta hujus tradidimus conductori nobis
probe noto sarcinam librorum quas cominet Bibliorum
Regiorum exemplaria duo, eo precio ijsdenique condi-
tionibus persolvenda in nundinis sequentibus quibus
pr^scripsisti, qu£e via comodior erit utrisque nostrum.
Addidimus libelles Comitum Hollandi^ et Selandise (i),
binos quos non displicituros cogitamus ob ipsam Anti-
quitatem cujus te studiosum semper fuisse cognovimus.
Libellos reliquos socer meus tamquam nundinales tibique
debitos mittit, accipe tu humanissime Dne eosdem eo
quo mittit animo.
Corpus civile cum glossis in f° venditur decem et octo
florenis, Canonicum vero cum ylossis decem florenis
— i;
incompactum utrumque. Biblia vero cum figuris hactenus
non impressimus. Qu^ ex typographia nostra prodierunt
in forma minori (2) xx stuferis venduntur; tamen quinam
apud nos nunc venduntur libri dicere nequ^o, tam sunt
omnia mutata.. nosti nihil Musis cum Marte. Deus sit
protector noster detque nostris temporibus pacem (3).
( I ) Priticipes Hollandia et Zelandia, Domini Frisia : Auctore Micbaële
Vosmero. Antverpiae Excudebat Christophorus Plantinus Philippe
Gallaeo, 1578, iti-40. Recueil de 36 figures en pied, gravées par
Philippe Galle, dont le nom se trouve au frontispice.
(2) Allusion sans doute à la Biblia Sacra, édition in-8°, parue chez
Plantin en 1578.
(3) Minute de la main de Jean Moretus, sans date ni nom de des-
tinataire, comme la plupart des lettres écrites par le gendre de
Plantin.
808. — Jean Moretus à Michel Scrinius (i).
{^Archives Plantiniennes , IX, fo 74"^).
18 Septembre 1578.
(Jean Moretus est toujours heureux de recevoir des nouvelles de
Scrinius. Les envois seront faits à l'avenir par l'intermédiaire de Jean
Van Achelen, qui fait le commerce aussi dans ces provinces. Parmi
les livres récemment expédiés se trouvent les Bibles royales. Un de
ses amis remettra à Scrinius le relevé des livres commandés. Après la
foire de Francfort d'autres pourront suivre).
S. P. Quid dicam ? Litterag tuas indicant animi tui
candorem, molestiam ne nobis parare potest qui tam
humaniter libres evocat, ultro offerri hujusmodi viris
omnino debemus. Quidem de fide quid metuendum ?
Sed commoditas illa transmittendi déficit nobis. Com-
modissima tameh via est per D. Van Achelen, qui libros
omnes transmisses tibi affirmât. Is etiam nobis persolvit
— 19 —
quas admodum jam ternis meis indicavimus. Age igitur,
hanc viam sequamur. Libros tibi mittendos semper Dno
Johanni VanAchelen trademus. Is solutionem, sive para-
tam sive quam tu prescribes faciet. Solet enim et adhuc
nunc hisce in regionibus negotiari. Inter novissime
misses sunt Regia Biblia ; si aliud exemplar mitti cupis,
indica. Nunc amico tuo Viro humano (2) tradidi fasci-
culum librorum infrascriptorum quem redigam in novas
rationes. Si plures conferre potuisset a nobis accepisset.
Speramus finitis Francofordiensibus nundinis plures nos
missuros. Interea si quid occurret indica, imo Catalogum
semper adde si placet illorum qui desiderantur etiam si
prius miserim Solet enim hoc in memoriam nobis redu-
cere quas oblivioni quandoque tradideramus.
(i) Lettre de la main de Jean Moretus, de nouveau sans date ni
nom de destinataire. Le Grand Livre de cette année (XVIII, fo 285-6)
mentionne que Jehan Van Achelen envoya le 18 septembre 1578 à
Michael Scrinius Dantiscanus, bibliothécaire du duc de Prusse « Zu
Koningsberghen op den Dom by den CoUegio », un ballot de livres,
comprenant une Bible royale,
(2) Ibidem (XVIII, fo 285) : Michael Scrinius doibt pour divers
lesquels luy ont esté envoyez adi 130 Augti anno 1578 par ung sien
amy qui a apporté salectre logé au Bierhooft (in St Jan bijt Bierhooft).
809. — Plantin à de Çayas.
[Archives Tlantiniennes, VIII, fo 188).
Septembre 1578.
(A son retour de Paris, Plantin a envoyé à de Çayas la copie de sa lettre
de février 1576, relative à l'Antiphonaire. L'architypographe recon-
naît être rentré à Anvers pour mieux servir de Çayas et pour soigner
ses affaires personnelles. Il rappelle les dépenses faites pour l'Anti-
phonaire et les 50.000 Missels. Ayant déjà vendu sept de ses pres-
ses, il lui en reste encore seize, avec un matériel considérable. Le
20
Bréviaire in-i6°, l'Index des œuvres de S. Jérôme et des Heures
in-i20 et in-240 seront bientôt achevés. Plantin non seulement ne
sait plus rien imprimer à ses frais, il doit vendre ses presses l'une
après l'autre afin de payer ses nombreux créanciers, notamment
ceux qui lui ont sauvé la vie et celle de ses gendres lors de la Furie
espagnole. Durant quinze jours, il a dû héberger en outre 29 soldats
et 19 chevaux. Somme toute, il aurait mieux valu que son officine
eût brûlé, puisqu'il doit la racheter maintenant à un prix exorbi-
tant. L'imprimeur supplie de Çayas d'insister auprès du roi pour
qu'on lui paie au moins les préparatifs faits pour l'Antiphonaire et les
intérêts. Suit la récapitulation de ses dépenses en fait de papier,
pour l'impression des Missels et Bréviaires de différent format, et
pour les caractères spéciaux du grand Antiphonaire).
(In Septembri 1578. Reversas Lutetia descripsi rursus
ea quas folio ante hoc 11. scripseram anno 1576. in
Februario (i) ad preparationem Antiphonarij magni et
ad Çayam misi cum illis quse post copiam hujus epistol^
adnotantur).
Postquam tuas, vir admodum illustris, 4. AugustiMa-
driti datas Lutetise a D. Jacobo Maldonato accepissem
eique responsum ut tum poteram meum tibi mittendum
tradidissem, liuc tandem redij partim ut ea qu£e illic non
poteram tibi quemadmodum petebas et in ipso meo
responso promittebam ex libris nostrarum rationum des-
cripta mitterem, partim ut alia curandapro virili curarem.
Primo itaque rationes sumptuum quos pro Antipho-
nariis imprimendis feceram ante annum 157e. tum etiam
missas ad 111. D. T., ad Rev'" Segobiensem, ad D. Vir-
biescam etRev. P. Villalbam nunc iterum descripsi quibus
subjunxi eos sumptus quos feci in illis prasparandis qu«
necessaria fuissent ad inchoandas impressiones quinqua-
ginta milium Missalium uti ad me scriptum fuerat et a
Dno Hieronymo de Soto tum in hac re Institori Regio
verbis confirmatum necessario imprimenda esse.
21
Ex prœlis nostris vendidi jam septem e quibus accepi
plus minus 500 fl. Restant mihi 16. optima praîla cum
omnibus punsionibus, matricibus, figuris asneis et ligneis
atque fusionibus quic omnia toto mense integro dinume-
rare qu^e numeranda et appendere quas penderanda essent
aliquot viri nequirent, tanta est eorum copia quas nunc
fera sunt ociosa.
Breviarium in lé. majuscuiis typis eleganter a me
inchoatum ante quindecim menses (tam lente facultatibus
destitutus nunc incedunt nostra prasla) quod speraveram
mense Augusto absolvendum necdum absolutum reperi
neque toto trimestri absolvendum erat a nostris nisi
adpulissem. Nunc autem spero me infra unicum mensem
me absoluturum et eodem fere tempore Indicem operum
S. Hieronymi, nos siquidem folia qu£e Lovanij impressa
uti significaveram desiderabamus tandem nudiustertius
Colonia recepimus. Horas in 12. eleganter nunc recu-
simus. Jam habemus sub prselo in 24. etiam eleganter
et cum figuris asneis uti et superiores. Meis sumptibus
vix jam quicquid imprimere queo. Ego vero ne vel cogar
prorsus fere otiari vel suspectus habear ab illis quibus
sum obîeratus aliquos semper quasro quibus meam operam
locare possim in exercendis aliquot pr^lis. Hinc factum
est Dei et amicorum beneficio ut ex 22. pr^lis qua; ante
nostram spolationem Antverpiensem exercebam nonnum-
quam duo alias tria nonnumquam quatuor vel quinque
exercuerim interea dum paullatim ea vendo quas possum
ad satisfaciendum creditoribus, maxime vero illis qui in
dicta spoliatione nostram vitam semel generorum meorum
ter et reliquarum facultatum typographias et librorum
septies redemerunt. Quicquid namque prassentis pecunias
habuimus vel supellectilum quod placeret militibus quos
— 22 ^
29. numéro cum 16. equis per 15. dies tum in domo
nostra libraria tum in ea quam (ut commodius Regi^
Ma"^ desiderio in imprimendo tanto numéro Missalium
et Antiplîonario illo magno satisfaceremus) amplissimam
sex mensibus ante quam illud infortunium nobis accideret
conduxeramus, in illis redemptionibus non fuit compu-
tandum, adeo ut maiuissem omnia nostra combusta uti
ter igné accenso voluerunt quam ex arbitrio redemptio-
nem pollicere cum vita nostrorum salva nudi aufugere
potuissemus. Id quod jam non commemoro alicujus
iracundise aut privati affectus causa sed ut indicem qu«
res me impulerunt et etiamnum compellunt ad ea quovis
modo vendenda quas possideo ut me ab ^re alieno
liberem, alioqui (Deum testor) me animo îequissimo
tulisse et ferre omnia quas acciderunt idemque pef Dei
gratiam me facturum spero de omnibus eventuris quœ
haud dubie hic et alibi majora adhuc futura video nisi
resipiscat hominum quisque et ad Deum opt. max. toto
corde convertatur ut ejus voluntati subserviat aliosque
relinquat ipsius supremi judicio vero. Interea etenim
dum vel privatas scientiae vel sanctitatis opinione persuasi
homines fratres suos hoc est seque ab ipso Dno Deo
procreatos etiamsi non ita prudentes aut sapientes judi-
cant affligandos, prosequendos, puniendos et damnados
de seipsis pronuntiantes sese ad suplicium averso vuhu
ignoranter ducunt, protrudunt et précipitant.
Sed quo feror hase ipsi scribendo tanto viro. I^nosce
quasso nostrosolito huic ergaDeum et proximum afFectui,
atque uti facile potes tuum Plantinum juva impetrando
a Regia Majestate ut ea mandet saltem persolvi quas ad
imprimenda Antiphonaria impendimus una cum interesse
quod aiunt et de gratia spcciali nos absolvat a debito
— 23 —
quodam antiquo nescio quot milium florenorum (17.
Septemb. 1574. florenorum 3404.5 pat.) quod ex restante
summa pro impressione Bibliorum accepta relictum fuit
pro arrabone impressionum faciendorum uti patet ex
copia obligationis nostrae quam a notarié habuit supra
memoratus Hieronymus de Soto cui bene quocumque
loco fuerit precor ex animo.
Recepi post ea quam scripsissem ad Rev'"'^ D. Segor-
biensem ea quas patent folio ante hoc 11. Rismas papyri
300 quc^ quoniam facta erant priusquam renuntiaram
oportuit me recipere ascendet ad 3000 fl. Impressi folia
Antiphonarij.. ad numerum millenorum uti aussus eram
facere...
Emeram ad prasparationem impressionum Missalium
juxta mandatum ab Hispania missum et verbis D. Hiero-
nymi a Soto confirmatum sequentia :
2500 Rismas Papyri regalis pro Missali in magno 4'° una-
queque risma 4 fl 10.000
3500 Rismas pro Missali in folio 2 fl. Risma . 7.000
1500 Rismas pro Missali in parvo 4*° 32 pat. . 900
Fusio typorum ut ex speciminibus patet con-
stitet ultra florenorum 5 -300
Figurae tum lignes tum cupreas ascendunt ad fl. 3.000
Summa 26.200
Typi fusi pro Antiphonario magno uti ante dictum
est reperiuntur folio ab hoc.
Ad imprimenda Breviaria et Missalia majora curavimus
fundi typos pro decem aut duodecem prselis qui
ascendunt ad plus minus fl. 700
Ad eadem magna pro 10 aut 12 praslis . . fl. 700
Ad eadem folia commun! et 4. magno pro 10
— 24 —
aut 12 praslis fl. 800
Ad Brcviaria et Missalia in 4*° commun! pro
prœlis 8° ........ fl. 600
Ad Breviaria et Miss, 4'° parvo praelis 8° . . fl. éoo
Ad eadem 8° pro pr^lis 8° fl. 600
Breviarium in 8° mediocri papyro ad longum
pr^lis 3 fl. 350
Br. 16°, 2 tomis pro 4 prselis fl. 400
Br. ié° magna papyro uno volumine 2. pr^lis fl. 250
Br. mediocri papyro unico volumine 2. pr^elis fl. 300
5300
Missa fuerunt mense Septembri semel.
Mense Octobri secundo.
Mense Decembri tertio (2).
(i) Dix â onze feuillets avant cette minute, on trouve en effet
l'aperçu des préparatifs faits pour le grand Antiphonaire, adressé à
l'évêque de Segorbe, le 21 janvier 1 576, et la lettre à de Çayas du mois
de février, concernant les éditions liturgiques pour l'Espagne.
(2) Voir plus loin la lettre à de Çayas du 24 décembre 1578, où
Plantin reproduit en grande partie la note ci-dessus.
8ro. — Plantin au cardinal Madrutius.
[Archives Tlantinimnes , VIII, f» 189").
Septembre (?) 1 578.
Au tresillustre Cardinal Madruci.
Monsigneur tresillustre. A mon retour de Paris ou
i'ay séjourné environ trois mois, j'ay trouvé les lectres
de V. 111'"' Signeurie du xx Janvier (délivrées 8 mois
après ladicte datte) et partie des annotations du Signeur
Fulvius Ursinus sur les oeuvres de Cicero (i), lesquelles
— ^5 -
je seray prest de commencer a mectre soubs la presse
incontinent que j'auray receu le reste. Car j'ay le papier
prest et le loisir d'y bcsongner par Tassistence que j'ay
prinse de quelques libraires de Paris pour soustenir et
retenir cncores quelque peu de temps nostre imprimerie
laquelle il me seroit impossible autrement d'exercer veu
les grandes charges qu'il m'a convenu porter par le
commandement de ceux qui nous ont commandé parcy
devant et depuis au sac de ceste ville ou je fus ransonné
neuf fois. De sorte qu'il m'eust esté plus profitable de
quicter et laisser brusler tout que d'estre ainsi traicté si
par cela j'eusse peu retenir la vie et celles de ma femme,
enfants et famille et satisfaire a mes créditeurs.
Orsuis-je en délibération si après lesdictes oeuvres de
Cicero et autres entreprinses avant le saccagement de nos
biens en ceste ville, je me retireray ailleurs veu que plu-
sieurs Princes me requièrent avec belles offres de logis,
d'exemptions de toutes charges et gages honnestes. Ce
que je ne ferois volontiers en mes vieux jours et avec une
telle masse d'imprimerie estimée de tous ceux qui l'ont
veue et s'y entendent la mieux fournie de toutes choses
nécessaires et utiles pour l'usage et Tornement d'icelle
qui soit ou ait jamais esté en toute l'Europe. Mais les
officiers royaux m'ayants faict faire les apprestes pour
imprimer cinquante mille Bréviaires et cinquante mille
Missels et outre cela les Antiphonaires et autres livres
d'Eglise, de notes et papiers la moictié justement plus
grands que ceux que je fiz passé quelques années a
l'ordonnance et aide de V. 111'"' S''^ de quoy les despen-
ses se sont montés a plus de 25. mille escus, après quoy
ils m'ont délaissé plat soubs le faiz, puis c'est ensuivi le
sac et les troubles dont je» suis reduict en tels termes
— 26 —
qu'impossible m'est de plus payer le louage des maysons
qu'il me faut tenir pour loger vingt et deux presses,
lectres et autres ustensiles de nostredicte Imprimerie.
Parquoy si autre moyen ne m'est donné pardeça je suis
contrainct de la vendre ou transporter aux despens de
ceux qui m'en requièrent.
(i) Fulvii Ursini in onuiia opéra Ciceronis, Notic. Antverpias Ex
officina Christophori Plantini, Architypographi Regij. m.d.lxxxi.
In-8o.
8 II. — Michel Sonnius à Plant in.
{^jirchives Plantiniennes , XCIII, f" 397).
Paris, le 3 octobre 1578.
Mons"" mon compère. J'ay receu la vostre datée du
20' septembre, et pour responce saches que j'aij achepté
de grand carré lequel vous envoyeraij par le premier
voicturier eydanr Dieu, pour l'employer en diligence
tant pour le breviere que Cicero (i). Touchant la forme,
me rapporte de tout a vostre bon jugement. Il me semble
que ne fériés mal d'adjouster les corrections de Brutus (2),
ensemble d'Ursinus (3), je suys asseuré que n'oblierés
rien, de debvoyr, si tant vos prie que soyent correctz et
bien imprimés. Nostre compte trouvères cy après,
comme encor unefois aij envoijé, touchant la grande
bible est entre les mains de mon compère M'' Pierre
Foret, et n'a faulte faire compte de ceste la, jusques a ce
que soyt parfaicte, car il default deux ou troijs vollumes,
et quelques aultres sont deux ou 3 foijs avecque beau-
coup de feuilles et parties, donq aij faict faire ung pasquet,
— 27 —
et ay faict mestre le tout ensemble. J'avois mandé 194.
Annotationes in Horatium (4) que m'ont esté trouvés a
l'inventaire, lesquelz vous prie m'envoijer, aussi de cinq
Lexicon pro biblijs qui sont audict inventaire a 7 fl. n'ay
receu que Lexicon grecum, desquelz avoijs vendu ung
ses jours passés bien relié, pensant que tout y fut mais
m'a esté rapporté, a cause que son compagnon avoijt
achepté ung aultre entier de Compère Gilles Beijs. Pour-
quoy vous prie n'oblier a m'envoyer le reste, qui est le
tout excepté le grec, aussi avons trouvé des Lexicon
grecum d'avantaige apart quy sont avecque vostre bible.
Je vous envoije les lectres de nostre homme, il m'a dict
avoyr escript par S"" Corderius (5) passé 5. ou 6 jours. Je
vous remercie des accordz que vous a pieu m'envoyer.
J'en ay faict présent aux amijs, entre aultres a Mons'
Brisson auquel ensemble vos recommendations, lequel
aussy se recommande bien fort a vostre bonne grâce.
Dieu par sa sainte grâce veuUe que tout finisse a son
honneur et a nostre salut. Je crains sédition, si n'est le
bon ordre, j'ay prefferé mestre les deux aultres adjoustez
ay délivré a mon compère Poret. J'aij receu lectres de
vostre homme de Francfort, ensemble le catalogue des
livres que m'envoye et comme il a payé a Frobenius en
mon nom la somme 186 fl. 2 -|- 2, donq vous remercie
bien humblement. J'espère vos faire tenir argent en
breff". J'attens les livres que vous aij mandé comme 50
Vergilius f°, 4 Grecia Goltzij f°, 4 Œuvres de Grenade,
50 Sinonimia 4°, etc. ausquelz vos prie adjouster
50 De Conditione religiosorum, 25 Dicti Pagnini 8°,
25 Ovidius 16° complet, 4 Biblia Pagnini f",
50 Noveau test, en f. que vous ay mandé par cy devant,
5 Reste de Lexicon pro bibliis, comme cy dessus,
— 28 —
194 Annotât, in Horatium i6°,
2) Commentaria in Suetonium 8°.
Manuale Navarrœ, et Conciones Granatensis vos prie
haster en toute diligence, et par course.
Les deux edictz des marchandises qui sortent et
entrent (é) ont este obliés a mestre dedans le pacquet,
rien aultre pour le présent si non prieray le bon Dieu
vous donner (avecque la dame de vos biens et toute vostre
famille) en bonne santé, bonne et heureuse vie longue,
me recommandant a vos bonnes grâces et a tous les bons
amijs. De Paris ce 3* Octobre 1578, par le tout entière-
ment
Vostre serviteur Compère et Amij
Michel Sonnius.
(Au dos :) A S' Christophel Plantin
Marchant Libraire
A Anvers.
(i) Nous ne connaissons de ces années de Cicéron que l'édition
plantinienne in-4" : M. Ttill. Ciceronis De officiis liber primus ad Mar-
cumfilium, suivi du Liber secundus et du Liber tertius, parus en 1580,
puis les éditions mentionnées ci-après.
(2) Oraiioniim M. Tiillii Ciceronis Volumen I {II & III). ^ loan.
Micbaële Bruto emendattim. Plantin, 1584-5, in-80.
(3) Fulvii Ursini in omnia opéra Ciceronis, Notœ. Plantin, 1581,
in-80.
(4) Theodori 'Puhnanni Craneburgii ^nnotationes in Q. Horatium
Flaccum... Plantin, 1577, in-ié».
(5) Probablement Jean Cordier ou Corderius, libraire à Anvers.
(6) Ordonnance nouvelle sur les marchandises entrantes et sortantes, du
25 août 1578. k Anvers, De l'Imprimerie de Christofle Plantin,
Imprimeur du Roy. 1578. In-40, 17 feuillets.
— 29 —
8 12. — PJantin aux Etats généraux.
{archives Plantiniennes^ IX, fos 74 et 75).
10 Octobre 1578.
A Messeigneurs Messieurs des Estatz Generaulx.
Remonstre en toute humilité Christophle Plantin, Ty-
pographe et treshumble serviteur de Vos Seigneuries,
comme suivant l'ordonnance receue d'icelles,il a en toute
diligence a luy possible, imprimé les Placats des moyens
generaulx (i) et aultres a luy délivrez (desquelz oultre le
certain nombre qu'il a livré et qu'il ne compte a rien) il
a forni les parties contenues au compte ensuivant com-
me appert es billets icy attachez montants a la somme
de florins 312 et st. 18 — dont ledit Remonstrant sup-
plie treshumblement a vosdittes S"" qu'il leur plaise de
luy faire dresser ordonnance pour en recepvoir son paye-
ment a ce que tant mieulx il puisse aller entretenant les
ouvriers de son Imprimerie et continuer de les tenir prestz
au commandement et service d'icelles et du bien publicq
de la patrie, pour la prospérité de laquelle et la bonne
santé et la bonne et longue vie de vosdittes Seig"" ledit
Suppliant sera tenu a tout jamais de prier Dieu (2).
(i) Ordonnance du i=r mai 1578, en français et en flamand : Listes
des moyens généraux, résolus par son xAlte^e, Monseigneur le Prince
d'Oranges, le conseil d'Estal, & les Estati généraux. Plantin, 1578, 13 ft.
in-40.
(2) Écriture et rédaction de Jean Moretus.
— 30 —
813. — Plantin à Jacques Strada.
{Archives Plantiniennes, IX, foyô^).
(Après le 10) Octobre 1578.
(Plantin répond à Strada qu'il n'a pas l'habitude d'acheter les
ouvrages aux auteurs. Ceux-ci, d'ordinaire, viennent les offrir à
l'imprimeur. Plantin, en général, ne peut faire paraître que la moitié
des livres qui lui sont ainsi présentés. Si l'ouvrage est accepté, l'au-
teur en reçoit une ou deux douzaines d'exemplaires. Quelquefois,
l'architypographe fait des accords spéciaux. Plantin entre dans des
détails concernant la vente des livres, les spéculations de libraires,
etc. Quant à imprimer la Description de l'Italie, Plantin déclare
que les conditions de Strada sont inadmissibles. La plupart des impri-
meurs, soucieux de leur art, n'ont pas à leur disposition les sommes
considérables que nécessiterait la publication de pareils travaux.
L'idée cependant de publier la Description de l'Italie, sourit au typo-
graphe. S'il pouvait examiner l'ouvrage personnellement, il consen-
tirait peut-être à l'imprimer. Strada, en tout cas, devrait payer les
graveurs. Le livre de la Castramétation chez les Romains pourrait
former un seul volume avec celui qui traite des Costumes romains).
Molto Mao*"" S""" obs"'°. Ho visto la vostra scritta al
S"' Dottor Dodoneo, et perche non fa di bisogno di
preambuli longi faro risposta brève sopra li articuli prin-
cipal! de la ditta vostra lettera.
Per l'Indice delli libri che ha mandato la S. V. io
cognosco che non sensa spese grande ha posto insieme
et collecti detti libri. Pero perche io son sempre stato
curioso in far spese grandissime et anche extraordinarie
lequali fano l'ornamento de la stampa, non ho mai pigliato
l'usansa di comprar alcuni libri d'authore alcuno per
stamparlo sperandone guadagno, essendomi offerti de
diverse parti tanti che non me saria possibile di poter
metter in luce la mita dessi, havendone stampato per
assai piu per gratificar alli S" liquali me hano mandato
31
detti libri et potevano commandare l'utilita, laquai me
poteria seguire.
Vero e che l'ordinario mio e di servire et di dar qualche
donzena o doi d'exemplari alli Authori subito che il libro
e stampato.
Ho fatto con alcuni patto, stampando li libri, che
cominciando la opera^ mi dessero a bon conto qualche
doi o 3 centos exemplari, liquali havevano di comprar
(a qualche avantagio di piu che l'ordinario) essendo
stampati li libri, pagando poi il resto di quello che mon-
tavano piu che il anticipato.
Altre volte ho fatto conveniione di stampar il libro
loro aile spese del authore, pagandomi il detto il 3°
de contado, comminciada la opéra, il 3** essendo perve-
nuto a la mita de la opéra et l'altro 3° finita la opéra
et consignando li libri intieri.
Essendo il precio constituto di quello che havevano di
pagar, inansi che l'opéra fusse comminciata, dicendo a
la V. S. per una regola générale esser verissime, primo
che li stampatori liquali comprano li exemplari dalli
authori sono la maior parte o nescij, o neggligenti, o
avari, cercando in la compra delli libri che fano, piu
l'utilita loro che non il honore del authore et il bene de
la Republica, non cognoscendo buona parte d'alcuni che
libro che sia che hano di stampare, o veramente si lo
cognoscono condutti per la avaritia per aver subito stam-
pato quello che hano comprato sotto speranza di buona
vendita, cascuno in queste errore di negligentia non
curando si venga in luce ben correctamente stampato o
non. Et di questo non desidero altro indice che la V. S.
istessa. Laquai potera anche sapere in quante longhesse
di vendita vano li libri nuovi che si stampano, quanto
tempo bisogna a farli cognoscere, che tra cento huomini
dico mille non si trovan che un dotto et amatore di
scientia.
Similmente havendo pratticato la S. V. li stampatori
cognosce quante difficulta et spese che occorrono inansi
che ung libro puol esser stampato bene al pAposito et
dellizia (?) de l'authore.
Cognoscere anche como questa marchantia di libri va
a la longa con la vendita, havendo disborsato una summa
grandissima di denari sotto una spernnsa fallace délia
vendita laquai non rende sinon poco a poco quello che
e stato disborsato insieme.
Similmente che conti et imbarraszi di Compagnie
essendo sforzato, il libraro di barrattar il suo libro, pigli-
ando altri in cambio parte per far cognoscer il suo Jibro
parte per non tenerli per anni XXX in casa, non po-
tendo venire mai a bona conclusione di queste conti di
libraria a laquai bisogno trovare marchante, volendola
ben dar por la mita del valore.
Pero aviso la S. V. che non ho mai volisto intrare in
questo fastidio di conti di compagnia, che non fano ni
per l'authore ni per il stampatore. La S. V. scrive de la
sua descriptione d'Italia (i) che ha buona parte de le
figure intagliate et altre di intagliare etc. Desidera che il
stampatore facia la spesa di far il disegno sopre al legno,
lo faria poi intagliare, stampi poi il libro todo a le sue
spese, sensa che la S. V. ne senti gravezza alcuna di niuna
parte, desiderando anche che le stnmpe siano communi
(retinendo la dedicatione laquai meritamente si lassa al
authore), talmente che il stampatore disborsara todo et
non havera sinon la mita delli libri stampati, liquali non
montarono forsi tanto tuto stampati como le spese sole
33
délie figure che bavera- fatto lequali non li restariano
libre in cbe mi pare cbc la S. V. non babia bene
considerato il grande interresse cbe poterebbe il stam-
patore.
lo considero cbe la S. V. ba fatto grande spesa per
baver insieme tuto quello cbe dice entrara nel dito libro.
Credendo pero cbe babia usata piu di diligentia di giuntar
tuto questo insieme sotto speransa di farli sortire in luce
a l'utilita commune cbe non di la sua, percbe si lei
verria baver consideratione a le sue faticbe et spese, io
confessaro cbe non sono di pagare per qualcbe ricbissimo
manco et curioso stampatore, il quai veramente deveria
baver piu di piacere a veder le sue cassitine ben fornite
di cbarateri, cbe la cassa con denari, bavendo per setti-
mana ranto cbe possi dare alli suoi officiali.
.Questo scrivo a la S. V. percbe son certo cbe non
ignori cbe quelli cbi fano professione di esser stampatori
la maior parte si ritrovano sensa dinari, principalmente
quelli cbe sono un poco piu curiosi, disborsando ogni
bora spese per mille occurrentie cbe sopra vengono in
una stamperia ben fornita.
Io scrivo liberamente a la S. V. percbe so cbe babia
notitia délie cosse délia stampa. In quanto a me como
bo detto non bo fatto usanza di comprar libro alcuno
novo de qualcbuno Autbore per stamparlo, et mi pare
cbe veramente non si doveria fare, percbe si l'intentione
di la dilegentia de l'autbore e di metter in luce il suo
libro non guardara a la vendita del detto, sapendo per
inansi cbe li suoi travagli non sarano pagati, percbe
bavendo rispetto a nuHi, guardara il suo libro per un
tresoro per li suoi posteri. Io son prompto di servir la
S. V. cummandandomi cioe di far qui intagliare a le sue
— 34 —
spese, le figure lequali mi mandara, anche di stampar
tal libro che desidera.
Il concepto delà sua descriptione d'Italia mi place
anchi. Si desidera farlo metter in luce poi che scrive de
hayer la major parte délie figure intagliate, io faro qui
fare a mie o sue spese il opéra per poter servire a la
Republica, mandando le figure intagliate et da intagliare
con il libro in mani di qualche marchante il quai habia
commissione plenissima di contrattare, o di rimandare
detto libro perche como scrive la S. V. non si puol far
judicio ni conventione di cossa laquai non si ha visto.
Havendo pero visto detto libro, et cognoscendo che figure
sono intagliate et lequali sono d'intagliare, la resolutione
poteria esser presa subito o di farlo a le mie speze, o
aquelle di V. S. sensa utile mio sinon simplice pagamento
delli travagliatori. Del tuto avisara V. S. quello che tro-
vara commodo.
La Castrametatione delli Romani f;Uta per il Ser-
glio (2) et l'altro libro di vestimenti Antichi di Romani
etc. poteriano esser posti insieme in uno libro, che certo
questo tempo non e etc. (3)
(i) Voir lettre n" 804, du mois d'août 1578, à propos de cette
Description de l'Italie par Strada.
(2) Sébastien. Serlio ou Serlius, voir note 7 de la lettre précitée.
Le Musée Plantin possède de Serlio la traduction flamande de son
grand traité d'architecture, en 5 livres in-fo, faite par PeeterCoecke van
Aelst, parue à Anvers en 1553, chez Mayken Verhuist, veuve du tra-
ducteur. Le 3"= livre porte la date de 1546 et l'adresse de Gillis van
Diest ; le 4^ est daté de 1549.
(j) Rédaction et écriture de Jean Moretus, sans date.
— 35 —
8 14- — Plantin au Magistrat d'Anvers (?)
[Archives Tlaiiliniennes, IX, f» 7S^).
(Octobre ?) 1578.
R(emonstre) en toute humilité Christophle Plantin
Imprimeur, comment passé trente deux ans ausquelz a
demeuré en ce pais de Brabant, il a avec la grâce de Dieu
et son labeur assidu faict faire et ramasser de toute pars
en ceste noble ville d'Anvers tant de belles sortes de
poinsons, matrices a lectres, sortes, presses, figures et
aultres choses nécessaires, propices et servantes a l'Impri-
merie et ornement d'Icelle pour diverses langues et toutes
sortes de livres que (sans jactance) touts les Imprimeurs
de l'Europe confessent n'avoir jamais esté pareillement
instruicte que n'est celle dudit remonstrant, aynsi que
l'effect et les oeuvres qu'il a imprimées en hebrieu,
syrien, grecq, latin, françois, italien, flamand et aultres
langues le demonstrent. Entre aultres ce grand oeuvre de
la Bible en cinc langues dont il en ofi're treshumblement
ung exemplaire compris en 8 voUumes a Vos 111"''^^
Seig''", lequel oeuvre (dont il loue Dieu) a esté tellement
receu de touts gens doctes et des grands Seigneurs et
potentats (comme aussi de touts Imprimeurs) qu'ilz
publient et confessent par tout jamais ne avoir esté veu
nij faict le semblable. Ce que considérant aussi Nostre
Roy estant laditte Bible achevée et veu les diligences
d'imprimer et travaulx que ledit Remonstrant ij avoit
faict et usé en l'impression d'icelle, Il ordonnoit audit
suppliant une certaine pension de quatre cents florins
annuelle en recompense de sesdits travaulx a recepvoir
sur le comte de Hoochstrate (i) suivant la copie des
- 3é -
lectres cij attachées. Mais tant s'en fault que le dit
Remonstrant aije jouij de saditte pension car depuis
plusieurs* années n'a rien receu (et est hors d'espoir d'ij
rien recepvoir) ains en ce dernier pillage et saccagement
de ceste ville d'Anvers par la furie des soldats espagnols
il a esté mis si a l'extrême et en debte par les pillages
qu'il a enduré et ransonnements qu'il luy a convenu
faire qu'il ne voit moijen de pouvoir tenir son Imprimerie
comme il avoit tousjours bien proposé et résolu, l'ayant
comme vouée au service de Vos Illus" Seig"" et de ceste
tant Noble patrie, mais sera contreint de la vendre et
séparer bien contre son gré et bonne volonté ne pouvant
plus supporter les grands frais de louage ou saditte Im-
primerie est pour le présent assise et ou il avoit espéré
qu'il l'eust continué de augmenter de jours en aultre,
n'eust esté les raysons sudites. Par quoy il supplie tres-
humblement a Vos dittes Segneuries qu'il leur plaise
avoir esgard a la bonne volonté et dessein dudit remons-
trant, désireux de leur faire tout humble service et
l'assistant de ce qu'il fault qu'il paye annuellement de
louage (qui sont 400 fî. par an) de la place ou il tient
sa ditte Imprimerie, l'oster hors de la paine et travvaulx
ausquels il se retrouve par le présent. Et ledit Remons-
trant sera tant plus affectioné de continuer d'orner saditte
Imprimerie de toutes choses rares comme il a faict jusques
a présent, vouant et dédiant aussi a icelles ung exemplaire
de tout ce que doresenavant pourra sortir de saditte
Imprimerie sa vie durant, et se trouvera tousjours prest
au commandement et service d'icelles, priant Dieu de les
maintenir en bonne union et paix et les augmenter en
toute prospérité, en longue et heureuse vie (2).
— 37 —
(i) Le 28 mai 1573, à la recommandation d'Arias Montanuset pour
indc-mniser Planiin de l'impression de la Bible royale, Philippe II avait
accordé à l'architypographe une pension de 400 florins, à Raphe-
lingien une de 200 florins, à relever sur les biens confisqués du
comte de Hoochstraten. Or, à la Pacification de Gand, celui-ci avait
été restitué dans la possession de ses biens, de sorte que la pension
de Plantin et de son gendre ne fut plus payée. Jusqu'en 1588,
l'imprimeur fit des instances pour en toucher une partie. Le 3 mars
de cette année, Jaspar Waichmans et Georges Meyvisch, échevins de
la Seigneurie de Hoochstraten, répondirent à la réclamation du duc
de Parme concernant cette pension : depuis la prise du château en
1583, la commune avait été rançonnée et pillée si souvent qu'aucun
impôt n'avait même pu être levé !
(2) Ecriture et rédaction de Jean Moretus, sans date ni nom de
destinataire.
815. — Plantin au Seigneur de Bissy Q).
{Archives Tlanlinieiines, VIII, f" 238).
24 Décembre 1578,
Monsigneur, la grande humanité et hospitalité que j'ay
expérimentées en vous me forcent a tousjours m'en
souvenir et cercher les moyens de monstrer que je ne
désire estre trouvé ingrat de tels bénéfices receus de vous.
Et n'ayant eu autre moyen j'ay prins la hardiesse d'or-
donner par cy devant a mon Compère et amy Sonnius de
vous présenter de ma part de tous les livres nouveaux
que je luy ai envoyé de nostre impression, ce que je fay
maintenant et feray doresenavant par mon frère M' Pierre
Porret apothicaire, auquel j'envoye la présente avec
quelques livrets pour les vous présenter de ma part, vous
suppliant les recevoir d'aussi bon cueur que je vous
supplie avoir ledict mien frère pour recommandé et que
je désire demourer en vostre bonne grâce, priant Dieu
431140
>8
vous augmenter les siennes en tout heur et prospérité
avec ma dame vostre compagne et tant honneste famille.
D'Anvers ce 24 Décembre 1578 (i).
(i) Nous présumons que cette lettre, sans nom de destinataire,
s'adresse à Pontus de Tyard, Seigneur de Bissy, qui servit d'inter-
médiaire entre l'architypograplie et le roi de France, lors des négo-
ciations tendant à retenir Plantin à Paris. Ces pourparlers avaient
échoué, probablement grâce à de Çayas, secrétaire du roi d'Espagne.
Voir plus loin la lettre n» 817.
816. — Plantin à l'archiduc Mathias.
{Archives Plantiniennes, VIII, fo 243).
Fin 1578.
(Après avoir rappelé le but de la typographie et les services rendus
par elle aux arts libéraux, Plantin déclare qu'un véritable instinct
l'avait poussé à cette profession. Dans la mesure de ses facultés, il a
toujours cherché à mériter les bonnes grâces du roi et de l'Eglise.
Quoique des offres honorables lui aient été faites par plusieurs autres
princes, il avait préféré s'installer aux Pays-Bas, notamment à Anvers.
Quelle somme de travail il a fournie, ses publications et les érudits
peuvent en témoigner. Les calamités de l'époque le firent de nouveau
songer à transporter son imprimerie ailleurs ou à abandonner son art.
Aux instances du magistrat d'Anvers et de ses amis, il a décidé de
reprendre ici ses occupations. Parmi les diverses éditions commencées
depuis longtemps, il a tenu à achever les œuvres de S. Jérôme, sous
le patronage de l'archiduc Mathias.)
Serenissimo Principi Matthi^ Archiduci Austri^,
Duci Burgundias, & Gubernatori Belgicae, ejus-
demque Universis Ordinibus (i).
Quanti sit momenti recte instructa atque ut decet
administrata typographia, liberalium omnium artium
propagatrix; quantumque ea utilitatis, commoditatis, &
— 39 -
omamenti urbi & regionibus in quibus accurate exer-
cetur, adferat ; satis exploratum habet, cum omnibus
alijs qui literas profitentur, reique publiccT clavum tenent,
tua Celsitudo, Serenissime Princeps, vosque prudentis-
simi Belgicc-e totius Ordines. Ad eam autem artem cum
initio, ex quodam naturœ instinctu, animum appellerem,
eamque exercendam susciperem, nihil prius antiquius-
que habui, quam ut studium, conatum, sumptum, cu-
ram, & operam omnem in Régis & rei publ. ChristiancC
obsequium ministeriumque pro ingenioli ac tali mei
tenuitate conferrem & impenderem. Atque ad eam rem
etsi majores utilioresque mihi alijs in regionibus & urbi-
bus sese offerent commoditates, una h^c pr^ ceteris
arrisit Belgica regio, at adeo haec urbs Antverpia, ut
firmam in ea sedem fîgere omnino statuerem. Q.uantis
vero impensis & laboribus ea comparaver qu^ ad hanc
artem excolendam suisque numeris absolvendam sunt
et utilia et necessaria, facile testari potest omnibus,
przesertim ijs qui officinam nostram aliquando oculis
perlustrarunt, moles illa & ingens pr^elorum, typorum,
fiourarum, instrumentorumque necessariorum acervus.
Quid denique prasstiterim, testantur Opéra quc^ variis
linguis hactenus ex eadem nostra officina prodierunt.
Nec leva etiam testimonium prasbere queunt viri docti
omnes qui nostra opérée ac diligenti^e subinde pericu-
lum fecerunt. Neque etenim unquam mihi defuit animus
ad ea porro typis evulganda quc-e etiamnum in manibus
habeo, viris eruditione pr^estantibus gratae, & quc-e post-
hac mihi ab eis poterunt offerri. Verum communes
miseriae atque calamitates privatae nuper eo me angus-
tiae redegerant, ut nihil prius mihi cogitandum crede-
rem quam vel de mutanda sede, vel typographia dese-
— 40 —
renda. Quod quidem jam effectum reddidissem, nisi
amplissimae hujus urbis Magistratus de sua erga nos
benevolentia ac liberalitate bene sperare me jussisset :
nonnuUique praeterea graves, docti ac pij viri, mihi
perculso fereque prostrato subsidium attulissent, atque
spem fecissent aliam brevi futurain rerum faciem, neque
T. Celsitudinem, vestramque omnium ad bonas artes
promovendas propensionem passuram, ut, vobis, sub
Catholici Régis nomine, has provincias gubernantibus,
tanta hîec ars, suis destituta prœsidijs, procul hinc exsu-
lare cogatis. Ejusmodi itaque argumentis, auxilijs & spe
fretus, animum resumpsi. Cumque inter alla prius a
nobis inchoata, Opéra D. Hieronymi absolvere statuis-
sem, Vobis hanc nostram editionem dicandam esse judi-
cavi, ut tempore difficillimo illa sub tantorum patrono-
rum & liberalium artium maeçenatum nomine tutius in
publicum prodirent.
Quod quidem officium meum &: conatum in typogra-
phia nostra hic retinenda, &, ut vires dabuntur, exer-
cenda, ubi vestrae humanitati gratum esse intellexero,
& percepero, efficiam, Deo bene propitio, ut de pristina
nostra sinceritate, fidelitate & vigilantia, non solum niliil
diminutum fuisse, verura etiam accensio illi facta esse
intelligatur. Intérim Deum Opt. max. rogo, ut animum
vestrum ac Christian^ religionis ac quarumvis bonarum
artium propagationem propensum confirmet, ac Vosque
omnes ad id sedulo pr.-estandum quam diutissime servet
incolumes (2).
(i) C'est le premier projet de dédicace pour les œuvres de S. Jérôme.
La rédaction définitive, en tête du i=f volume des Opéra, en diffère
considérablement. Elle n'a pas le cachet personnel, quoique la rédac-
tion soit de François Raphelingien, de la pièce que nous reprodui-
— 41 —
sons. Voici le titre complet des œuvres de S. Jérôme, une des princi-
pales publications plantiniennes : Opéra divi Hieronymi Slridotnensis,
Ecdesia doctoris : per Marianuw Victoritim Reatimim ex manuscriptis
codicibus multo labore emendata, & ab innumeris erroribus vindi-
cata. Cum Indice copiosissimo. M.D.LXXIX. Neuf tomes in-f".
(2) La dédicace imprimée porte la date : Calend. lan. M.D.LXXIX.
La version publiée ci-dessus est plus ancienne.
817. — Plantin à de Çayas.
(Archivo gral de Simancas, Sria de Estado, Leg» 385.
Minute partielle aux Archives Tlantinieiines, VIII, f'' 190).
20 Décembre 1378— 4 Janvier 1379.
111- Seigneur.
Ayant receu les vostres du xv. d'octobre je me suis
esmerveillé de ce qu'elles ne facent mention d'avoir
receu aucunnes des miennes trois précédentes respon-
sives aux siennes du 4 d'Aougst par lesquelles il pleut
a V. S. me mander que je luy escrivisse les fraiz que
j'avois faicts par ordonnance des Seigneurs de par delà
au nom de sa Majesté pour l'appareil des impressions
tant des Antiphonaires que des Missels et autres choses
et aussi quelles parties de mon imprimerie j'avois ven-
dues et quelles me restoyent et que c'est aussi que je
desirerois obtenir par grâce de sa Majesté au-dessus des
payements raisonnables des préparations faictes et finable-
ment me mandoit vostredict S. que je n'acceptasse aucun-
nement le service du Roy treschrestien (i) a moy offert
et ce pour causes qu'icelle m'escriroit plus amplement
en bref temps, ausquels poincts je respond(is) en partie
estant encores a Paris et depuis y ay respondu par deux
fois d'une mesme teneur dont j'envoye derechef icy la
— 42 —
copie avec les monstres de l'Antiphonaire commencé et
certaines feuilles pour monstre des characteres que j'avois
faict fondre en très grands nombres pour diligenter l'im-
pression des cinquante mil missels enchargés.
Je viens maintenant respondre aux susdictes de V. S.
dudict XV Octobre et premièrement je remercie grande-
ment V. S. de la bonne affection qu'il luy plaist me por-
ter et continuer envers ma personne et ma famille, estants
tous joyeux que ce nostre second Patron A. Montanus,
personnage excellent en bonnes meurs et aux lectres soit
en repos en sa saincte rusticité.
Q.uant au mémoire joinct ausdictes lectres touchant
l'histoire naturelle des animaux, oyseaux, reptiles, insec-
tes, herbes, arbres et autres simples des Isles Occidentales
en langue latine et castillane (2) d'autant que pour les
causes touchées en mes autres lectres, les moyens me
sont défaillis, il me seroit impossible de faire les fraiz
nécessaires pour la taille des figures. Pour ceste cause en
ay-je communiqué a quelques uns de ceux mesmes qui
m'entretiennent en la besongne mais je n'ay trouvé aucun
qui veueille rien promectre que premièrement il n'eust
luy mesmes veu l'oeuvre, outre cela je ne trouve personne
qui soit enclin de faire autre parti a l'autheur que de luy
faire présent de quelque vingt et cinq exemplaires de son
livre lorsqu'il seroit achevé d'imprimer pour en faire
présent a ses amis. Je ne scay si a Paris ou a Lion en
France il se pourroit trouver milleur parti.
J'envoye a V. S. le petit Bréviaire que nous avons
achevé en deux temps désirant qu'il luy soit aggreable.
Nous avons aussi achevé Opéra Hieronymi desquelles
nous envoyerons les exemplaires demandés a la première
oportunité.
— 43 —
Cependant je prie Dieu- nous conserver V. S. en bonne
prospérité et santé. d'Anvers ce XX Décembre 1578 de
V. m. S.
Le treshumble et tresaffectionné serviteur
C. Plantin.
La teneur cy dessus escritte fut envoyée a Paris le XX
Décembre et ceste ay-je copié ce 4 Janvier si d'adventure
l'autre ne fust addressee, suppliant d'estre adverti de la
réception et de ce que je doibs attendre pour me mate-
nuer (?) davantage a retenir si grands fardeaux en cas
qu'asseurement je n'en fusse deschargé bien bref, comme
il est nécessaire soit par l'aide de V. S. ou de conti-
nuer de faire vente de appareils a quelque perte que ce
soit.
[Unidos a la carta anterior hay los documentes si-
guientes] (3)
A principio del ano de 1573 determino su M'' de man-
dar imprimir en Anvers, un Antiphonario grande y
diversas suertes de Missales, y ordeno al Obispo de
Segorbe, y a Çayas, que escribiessen â Christophoro
Plantino su Prototypographo, que se proveyese de una
buena quantidad de papel y de las letras, punto y todo. Lo
demas necessario para la impression, como lo hizo hasta
enquantitad de quarenta y seis mill florines, mas aviendo
sucedido en este medio el saco de Anvers y fiillecido el
dicho obispo parô el negocio, hasta que por el mes de
Agosto de setenta y ocho torno su M'^ amandar d Çayas
que lo comunicasse con el Marques de los Vêlez, y su-
piesse de Plantino el estado en questo se hallara, y la
quantitad de papel y apparatos que ténia y la parta que
avia vendido de su emprenta y la que le quedara, y la
44
merced que desseava le hiziesse su M** de mas de pagarle
sus obras razonablemente, a lo quai responde en carta de
20 de Enero lo que se sigue.
Que por lo mucho que avia perdido en el saco de
Anvers, y los grandes intereses que le corrian de los
dichos, — florines y el alquiler que pagara de la casa
que havia tomado, y los grandes gastos que havia hecho
por orden de Hieronymo de Soto en el apparato desta
impression se hallara tan empenado y alcançado que le
havia sido fuerza vender la tienda y libros que ténia en
Paris, por menos de la mitad del justo precio (4) con
cargo de que no pudiesse embiar ningunos desde Anvers
â aquella Ciudad, sino al que se los compro (que no le
séria poca perdida).
Que de 23 prèles que ténia avia vendido assimismo
los sieie y le quedavan los 16 mejores, y todos los pun-
zones, matrices, letras majusculas, y minusculas, y figuras
de Bronce y de madera 3' todas las demas cosas (que son
innumerables) que avia preparado para la impression de
los dichos Antiphonarios. Que para la de los dichos
Antiphonarios y cincuenta mill Missales de diversas for-
mas conforme d la orden del dicho Obispo y Soto se
halla con la quantidad y suertes de papel contenidas en
una relacion que embia aparté.
Que por causa de la misma necessidad avia gastado,
obra de 200 resmas del papel real reforçado para la im-
pression de certas missas que el maestro de Capilla de la
yglesia de Tornay (5) avia dedicado a su M''. Que en
quanto à la remuneracion que prétende de su M'' de mas
de la razonnable paga de sus obras le era tan agradescido
â la que le ha hecho y desseaba tan de veras acertar â
servirle, que (aunque hasta aqui ni el ni su hierno
45
havian gozado de la pension que Su M*^ les havia dado)
lo dejara todo en sus manos y solo supplicara le diesse
por libre del concierto que hizo con Hieronynio de Soto
cl ano de 74.
Remite muestras del grande Antiphonario y de la
forma y letras que avia hecho tundir para la impression
de los r- Missales,
00
Pide con toda instancia se le avise luego loque su M''
es servido que haga de todos estos aparejos por que su
necessidad y las deudas que ha contrahido por hazellos
son tan grandes que si su M'' no se sirve dellos 3' le
manda proveer, los havra de acabar de vender.
Copia : Respuesta a los Puntos contenidos en una carta
del Reverendissimo de Segorbe e 21 de Enero 1576.
Christoval Plantino tiene en casa mil y quinientas Res-
mas de Papel fino reforçado para la impression del Anti-
phonario grande las quales costan quinze mil florines
Val fl. 15000
Los Punzones y Matrices del escrito grande para
el dicho Antiphonario costan . . . . fl. 1800
Los P'imzones, Matrices, Moldes y puntos hon-
didos para las notas y reglas grandes montan
mil trescientos florines fl. 1300
Los Punzones, Matrices, Moldes y letras fundi-
das del escrito menor para el dicho Antiphona-
rio montan a seiscientos florines . . . fl. 600
Las letras hondidas para los grandes titulos del
dicho Antiphonario montan fl. 80
Las grandissimas lettras para el principio de las
grandes fiestas fl, 60
Las otras letras y casos costan . . . . fl. 70
- 46 -
Los Punzones, Matrices, Moldes y puntos hon-
didos de las notas y reglas medianas que se
mandaron tambien hazer para imprimir otros
Antiphonarios con sus casos y otros aparejos de
marca menor costaron, dos mil ciento y cin-
quenta florines fl. 2150
Suma fl. 21060
Ad prc'eparationem impressionum Missalium juxta
Mandatum ab Hispania missum et verbis D. Hieronymi
de Soto conlïrmatum quas sequuntur emeram :
2500 Rismas Papyri Regalis pro Missali in magno 4*°
unaqua^que Risma quatuor fl fl. loooo
3500 Rismas pro Missali in folio 2 fl : . . fl. 70000
1500 Rismas pro Missali in parvo 4° . . fl. 900
fusiones Typorum variorum omnis generis in
copia fl. 5000
figurie lignes et cupreaj circiter . . . fl. 3000
Suma fl. 25900
Pro Antiphonario magno fl. 21060
Suma fl. 46960
Summa florines quaranta seis mil nueve cientos y
scsanta florines.
(i) Le roi de France, Henri III.
(2) Probablement les deux premiers livres de la Hîstoria médicinal
de las cosas que se traen de niiestras Indias occidentales.., par Nie. Mo-
nardes, traduits par Clusius et publiés chez Plantin en 1579 • Situpli-
cium Medicamentorum ex novo orbe delatorum, quorum in medicina usus
est, historia, Hispanico sermone descripta à T). Nicolao Monardis... Al-
téra editio. In-80, avec gravures sur bois. La première édition plan-
tinienne est de 1574; le troisième livre, également traduit par
Clusius, ne parut qu'en 1582 chez Plantin.
(3) «A la lettre précédente se trouvent jointes les pièces qui sui-
4'
vent ». Celles-ci répètent en somme les réclamations de Plantin au
sujet du grand Antiphonaire et d'autres livres liturgiques pour
l'Espagne, plaintes que nous connaissons par plus d'une longue épître
de Plantin, notamment par sa lettre à de Çayas de septembre 1578.
(4) La vente de la boutique de Paris, à Michel Sonnius, avait eu
lieu le 22 août 1577.
(5) Georges de la Hele, Octo Missai', quinque, sex cl septem vocum.
Voir lettres précédentes.
S 18. — Jean Moretus h Plantin.
[Archives Plantiniennes, IX, fo 79'')
I Janvier 1)79.
(Jean Moretus se permet d'offrir à son beau-père, pour ses étrennes,
le catalogue des impressions sorties des presses plantiniennes jus-
qu'ici. Il y a travaillé dans ses moments perdus; aussi l'inventaire est
loin d'être complet. Cependant, en dehors de ce qui a été détruit à la
Furie espagnole, Moretus y a signalé ce qui est venu à sa connais-
sance).
Q.uod strenilam quamcumque alias tibi oblatam, Chai"''=
Socer, gratissime semper acceptam tibi fuisse cognosco
(ausus sum) et hanc etiam tibi offerre. Accipe ç\ux. tua
sunt e Filioli mai7u, bonique consule dispositionem hanc
Catalogi tui (i), quem pro judicio et arbitrio mutare,
invertere ac disponere placebit, si typis mandes tuis.
Leviter h^ec liisce Natalitiis festis, aliquot Vespertinis
horis transcripsi. Cumque absolvisse me existimassem
incepisse tantum inveni tôt tamque varia iteratim occur-
renda semper quae annotari debebam, prêter ea quiE
hoc Panicu Tumultu (2) etc. fuere fortassis obUvioni
tradita, ni fallor cognovi quid hactenus pr^estiteris. Cum
viderem tamen indicem a me scriptum, verissimam
— 4» —
comperi Doctissimi illius Basiliensis in Theatro suo hanc
de te sententiam : (3)
Antwerpi^e gloriam typis suis Christophorus Plantinus
unicè extollit, Oporini copiam, Roberti elegantem dili-
gentiam pro virili exprimere studens.
Vale, Char""' Socer. Deumque precor, felices omncs
tibi det annos, vitamque iongevam. P^ Jan. m.d.lxxix.
(i) Le Musée possède un catalogue manuscrit (exposé à la Salle xvi),
provenant de Jean Moretus et offert par lui à Plantin pour ses étrennes,
le lei" janvier 1580. C'est probablement le même dont il est question
dans la présente pièce, la date m.d.lxxx montrant des traces de ra-
tures apportées ultérieurement. Ce catalogue original forme un ta-
bleau de 181 X 47 cm , composé de 12 feuilles portant en grandes
majuscules : Catalo^us libroriim typographiae Platitini, et un avis au
lecteur à la fin. Les livres y sont classés par matière et alphabétique-
ment.
(2) C'est-à-dire la Furie espagnole.
(3) Ligne laissée en blanc. Nous avons reproduit le passage omis,
auquel Moretus fait allusion, et qui se trouve dans Thealrum Vila hu-
mana, vol. xix, par Théod. Zuiiigerus (Bâle, S. Henricpetrus, in-fo).
819. — Plantin à Canierarius.
{archives Plantinieniies, IX, f° 80).
(Commencement de) 1579.
(Les temps calamiteux ont empêché Moretus de se rendre à la der-
nière foire de Francfort. Il ne pourra probablement non plus aller à
la foire de carême. Canierarius arrangera ses comptes avec Plantin
comme bon lui semblera. Ortelius a fait joindre un pli à la présente.
Il n'y a pas eu des nouvelles de Mathias de Lobel. Juste-Lipse est à
Leyde en ce moment).
Dno Joachimo Camerario.
S. P. Hjcc teniporis iniquitas non permisit me, Vir
— 49 —
Clarissime, ad elapsas nundinas profiscisci. Si sequenti-
bus Quadragesimalibus présentes etiam non fuerimus,
non miraveris. Credas cum quocumque te vertas non sis
ab hoste tutus. Videtur etiam Pacis loco velle crudelius
succedere bellum. Hoc tamen cito mutaverit ille qui verus
est pacis Author. Interea id quod possumus prestamus,
cujus indicium faciet qui novi ex Typographia nostra
favente Deo adferuntur liac quadragesima. Tuum erit,
Vir Doctissime, semper eligere quem tibi a Plantino do-
nari cupis, precium, ubi persolveris, detrahere. Rem gra-
tissimam facturas, si tam libère cum Plantino tuo agas.
Habes hisce inclusas Ortelij litteras quibus ad tuas res-
pondet (i). Lobelius liactenus nullas dédit. Fideliter
transferentur Francofurtum a nostris si quas... J. Lipsius
Leijdîe vel Lugduni Batavorum (2) vivit. Salutavimus
eundem tuo nomine postremis nieis. Vale, Vir Doctis-
sime, nosque amare perge.
(i) Ortelius était rentré à Anvers de son voyage d'Italie au com-
mencement de 1579.
(2) Le 5 avril 1578, Juste-Lipse avait été nommé professeur d'his-
toire et de droit à l'université de Leyde.
820. — Plant in à Arias Montanus.
{archives Tlaiitiniennes, X, f° i).
4 Février 1579.
Le 31 janvier, Plantin avait reçu la lettre d'Arias, datée du 7
décembre. Ainsi que Parez, l'imprimeur est toujours de cœur avec
son ami, dont ils regrettent vivement l'absence. Ils feront leur possible
pour communiquer le plus souvent avec lui. Cornélius Valerius et
Harlemius sont également partis. Au nom de sa femme et des siens,
Plantin prie Arias de ne plus s'inquiéter de leur sort et de ne pas trop
— 50 —
insister sur le payement des grands Antiphonaires. L'atchitypographe
en a d'ailleurs déjà écrit trois fois à de Çayas. Planiin voudrait
que son ami intervienne pour faire remetre par Osorius à Moflin la
somme de loo écus qui lui sont dus pour fourniture de livres. Les
meilleurs souhaits de toute la famille, ainsi que de Rasius et des amis
parisien ! Ferez enverra, au nom de Plantin, plusieurs livres et des
instruments astronomiques. Les commentaires sur les Prophètes par
Arias seront imprimés aussitôt qu'on aura reçu les corrections de
l'auteur. Laevinus Torrentius, dont le Suétone a paru chez Plantin
l'année dernière, prépare un commentaire d'Horace. L'imprimeur finit
par des réflexions sur les embarras inextricables dans lesquels le pays
se trouve encore toujours].
IIP Viro D. B. Arias Montano.
Desideratiss. tuis nonis Decembribiis in secessu tuo
datis quas postrema Januarij accepi respondebo paucis.
E^o certe et Perezius semper lecuni animo sumus et cor-
pore libentiss. conversaremur nisi aliter Dec placeret
cujus voluntatis sapiens est qui nullo modo resistit cum
velit qnis nolit tandem vel slio malo parère debeat. Beati
crgo qui neglecta imo abjecta propria sapientia, pruden-
tia, sagacitate et omni industria vita; humanas eo intantias
pervenerunt ut Patris celestis providenti^e sese conjunxe-
rint totos ad sanctificationetn ejus nominis efficacissimi
quo in seipsis regnando voluntas ipsius sicut desiderio
celesti ita reipsa et certo fiât. Ipsi etenim tum vere et
essentialiter toto animi desiderio appetunt vesci pane illo
celesti et diurno ac tum vere precantur sibi débita igno-
rantia et pervicacitatis dimitti sicut ex agnitione justitiae
divine, ipsi dimittunt illis qui sibi debent ac sic tandem
in obedientia et humilitate fundati rogant paternitatem
divinam ne illos tentationi cupiditatum et afFectionum
suarum deserat umquam ut pote qui se suamque debilita-
tem agnoscunt ac proinde merito ne amplius serviant
51
peccato rogant obnixe libertate donari a Pâtre celesti cu-
jus est rcgnum, potestas et gloria, haec omnia qu£e in
cœlo et in terra illi namque servunt quas recto judicio
siio ad suam uniuscujusque naturam recolligit et reverti
jubet.
Utinam vero hec et talia nostra suspiria coram com-
municare possem et tiiis frui, sed quod corporaliter non
datur, céleste val spiritualiter facere non desinamus et
Deum precari ut juxta suam voluntatem nos sibi con-
junctos perpétue retineat ne quid possint contra nos qui
ut animo satisfaciant suo, qu^erunt occasiones calumniandi
illo namque modo sibi ipsis nocumento sunt et erunt non
autem nobis.
Inter eos quos adliuc (plures quam tbrtasse tibi signi-
ficatum sit) desidcramus annumero inprimis Corn. Vale-
rium, Harlemium et alios plurimos quos longum esset
recensere et nullus fructus. Rogo autem, obsecro et si
permittas postulo ut nostra, uxoris vel nostrorum causa
desinas solicitum esse sed curam relinquas et commen-
des Dno Deo^ neque posthac Za3\am nostrum nec quem-
quem alium ob rerum nostrarum privatarum jacturam
solicites aut moestum reddas. Satis erit si se se occasio
offerat ultro consilio juvare vel rationem suppeditare qua
ea qu3d istorum Dominorum jussu prasparaveram pro
impressione Antiphonariorum utraque forma maxinia
ncmpe et magna nobis persolvantur, qua de re ter jam
ad ipsum D. Zayam respondendo ipsius litteris scripsi et
misi rationes atque specimina. Hic etiam D, Osorio (i)
libros optime compactes et bono pretio tradideram ad
sumniam usque centum scutorum de qua summa obliga-
tionem mihi tradiderat quam D. Moflino tradidi cum
hinc abirer. Ipse autem Moflinus scribit se non posse pe-
52
cuniam extorquere, consilium vero dat ut scribatur ad D.
Elemosinarium D. Lud. Manriquez ut suam authoritatem
interponere dignetur erga dictum Osorium ut post tan-
tum temporis tandem solvere velit et suuni chirographum
uti decet verum nobilem redimere ab homine spoliato
etc. Si quid hac in re potes adjuva modo id facile et sine
molestia vel anxietate aut contentione animi, alias nolim
ut vel verbum scribas. Ad quid enim meliora deteriori--
bus prasponeres.
Uxor mea, generi, filias et alii amici tibi felicia optant
omnia. Idem facere fratrem, Rasium et alios amicos
Parisienses non dubito. lUis autem scribam. Ac jamdiu
vero significavit frater se tibi descripsisse et misisse des-
criptionem duarum illarum compositionum (2). Miror
itaque eas te non accepisse. Rursus scribo ut iterum mit-
tat. Rasio ipsi ego capsulam hue delatam per Gerardum
comitem in Junio postremo reddidi, de qua multas tibi
agebat gratias et se tibi scripturum poUicebatur. Monebo
rursus per litteras.
Novum testamentum Grœca et Syriaca lingua com-
pactum una cum Bibliis in 8°, Breviario in 8° et mecha-
nicis instrumentis aliisque nonnullis a nobis recenter
impressis D. Perezio tradidimus ad te transmittenda.
Commentaria tua in Prophetas libentiss. recudam ubi
emendationes abs te recepero (3). Roma siquidem nihil
accepi. Exemplar quoque dicto Dno Perezio tibi mitten-
dum tradidimus. Lsevinus Torrentius valet, superiori
asstate commentarium ejus in Suetonium impressi (4),
pollicetur se mihi commentaria in Horatium missu-
rum (5) qu3e asserit se parata habere sed cupere Crucquij
in eundem auctorem quae nuper etiam e nostro pr^lo
prodierunt prius légère (6). Dolet ipse ut plurimi alii
— 5^ —
harum provinciarum calainitatem. Interea vero paucos
videas qui sciant quod sit remedium adhibendum, pau-
ciores vero qui propriaruin affectionum dispendio copiant
ut falsas taceam cupiditates et commoditates quas dum
mordicus retinere tentant perdunt et tamquam phanatici
ab una fantasia in aliam dclabuntur misère. Dns Deus pro
sua clementia nobis largiatur liberationem a desideriis
nostris per Jesum Christum Dnm nostrum in unione
spiritus sancti. Vale raptim Antverpia: 4. feb, 1579.
(i) Juan Osorio ab Ulloa, marchand espagnol dont il a été ques-
tion antérieurement. Voir les deux lettres suivantes.
(2) Les lettres précédentes à Arias ne disent rien de ces « compo-
sitions ».
(3) Benedicti Ariae Diiontani Hispaleiisis Commentaria in duodecim
prophetas : 'K.unc tandem ab ipso aitc tore recognita. Plantin, 1583, in-4**.
(4) Lavini Torrentii in C. Suetonii Jranqinlli xii. Casares Com-
tnentarii. Plantin, 1578, in-S".
(5) Ne fut publié qu'après la mort de l'auteur : Q. Horatius Flaccus,
Cum eriiditû Laevini Torrentii Commentaria, nunc primum in lucem
edito. Plantin, 1608, in-40.
(6) Q. Horatius Flaccus, ex antiquissimis tindecim lib. MS. et schedis
aliquot emendatiis, et plurimis locis cum Comtnentariis antiquis expurgatus
et éditas, opéra Jacobi Cruquii Messenij. Plantin, 1579, in-4°.
821. — Plantin à Jean Mofiin.
(archives Tlantiniennes, X, i° n).
4 Février 1579.
A Monsieur Mouflin Chappelain de sa Majesté.
Monsieur Mouflin. Par ung article de vos lectres du 21.
Novembre dernier escrittes a Monsieur Hierosme Sclio-
liers (i) j'ay entendu la peine qu'avés prins et voulés
prendre pour me faire payer des cent escus que me doibt
54
Monsieur Osorio et le conseil que donnés d'escrire a
Monsieur l'Ausmonnier (2), ce que je faybien que contre
mon affection qui de tout temps a}^ esté honteux d'es-
crire a personnes de grande auctorité si ce n'est pour
leur respondre. Si est-ce que la nécessité d'argent m'a
pressé de suivre vostre conseil parquoy je vous prie tres-
affectueusement de m'excuser envers mondict Signeur
en luy présentant mon treshumble service en tout ce qu'il
pensera que je luy en puisse faire. QjLiant a ce que me
debvés je vous donne commission plainiere de vous soli-
citer vousmesmes selon la commodité que vous aurés de
soulager ma nécessité : qui est plus grande que je ne le
voudrois manifester : nonobstant quoy Dieu par sa grâce
m'entretient le courage tel que l'avés veu, voire me
l'augmente en pacience a la mesure que les urgentes
nécessités croissent. Au reste je me tiens tousjours prest
a vous faire tous les services qui jamais me seront possi-
bles et ce d'aussi bon cueur qu'en me recommandant a
vostre bonne grâce je prie Dieu vous augmenter les sien-
nes. d'Anvers ce 4. Febvrier 1579.
(i) L'artisie-peintre et littérateur anversois dont il a été question
précédemment.
(2) Ludovicus Manriquez ; voir lettre suivante.
822. — Plantin à Lud. Manriquez.
(Archives Plantiniennes, X, f» 2),
4 Février 1579.
(Plantin, enhardi par les paroles élogieuses d'Arias sur Manriquez,
ose s'adresser à lui pour qu'il intervienne auprès d'Osorius d'Ulloa
qui refuse de payer à Moflin une somme assez considérable. L'impri-
— 55 —
tueur voudrait vider le différend à l'amiable, plutôt que de confier
l'affaire aux avocats. Les temps calamiteux le forcent à. réclamer de
ses nombreux débiteurs l'argent qui lui est dû : il tient en eflet à con-
tinuer sa profession et à rendre service au roi et à l'église).
Illustri admoduni Viro Dno Ludovico Manriquez.
Duplici nomine ego ignotus et indoctus III. D. V.
verecundise leges transgrediens pauca hase verba scribere
sum ausus. Primum est quod Benedictus Arias Montanus
humanitatem tuam et animi promptitudinem pietati con-
junctain ad juvandum eos qui eain appellant numquam
non nobis predicaverit. Alterum nécessitas pr^eter con-
suetudinem nostram me facere coegit. Eo namque loci
redactîe sunt res nostrje domesticas ut cogar eos urgere
qui nobis debent. Inter eos autem est D. Johannes Oso-
rius ab Ulloa cujus chirographum a me istic liabet vir
candidus D. Mouflinus qui quantum ex ejus litteris in-
telligo hactenus solutionem extorquere non potuit. In
jus autem hactenus neminem vocare jussi neque cupio
ut quis meo nomine faciat, modo aliqua ratione alia
meliorem debiti partem impetrare queam ut qui malim
debitores a parte debiti absolvere quam advocatis ansam
protrahendîe litis et solutionis dare cum id vel umquam
fiât sine unius et nonnumquam utriusque partis detri-
mento. Rogo itaque et obsecro 111. D. V. ut authorita-
tem suam quam facile credo mihi maximo adjumento in
hac re futuram interponere dignetur. Maxitnopere siqui-
dem mea nunc et forte reipub. Christianas interest ut
undique a meis debitoribus corradam quas possum alioqui
jam post tôt calamitates a me perpessas a typographia
excercenda prorsus cessandum esset, quod non libenter
faciam donec vires suppeditabit Doininus Deus cujus
- 56 -
servitio uti et Cath. Majestati atque reipub. Christianae
me meaque omnia vovi et in eo (quamvis multa s^epe
cogar pati adversa) permanere ad extremum usque hujns
vitas naturalis halitum statui. Ipse Deus opt. max 111. D.
V. Régi nostro, reipub. et nobis diu conservet incolu-
mem. Antverpiœ raptim 4. februarij 1579 (i).
(i) Il faut croire que les démarches du grand aumônier aient été
heureuses : dans la lettre de Piantin du 25 août de cette année, l'im-
primeur donne à Moflin ample procuration pour traiter en son nom
toutes les affaires pendantes de l'officine.
823. — Henri du Tour à Piantin.
(Archives Plantinieimes, LXXXl, fo 455).
Gand, le 13 février 1579.
Seigneur Piantin, toutes recommandations premises,
j'ay receu voz lectres avec les espreuves, et touchant la
Philosophie Romaine, soyez adverty corne j'espère de
commencer a y justifier encore de ceste sepmaine, car
i'espere de frapper demain les ligatures de ma Nonpareille
flamande, et pour vous faire plaisir, je laisseray ladicte
Nonpareille jusques a tant que la Philosophie soit justi-
fiée et preste a fondre, ce qui pourra estre d'icy à 3.
sepmaines ou environ. Puis après quant a la fonte pour
3. fourmes, vouz la pourrez avoir dedens 3. ou 4. sep-
maines suyvantes, et selon cela vous vous pourrez rigler.
Nous prendrons garde a l'estofFe, et n'en avons non plus.
Car la med. Cursive est a peu près achevée et l'estoff^e
toute refondue (i). Il n'y a point de nouvelles pardeça
pour le présent. Parquoy avec la haste, je feray fin a la
— 57 —
présente en me recommandant a vostre bonne grâce. De
Gand ce 13. febvrier 1579, par
Le tout vostre a commandement serviteur
et amy H. du Tour le Jeune.
{Adresse au verso :) Au Sire Christoffle Plantin
Chef Imprimeur du Roy, en
son(imp)rimerye derrière le
Marché (du) Vendredy
,A Anvers.
(i) Ces caractères ne sont pas tous mentionnés dans le court
aperçu des articles, fournis par Henri du Tour à Plantin, dans Max
RoosES, Christophe Planlin, imprimeur anversois, p. 236 (2= édition).
824. — Louis Carrion à Plantin.
(In : C. SaUustii Crispi operum, qiue exslant, Nova editio. Edente et
recensente Liidovico Carrione, 1579, f° A 2).
Bonn, le f mars 1579.
(Carrion fait parvenir à l'imprimeur son édition corrigée de Sal-
luste. Il n'y a pas joint de commentaire, ses papiers et grand nombre
de ses livres ayant été détruits au sac de Louvain. Il se prépare en
outre pour aller en France. Toutefois, il promet d'envoyer plus tard à
Plantin ses études sur le même auteur classique).
Lud. Carrio Christoph. Plantino Suo S. D.
Sallustium Crispum multis millibus opéra mea me-
liorem, nunc ad te mitto (i). Castigationes non mitto :
nam & ilL-e, quas ex libris membranaceis & aliis hujus-
cemodi, ante annos duodeviginti, cum cura digessimus,
ad manum non fuere ; neque mihi novas scribere totque
5B
& tantis auxiliis, clade Lovaniensi, spoliato (2), quodque
in Galliam versus iter pararem (3), nunc erat volenti.
igitur vicem illarum, Criticum meum emendationum
Sallustianarum, dis juvantibus, in tempore dabo (4).
Vale. Bonna, non procul a Corneliana Ubiorum ara.
Matronalibus. cid. id. lxxix.
(i) En 1573 déjà, Plantin avait imprimé de Carrion ses C. Sallustii
Crispi Historiarum lihri sex, in-8°.
(2) Les troupes espagnoles, sous don Juan d'Autriche, étaient
entrées en la ville de Louvain au mois de février 1578 et y avaient
commis toutes sortes d'excès.
(3 ) Carrion se rendit en 1 579 à Paris, de là à Bourges et à Orléans.
(4) La même année 1579, Plantin publia de Carrion un volume de
scolies sur Salluste.
825. — Plantin à Buyssetius.
[archives Plantitiieiities, X, i" 2").
14 Mars 1579.
(Depuis sa réponse au père Buyssetius à propos du Missel romain,
Plantin n'a plus eu de ses nouvelles. L'imprimeur voudrait surtout
savoir où en est l'édition du Droit Canon, car il a décidé de la publier
en un seul volume. Les œuvres de S. Jérôme sont enfin achevées.
Plantin lui enverra aussi un exemplaire de ses autres éditions, si
Buyssetius lui indique à qui il doit les adresser. Parmi ses publi-
cations les plus récentes se trouvent le Bréviaire romain en deux
volumes in-ié», Conciones Granatensis, le Diurnal in-ié». Un Diurnal
en caractères très petits est sous presse, ainsi qu'une nouvelle édition
des Heures in-240. L'architypographe s'informe du Dr. Navarro et
des ajoutes éventuelles à son Manuale Confessariorum].
D. Joh. Buyssetio Societatis Jesu Sacerdoti.
mense tuis respondi (i) rogavique ut Missale
Romanum quod nuper recognitum Romas impressum
indicabas ad me mitteretur. An vero meas receperis
)9
ignoro. Nunc autem abs te vehementer peio ut nobis
significare digneris quo in loco sit Corpus Canonicum
quod ab hinc annis aliquot audio istic emendari. Ab eo
namque tempore quo id mihi fuit indicatum, distuli illud
unico volumine in folio (uti feceram Corpus Civile)
imprimere (2). Nunc autem etsi sperem contra spem
statui eam conceptionem nostram emitti. Quod si quid
esset jam ex eo impressum cuperem duplicato triplicato
vel quovis pretio folia transmitti nobis. Vix enim credas
quantopere opus illud sit jam necessarium et a multis
expectatum etiam si tempestas contra videatur impetum
facere in hisce regionibus.
Absolvimus opéra Hieronymi ad castigationem Rea-
tini (3) pro usu harum regionum in quibus Romana
exemplaria cariora forent. Quasdam alia quoque im-
pressi de quibus tibi aliquot exemplaria libentiss. mit-
tam si scribas cui ea tradi possint per te amicis dis-
tribuenda. Inter ea est Breviarium Romanum 2. tomis
in 16° non ineleganter, Conciones Granatensis (4),
Diurnnle 16° eisdem typis quibus Breviarium supra-
dictum. Idem Diurnale in 24° sum aggressus minimis
typis. Horas eadem forma superiori anno impressi
eaque jam recudo. Si quid istic mutatur in talibus fac
me quieso participem. Si quid autem hic vel alibi tuo
nomine queam impera, obsequar libentiss. Cupio scire
qui valeat D. Navarrus et an aliquid suo Manuali confes-
sariorum addiderit. 14. Martij 1579.
(i) La dernière lettre de Plaïuin à Buyssetius dont nous ayons
connaissance, est la minute du 1 5 juin 1577 (lettre n» 765).
(2) Voir la lettre de Plantin à Copus (n° 571), du 20 octobre 1574,
note 3.
(3) Opéra divi Hieronymi Stridoniensis, eccîesia doctoris : per Maria-
iium Vicioriuni Reatinum ex tnanuscriptis codicibus... 5 vol. ic-f".
— 6o —
(4) Concionum qiicc de pracipuis Sanctortim festis in ecdesia hahentur,
A festo sancti Andréa, usqut ad festiim B. Maria Magdalena. Auctore
R. P. F. Liidovico Granatensi... Plantin, 1580, in-80. Le privilège est
daté du 20 mai 1576.
826. — Joannes Nuno à Plantin.
[Archives Tlanliniennes, LXXXVIII, f° 419).
Milan, le 30 mars 1579.
fNuno dit avoir laissé chez Plantin la Somme du père Molina et
n'en avoir plus rien appris. Si l'architypographe n'entend pas l'im-
primer, il est prié de la remettre au père Vincentius pour que
l'ouvrage soit publié à Rome).
Mag" 0'"= S.
Quia apud te R. P. Moliiic^ (i) Summam reliqui, et
hactenus de ea nihil intellexi, à te scire opto, si hoc
opus imprimere vis (2), aut ubi est; et de hoc me cer-
tiorem facere poteris per R. P. fratrem Vincencium Pro^e
Romane custodem ; et si eam imprimere non curas, in
manibus istius Patris rehnquere te deprecor ut Romam
ad imprimendum afFerat, et ut hoc facias te oro, et
obsecro ; tui sum; si aliquid possum, jubé, et quod vires
me^ poterint exequentur. Datum Mediohini tertio Idus
ApriHs M.D.LXXIX (3).
M. D. S. Servus
J. Joannes fr. Nuno
patris MoliniE confFessarius
Magni Commendatarii Castelle
(Adresse au verso :) difuntis Socius.
Mag" domino Christophoro
Plantino architipographo
regio domino meo S. observando.
— 6i —
(i) Etienne Molina, de l'ordre des frères Mineurs, confesseur du
Commendador mayor de Caslille, en rapport avec Plantin depuis
1574.
(2) Nous ne connaissons pas d'édition plantinienne de la Somme,
fournie par Molina. En 1575, Plantin avait fait paraître la 2= édition
de la Somme de S. Thomas, revue par les théologiens de Louvain,
surtout par Hunnaaus. La troisième parut en 1585.
(3) Plantin ne reçut cette lettre que le 10 décembre de l'année
suivante, c'est-à-dire 21 mois plus tard. Voir sa réponse à la date de
ce jour.
S27. — Plantin à Stadius.
{■archives Plantiniennes, X, fo 2^).
10 Avril 1579.
(Plantin avait renoncé à demander à Stadius le payement de l'im-
pression de son Florus. Or, il vient d'apprendre qu'une édition muti-
lée de cet auteur est projetée. Carrion, en effet, lui a apporté la nouvelle
qu'à Cologne, Gymnicus aurait accepté cette tâche peu honorable.
Plantin se hâte donc de prier Stadius ou bien de déclarer à quel impri-
meur il veut confier son Florus ou bien d'autoriser l'architypographe
à réimprimer la première édition, avant que ce mauvais tirage ne sorte
des presses de Gymnicus).
10. Aprilis 1579.
Clariss, doctissimoque Viro D, Stadio (i).
Jam ab aliquot annis tories scripto te monui et niense
Augusto superioris anni pr^sens verbis postulavi solu-
tionem eorum quas nobis ex liberali promisse debes ad
Florum tuum (2) denuo recudendum ut plane desperans
totum debitum remittendum judicarem nisi tuam edi-
tionem ab aliis mutilari prorsus intelligerem.
Lud. siquidem Carrion (3) nuper Colonia reversus
narravit nobis se vidisse eum auctoreni cum ti^s com-
— 62 —
mcntariis recusum, sed prêter tuam sententiam in
omnibus locis quas non assequebatur Gymnicus impres-
sor (4), prorsus depravatum et mutatum. Q.ua de re cum
expostularet Carion cum impressore hoc responsi se acce-
pisse dicit quod alioqui qu^ mutaverat non assequeretur
se autem nolle quicquam imprimere quod non inteliigeret
et probaret. Vide qu^eso audaciam depravandi auctores
ad voluntatem imperitorum. Huic autem malo ut staiim
occurratur, rogo abs te et si patiaris postulo promissi tui
solutionem quam si privatim nobis denegare cupis publica
saltem, vel nominis tui causa cui voles impressori tradi
statim recudendum Florum antequam illa depravata
spargatur editio, quod si neutrum placet indica num tibi
sit ingratum futurum, si juxta priorem nostram impres-
sionem recudam (5), et si quid vicissim tuo vel tuorum
nomine potero, indica, me habebis perpétue quantum
in me est vel erit tuis votis obsequentissimum. Vale
Antverpiae raptim.
(i) Sur Jean Stadius, voir lettres nos 50 et 55.
(2) L. Iiilil Fîori de gestis romanortun, hisloriariim lib. IIII. Et
seorsuin in eos commentarius loannis Sladii Historia & Matheseos Lovanii
professoris primi... Planiin, 1567, in-S".
(3) Louis Carrion, philologue et professeur de droit à Louvain,
mort en 1595, Voir lettre no 824. Il écrivit la longue épigramme qui
précède l'édition de Flortis de 1584.
(4) Johann Gymnicus ou Gymnich, imprimeur à Cologne. Dans
la préface de la 2^ édition de son Florus, le fils de Stadius rappelle
en termes non moins énergiques le procédé de Gymnicus : u Sed dum
alteram editionem meditatur, ecce tibi Colonias Agrippinre nescio qui
Gymnicus audacia & temeritate incredibili libellum recudit etiam, si
diis placet, emendaiiones ementitus. quod fortasse ferendum aut dis-
simulandum fuerat, si in transscribendo fide aut diligentia usus esset.
verum tam viiiosa tam mendosa & perversa ejus est expressio, ut
praeter culpam mendacij, iniurias & falsi merito condemnari- possit ».
(5) PUpiin obtint aussitôt de Stadius l'autorisation de publier la
- 63 -
nouvelle édiiion. La préface, par Hieronymus loannis F. Stadius, est
datée du 26 septembre 1579, mais l'ouvrage ne parut qu'en 1584:
I. luUi Flori rniim a Romanis gestarum îibri IlIL A loanne Stadio
emendaii. AUera editio aucia & correcta. In-S».
328. — Charles Pesnot à Plantin.
{Archives Plantinicnnes, XCI, f° 5).
Lyon, le 28 mai 1579.
Au non de Dieu a Lyon ce 28 de may 1579.
Seit^neur Plantin. J'ay receu vostre lectre du 23 de
mars d'Anvers. Je suys mary que Bonvisi (l) ne receut
mes lectres plustost pour vous payer les 50 fl. Je rescrips
audict Bonvisi qu'ils vous payent 100 escus et quiles
prenent sur Pierre Landry (2). S'il ne leur playst de le
fayre prenés les de qui vous playra sur ledict Landry et
je ne faudray vous les %re payer au temps que aurés
promis, vous prians les prendre au plus grand avantage
que pourrés et m'en bailler advys. Je vous envoyé ung
noveau memoyre lequel je vous prie bien assortyr et me
les envoyer par Parys ou aultre voye que estimerés la
plus seure, puys qu'il en fault payer la sortie soit a la bon
heure, faictes en le mieulx que pourrés. Si envoyés les-
dicts livres a Parys les faudra adresser a ce Guillaume le
Noyr librayre en Rue Sainct Jaques. Je croy qu'ils vien-
dront mieulx conditionés en toneaulx ou bien vous playra
les mètre dans ung coffre ou deulx qui soint beaulx affin-
que on en puysse retyrer le port. Mes gens ont baillé peu
d'argent a vostre serviteur et pource je vous faicts bailler
lesdicts 100 escus. Vray est qu'il ont baillé pour 126 fl.
de livres et n'en ont receu que pour 24 fl. Je ne veulx
- 64 -
point avoyr de dispute avecques vous du payemant. De
ce que je vous paieray contant vous me rabatrés corne
faictes aulx aultres. Je ne veulx pas mieulx et deceque
me presterés a terme ung an ou six moys, si ne prenés
des livres de moy, je me oblige a vous peyer en argent et
vous le promets par la présente, pource je vous prie ne
doubtés de me bien assortyr et principallement de rouge
et noyr et je vous asseure que vous feray toucher argent
souvent et si je puys quelque chose pour vous, commandés
et serés obey de bon coeur, prians nostre Seigneur vous
avoyr en sa garde me recommandans a vostre bonne grâce.
Vostre Amy et Serviteur
Charles Pesnot (3).
Je vous prie me adviser si prétendes imprimer bientost
les Concordantias biblias 4° (4) ou non. Les livres que
je demande j'entens qui soint d'impression d'Anvers,
Lovain et Collogne ou Brucelles et non d'aile. Je vous
prie de mander a ce Pierre Bellere i Cours Civil rouge-
noyr f° grand et ung Cours Canon aussi rouge-noyr
grand dont vous servirés si en avés afFayre, sinon me les
garderés et donnés advys. Lesdicts Cours Civil ce metent
a présent icy 25 fl. (?) les Cours Canon 20 fl. (?) argent
contant. Dernièrement ung portugoys nommé Andres
Ximenes bailla 230 fl. au S' Arnold Mileus (5) qui lui fit
payer 100 fl. a prendre (sur) Landry. Vous vous pourrés
adresser a luy pour fayre de mesnies si d'aultre costé ne
povés mieulx.
(Adresse au verso :)
A Sire Christofle
Plantin librayre A
Anvers
payés le port.
6s
(i) Les Bûiivisi, niarchatids de Lucques, établis depuis longtemps
à Anvers. Le billet suivant de Pesnot aux Bonvisi accompagne la
présente pièce : Al nome di Dio adi 28 Magio 15 79 I" L(io)°^
Mag" e honor. S. Ho bisogno di libri di M. Plantino et per questo li
scrivo^che pigli Cento scudi (?) esii sopra Pedro Landri mio nepote
di M^ del Campo. Se vipiace darceli et pigliarli sopra il detto Landry
al tempo che vedereti conveniente me fareti apiacere, non mancara
il detto Landri di farne bono pag°. Per questo me obligo apagarveli
con li damni e interessi mancando il detto Landri et essendo bono
afarvi servicio vipiac« commandare pregando Iddio che per sempre
vi guarde. (Signé :) V^e^ Carlo Pesnot.
(adresse :) Mag<:i Dus Reddi di L^° e Benedetto Bonvisi In Anversa.
(2) Ou Pierre Landri, neveu de Pesnot, libraire à Liège.
(3) Voir lettres précédentes relatives à cet imprimeur de Lyon, en
rapport avec Plantin à partir de 1567 au moins. 11 possédait le privi-
\èoe de la vente de plusieurs livres plantiniens en France.
°(4) Plantin publia une édition in-80 des Concordantiae hibliorum, en
1581, une édition in-40 en 1585,
(5) Arnold Mylius, ou Muller,
829. — Plantin à Cuypres et Pierre Heyns.
(In : Louis Vives. L'instilulion de lafeinuu' chrestienne,
Plantin, 1579, in-8", p. 5).
I Juin 1579.
A Sébastian Cuypres et Pierre Heins prudens et bien
exercités maisires d'escoles de jeunes filles en la ville
d'Anvers (i).
(^uand, selon vostre louable coustume de proposer à
ce grand nombre d'honestes jeunes filles (qui journelle-
ment vous sont commises par leurs Parens ou Tuteurs,
pour leur enseigner choses qui leur soyent tousjours
utiles) vous m'incitâtes premièrement d'imprimer le
livre de l'Institution de la femme Chrestienne, à cause
que souvent n'en trouviez pas suffisance d'exemplaires, je
— G6 —
promis facilement de le faire pour deux causes. La pre-
mière, pour le devoir de mon office ; l'autre, pour la faci-
lité que i'estimois en l'aquict de ma promesse. Car pour
le premier, je confesse que celuy qui faict Testât d'impri-
merie est tenu d'imprimer les livres que les prudents &
sages précepteurs luy déclarent estre utiles & propres à
instruire & conduire la jeunesse à la vertu : ainsi que
tous vos semblables ; personnages expérimentés en tel
art & de bonne conscience ; jugent avec vous de cestuy-ci.
Et quant à l'autre, je ne pensay oncques; promettant
(comme dict est) de l'imprimer; que je deusse faire autre
labeur, que de suivre la copie tant de fois imprimée :
mais lisant quelques premières pages dudict livre je me
trouvay fort esbahi, d'y rencontrer une infinité de mots
& manières de parler estranges & difficiles; voire pres-
que impossibles à entendre, à qui n'entend moyenne-
ment le langage Latin. Pourquoy m'estant délibéré
d'employer, selon ma petite capacité, quelques heures
pour y remédier, avant que de bailler la copie à nos
ouvriers, je prins le Latin en main pour le conférer au
François; & parainsi m'acquiter plus fidèlement & facile-
ment (ce me sembloit) de ma promesse. En quoy je fu
grandement abusé. Car j'aperceu incontinent que le tra-
ducteur n'avoit suivi le Latin, sinon autant qu'il luy
avoit pieu : & que ledict livre ainsi reduict estoit plus
tost ung abrégé, ramas, ou changement; que traduction
dudict Latin de Louis Vives. Ce qui me fit de prime face
grandement douter, si je devois vous requérir de me
quicter ma promesse que je vous avois si promptement
faicte de l'imprimer; ou bien si je devois cercher quel-
qu'un qui le peust, & voulust traduire derechef. Car l'un
des deux m'estoit nécessaire, veu que d'une part je me
- 67 -
sentois obligé, & d'autre part insuffisant, outre le soing
de nostre imprimerie qui me donne peu de loisir de faire
autre chose, de le faire moymesmes : & aussi que je ne
voulu oncques, ny ne voudrois jamais entreprendre d'im-
primer aucun livre sous le nom d'un auteur, sans le sceu
& adveu duquel je trouverois, ou entendrois quelque
chose avoir esté changée, ou ajoutée contre son inten-
tion. Finalement je prins resolution alors de bailler
l'exemplaire Latin à maistre Antoine Tyron (2), pour le
traduire tout de nouveau. En quoy; comme il est assés
bien accoustumé & propre en teles choses; il a faict son
devoir de tele propriété & fidélité que pouvez juger; &
selon le jugement qu'en ferez, le mettre entre les mains
de tant d'honnêtes filles qui vous sont baillées à garder,
gouverner, façonner & instruire en toutes bonnes meurs
sous la craincte, révérence & amour de Dieu : auquel je
prie faire prospérer vos diligences, efforts, & désirs ver-
tueusement employés à l'acquict de vostre charge & office
non moins honorable que utile, voire & nécessaire à la
chose publicque, pour le bien de laquelle désirant de
continuer le deu de mon estât; j'imprime aussi mainte-
nant en François le livret de la Leçon Chrestienne de ce
grand Docteur Benoist Arias Montan (2) : livret propre,
utile & nécessaire à toutes personnes de quelque sexe,
aage, estât, office, condition, qualité, & auctorité qu'elles
puissent estre : car il contient en brief le devoir d'un
chacun Chrestien en quelque lieu & temps que ce soit, &
en quelque. degré qu'il puisse estre. d'Anvers en nostre
imprimerie, ce premier de Juin, M.D.LXXIX.
Le tout vostre à vous faire service en
amitié
Plantin.
— 68 —
(i) Pierre Heyiis, maître d'école, géographe et littérateur, ami
de Plantin, cité plusieurs fois ailleurs.
(2) Antoine Tiron, correcteur chez Plantin de 1564 à 1566, en
même temps que précepteur de ses filles. Outre le livret de Vives,
Tiron traduisit encore pour Plantin la Magia Natnrdis de ].-B. Porta
(1560, 1561, 1564, 1566, 1567, 1576, 1585) et les Dialogues àQ?\c-
torius,
(3 ) Leçon chres tienne, ou les offices et devoirs convenables à tous disciples
de Christ, tirés des préceptes et institutions du souverain ministre et col-
Jigés en un bref sommaire pour V instruction du petit troupeau, par Benoit
Arias Moiitan, traduicts du latin en français. Anvers, Chr. Plantin,
1579, in-80.
830. — Plantin à Aide Maniice et Manassi.
{archives Tlautiniennes, X, (° 3).
25 Juin 1579.
Aux tnagnificques Signeurs Aldus Manutius et
H'° Manassi (i).
Magnificques Signeurs, pour response aux vostres du
31. du mois passé que j'ay receues le .. du présent et
les teilles des Espistres de Cicero avec les Commentaires
de feu de bonne menioire messire Paulo Maïuuio (2) :
je suis bien délibéré de vous faire tout humble service et
correspondence telle qu'il me sera possible voire et
d'impeirer les Piivileges par deçà : mais de pa3^er 200.
en livres ce me seroit trop de la moictié : car asseurés
vous que je ne mects pas le prix de mes livres a la
moictié outre le coust et aussi que les païs de pardeça
ne sont de si grand estendue ne si peuplés de gens
curieux de teles oeuvres qu'il s'en puisse vendre cent
exemplaires ; païquoy il nous convient les envoyer a
Francfort ou nous tenons bouticque toutes les foires et
le lieu de la plus grande distribution de nos sortes est
_ 69 -
Paris auquel lieu puisque le Signeur Pesnot a le Privilège
pour la France ne les pourrions vendre. Et pourtant je
vous envoyé icy ung mémoire des sortes desquelles si
le trouves bon je vous envoyeray pour la valeur de cent
escus aux conditions par vous spécifiées ascavoir que
m'envoyerés le reste des feilles par la poste et que m'oc-
troyrés et envoyerés le transport et le double de vostre
Privilège pour les Païs d'Allemagne auquel païs aussi
comme en ceux icy et tous autres je suis content que les
exemplaires par vous imprimés et non autrement se
puissent vendre et que les miens ne se puissent vendre
en Italie ainsi que le spécifiés en vosdictes lectres : Car
je ne cerche pas tant mon particulier profict que celui
des estudiants et l'amitié de tels nobles personnages que
vous estes, ce qui m'a tousjours faict contenir de n'impri-
mer pas incontinent les oeuvres d'aucun sans son congé :
de quoy plusieurs se soucient peu, tant ailleurs qu'es pays
de pardeça et mesmes ne font aucuns qu'espier et aguetter
s'il sortira rien de nouveau pour incontinent le contre-
faire et bien souvent si misérablement qu'ils font honte
aux autheurs et premiers imprimeurs (3). Ce que j'estime
bien que vous apercevés et scavés trop mieux que ne le
vous scaurés escrire et aussi qu'aurés peut estre veu que
vos Commentaires in Orationes Cic. sont imprimés in 8°
a Cologne. 25. Junij 1579.
(i) Aide Manuce, le jeune, fils aîné de Paul. Il négligea les affaires
de l'imprimerie, étant nommé professeur de belles-leures aux écoles
de la chancellerie (1576), et finit par abandonner son otîficine à Nicol,
Manassi, l'un'de ses ouvriers,
(2) Paul Manuce était mort le 6 avril 1574. Nous n'avons pas
trouvé trace (en 1 579-1 580) d'une édition plantinienne des Commen-
taires de Tatil Mamice sur les lettres de Cicéron, parus plusieurs fois à
Venise et à Anvers.
— 70 —
(3) Allusion à l'imprimeur Gymnicus, de Cologne, qu'il accuse de
ce fait dans une lettre à Stadius du lo avril 1579 (n" 827).
831. — Plantin h de Çayas.
{Archiva General de S imancas, Sria de Estado, Leg. 583 ; minute aux
Archives Plantiniennes, X, f" ^).
22 Août 1579.
(Moflin ayant écrit que de Çayas s'intéresse toujours à l'imprimeur,
celui-ci se permet de rappeler que la pension, promise autrefois par
le roi à Plantin et à son gendre Raphelingien, n'a jamais été payée.
Les mois précédents, l'architypographe a fait parvenir à de Çayas,
jusqu'à trois reprises, les épreuves et les comptes des livres litur-
giques, commandés en Espagne., Plantin en enverra, si c'est néces-
saire, une quatrième copie. Dans le cas où aucun secours ne peut
lui être donné, il solliciterait auprès du roi une attestation, l'acquittant
de toutes charges précédentes, afin d'éviter à ses successeurs des
réclamations ultérieures).
111' admodum Domine.
D. Joliannes Moflinus suis litteris mihi nuper confir-
mavit quanto amore et benevolentia me prosequatur 111'^
D. V. et quantum res me^ sint ipsi cordi ac proinde
cupere certo intelligere num ego et gêner meus Raphlen-
gius ea pensione fruamur quam nobis a Regia M'" ultro
et liberaliter impetraverat et quid prasterea exoptem.
Paucis itaque dict^ 111. D. V. significandum putavi nos
nihil prorsus ex illis (pensionibus) recipere neque quic-
quam récépissé ab eo tempôre quo (i) hic tumultus in-
cho.arunt neque spes est aliquid recipiendi eo quod dict^
pensiones essent assignatae supra reditus Hogiistratanos
qui hieredibus liberi sunt ab eo tempore redditi-(2).
Superioribus autem mensibus Septembris, Octobns et
Decembris (3) misi 111. D. V. specimina et rationes eorum
qu^jussu Dominorum nomine Catholicc^ Regias Ma)es-
tatis apparaveram ad imprimendos libres Ecclesiasticos
et rogabam ut nisi ratio haberetur imo reipublicœ Chris-
tian^" habeatur ratio cui mecum omnia mea dedicari.
auod si nulla exemplaria litterarum mearum existi-
marem ad manus vestras pervenisse rursus ea descripta
quarto mitterem, si autem pervenerint et nihil inde mihi
sperandum sit auxilii, saltem hoc cuperem maxime ut
mihi m. D. V. diploma Regium impetraret quo ab
omnibus ante factis et susceptis operibus nomine regio
absolverer ne mihi posthac vel h.xredibus meis negocium
quis ex datis vel acceptis nomine regio facessere queat,
hoc si beneficiis a se mihi prœstitis addiderit 111. D. V.
efficiam ne ingrati animi nota nobis nec postens nostris
umquam inuratur Deo favente, quem rogo ut reipubliCT
christian.-e, Régi nostro optimo et nobis 111. D. V. dm
conservet incolumem. Antverpi^ xxii Augusti mdlxxix.
111. D. V. cliens addictissimus
Christophorus Plantinus.
(1) Dans la minute : ab eo tempore quo e vivis Bruxellis decessit
D Commendator maximus.
(2) \ propos de cette pension, promise en i573, ^ prélever sur les
biens du comte de Hoogstraten, voir la pièce n» 815 et notammem
la lettre suivante.
(j) Voir lettres n°s 809 et 817.
— 72 —
832. — Plantin à Mojiin,
{Archives Plantiniennes, X, fo 3^').
22 Août 1579.
A Monsigneur Monsieur Moflin.
Monsigneur pour respondre aux vostres du 27. de May
que i'ay receues le 25. Juin, je n^^y pas veu les lectres
qu'escrivés m'avoir envoyées le Caresme passé. Mainte-
nant j'envoye icy ample procuration pour traicter toutes
choses en mon nom tant par Monsigneur le grand
Aumosnierque par vous et autres que voudrés constituer.
Je vous remercie grandement de tant de peines qu'avés
prins pour moy envers ledict Signeur, Monsieur Çayas
et autres que pour les cent florins (i) délivrés pardela
pour me les faire payer icy. Il me reste maintenant de
vostre compte la somme de huictante neuf florins sept
pat. et demy.
Quant a Monsigneur Çayas je n'ay pas receu lectres de
luy depuis que par trois fois, la première en Septembre,
l'autre en Octobre et dernièrement en Décembre (2), je
luy ay envoyé les comptes qu'il m'avoit demandé par ses
lectres de ce que j'avois avancé pour les preparements né-
cessaires a l'impression des grands livres Ecclesiasticques,
de quoy je desirois estrc dressé, parquoy je ne puis
comprendre ce qu'il a dict a V. S. qu'il ne scavoit
entendre ce que je pretendois. Quant a la pension qu'il
m'avoit faict avoir et a mon beau fils nous n'en recevons
rien qui soit : car elles nous estoyent assignées sur la
comté de Hoogstraete comme revenus confisqués au
profict de sa Majesté : et depuis la Pacification de Gand
■3
tous biens confisqués sont retournés a leurs anciens
Signeurs et miiistres sans aucunnes charges nouvellement
imposées, ainsi que je luy escris succinctement luy priant
que pour le moins (s'il ne se peut impetrer autre chose
en ma faveur) qu'il luy plaise au moins me procurer et
envoyer une quictance générale de toutes et quelconques
impressions que j'aye entreprinses et argent que j'aye
receu pour icelles ou autrement au nom de sa Majesté
afin pour le moins que (au lieu de payement d'environ
trente mille florins que j'ay advancé pour les préparations
de l'impression des livres ecclesiasticques et autres trais
et travaux par moy faicts au nom de sa Majesté) nulluy
ne me peust molester ou bien mes héritiers a cause de
quelques parties d'argent receues a diverses tant sur
Timpression de la Bible que diverses sortes de Missels et
Bréviaires. Car j'entends qu'il advient aucunnesfois que
les officiers royaux trouvants quelques parties escrittes
sur quelqu'un les viennent demander sans prendre garde
aux parties livrées a l'encontre desdictes parties. Et pour-
tant je vous supplie que l'occasion s'ofTrant il vous plaise
soliciter ledict Signeur en mon nom et faveur pour
obtenir pour le moins telle quictance et descharge de
toutes et quelconques choses qui m'ayent esté délivrées
ou commises au nom de sadicte Majesté.
Au reste le Signeur Abraham Ortelius m'a monstre
vos lectres esquelles l'advertissés des livres achaptés pour
nous, de quoy je vous remercie grandement et prie d'en
retenir le payement et de m'employer familièrement en
ce que penserés que je vous puisse ou aux vostres faire
quelque service, vous promectant que je m'y employeray
d'aussi bon cueur que je prie Dieu vous augmenter ses
sainctes grâces, me recommandant treshumblement a la
— 74 —
vostre comme font aussi ma femme, gendres et filles.
d'Anvers ce 23. Aougst 1579.
(i) Ou cent écus, que Osorio de Ulloa devait à Plantin. Voir plu-
sieurs lettres du 4 février 1579 à Moflin, à Arias Montanus et au
grand aumônier Ludov. Manriquez.
(2) Voir la lettre précédente, adressée à de Çayas.
833. — Plantin à Arias Montanus.
[Archives Plantinimnes, X, f" 4).
22 Août 1579.
(Ferez communique régulièrement à Plantin les nouvelles d'Arias
qui peuvent l'intéresser ; il n'est donc pas nécessaire que son ami les
répète dans ses lettres à l'imprimeur. Les commentaires d'Arias se-
ront mis sous presse avec les ajoutes, aussitôt qu'arrivés. Ortelius et
Plantin désirent vivement que Montanus envoie les cartes de l'Amé-
rique et de la Chine en question. V Additamentum du Théâtre d'Orte-
lius comprend 23 cartes nouvelles et sera expédié à la première
occasion. Salutations de Lasvinus, de Prunius et de toute la famille
de Plantin).
Ill' admodum Viro D. Ben. Arias Montano.
Res ita se habet ut scribis, Patrone colendiss. Perezius
noster mecum communia semper communicat. Quare
non est quod in tuis ad me litteris répétas quae illi
scripseris. Eadem certe quœ tu maxime desideras eadem
nos quoque avemus summopere, sed quoniam elementa-
liter ut ita dicam non datur, id spiritualiter videor me
amplecti et efficaciter eo frui^ quare non illibentcr vale-
tudinem ut jubés euro diligenter, ad quam item nihil
mihi crede aptius et convenientius deprehendo quam ut
cogitationes et affectus nostros omnes committamus vo-
— 75
luntati divin.^, ita ut par.ti sumus ad omnia qu^ Deo
placent et ea libenter feramus qu^ accidunt m dies.
Commentada tua (aut separatim notas et emendationes
tuas ad folia nostr^ editionis signatas) ubi ad nos misens
statim recudam quam diligenter et emendate poterimus.
Mosis(2) ^gyptij et Zohar curavimus Venetiis evocan
de illis statim acturi qua. jubés. Scripsi quoque _nd
fratrem (quem cum Rasio et aliis amicis tuo nomme
salutavi) ut ad me mittit receptam olei cerae de Balsami
artificialis ad te etiam ilico mittendam.
Tabulas illas America et Sinarum (3) cupmius ego et
Ortelius (qui te peramanter salutat) ad nos quampnmum
transmitti et si quas pr^terea habere potens. Addita-
mentum Theatri ejusdem Ortelij in quo 23. tabula nov^
sunt impress^ prima opportunitate tibi transmittam cum
aliquot aliis libellis (4). L^vinus valet Leodij quemad-
modum nobis refert Corn. Pruynius (5) qui te plurn.um
jubet salutare. Idem faciunt Raphelengius, Moreu ambo
cum uxore mea et reliqua familia. Dns Deus su nobis
semper propitius. Antverpi.^^ 22. Augusti i579-
(0 Bencdictl Aria Montani Hispdensis Commentaria induodecim
propheias : Nunc tandem ah ipso anciore recognita. Plantin, 1 583, >n-4 •
(2) Précédé d'un terme hébreu dans le manuscrit.
3 Nous savons qu'Ortelius det.ianda des cartes géograpHues a
nlu eurs de ses amis à l'étranger. Celles de l' Amérique et de la Chn^e
^W^ promit, ont pu^ervir encore ^^^rVAddit^nentum^^
1580 qui débute en effet par une belle carte u.edtte de 1 Amérique .
Hispania Nova Siva Magnce, recens d vera descripsio '^79-
U) Additamentum Theatri Orhis Terrarum. Antverpiae Aduaticorum
1579, in-f». Ce fut cette même année que Plantin fit paraître sa
première édition de l'atlas d'Ortelius. _
(5) Corneille Pruynen, Preunen ou Pruenen, tresonei de la ville
d'Anvers, en rapports fréquents avec Plamin depms 1572.
- 76 -
83 4- — Plantin à Henri BarrefeJt (?)
{Archives Tlantiniennes, X, f" 4^j.
22-28 Août 1579.
Pour response aux vostres, je vous remercie de ce
qu'il vous a pieu m'envoyer le livre promis et oblié a
nous délivrer (i) au logis ou par vostre faveur nous
fusmes (après que nous eustes amiablement et abun-
dantement traictés de diverses viandes) tant honneste-
ment et commodément couchés : vous priant de vouloir
reciprocquement user de nous en tout ce qui nous sera
possible.
Je loue aussi Dieu grandement des grâces et bonne
volonté qu'il luy a pieu vous donner a l'advancement
de sa repub. Chrestienne et empeschement des entre-
prinses de ceux qui s'estiment estre les principaux voire
seuls combien qu'ils ne scachent encores ou au moins
n'ayent pas practicqué les loix ni fondements d'icelle et
prie tresaffectueusement le mesme Dieu que par son fils
Jesuschrist il luy plaise augmenter en nous sa semence
jusques a la perfection et maturité de son fruict en
l'union de son sainct esprit de quoy une paix s'ensuive
a jamais. Mais quant a l'impression dudict livre je ne la
puis entreprendre suivant la règle politicque a laquelle
j'ay proposé me tenir aussi long temps que je ne verray
chose absolutement milleure et entièrement nécessaire
pour la tranquilité temporelle et éternelle, et ne me veux
aussi entremectre de le recommander a autres, encores
que je trouve la doctrine y comprinse excéder grande-
ment toutes celés que j'aye veues estre publiées soubs le
nom d'aucun peculier personnage d'estude. Si est-ce que
— 77 —
pour ne vous celer ce que j'en sens, je ne trouve pas que
telle impression abaissast tant les cornes des obstinés ne
qu'elle advanceast tant la paix, tranquilité et union des
hommes en la vraye et sincère Chrestienté que vous le
pensés. Car la superbe obstination s'augmente tousjours
par estre contrariée des hommes et par conséquent
irritée et ne s'abaisse que par se trouver trompée et
deceue ce qui provient peu a peu par l'expérience de ne
parvenir a son prétendu, et la paix et tranquillité Chres-
tienne ne provient de disputes ou contradictions con-
vaincues par certains arguments ou escrittures mais de
la renonciation de soymesmes amenant la confiance cer-
taine envers nostre Dieu et Père céleste, d'où s'ensuict
l'obéissance entière a sa volonté et par conséquent la
sanctification de son sainct nom qui est l'efficace de sa
vertu essentielle au cueur des hommes ou advient et se
bastist son règne éternel en paix et tranquillité a jamais.
Je vous prie aussi me recommander au Sig"" Stuivers et
autres amis.
fi) Cette lettre est une des rares pièces de Plantin, sinon l'unique
dans le recueil Brieven X, sans nom de destinataire. Nous inclinons à
identifier celui-ci avec Henri Barrefelt (Henri Janssen, de Barneveld),
le chef de la secte religieuse issue de l'église de Henri Niclaes, ou de la
Famille de la Charité. Le Musée possède une partie de la correspon-
dance de Barrefelt à partir de 1580. Par une de ces lettres, datée du
27 novembre de cette année, on apprend qu'il était question de faire
imprimer par Plantin le Acher-Schat et les Sendt-brieven. Ce sont là
les impressions auxquelles l'architypographe fait allusion dans la
présente pièce, et qu'il n'osa entreprendre pour des raisons politiques.
Voir, à propos des relations entre Plantin et Barrefelt, ainsi que de
l'impression de ces ouvrages attribuée au prototypographe et à son
gendre Raphelingien : Max Rooses, Christophe Plantin, imprimeur
anversois, 2"= édition (1896), pp. 88-89.
Max Rooses y prouve que Plantin partageait les opinions religieuses
de Barrefelt, qu'il imprimait ses livres et qu'il était un des chefs de
- 78 -
la secte à Anvers. Barrefelt signait ses livres du nom de Hiël (vie de
Dieu). Plusieurs membres de la famille de l'architypographe appar-
tenaient à la même congrégation - François Raphelingien, Hans
Spierinck, le second mari de Catherine Plantin, même Jean Moretus,
qui écrivit de nombreuses lettres à Barrefelt. La pièce de Plantin
traduit nettement les tendances et les préceptes fondamentaux de la
secte.
835. — Plantin à Pamelius.
(archives Tlatitiniennes, X, fo 4^).
22-28 Août 1579.
(Plantin prétend avoir toujours répondu aux lettres de Pamelius.
Carrion, qui a été à Anvers pour l'impression de son Sallusie, s'est
également étonné de ce que Pamelius n'envoyât pas son TertuUien.
Maintenant, l'auteur fait savoir que son ouvrage sera imprimé à
Paris ! Plantin en est désolé : voilà trois ans qu'il attendait le
manuscrit de cette édition, qu'il en avait acheté le papier et fait les
préparatifs ! L'architypographe se réjouit toutefois de l'apparition
prochaine de l'ouvrage et n'en offre pas moins ses services).
Clariss. Viro Dno Jac. Pamelio.
Tuœ litterïe xviii. scripte mihi hodie 26. ejusdeni
redditas sunt, quibus paucis responsum accipe. Nullas
prorsus memini me accepisse abs te litteras quibus non
responderim. Cario etiam cui scribis te curam cominisisse
ut me sollicitaret hic hassit per aliquot menses et fami-
liariter nobiscum ita locutus ut Sallustium suum apud
nos curaverit recudendum, neque umquam tui mentio
fecit a!ia quam quod niiraretur te nondum Tertullianum
tuum ad nos misisse excudendum. Miror itaque quod
scribas te rursus voluisse in memoriam refricare, magis
vero quod statueris omnino ut Parisiis excudatur Tertul-
— 79 —
lianus ad quod nihil aliud habeo quod respondeam nisi
quod res me^ non ferani ut alibi quicquam vel apud
alium curem imprimi quam in officina nostra. Tibi vero
ex iequo et bono uti Christianum et Sacerdotum theo-
logum decet perpendendum et judicandum relinquo
quam justum sit me sumptus a tanto tempore fecisse,
papyrum magno emptam jam per triennium integrum
servasse juxta tuum pr^escriptum in variis litteris tuis
signatum, nunc vero tandem spe mea ex promissis tuis
concepta frustrari (2). Q.u^ omnia committo uti alia soleo
omnia nostra voluntati divinae. Ipse interea gaudebo si
respublicaChristiana tandem frai queat eo auctore tamdiu
desiderato, et si qua in re in hoc negocio vel alio pietatem
veram pr^esenti pecunia parata vel quo alio modo juvare
potero non propterea desinam. Ita me Deus piorum
omnium sublevator me adjuvet et (inachevée).
(i) C. Sdliistii Crispi operum, qiia exstant, Nova editio. Edente et
recensente Ludoi'ico Carrione. Plantin, 1579, in-8°. Précédé de la
lettre de Carrion à Plantin, reproduite au n*> 824.
(2) Plantin, en effet, ne fournit pas l'édition de TertulUen par
Pamelius. Elle parut chez son confrère, l'imprimeur parisien Son-
nius, qui en fournit à Plantin un certain nombre d'exemplaires,
pourvus de l'adresse et de la marque plantiniennes. L'édition était
prête en 1579. Le 1 3 et 14 septembre, Pamelius écrivit les dédi-
caces à Grégoire XIII et à Philippe II, mais l'ouvrage ne parut qu'en
1584: Q. Septimii Florentis Terlidliani Cartha^iniensis presbvteri,
Opéra qua haclenns repertri potiierunt omnia:.. cum lacohi Panielii B) u-
gensis . Argtimenlis & Adiiolalionibus.. Antverpias, Apud Christopho-
rum Plantinum. m. d. lxxxiiii. In-f".
— 8o —
836. — Plantin à Turrianus.
[archives Plantinicnnes, X, f" 5'').
22-28 Août 1579.
(Plantin pourra être bref dans sa réponse à Turrianus : il a fait
savoir au père de Bonnyères que les trente exemplaires de Clément
ont été expédiés, avec le texte grec, à remettre à Turrianus même,
Plantin se tient à la disposition du prélat. Son imprimerie, comme
dès le début, est toujours au service de l'Église, quoique les temps
l'obligent parfois, en apparence, à dévier du droit chemin).
Rev, in C. P. Dno Francisco Tuniano.
Litterie Rev. P. T. 23. Maij dat^ niihi hoc Augusto
mense primum sunt redditie quibus paucis respondendum
mihi videtLir, eo quod sperem Patrem Michaelem de
Bonn3'eres habitantem Parisiis in Collegio vestr^ socie-
tatis jamdiu significasse Rev. P. T. quod ad ipsum ante
aliquot menses miserim 30. exemplaria Clementis (i)
voluntati tuas destinata, et exemplar tuum grœcum etiam
accepisse remittendum, quare nihil aliud est addendum
quani ut significem me tibi gratias habere maximas
relaturus si umquam se se mihi obtulerit occasio et
facultas pro tua in nos benevolentia et exhortatione ad
conservandum bonum nomen nostrum in quo laborabo
fideUter neque a vero scopo nobis a principio institutionis
nostrcT typographie proposito vel latum ut aiunt unguem
deflectere est animus. Nam et si tempestates, vis et vio-
lentia cogat nos saspe subsistere aut uti nautas adversus
tempestatem navim suam ducunt per obliques cursus
versus portum paullatim tendere (2) ad quem perducat
nos Dns Deus noster et Rev. D. T. nobis diu conserver
incolumem. Antverpie.
— 8i ~
(i) ^4posiolicarinn constitutionum à' CathoUca docirina démentis
Romani libri VIII. Francisco Tiirriauo Societatis lesu interprète è Grccco.
Plantin, 1578, in-fo.
(2) Nouvelle allusion aux pamphlets sortis des presses de Plantin,
dirigés contre les ministres du roi d'Espagne.
837. — Plantin à Buyssetiiis.
(Archives Plan tinieu nés, X, f" 5'').
28 Août 1579.
(Déjà plusieurs fois, Plantin avait demandé à Buyssetius de lui
envoyer, par l'entremise de Casnedo, la nouvelle édition du Missel.
L'imprimeur voudrait savoir aussi où en est la correction du Corpus
Canonicum. Il avait expédié à Casnedo douze exemplaires du Bréviaire
in- 160, avec prière d'en offrir un à Buyssetius. Ayant appris que le
cardinal de Granvelle les avait tous gardés chez lui, Plantin en a envoyé
six autres. Un beau Bréviaire, en un seul volume, est sous presse.
La réimpression du Missel sera retardée jusqu'à la réception de
l'exemplaire corrigé. Mais l'architypographe voudrait avant tout
commencer le Corpus Canonicum, ou du rnoins les parties qui n'ont pas
subi de changement. Que le Dr. Navarrus lui communique de son côté
les remaniements à apporter à son Maniiale, car le livre est très de-
mandé dans ces provinces).
Rev. in C. P. Dno Johanni Buyssetio.
Aliquoties antehnc (i) rogavi Rev. P. T. ut nobis
opéra D. Casnedi (qui tibi libenter persolveret qu;ç
persolvenda essent) mitteres editionem novam Missalis
et si quid aliud esset istic in usu novo recognitum et
recusum atque significares quo loco esset editio Corporis
Canonici quam a nonnullis amicis audivi corrigi ad ini-
primendum : sed nihil prorsus habui a Rev. D. T. res-
ponsi, rogo itaque et obsecro ut id nostra imo reipub.
— 82 —
christianas causa (cui nostros labores vovi et conor ut
prosint semper) prœstare velis. Sumptus quosvis in
emendo et mittendo taies libros ferre paratus sum et
spero dictum D. Casnedum nostra causa non recusa-
turum. Ei antehac miseram 12. exemplaria Breviarij in
16° duobus tomis a me editi jusseramque ut tibi imprimis
exemplar unum nostro nomine daret. Ab eo autem nu-
perrime litteras accepimus quibus significat Ill°^"«i Cardi-
nalem Granvellanum omnia retinuisse, quare alla sex
ipsi misi e quibus volo ut unum tibi reddatur, plura
missurus si tibi gratum intellexero. Excudo nunc iterum
Breviarium unico volumine elegantius et commodius ni
fallor quam antehac fecerim. Missalis recusionem differo
donec abs te exemplar recepero. Papyrum jam ante
annum servo ad Corporis Canonici editionem quœ hic
non sine damno reipub. Christian^ a piurimus expectatur
desideraturque. Nulla siquidem ab aliquot jam annis
exemplaria inveniuntur in his regionibus, quod si scirem
istinc nos non posse brevi exemplar vel partem ejus
aliquam habere emendatam ego interea inchoarem eas
partes in quibus significares nihil mutandum. Nonnulli
etenim asserunt istic nihil emendari praeierquam in
Decreto. Iterum propterea atque iterum obsecro et
nomine reipub. Christianae quasi jure postulo ut te vel
tribus quod aiunt verbis significes quid nobis agendum
videatur (2). Petieram quoque ut significares num D.
Doct. Navarrus vivat et an aliquid in suo Manuali confes-
sariorum emendaverit addideritve, vellem etiam recudere,
neque pati debemus ut h^e Provincise hoc maxime tem-
pore talium librorum inopia laborent. Rogo itaque ut
nostrum in talibus studium quantum in te est adjuvare
(uti soles) digneris. Periculum siquidem est in mora quœ
83
nulla piorsus in me repcrietur etiam si varia obstent
Dobis incommoda qax libenter patimur et ferimus per
Dei auxilium qui te nobis diu conservet incolumem.
Antverpias raptim 28. Augusti 1579.
(i) Voir la lettre précédente à Buyssetius du 14 mars 1 579 (no 825),
où Plantin insiste déjà sur plusieurs points, rappelés dans la présente,
notamment au sujet du Missel et des nouvelles éditions du Corpus
Canonicuni et du Maiiuah' Confessariorum du Dr. Navarrus.
(2) Plantin a ici en vue les notes de Buyssetius même sur le
Corpus Canonicum, comme il est clairement dit dans la lettre suivante
aux Aides Manuce.
838. — Plantin aux Aides Manuce (?)
[Archives Pianliuiennes, IX, f" 84^).
Septembre 1 579 (?)
(Plantin se réjouit de ce que les Aides ont bien reçu le livre des
Messes. L'architypographe songe à présent à mettre en lumière celles
de Philippe de Monte. Plantin voudrait également réimprimer les
Bréviaires, Missels, Diurnaux et Offices de la Vierge, s'il était en
possession des corrections qui y ont été apportées à Rome. Il vient
d'écrire au père Buyssetius à propos d'une nouvelle édition du Droit
canon. L'imprimeur voudrait l'accompagner des notes de ce père ;
il insiste pour que celles-ci soient confiées à Casnedo).
Mag" Honor'' (i)
La vostra gratissima di primo di Settembre e capitata
in le mie mani adi IX. di questo de la quale ho receputo
placer per intcnder che hano il libro délie messe (2)
mandato in le mani délie S. Vostre, il quai non ha dis-
piaciuto a le S. V., che mi augmenta l'animo di metter
in luce altrc messe alcunc lequali ho in le mani del Ex™°
- 84-
musico Phil. de Monte (3), liquali non sarano stampate
da me sensa haverne memoria di farne subito participi
le S. V. dapoi che con animo benevolo hano receputo
l'altro da me.
Et perche de giorno in giorno voi ristampando li
breviarii, missali, diurnali et oflRcij de la Madonna (non
obstante li tempi tanto stranij che habiano costi como lo
possono intender da diversi), pregaro che piacia aloro per
ogni occasione farmi dar aviso quando che occorrera
observationi, mutation! o emendationi alcune in detti
libri per poterli seguire egualmente per la utilita di la
Republica Christiana. Per le ultime mie ho scritto assai
al largo al Padre Jo. Buyssetio de l'intentione mia in el
stampare il Corpo Canonico (4). Spettando aviso con il
primo si in questo costi e stato colocato, desirando che
le note di quello sera in detto corpo observato, correct©
o giunto, me siano mandate per le mani del S""" Gio.
Batt* Casnedo che acceptero per beneficio grande délie
S. V. recepute, a lequali mi ricommendo, pregando Dio
di conservarli in sanita et vita longa.
(i) Ecriture de Jean Moretus, sans date ni nom de destinataire.
Nous pensons que la lettre s'adresse aux Aides, avec qui Plantin était
à cette époque en relations fréquentes.
(2) Probablement les Oclo Missa de Georges De la Hèle, grande
publication musicale mise au jour par Plantin en 157S avec lettres
ornées par Pierre Van der Borcht et Antoine Van Leest.
(3) Le recueil des Oclo Missce contient généralement aussi la messe
de Philippe de Monte. Elle ne fut toutefois imprimée qu'en 1579 •
Missa ad viodulum Benedicta es, sex vocum. Réimprimée en 1580.
(4] Voir la lettre de Plantin à Buyssetius du 28 août 1579.
- 85 -
839. — Ph' Laiquier (?) à Plautin.
{Archives Tlanliiiiennes, LXXXVI, {° 119)
Péronne, le 12 septembre 1579.
Monsieur. Il y a six nns ou environ que me vendites
plusieurs livres en Anvers et entre aultres Le Theatrum
Orbis d'Abrahamus Ortelius (i) qui m'enseigna luy
mesmes vostre logis, ung intitulé Humant Salutis Mo-
numenta B. Aria^ Montani qui lors estoit aussy en Anvers
esquelz livres y a cartes et images doulcement et délica-
tement figurées et empreintes sur cuivre ou bronse. Et
pource que je désire de faire aussy tailler en cuivre ou
bronse le plus délicatement que faire se porra, l'image
de monsieur Sainct Hierome en la forme, grandeur et
largeur que trouverrez close en ces présentes, n'aiant
melieur cognoissance que h vostre audict Anvers, vous
ay faict ce mot pour vous supplier et d'affection me faire
ce bien que de la faire tailler en bronse ou cuivre le plus
doulcement, le plus délicatement et par le plus expert
tailleur de vostredicte ville d'Anvers, le plus tost que
porrez et qu'il vous plaira ce f;iire. Et quand la chose sera
faicte la voulloir délivrer a Estienne Bazin présent porteur
l'ung de voz messagers qui m'a promis vous paier ce
qu'il conviendra dont vous prie et requiers de m'advertir
par lectres pour luy vendre le tout et le contenter a son
retour, vous priant de rechef que ladicte image soit
exactement faicte et imprimée et que le tout soit si bien
mis et enchâssée que rien au port ne s'en gatte ou froisse
et m'escrire la manière de empreindre lesdictes images
sur le carecte que m'envoirez. Vous asseurant Monsieur
Plantain qu'en tous endroictz qu'il vous plaira m'en-
86
ploier pardeça et aultres lieux ou j'auray puissance vous
y fera}^ service er plaisir d'aussi bon cœur et affection
que vous ay faict la présente requeste et que je désire
mieux vous cognoisire que n'ay faict cydevant. De
Peronne ce xii^ jour de Septembre 1579.
Celluy qui désire mieulx
vous cognoistre Ph. Laiquier (2).
(Au dos :) A Monsieur
Monsieur Maistre Christophle
Plantain Imprimeur du Roy
demeurant a l'enseigne du Compas
A Anvers.
(i) En 1573, Plantin ne vendit le Théâtre d'Ortelius qu'en com-
mission ; la première édition plantinienne du grand atlas date de
l'année 1579.
(2) Languier, Layguier ou Larguier (?)
840. — Plauliii à de Çayas.
{Archives Plantiniennes, X, i° 3^).
28 Septembre — 6 Octobre 1579.
(Plantin se réjouit d'apprendre que de Çayas se porte bien ; à
Arias il souhaite une vie plus tranquille que celle à la cour. L'imprimeur
n'a pas trop à se plaindre physiquement ; quant au moral, il se compare
au marin sur une mer tumultueuse, qui a toutes les peines pour
tenir le gouvernail et arriver à bon port. Il sait que des bruits circu-
lent sur certaines de ses impressions, contraires aux intérêts de la
religion et du roi catholique. Plantin déclare, non sans emphase,
que ses sentiments envers l'Eglise et le roi n'ont pas changé : il
a toujours résisté à ceux qui l'ont pressé à imprimer des écrits dé-
loyaux. Il est toutefois le typographe des États et du go.uverneur. Si
certaines publications portent abusivement son nom, il n'en peut rien.
- 87 -
Çayas connaît ceux qui gouvernent le pays en ce moment : il serait
insensé de la part de Plantin de s'opposer à eux et de causer ainsi
la ruine de son imprimerie. Il enverra à la première occasion un
exemplaire des pièces qu'il a éditées par ordre des Etats et du gou-
verneur. En dehors de ces publications officielles, Plantin a fait
paraître plusieurs livres liturgiques et autres),
111' admodum Viro D, Gabrieli Zay^.
Ad litteras III. D. V, Madriti i8. datas quas ego 28.
Septemb. accepi clare sed paucis pro consuetudine hic
respondebo. Gaudeo imprimis III. D. V. bona frui vale-
tudine idemque facio de D. Doctore B. A. Montano cui
maiorem quietem nostra et reipub. Christian^ causa
opto quam ut in aulam revocetur etiam si non dubitem
istic quoque bonam operam navaturum.
Nos laus Deo corporis omnes modica fruiniur vale-
tudine, animo autem in tantis turbis et periculis par Dei
gratiam non frangimur etiam si plurima videantur de-
testanda. Sed quid faciamus aliud quam ut nostram
voluntatem voluntati divine subdamus omnino. Tem-
pestates imbrium e montibus corruentium torrentes
excitarunt quibus si violentia pertinaciter resistere aut
eos machinis quantumcumque fortibus compescere potius
quam evitare et declinare conemur ad tempus frustra
laboremus timendumque maxime ne nos vel abriperent
vel pascua segetes et alla necessaria vitie alimenta inun-
datione vastarent et perderent, desertaque loca tandem
et sabulo arrido plena relinquerent adeo ut jumenta et
homines illic necessariis destituerentur rébus. Quid qu^so
tempestate oborta ingenti faciet peritus nauta ? Ille haud
obstinate fluctus illos ingentes conabitur frangere sed
prudenter vel submissis velis vitare et declinare ne in
scopulos et vada impellendo frangatur navis et ipse si
— 88 —
non pereat saliem merces proprias et aliénas pessundet ?
Sed ad quid h^ec ego nihili prudentissimo et peritissimo
viro suggerere conor ? Nempe ut judicet quantum sit
illis credendum qui cum absint a tempestatibus de illis
judicant qui in mediis torrentibus et tempestatibus ver-
santur nec nisi prius sedentur se ab illis tueri an liberare
possunt. Scribis insuper amicis nostris videri novum
quod varia prodeant e nostra officina non tam in servi-
cium Dei et Regias Cath, Maiestatis quam pro more
consueto ac proinde petis significari num violentia coacti
id fiât et quomodo ut pro me respondeas tamquam pro
amico et fitmiliari (i). Ad quod paucis quidem ante
responsum esset satis nisi ad maiorem claritatem h^ec
addenda viderentur. Primum ego ex animo et coram
Deo omnibus angelis et sanctis eius testor me numquam
mutasse animum nec voluntatem erga Deum nec Maies-
tatem regiam, imo magis ac magis indies per divinam
misericordiam et gratiam accendi ad eorum gloriam et
Maiestatis auctoritatem pro viribus conservandam augen-
damque neque verbis, minis, precibus uUis nec precio
eorum qui non parum jam potentia valent passus sum
me flecti ad quid aliud imprimendum quam quie antehnc
impresseram vel more solito approbata fuerunt ab ordi-
nariis vel ab illis, jussu quorum mandato publico non
meum fuit nec est detrectare vel quicquam dum hic sum
et illi gubernant denegare quod publice a statibus et
Gubernatore fuerit conclusum et mihi jussum et traditum
ad imprimendum. Si quid autem aliud sub nomine meo
impressum alicubi fuerit ut fieri potest et jam vulgo
fit a typographias stupratoribus mihi certe non est impu-
tandum. Scis autem ni fallor qui et quot hic imperium
exerceant neque parum mihi facerc videor si illos ser-
- 89 -
viendo in rébus publicis me meaque Deo et reipub.
Christiain\3 quibus sub obedientia Régime Cath. Maiestatis
quantum in nobis situm est dedicavi, conserve et interea
paucis horis et raro publice illis inservivi et inservio,
quod si facere denegassem vel nunc denegarem loco et
bonis omnibus cedendum mihi jampridem fuisset pror-
sus essemque Deo reipub. Christiania et Régime Majestati
inutilis effectus. Nunc vero totos dies illo medio insumo
in illis imprimendis qu^e jam vix aliquis vult vel audeat
suscipere, uti reipsa testantur opéra quae istis annis vel
recudi vel recenter impressi : inter qu^e sunt Breviaria
in 8° ad longum, eadem in i6° duobus tomis, eadem i6°
unico tomo eleganti quod adhuc est sub praslo uti et
quarta editio Missalium in 8°, qux intra 20. dies favente
Deo perficientur, una cum Bibliis in 8° et libro Sanderi
de Monarchia visibili (2). Testantur et Conciones de
tempore et de sanctis fr. Lud. de Granada 5. tomis (3)
atque Manuale confessariorum Navarri et Missie variée
musicales (4) una cum aliis permultis impressis qu^e nisi
scivissem obedire numquam potuissem emittere neque
alia permulta quœ in manibus sunt et alia qu^ cogito
possem multo minus hic multis prodesse in providendo
illis de libris catholicis quorum alioqui penuria jam
laborassent maxima et forte defecissent, adeo ut illorum
severitas qui dum absunt fortia aut necessaria facta
improbant videatur ut (non semel palam nonnullis dixi)
potius ea evertere qux se conservare jactitant. H^ec
tempora consilia multo alia postulant quam olim uti ex
eventibus est apertissimum : et si vi (quovis pr^textu id
fiât) pergatur video futurum ut violent! se se et ea per-
dant funditus quie ipsi retinere cogitant et prœdicant se
velle facere. Ex illis autem omnibus qu^e impressi man-
— 90 —
dato et jussu statuum et Gubernatoris uti petiisti exem-
plaria mittam prima opportunitate (5) e quibus videbis
quo usque (prêter voluntatem bonorum) res progress^e
sint et inde colliges qu^e adhuc timenda sint et instant
jam prorsus nisi Deus opt. max. pro sua misericordia,
consilia et mentes eorum qui ab utraque parte clavum
tenent flectere, regere et gubernare dignetur ad veram
gloriam suam regi^ catholicas, M^'s sinceram auctoritatem
et populi tranquillitatem piissimam.
(i) Çayas, dans sa lettre à Plantin, lui avait donc reproché cer-
taines impressions peu lionorables pour le roi, sorties de son ofBcine.
La réponse de Tarchitypographe ne manque pas d'habileté. Il pro-
teste de sa loyauté envers la cour et de ses sentiments d'orthodoxie,
alors que plusieurs écrits hostiles au gouvernement espagnol avaient
paru chez lui et qu'il adhérait toujours à la secte de Barrefelt.
(2) Nicolai Sanderi de visibili monarchia Ecclesia lihri octo ; iii quibus
instituilur disputatio de certa el perpétua ecclesiaa Dei.. Plantin, 15 80
ou 1581. Le Musée ne possède pas cette édition, par contre une
autre, assez rare, de l'année 1578: Antverpiîe apud loannem Fou-
lerum.
(3) Concionum qua de pracipuis sanctoruni feslis in ecclesia Ihibenlui\..
Auctore R. P. F. Ludovico Grattatensi.. Plantin, 1580, 3 tomes in-8«>.
(4) Les grandes Messes de Georges De la Hèle.
(5) Louis Ferez se chargea de remettre ces pièces à de Çayas. Voir
la deuxième lettre suivante.
841. — Ciofano à Plantin.
[Bibliothèque du Vatican^ ms. Reg. lat. 2023, fol. 87, copie (i)
2 Octobre 1579.
(Après avoir complimenté Plantin des nombreux services rendus
au monde savant, Ciofano écrit qu'il a terminé son commentaire sur
les oeuvres complètes d'Ovide. Muret, Chacon, Ursinus et d'autres
9t
érudits travaillant à Rome, en ont déjà pris connaissance. Les obser-
vations sur les Métamorphoses ont été considérablement augmentées.
Ciofano invite donc Plantin à publier son travail).
Idem (Hercules Ciofanus Sulmonensis)
Christophoro Plantino salutem.
Cum cognoverim te bene valere et typographicae arti
assidue operam dare, non potui tibi non gratulari, cujus
innumerabilia erga rempublicam litterariam extant mérita
simulque significo me et bona valetudine, quod Dec
Optimo Maximo acceptum refero, uti et in universa
Ovidii opéra, id est in libros Fastorum, Tristium, de
Ponto, in epistolas Heroides, inlbin,in elegias, in libros
de arte et de remedio amoris, in elegias de somno, de
nuce ne de medicamine faciei atque Halieuticon scholia
absolvisse. Quae cujusmodi sint, si a Mureto, Ciaccono,
Ursino et aliis viris in Urbe doctissimis scire vis, per
me licet. De observationibus autem in Metamorphosin
nihil est quod ad te scribam, cum eas post primam edi-
tionem pluribus auctas a me missas jam videris. Haec
vero omnia, ubi commodum atque otium tibi erit, si
excudere voles, scribe (i). Vale. Romae, vi non. octobris
MDLXXIX (2).
(i) Les Commentaires sur Ovide par Ciofano ne parurent qu'en
1581, du moins les Observations sur les Métamorphoses, le commen-
taire sur les Héroïdes, les Elégies, le De arte amandi. De remedio
amoris, De medicamine faciei, De nuce, Halieuticon, les notes sur les
Fastes, les Tristes, les Politiques et VIbin. L'impression fut continuée
l'année suivante et achevée en 1583.
(2) Reproduite dans A. Fayei^. Lettres Plantiniennes {i'^j4-i')Si),
in Rev. des Bibl. & Arch. de Belgique, t. III, fasc. 6, p. 455.
— 92 —
842. — Plant in à de Çayas.
{Archives Plantiniennes, IX, f° 83^).
Commencement d'octobre 1579.
(Plantin fait parvenir à de Çayas les pièces qu'il a dû imprimer au
nom du roi, pour les Etats généraux. L'arcliitypographe se justifie
de s'être mis au service des États généraux ; il en appelle à ses amis
et à Dieu d'avoir toujours observé les intérêts de l'Église. Les ouvrages
sortis de ses presses portent tous son nom, tandis que plusieurs
publications de ses collègues, par ordre ou de leur propre gré, ont
paru sans marque d'imprimeur. Q_uant aux livres édités aux frais de
Plantin ou de ses amis, Arias Montanus en a eu chaque fois commu-
nication. Louis Ferez apportera avec lui les pièces demandées).
Sunt h.-ec qu^e mitto, lU""^ Vir (i), Edicta publica
(quas noniine Regio) mihique mandato et jussu statuum
tradita iinprimenda (quorum copiam cupiebas ferri no-
vissimis tuis ad me datis) (2) quibus contradicere nec
mihi, nec amicis consultum fuit visum, nisi me, meos,
meaque omnia perdere statimque fore cedere Typogra-
phiamque derelinquere statuissem. Satius itaque hisce
obedire, quam instrumentis singulis quiibus Reipublic^
Christian^e profui et adhuc prodesse communi amico-
rum consensu fuit conclusum, an a prima vitie norma
et instituto meo deflexerim. Opéra a me hisce iniquis-
simis temporibus prêter omnium opinionem et pluri-
morum indignationem édita testabuntur. Testes erunt
inquam et amici qui me actionesque meas optime et
familiariter admodum noverunt, illi vero qui omnium
corda hominum intrinsecus perscrutatus relinquens
judicium. Si quid maligniter maligni de me detra-
xerint, hoc testor coram Deo me in singulis edictis
milii traditis ab ordinibus et a me publicatis nomen
meum publice addidisse (3). Plurima vero suppresso
— 93 —
nomine a diversis, partim jussu partim sponte sunt édita
quai etiam publiée distrahuntur, quas suo tenipore dissi-
pata peribunt. Id quod elapsis hisce annis in bonis litteris
vel aliis disciplinis meo et amicorum sumptibus impres-
seram, ïll. Viro Dno B. Ari^ Montano fere semper
communicavi.
Nunc subscriptosIU. D.T., in sarcincula quam D. Lod.
Perezius Mecenas meus hue transmisit, inelusi reddendos,
quos boni eonsulet rogo. Imperet et jubeat, paratum
promptissimumque ae obsequentissimum habebit.
(i) Minute de la main de Jean Moretus, sans date ni adresse.
Le destinataire ne peut être que de Çayas, le contenu de la lettre
répondant à celui de la deuxième pièce précédente.
(2) Les passages entre parenthèses ont été ajoutés en marge de la
minute,
(3) Plantin eut à se défendre à plusieurs reprises des soupçons
d'hétérodoxie et de déloyauté. S'il a, dira-t-il plus tard, imprimé
des livres contraires aux intérêts du roi, c'est qu'il y avait été
contraint par les États généraux. Nous savons cependant qu'il fit
paraître plusieurs ouvrages en l'honneur du prince d'Orange, de
l'archiduc Mathias et du duc d'Alençon, princes dont il chercha à se
concilier les faveurs. Il convient d'ajouter que les pamphlets dans
lesquels les Espagnols étaient attaqués, furent imprimés chez son
gendre Raphelingien, à Leyde. Ainsi, en 1579, les Tyrannies et
cruautei des Espagnols, perpétrées es Indes Occidentales, par Barthélémy
de las Casas, et les Diverses lettres interceptées du cardinal de Granvelk.
Max Rooses croit qu'une bonne partie des pamphlets de J. F. Le
Petit, en faveur du prince d'Orange, parurent chez Plantin, sans nom
de typographe. Christophe Tlantin, imprimeur anversois^ p. 299.
— 94 —
843 • — Plantin à Boëtiiis Epo.
(vlrcbiues Plantiniennes, X, fo 6^).
15 Octobre 1579.
(Plantin remercie Boëtius Epo de lui avoir désigné un précepteur
pour ses jeunes gens. Il a conseillé à leur oncle et tuteur de ne plus
en chercher ailleurs. Les enfants seront mis en pension chez un
homme de confiance, jusqu'à ce que les parents, qui sont à l'étran-
ger, aient fait connaître leur volonté. Entretemps, Plantin désire
viveinent que Boëtius Epo aide les jeunes gens de ses conseils).
Clai'iss. doctissimoque Viro Dno Boëtio Eponi
Juris Litriusque doctori et professori priinario (i).
Habeo libi gratias immensas, Vir pritstantissinie, pro
tuo erga nos et Adolescentes illos, pro affecm et opéra
diligent! quam posuisti in eligendo et nobis indicando
Paedagogum idoneum qui prœficiatur illis. Proinde per-
suasi facile Patruo et tutori eorum ne alium quœrat si
forte posthac illis aliquem prc-eficere volet (2). Is autem
videtur ejus esse animi ut ad aliquod tempus eos apud
aliquem virum probum hic coUocet in expensis absque
pedagogo tum ut experiatur quid per se possunt tum ut a
Pâtre duorum ex illis et tertij qui non agunt jani in hac
regione intelligere possit interea quœ sit eorum voluntas.
Ob eam ipsam causam antequam tuas recepi missus istuc
fuit quidem qui eos alloquatur et ipsis prospiciat in
omnibus. Ab eo itaque jam nunc pendemus neque donec
quid egerit intellexerimus quicquam certi statuere pos-
sumus. Interea vero ut eos adolescentes consilio adjuvare
pergas vehementer abs te petimus et si quod vicissim
officium tuo vel tuorum nomine aliquando possimus
efficiemus certe ne vel diligentiam vel voluntatem pro-
— 9) —
pensissimam in nobis requiras. Dns Deus opt. max te
reip. Christian^e diu conservct incolumem. Antverpiae
15. Octob. 1579.
(i) Boëtius Epo, ou Bote Ypes, savant jésuite, après avoir été
calviniste. Né à RoordaliuiziTm, en Frise, en 1529, mort à Louvain,
en 1599. I! fut nommé docteur à Toulouse et professeur à Douai,
(2) Nous ignorons les noms des jeunes gens et des familles aux-
quels Plantin s'intéressa si vivement. Il s'agit sans doute de gens qui
avaient été forcés de quitter le pays.
844. — Plantin à Pamelius.
{Archives Plautiniennes, X, fo 6^).
I) Octobre 1579.
(Plantin répondra brièvement, selon sa coutume, à la lettre de
Pamelius qu'il a reçue ce jour même. Il s'incline devant le désir de
Pamelius de voir imprimer son Terltillien à Paris. Q.ue l'auteur lui
communique ses conditions, l'architypographe lui fera connaître les
siennes. Il verra quel imprimeur parisien pourrait convenir, ou, s'il
est possible par ces temps difficiles, d'installer une typographie dans
la capitale française).
Chiriss. doctissimoque Viro Dno Jacobo Pamelio.
Litteras tuas, doctiss. Dne Pameli, 15. Septembris
scriptas 15. Octobris primuni accepi, ne mireris me
tardiu.s fortasse quam existimaveras respondere, quod
paucis faciam. Non etenim aninius estneque fuit uniquam
prolixis verbis mordicus causam nostram quantumvis
bonam crederem defendere aut aliorum objectiones re-
fellere, multo vero minus erga te quem facile judicem
constitui propria in causa et quem video pro se per
omnia pronuntiasse.
- 96 -
Acquiesce itaque tuse voluntati ut Tertullianus Parisiis
excudatur (i). Tuum itaque nunc est nobis significare
quas omnino conditiones prasscribere velis, meum postea
respondere et si inter nos convenerit statuere de t3'po-
grapho illic prinium eligendo ad imprimendum eum
auctorem ex consilio tuo de typographia illic insti-
tuenda quam interea pauUatim conabor eo mittere, si
per eos liceat qui nunc proli dolor imperant. Vereor
namque ne cum hinc Lutetiam dificilia sunt jam itinera,
fiant indies dificiliora et tandem dificillima. Aliquid
namque mutationes, distractiones animorum et talia
monstri alunt timeoque ne qui nunc adhuc quiète vivunt
turbulentiora tempora experiantur quam nunc cogitent.
In Dno autem confido, fiât ejus voluntas cui quamdiu
per ejus gratiam mihi licebit (licebit autem in eo uti
spero dum vivam concedet) me meaque omnia con-
formare pergam. Is autem te tuosque conatus et studia
ad suam gloriam Régis nostri opt. et reipub. Christianas
utilitatem diu conservare et promovere dignetur. Ant-
verpiaî 15. Octobiis 1579.
(i) Voir la lettre précédente de Plantin à Pamelius (no 835).
845. — Jcaii Moretus à Mylius.
{Archives Plantiniennes, IX, f<' 87).
Fin octobre 1579.
(Mylius aura appris que l'édition des Bibles est achevée. Plantin
lui a remis deux lettres par l'intermédiaire de Frydach et de Mercator.
De différents côtés, même de Cologne et de Paris, le bruit était venu
de la mort de Plantin. Celui-ci se porte fort bien et se rappelle au bon
souvenir de Mylius. Rumold Mercator avait refusé d'accepter de la part
— 97 —
de Sonnius une certaine somme d'argent ; finalement, Moretus l'a
amené à prendre avec lui 169 fl. 14 st., pour acheter des livres que
Plantin recevra pour Sonnius. L'imprimeur remercie Mylius de la
peine qu'il s'est donnée pour acquérir plusieurs ouvrages. Stadius
est mort depuis quatre mois ; des mains de son fils, Moretus a pu
obtenir toutefois son livre sur Florus],
S. P. Tuas hujus (Octobri) xi. scriptas xx. accepi.
Intellexisse a le jam credo absolutam esse Bibliorum
editionem (i). Nihil est igitur quod addam, binas Soceri
mei litteras habebis per Frydachium tuum ; priores altéras
Mercatori tuo (2) cum venisset traditas, in quibus, ni
fallor, prolixe satis de singulis ; h^ testes rect^ Plantini
valetudinis. Vivit, et valet, te tuosque salutat. Mortalis
equidem, nec vocatus effugere poterit,.. quas vox (obitus
Plantini) unde evenerit ignoro, eadem Parisiis quje Colo-
niae fuit audita et per amicorum litteris nobis signifi-
cata (3). Speramus tamen hune obitus Plantini rumorem
in longioris vitse feriam denuo mutandum iri. Quam
difficile nobis hujus Patroni jactura foret, non est quod
tibi dicam...
Rumoldo tuo priusquam proficisceretur ad nundinas
indicavimus Sonnium ad nos scripsisse de summa tali
vobis numeranda quam exigeretis. Respondit se non
habere in mandatis, et ignorare sumtnam idem tibi indi-
caturum. Objiciens idem cum esset reversus^ distulit
accipere, causam vero esse dixit quod summam ignora-
ret, accipiendam nos eandem nominavimus, objecimus
fortassis brevidiminuenda precia monetarum quae facilius
nunc exponeret, tandem summam centum et sexaginta
novem florenos et quatuordecim stuferos a nobis accepit.
Hœc tibi ut idem Sonnio si videbitur indices. Catalogum
vasis accepimus vel exspectamus, uti Perezius duo ad
- 98 -
ipsum missa. Qiios vero habere non potuisti libres non
missos bene est, gratias habemus de tua rerum nostrarum
solicitudine. Jam menses fortassis quatuor elapsi sunt
quod Stadium (4) vitam mutasse mortalem certissimum
sit. Amicorum precibus Florum (quem per annos exspec-
tavimus) e filij manibus extorsum heri accepi (5). Si quid
te juvare possimus, impera, habebis nos paratissimos.
Vale Vir humanibs. nosque amare perge (6).
(1) Biblia sacra. Quid in hac editione à Theolo^is Lovaniensibus
prasiitum sit, paulo post iiidicatur. Plantin, 1580, in-S". La même
année, l'architypographe publia également une 'Biblia Hebraica.
(2) Rumoldus Mercator, fils du grand géographe flamand, était
attaché à la maison des Mylius-Birckmann, de Cologne.
(3) Dans une lettre que Jean Moretus écrivit au nom de sa mère à
Noël le Ducq, patron de son frère Melchior, Plantin est dit « âgé et
maladif, ne est disposé pour beaucop aller et venir, comme bien il
vouldioit et laisse ceste charge avec aultres a mondit filz Jehan »
{Arch. Plant., IX, fo 81).
(4) Jean Stadius; voir lettres nos 50 et 55. Il était mort à Paris le
17 juin IS79.
(3) L. lulii Flori rerum a Romanis gestarum libri IIII, A loanne
Stadio eniendati. Altéra editio aucta & correcta, Plantin, 1584, in-8«.
(6) Ecriture et rédaction de Moretus, sans date ni nom de des-
tinataire.
846. — Plantin à Pamelius.
[archives Plantiniennes, X, f° 7).
30 Octobre 1579.
(Dans la première minute, qui ne coiTiprend que trois lignes, Plantin
renvoie à sa lettre du 15 octobre. Dans la seconde, il s'est ravisé :
il fait connaître les conditions auxquelles il abandonnerait son
droit d'imprimer le Tertullien de Pamelius. Les préparatifs pour
cette édition lui ont coûté 600 florins. Il voudrait par conséquent
que l'imprimeur parisien lui concède 500 exemplaires, pour lesquels
— 99 —
Plantin fournirait le papier et payerait les frais d'impression ; ou bien
l'envoi, à titre gratuit, des 80 premiers exemplaires. L'architypographe
déclare donner procuration à Michel Sonnius pour conclure l'affaire).
Clariss. Viro Dno Jacobo Pamelio.
Recepi tuas 13. hujus scriptas quibus nihil aliud habeo
quod respondeam quam quod feci tuis 15, Septemb. datis
et a me 15. hujus acceptis quod responsum meum hodie
dederam nuntio qui eas mihi reddiderat. Continet autem
me etc.
Eidem Dno Pamelio.
Postquam alterum meum responsum scripsissem ex-
perientia edoctus, venit in mentem quam molesta sit
expectatio ei qui rationes suas inivit ad certum tempus ;
consideravi prîeterea quœ prioribus meis litteris pr^sa-
giebam de itinerum difficultatibus etc. nimis quam pro-
perare et propterea statui hic paucis delineare conditiones
quibus paratus sum meum jus cedere ipsi cum quo voles
(si forte vel inter nos non conveniret tandem de condi-
tionibus vel mora in rescribendo tibi molesta foret) de
impressione Tertulliani transigere.
In primis testor Deum quod sexcentis florenis mihi
pure numerandis nollem eos sumptus facere qu^e causa
et spe imprimendi tuum Tertullianum feci. Ego tamen
ne sim in mora contentus ero omnem meam actionem
cedere cui voles ea conditione ut mihi concedantur,
semel quingenta exemplaria pro quibus dabo papyrum et
solvam id quod pro labore impressori numerandum erit
nec quicquam pr^eterea pro exemplari correctione vel
aliis quibusvis rébus. Quod si conditio ea non placeat
100
ecce offero aliam, nempe ut absoluta impressione prius-
quam ullo modo exemplaria (prîeterquam ipso auctori
ad munera sua tantum facienda) vasnum exponi possint
mihi omni solutione libéra tradantur octoginta exem-
plaria. Et ne aliqua oriatur difficultas de mea absentia
constituo Dnm Michaelem Sonnium Bibliopolam jura-
tum universitatis Parisiensis (i) procuratorem meum et
hac manu mea signata promitto me ratum et gratum
semper habiturum quicquid ille in hac re meo nomine
fecerit. Bene vale Antverpi^ 30. Octobris 1579.
(i) Michel Sonnius, libraire et ami de Planiin à Paris, qui imprima
le TerliiUien de Pamelius. Voir lettre 11° 835, note 2, et la réponse de
Sonnius à Plantin du 7 février 1580.
847. — François Hotoman {i) à Plantin.
{^Archives Planliniennes, LXXX, f" 461).
Bâle, le 16 novembre 1579.
Monsieur Plantin, je suis marri que je n'ay loysir
d'escrire a Monsieur Lipsius et a Monsieur de Ratio (i),
desquelz vous m'avez envoie les lettres. On apporta les
lettres en mon absence. Maintenant que j'estoys sur le
point de ma leçon, vostre messager est venu pour avoir
responce. Je vous supplie d'envoier seullement ce mot
aux susdits Seigneurs par lequel ilz entendront que je
suis trescontent et plus que satisfait : et leur veux de-
meurer amy et serviteur comme je leur feray plus
amplement entendre Dieu aydant. Lequel je supplie
maintenir et conserver en sa sainte et digne g'arde, me
roi
recommandant bien humblement a vos bonnes grâces et
aux leurs. Ceci de Basle ce i6 Novembre 79.
Vostre serviteur et
amy Hotoman F.
Je vous prie mandez moy si voudriez imprimer des
petites Institutes de la forme de Crespin avec mes Anno-
tations (3) qui sont d'aultre qualité Dieu mercy.
[Adresse au verso ;)
Ornatissimo et nobilissimo typo-
grapho Dno Chiistophoro Plantino, etc.
Antverpia;.
(i) François Hotoman ou Hotmann, jurisconsulte français (1524-
159c), né à Paris d'une famille originaire de Silésie. Ayant embrassé
la Réforme, il quitta Paris après la Saint-Barthélémy et se fixa finale-
ment à Bâle.
(2) Regnardt van Ratloo Meyer van Limborch, d'après un poste
au Journal de 1578.
(3) On connaît de Jean Crespin (mort à Genève en 1572) diverses
éditions d'un Commentaire latin sur les Institutes de Justinien. Hotmann
publia de même un Conimeniarius in IV institutionum juris civilis
libres, in-80 et in-40, à Bâle, à Venise et à Lyon, mais pas à Anvers
que nous sachions.
848. — Plantin à Turrianus.
(Archives Planiiniennes, IX, f° 87^).
Mi-novembre 1579.
(Plantin n'a plus eu des nouvelles de Turrianus depuis son départ.
Les temps troublés sont probablement la cause de ce que tant de
lettres n'arrivent plus à destination. L'imprimeur voudrait savoir par
quelle voie il expédierait les cassettes. De Soto étant parti, Plantin
s'est adressé à Varron et à de la Pegne pour savoir où Turrianus se
102
trouvait. On le disait à Bruges et à Rouen ! Voici que sa lettre a
mis fin à l'incertitude ; les cassettes seront dirigées sur Rouen, à
l'adresse de Hontaneda. Plantin engage son ami à ne pas ajouter foi
aux bruits qui circulent sur son compte. S'il a imprimé les édits des
États, c'est qu'il y avait été obligé; personnellement, il n'a en rien,
changé d'opinion).
S. P. Quanto gaudio nos affecerunt Rev. D., tu^e 13
Septembris ad nos datas 8^ Novembris accepta, vix credas
nec scribere ego possim, nam a discessu tuo null^ tu^
ad nostras pervenere manus. In causa est haec temporis
iniquitas quas etiam effecit ut h^ tu^ tardius fortassis ad
nos perferrentur. Ssepius quassimus modum ut cist^ quse
apud nos in salvo sunt P. T. destinarentur ea qua foret
comodiori via. Soto absente, fuerunt D. Martinus de
Varron et Diego de la Pegne non semel, aut bis tantum
a nobis interpellati, quibus dictum D. de Soto curam
dédisse mittendi existimabam. Sed frustra, nam mihi res-
pondebaturnihilhorumipsismandatum, ignorare quonani
essent destinandîe ac ubinam P. T. viveret. Ego interea
Brugas ac Rotomagum litteras scripsi non semel ad D.
de Soto quibus in locis nunc esse dicebatur. Sed frustra
nec hactenus vivat, an vita defunctus sit nobis constat.
Vides cur tuas nos tantopere exhilararint, cum hisce curis
nos liberaverint. Hoc igitur nunc tibi significandum restât
nos prima occasione data non prastermissuros quin dictas
cistas Rotamagum ad D. Franc*^" Hontanedam trans-
mittamus, quemadmodum brevi factum esse speramus te
intellecturum.
Interea nos omnes eo loco habeas quo semper habuisse
te scribis, nihil enim scio quod R. T. causa non luben-
tissime prestare velimus; jubeat ac imperet nobis, habebit
promptos ac paratissimos. Si qui fortassis, falsa opinione
103
qiiadam ducti vel sinistre de rei veritate docti de nobis
quid dixerint vel sentiant quam ejusmodi quos ipse
novisti, hos tu R. Dne oppugnes, dico de rei veritatis
certiores faciès. Si quas Edicta publica jussu et autlioritate
gubernacLila tenentium a me sint impressa, hœc me non
nmtarunt. Egone cum in ipsa navi sim qu^ in medio
mari turbulenti ventis undique agitatur, archipyratae me
opponam operamque meam (qua fortassis quid pr^estare
me posse existimabit in navis conservatione) recusabo ?
Metuendum sane foret ne naucleri omnes me arripientes,
in mare dejectum submergèrent bonaque omnia sibi
servarent. Q.uibus neque saivis ijs inservire adhuc sta-
tueram quibus antehac feceram. Sed intelligenti pauca :
facile quilibet quovis in tuto loco constitutus de absenti-
bus aliter sepissime quam res sese habet(2). Si quandoque
quid obiter tibi (inachevée).
(i) Écriture de Jean Moretus, sans date ni nom de destinataire.
Nous identifions celui-ci à François Turrianus ; voir notamment la
lettre de Plantin n"> 836.
(2) Allusion aux écrits contre le roi que Plantin aurait imprimés.
Voir précédemment.
849. — Pierre Porret à Jean Moretus.
{yirchivts Plantinittmes , XCI, f^ 115).
Paris, le 30 novembre 1579.
Amy Morentorf. J'ay receu le livre intitulé Omnium
fere gentium Imagines et etc. (i) dont vous remercie,
mays celluy pour qui je le désire depuis qu'est nostre
amy, le desireroit fort avoyr peint et vernissé, et que
— 104 —
tous habillementz faussent de la couleur contenue en ce
mémoire qu'il m'a baillié. Parquoy je vous prie d'en
prendre la peine d'en faire peindre un couple et s'il estoit
possible coucher et rouler sur toelle en bon ordre et ce
en deux ou troys parties car en une seroit trop grand
pour porter, Toutesfois sy la chose se trouvoit trop
difficille suffira de le faire bien peindre et vernisser, et
puys on le fera couller en ceste ville et de ce que tout
coustera vous tiendray bon compte, et n'estant la pré-
sente pour aultre affaire, je salueray vostre bonne grâce
et de vostre femme, mère, frère et seurs de ma tres-
humble recommandation. Priant Dieu vous donner en
joye et santé bonne vie et longue. Escripte a Paris ce
dernier de novembre 1579.
Le tout vostre frère et amy
J. J. Porret.
{Adresse au verso :) Au Sire Jehan Morentorfe
marchant libraire
desmourant a l'enseigne
du Compas d'or
A Anvers.
(i) Il y a eu plusieurs ouvrages de ce nom au xvi' siècle ; il s'agit
probablement ici de : Omnium fere gentium, nostraq; atatis Nationum,
Habitus & Effigies. In eosdem Jacobi Sluperij Herzelensis Epigram-
mata. Adjecta ad singulas Icônes Gallica Tetrasticha, Antverpise
Apud loannem Bellerum, sub Aquila aurea. m.d.lxxii. In-S». A la
fin : loanni Belleri excudebat jEgidius Radaeus Antverpise. Anno 1 572.
— I05 —
850. — Plantin à' des libraires espagnols.
(Archives Tlanliniennes, IX, fo 88^).
Fin novembre 1579.
(Plantin regrette beaucoup la perte de plusieurs livres, adressés à
Emmanuel Enriques. Il assure que tous les livres, avant d'être em-
ballés, sont soigneusement inscrits ; d'où son étonnement de ce que
pas moins de dix Diana et dix Virgile se seraient égarés. Plantin n'a
pas pu envoyer des traductions espagnoles de Sénèqtie, ne les ayant
pas en dépôt ; les Epithètes ne figurent non plus dans sa facture.
Observations concernant le prix de la Somme de S. Thomas et des
Métamorphoses d'Ovide).
Mag'^°^ Senores.
Ahi de V. Mer*^" de dos de novembre passado, em-
biada al S'' Emanuel Enriques mi S"" (i), no tengo que
responder otro sino que me pesa mucho del travajo y
fastidio que le han dado, por esser hombre el quai no es
amigo de algunas difFerentias. Pero brevemente digo
que por las differentias de los libros los quales certifican
esser hallados menos, yo quiero antes hazer satisfaction
de todo que de andar en longessas de disputas con
hombre que viva.
Solamente digo que en Anveres los libros empaccados
son conferidos todos uno a uno y muy bien notados
quando se empaccaron como es la costumbre, pero vere
tambien si algun error venga de por estas partes porque
la differentia es grande de diez Dianas^ diez Virgilios
etc^ (2).
En quanto a los que scriven que soblyavano sean
ciertos que no he tenido algunas obras de Seneca en
Romance en mi casa en mucho tiempo que me da cier-
— lOé —
tessa que non los mande, y tambien los Epitetos no son
puestos en la fattura.
Delo que scriven del precio de las summas de Santo
Thomas que son puestas a 29 fl. (3) y que otros las
recibieron en 25 fl. vean que son 8 cuerpos y si la
enguadernacion de cada cuerpo no vale mas de diez
plaças caduno de los que sus vezinos haveran recibido
no essendo dorados etc^ como los que embiamos.
Del florin mas puesto en los Métamorphoses de
Ovidio (4) no digo nada porque puede esser que (inache-
vit) (5).
(i) Emmanuel Enriques ou Henriques, marcliand portugais. Les
livres dont il est question dans cette pièce, paraissent avoir été
expédiés le 21 mai 1579 {Journal de 1579, f" 75).
(2) Portés dans le Journal de 1579 • 'Diana Etiamoiirada, in-120, à
4 st., et Virgilios hispanice, in-120, à 7 st. pièce.
(3) Ibidem : 2 Siimma D. Thoma Caiet. lig. 4 voll... 29 flor. (édition
de Plantin de 1575).
(4) Ibidem : Ovidij Meiamorpbosis, in-ié» lig. veau, à 9 st. (édition
de Plantin de 1575).
(5) Ecriture et rédaction de Jean Moretus, sans date ni nom de
destinataire. Aux fos 92-3 du même dossier, Jean Moretus adresse
une longue épître aux mêmes libraires anonymes. Notre imprimeur
se sentait piqué des réclamations de son correspondant : « por la verdad
despues que son librero, non he tenido semejantes quexas de hombre
que vive » !
851. — Plantin à Buyssetius.
[Archives Planiifiiennes, X, deux rédactions, aux fo* 8 et 9),
10 Décembre 1579.
(L'imprimeur remercie Buyssetius de sa lettre, qui le renseigne sur
le Missel promis depuis dix mois, sur le Corpus Canoniciim, le livre
du D^Navarro et sur les rumeurs circulant à propos de ses opinions.
lO'
Quant à ces médisances, Plantin a pu apaiser facilement ses amis
d'Espagne, de France et de ces provinces. Il déclare ici de nouveau
qu'il est toujours resté fidèle au culte ancien et au service du roi.
Il raconte en détail ce qui a donné lieu à ces bruits : son départ
pour Paris, où le roi lui avait fait des offres généreuses mais qu'il
n'a pas acceptées, ayant demandé conseil à ses amis espagnols ; sa
nomination d'imprimeur attitré et à traitement fixe par les Etats
généraux et le magistrat d'Anvers. Pendant son absence, ses gendres
avaient imprimé certaines apologies et des Discours contre don Juan
d'Autriche. Si d'autres écrits incriminés ont paru, portant sa marque,
c'est que Plantin y avait été obligé par les États, le gouverneur Ma-
thias et la ville d'Anvers. Il a fourni ce qu'on avait demandé de lui,
sans jamais s'immiscer du contenu des pièces, corrigées même par
des personnes en dehors de son officine. L'architypographe n'insistera
pas sur les livres, parus avec son adresse, mais non sortis de son
officine : c'est l'œuvre d'ennemis acharnés et de confrères envieux.
Il énumère finalement les éditions qu'il a publiées les deux dernières
années et celles qui sont sous presse).
Dno Johanni Buyssetio.
S. P. Habeo tibi gratias maximas Rev. P. quod litteris
tuis 25. Octob. datis mihi clare scripseris quas te impe-
diverint occasiones quo minus exemplar Missaiis recenter
excusum ante decem menses promissum non miseris; et
de Corpore Canonico responderis, maxime vero de
voluntate D. Navarri certiores reddideris atque monueris
nos de illis difEcultatibus et rumoribus qu^e istic spar-
guntur de me.
Meîe nunc partes esse videntur ut quam potero sim-
pliciter vere tamen respondeam. Missale expectabo et
Corpus Canonicum (i). Quod enim scribis non videri
utile ut eos libros nec Manuale Navarri hic amplius
imprimam propter suspectam distractionem inhis locis,
assero tibi me ab eo tempore quo hic turbas casperunt
plures muho taies libros vendidisse unico mense quam
— io8 —
tempore prîecedentium gubernatorum (2) toto anno
integro, et adhuc indies plures vendo. Neque est quod
vos istic existimetis editiones Italiens vel Gallicas hic
distrahendas aut nostris obfuturas umquam. Libentius
siquidem homines harum regionum abstinebunt ab ipsis
libris emendis et illis carebunt quam quod tam care
emant ut peregrini soient vendi.
Vestrum itaque nunc videre est num satius sit ut hic
talium librorum inopia laborent studiosi quam quod ego
recudere pergam atque mihi vestram sententiam per-
scribere.
Ad rumores et suspiciones de mea fide quod attinet
paucis hactenus respondi variis diversorum litteris ad
me ab Hispania nomine Regio, Colonia, Lovanio, Duaco,
Brugis, Galliis et aliis locis in eandem sententiam
scriptis (3).
Ex singulis fere illis locis (maxime vero ab Hispania)
recepi purgationes meas fuisse optime acceptas adeo ut
nihil jam a me postulent quam (uti hactenus feci) ab-
stinere pergam ab omnibus sponte imprimendis quse
religioni nostras Christianse Catholicas Romanas adver-
santur. Vi etiam majori ut ipsi fatentur quis résistât ?
Ego vero jam vobis qui Rom^ vivitis (unde ad alias
omnes orbis Provincias indicia emanare soient) non puto
mihi suscipiendam esse purgationem, sed tamquam con-
fitens confessori rem omnem quam potero simpliciter
pure et humiliter narrandam.
Primum itaque coram Deo, sanctis ejus omnibus et
vobis conscientia optima profiteor me semper perman-
sisse in vero et consueto cultu, mandatis et obedientia
sahctas matris nostra; Ecclesiae Christi Apostolicae,
Catholicae Romauc-e nec ab ejus institutis neque Régis
I09
nostri catholici aninio vel opère discessisse, multo vero
minus aliud templum intrasse (ab eo tempore quo hue
introducti fuerunt divers! ministri) quam nostram B.
Mariœ et Beguinagij (4) dum hic per aliquot dies nostrum
erat clausum : neque aliquem locum alium ingressum
in quo habitue sint conciones alicujus partis adversîe :
nec etiam aHquem audivisse vel librum legisse sectarium :
nisi forte Edicta, Décréta, Apologias et talia quœ a
Statibus generalibus hic congregatis emanarunt pro
talibus habeantur quas jussus sum tandem imprimera de
quibus etiam paucis historiam hic accipe.
Primum itaque cum hic viderem multa inchoari quas
displicebant antequam mihi quicquam commendatum
esset, Lutetiam sum profectus animo illic si id liceret
cum vena nostri Régis catholici habitandi. Ibi a plurimis
viris Ecclesiasticis, dignitatibus illustribus, Regiis Minis-
tris et ab ipsa Universitate jam a tempore spoliationis
nostra; quje prsecesserat commendatus Diplomate Regio
amplissimo liberaliter, ornatus ultro fui titulo Impres-
soris Regij Christianissimi in linguis (quod antea nemini
contigerat impressori) Hebr^a, Caldea, Syra, Gr^ca,
Latina, Gallica, Italica, Hispanica, Germanica et Flan-
drica, non sine invitatione plurimorum ut meam typo-
graphiam eo transferre vellem.
Ego vero ne quid facerem quod Régi nostro Catholico
displicere posset, diplomatis et Privilegij Regij exemplaria
misi ad D. Gabrielem Çayam cum meis litteris quibus
aperte declarabam quo loco hic res essent : et periculum
quod imminere mihi videbatur de diminuenda Eccle-
siastica et Regia auctoritate nisi remedium pacis adhi-
beretur certum, et quidam alla propter qu^ vix audebam
hue reverti. Proinde rogabam ut ipse intelligeret a Regia
I ro
Majestate qu^ voluntas ipsius esset de acceptando a me
tanta Régis Galli« liberalitate et matanda habitatione.
Is autem respondit apertisse verbis Regem nostrum
catholicum nullo modo velle neque convenire ut Chris-
tianiss. me addicerem neque ut mutarem habitationem
nisi forte hinc vellem in Hispanias profîcisse : ubi me non
minoribus beneficiis et stipendiis majoribus me' Regia
cath. Majestas ornaturus esset. Hoc accepto responso
libelle supplici diversis vicibus reiterato petij a Magistratu
dimissionem seu facultatem hinc discedendi, quas cum
mihi denegata esset, iterum petij ut saltem relictis hic sex
aut septem prœlis cum typis et aliis rébus ad ea exercenda
sufficientibus liceret mihi alio quo vocabar reliqua nostras
typographie^ instrumenta transferre : addebam me pluri-
mas causas habere hinc migrandi et inter eas quod non
ita pridem in hujus urbis direptione spoliatus fuissem for-
tunis omnibus adeo ut jam (sicuti verum erat) non essem
solvendo conductionem domus ad retinendam tantam
tamque omnibus rébus necessariis et ad ornatum facien-
tibus instructam typographiam. Tum vero deliberatum
est in Senatu et statutum ut ipse Consul primarius cum
aliquot aliis ex ipso Magistratu atque Pensionario ad
visitandam nostram typographiam venirent. Quod cum
fecissent diligenter nec aliquid reliquissent non exami-
natum et descriptum, re ab ipsis ad Senatum relata,
decretum est ut singulis annis trecenti floreni e publico
ad conductionem domus numerarentur ea lege ut eam
typographiam nostram in hac urbe conservarem in usum
eorum qu£e magistratus juberet, persolvendo impensas
faciendas et prœterea permissum mihi est ut quae vellem
alia mihi vel aliis imprimerem.
Ego vero cum apud nonnuUos hoc deposuissem et
— III
declarassem quod interea dum in Galliis essem Generi
mei in typographia nostra relicti fuissent coacti ad
imprimendas certas Apologias.et Discursus contra D. J.
Austriacum (5) et quod videbam futurum ut idem miiii
faciendum esset quandocumque vellent qui ad clavum
sederent : illi ipsi omnes et etiam inter eos Ecclesiastici
viri bono me animo esse jusserunt : asserentes me obli-
gatum esse ad obediendum Statibus generalibus, D.
Gubernatori Matthi^ Archiduci Austriae et Magistratui
tamquam Superiorihus meis idque certis de causis con-
firmabant. Primum quod mihi homini privato non liceat
in dubium revocare vel repugnnre uUi rei qu^ ab ipsis
deliberaretur aut concluderetur; tum quod in impri-
mendo nihil a me petatur quod sit prêter officium meum
consuetum : non licere ulli homini operam suam manu-
ari.im magistratui suo denegare : Secretario, Graphario
vel amanuensi aliquo non esse integrum suam operam
in describendo, excipiendo vel nomine sui heri sub-
signando quicquid illas dictaverit jusseritve : Aparitoris
non esse examinare aut in suspicionem vocare senten-
tiam a magistratu suo decretam et promulgatam atque
illi mandatam ut executioni det : neque si quidquam sit
contra jus et «quum aut contra quamcumque personam
ab ipsis superioribus dictatum, scriptum, statutum, aut
executioni mandatum ipsis ministris quibus jussum sit
umquam fuisse imputatum.
His et similibus argumentis persuasus sum et periculis
quse a furore et fervore populari de vita temporali et de
fortunis omnibus imminebant qui contra hiscere ausi
fuissent, inductus typographiam obediendo conservavi
in meliores usus et tempora. Interea vero necesse nobis
fuit pati ut ea imprimerentur qu^ Status générales cum
112
D. Gubernatore ad nos exemplaria miserunt cum singu-
laribus semper mandatis (sine quibus semper recusavi
quicquam imprimere etiam si non semel mandatum
générale misissent de omnibus qu^ mitterent) et certis
hominibus assignatis qui omnibus in linguis quibus ipsi
quid vellent imprimi correctores pr^elorum egerent
ne quid forte pr^eier suam voluntatem adderetur, omit-
teretur, mutareturve, adeo ut omni culpa nos vacare
arbitratus sim semper : ob idque maxime quod crediderim
Superiores nostros bona et intégra fide agerequ^e egebant,
quos si qua in re deflexerint ab antiqua consuetudine
facile mihi sum persuasus illos consilio certo fecisse ad
compescendam et sedendam quantum in se situm esset
furorem populi et evitanda mala pejora : uti Sc'epe vidi
multis in locis ubi furori populari sunt concessa plurima
donec paulisper consessisset et uti fere fit in incendio
subitaneo ubi nuUo habito respectu juris privati nec
publici parietes vicinae imo et domus nonnumquam
intégrée cum aliis quibuscumque vi aperiuntur, diri-
mentur, evertuntur et funditus demoliuntur ne ignis
ulterius serpat : aut veluti in aggere violentia fluctuum
perrupto sternitur via ipsis aquis ad stagnandum potius
quam totam regionem obruant, vel sicuti prudens nau-
clerus tempestate oborta in mari solet a recto et constituto
cursu deflectendo velis etiam si opus sit submissis imo
et malo exciso hue illuc vagari donec sedata tempestate
paullatim ad intermissum violentia cursum redire pru-
denter queat et tandem navim, homines et merces secum
ad portum dirigere : cum alioqui si obstinate juxta artem
suam recto cursu navim contra ventorum impetum
coercere vellet se, suos, alios, sua et aliéna navi ad
scopulos aut litus allisa perderet. Sic itaque speravi et
— 113 —
adhuc spero maximam partem Superiorum sedatis tandem
hisce temerariis furoribus (nonnuUis in locis haud dubie
quam in aliis majoribus) omnia in meliorem ordinem et
rectum cujusque rei gradum restituros quam plurimi
credant ; maxime si pax certa constituatur : sine qua vix
quicquam sperandum est. Armis siquidem (ut s^pe dixi
et scripsi ad ipsos Régis nostri familiares) violentia,
authoritate nec rigore jam facile imo nec difficillime
quicquam securi efficietur. Pace prona, exemple et doc-
trina opus est ad plebis animos in recta obedientiam
reducendos et fidem veram. Hic habes historiam veram
de illis libellis in typographia nostra jussu et mandate
expresse Superiorum impressis : prieter quos si qui sint
nomine meo falso (ut hoc tempore factum deprehendimus
s^piss.) alibi impressos culpa omni careo. Scio etenim
plurimos esse maxime ex adversîe partis hominibus qui
quod videant me constantem esse nec velle precibus,
precio nec minis graviss. quidquam imprimere quod non
sit approbatum vel ut dixi jussum nec desistere a libris
catholicis imprimendis nullum non moveant lapidem
quo nomen nostrum odiosum reddant omnibus etiam
nostrîe religionis hominibus. Quîe etenim propria volun-
tate hic toto hoc periculosissimo tempore invitis et
reclamantibus plurimis impressi describam et subjungam
et quoties hoc biennio solo impresserim : deinde quas
habeam sub prjelis (et qu^e subsequutura confido : si
tamen a me talia recudenda judicaveritis et prosequenda)
(6). Tantum siquidem abest ut ego velim quid contra
sedem istam Apostolicam imprimere aut contra mentem
piorum istic vel alibi degentium hominum ut malim
prorsus ab imprimendo cessare : adeo ut non sit opus
libres a me impressos vel imprimendos prohibere, sed
— 114 —
vel unico verbo privatim mihi significare ingratam esse
meam operam in prosequendis impressionibus librorum
ecclesiasticorum. Sic namque ilico ad proplianos authores
edendos me totum convertam, non tamen sine mœrore
animi et eorum dispendio qui nostris iibenter uti soient,
id quod tam gratum erit adversariis quam quod gratis-
simum : ut pote qui omnes alios impressores totiùs
Flandri^, Holandi«,Zelandias et hujus urbisad sua edenda
converterint neque sit alius qui libros catholicos in hisce
locis hoc tempore imprimere audeat aut velit.
Sequuntur nomina librorum quos hisce duobus annis
elapsis impressi :
Breviarij in ié° duobus voluminibus binas impres-
siones edidi.
Diurnalis in i6° binas. Officij B. Marias in 12° ternas
Officij B. Mariae in 24° sep- impress.
tenas impress. Biblia Lovanij coUata in 8"
binas impress.
Concionum Granatensis de tempore tomi secundus et
tertius semel.
Sanderus de Monarchia visi- Dialectica Augustini Hun-
bili in folio semel. nei binas editio.
Catechismi Canisij binas Ejusdem parvi Catechismi
impressiones. binas impress.
Missîe musicales de la Hele maximo folio pro choro.
Missale Romanum in 8° figuris ^neis elegantibus, et
etiam ligneis figuris semel.
Cassiani opéra collata et notata per H. Cuyckium.
Laevinus Torr(entius) in Biblia Gallica Lovanij versa
Suetonium 8°. in folio,
Sophocles, ^schilus cum Terentius 8" bis
notis Guillelmi Canteri Gr^ce 16°.
— 115 —
Dispensatorium Val. Cordi Virgilius in 8°.
recognitum et auctum variis.
Historia rerum gestarum Genuensium per Pet. Bizarrum,
in folio.
EmblemataAlciaticumcommentariisampliss.Minoisin8°.
Sallustius cum notis Lud. Aurelius Victor cuni notis
Carrionis. And. Scotti.
Manuale Navarri in 8° magno, quod hic summopere
desiderarentur exemplaria quas sunt avidiss. expetita
et fere distracta, in quo si peccavi veniam peto nec
pienitentiam detrectabo quam rogo ut mihi impetres
et si maneat in sententia polliceor me non recusurum.
Sub praslis habemus sequentia :
Concordanti^ Bibliorum in Officium B. Marine rursus
magno 4*°. in 24° et idem in 32° cum
Vari^lectionesD.Muretiin8°. fig. elegantiss.
Opéra Ciceronis cum notis D. Fulvij Ursini in 8°.
Concionum Granatensis de sanctis tomi duo in 8°.
Opéra D. Becani numquam Biblia hebrasa in 4^°.
impressa in folio.
Imagines sanctorum omnium qui in Kalendario Romano
habentur una cum historiis exEvangeliis Dominicis per
totum annum in xre ; forma in 24° cum elogiis brevib.
Lucius Florus iterum a Sta- Cornélius Tacitus rursus a
dio emendatus. Lipsio annotatus (7).
Ignosce qu^so Rev. P. quod tam prolixe prêter insti-
tutum meum scripserim. Abripuit me voluntas tibi
aperiendi historiam banc et meam constantem volun-
tatem in permanendo sub obedientia sanct^e matris nostr^
Christi Apostolicœ Romanîe ecclesi^. Quod si a vobis
ejus ministris docear me pecasse neque bene facere taies
libros imprimendo venia ex prascedentibus peccatis im-
— ii6 —
petrata cavebo diligenter ne amplius in eo peccem.
Interea vero pergam moro solito et Deum rogabo ut
nostri misereatur semper teque spiritus sui sancti gratia
semper auctum protégera dignetur. In nomine vero Dni
nostri Jesu Christi te rogo ut vel tribus quod aiunt verbis
nobis quam subito tuïe permiserint graviores occupationes
nobis respondere digneris et nos suprascriptis scrupulis
liberare. Antverpias lo. Decemb. 1579.
(i) Ajouté dans la première rédaction : Corpus Canonicum donec
Dns Curtius quas videbuntur annotaverit et mittendi occasionem
habueris vel Venetias vel Lutetiam ut inde ad me mittatur. — Voir
lettres précédentes à propos de ces deux éditions, projetées par
Plantin depuis longtemps.
(2) Ibidem : quam tempore Ducis Albani, aut D. Commendatoris
toto anno integro.
(3) Voir notamment les lettres précédentes à de Çayas, à Turrianus
et à Moflin,
{4) C'est-à-dire la cathédrale et l'église du Béguinage, à la rue
Rouge (Rode straet).
(5) Responce véritable aux lettres patentes et persuasiotts abusives de Don
Jan d'Austrice, données à Hevre le xv. iour de Febvrier M.D.LXXVIII.
En flamand : Waerachtighe Anlwoorde op de opene brieven etide bedrie-
gheïicke perstiasien van Don Jan Van Oostenrifck, ghegeven te Hevre den
XV. dach van Sporckelle, M.D.LXXVIII. Puis, dans les trois langues :
Responsio ad exigimm quendam libelîum ntiper editum ; cujus titultis est :
Declaratio instituti atque consilij D, loannis Aiistriaci, &c. — Responce
à un petit livret n'aguères publié, et intitulé : Déclaration de l'intention
du Seig*' don Jehan d'Austrice. — Antwoorde Opeen cleyn boecxken onlancx
wt ghegheven, ghenoemt de Declaratie vande meyninge van Heer Don lan
van Oostenrijck, 1578, in-40. D'après Ruelens & De Backer, cette
Responce a un petit livret serait l'œuvre de Marnix de Sainte-Aldegonde.
(6) Le passage entre parenthèses a été légèrement effacé.
(7) La première rédaction contient une troisième rubrique :
Imprimenda postea :
Notas D. Francisci Lucse in Universa Biblia.
Biblia Vatabli Lovanij correcta.
— 117 —
852. — Plantin à Antoine Muret.
[Archives Plantiniennes, X, f» 11).
10-12 Décembre 1579.
(Si Plantin a tardé de répondre à son ami, c'est qu'il attendait un
mot deLipse et qu'il voulait envoyer un spécimen du livre de xMuret.
L'impression du reste de l'ouvrage suivra son cours normal. Plantm
attend encore la préface, à moins que Muret ne répète celle.de la
première édition ou n'entend pas donner de préface générale. Le
livre de Lipse sera expédié par parties, en même temps que les feuilles
de l'ouvrage de Muret).
Clariss. doctissimoque Viro Dno M. Ant. Mureto.
Quod litteris tuis vi. Kal. Octob. datis paulo fortasse
tardius quam sperabas respondeam, Vir prasstantissime,
causa fuit quod vellem simul et Lipsij nostri responsum
et spécimen libri tui (i) mittere a quo prosequendo non
desistam quin absolutum reddiderim opus ad quod
pr^fationem tuam expecto. Priores siquidem viii. libros
et postea septem postremos accepimus absque uila prorsus
antiqua vel nova dedicatoria vel praefatione. Inscriptio
autem quam mihi tuis iisdem litteris pr^scribis perplacet
neque ad vu. posteriores libros prasfationem uUam uti
jubés expectabo. Cupio tamen mihi prima occasione
significari num velis nos primam tuam praefationem uti
olim fuit impressa imitare vel omnes xv. libros sine uUa
pr^tatione emitti {2). Lipsij libro Electorum (3) integro
non ausi sumus veredarium onerare, pauUatim reliqua
folia cum tuis mittemus.
(i) Il s'agit toujours de M. ^intonii Miireti variarum Uctionum
libri XV, in-S», paru à l'officine plantinienne en 1580.
— ii8 —
(2) L'édition des Lecliones de 1580 ne contient pas d'autre préface
que celle de l'édition de 1559 (Venetiis, ex ofificina lordani Zilleti).
(3) lusti Lipsii Ehclormn Liber I. In qiio, prceter censuras, varij prisci
ritiis. In-80, Plantin, 1580. Avec dédicace : Ad serenissimum priu-
cipem Matthiam Austrium Belgicas Proregem.
853. — Plantin an cardinal de Granvelle.
* {u4rchives Tlanlinietines, X, fo 11).
12 Décembre 1379.
Au tresillustre Cardinal.
Congnoissant les grandes affaires d'importance esquelles
V. S. tresillustre est ordinairement employée et le peu
de service que je luy puis faire je n'eusse prins la har-
diesse en ce temps de luy escrire la présente si le Signeur
Fulvio Ursino ne m'eust envoyé ce fragment de Polybe,
et ordonné de l'imprimer incontinent et l'envoyer a
icelle V. S. tresillustre pour une monstre de l'œuvre
entière qu'il luy veut _dedier (i). Parquoy je la supplie
qu'il luy plaise me faire advertir si les characteres et
forme luy seront aggreables, ne désirant rien plus que de
luy faire en cela et touts autres choses qu'il luy plaira me
commander tout humble service. Je poursui entre autres
l'impression des oeuvres de Cicero in 8° avec les notes
dudict S' Fulvius Ursinus desquelles les Offices sont
achevées et les Epistres ad Atticum commencées avec
espoir de ne discontinuer qu'elles ne soyent achevées (2).
Et sur ce je prie Dieu que par le tresprudent conseil de
vostre Signeurie tresillustre il. plaise induire nostre bon
Roy catholicque au redressement miséricordieux de cts
— 119 —
pais tant affligés par contrariétés d'entreprinses et opinions
diverses desquelles tant s'en faut que les mieux advisés
puissent espérer aucun repos qu'il est a craindre que
sans ung bref bon et clément remède les esprits s'enai-
grissants de jour a autre les affaires n'aillent de mal en
pis, dont fînablement au regret des bons s'ensuivroit
l'entière ruine des païs. Ce que je prie le mesme Dieu
de vouloir divertir et nous conserver icelle V. S. 111"'® a
son honneur et gloire et a l'utilité, repos et tranquillité
du peuple. D'Anvers ce 12. de Décembre 1579.
(i) Fulvius Ursinus dédia en effet son livre au cardinal Antoine
Perrenot de Granvelle. L'édition ne parut qu'en 1582 : Ex libris
Tolybii Mégalo politani sehcta de Legationihus ; Et alia qua sequenti pagina
indicantur : Niinc prinium in lucem édita. Ex bibliotheca Fuluii Ursini.
Plantin, 1582, in-8". Fulvius Ursinus avait reçu ces fragments de
Polybe, d'Antoine Augustin, archevêque de Tarragone. Le manuscrit
provenait d'un certain Jean de Constantinople, et traite des ambas-
sades ou négociations politiques.
(2) Les notes sur les œuvres de Cicéron furent publiées par
Plantin en i j8i : Fulvii Ursini in omnia opéra Ciceronis, Notte. In-8°.
854. — Plantin à Arias Montanus.
{■LArchives Flantiniennes, X, f" in).
15 Décembre 1579.
(Plantin n'entretiendra pas son ami de la politique du jour ni de ses
affaires personnelles. Quant à ses éditions, l'imprimeur rappelle qu'il a
envoyé à de Çayas deux exemplaires de tout ce qui est sorti de ses
presses. La famille de Plantin se porte bien. Compliments affectueux
de tous, ainsi que de Porret et de Rasius. Arias recevra sous peu, par
l'intermédiaire de Varon et de Poelman, les livres publiés récemment
par Plantin. Son ami pourra se convaincre qu'il n'a rien imprimé que
les censeurs n'aient préalablement approuvé ou que les autorités ne
I20
lui aient imposé, L'architypographe prie finalement Montanus de
vouloir recommander auprès de Philippe II et du vice-roi des Indes
un certain Jean de Salinis qui voudrait se rendre dans l'Inde et y
résider huit ou dix ans).
IIP admodum Viro D. B. A. Montano.
De prsecipuis animi rébus tibi V. Ill'^ jam quid scri-
bendum non videtur, de publiais frustra, de privatis
nolim te oneratum. De quibus quantum ad ea qu^ in
typographia nostra jussu et mandate Superiorum impressa
sunt, 111' viro Dno Gabrieli Çay^e bis diverso tempore
antehac (missis ex omnibus binis exemplaribus quas
nomine Regio petierat) respondi, quare frustra videretur
mihi quicquam hic repetere. Nihil etenim pr^eterea
peculiare scribendum occurrit quod gratum auditu tibi
existimem praeterquam quod laus sit Dno nostro Jesu
Christo ego, uxor, fili^ omnes (e quibus hic très, una
Hamburgi et altéra Parisiis (i) cum eorum maritis) bene
valeamus et omnia tibi felicia precemur omnes, uti faciunt
Parisiis frater Poretus et D.Rassius qui mecum tibi gratias
habent de illis preciosis muneribus ad nos missis et
redditis per Dnm Ludovicum Perezium. Spero te jam
accepisse aut brevi accepturum libros e nostra officina
quos antehac destinavimus in sarcinulis a D. Martino de
Varon missis ad Pulmannum nostrum (2) tibi reddendos
ut eos cui voles distribuas. Ego uti spero brevi aliquot
alios postea impressos mittam quoque ut tu semper et
amici videatis quid e nostra typographia hoc calamitoso
et periculosissimo tempore prodeat prêter voluntatem
plurimorum qui precibus, precio, nec minis quibuscum-
que a me non potuerunt extorquere nec favente Christo
extorquebunt ut quid imprimam quod non sit more
solito a catholicis examinatoribus approbatum- et Privi-
— 121 —
legijs Regijs concessum autquod non sit jussum peculiari
mandato assignatis etiam ad hoc certis correctoribus
pr^elorum uti hactenus factum est in illis qu« (uti supra
dixi) sub nomine meo Superiorum jussu impressa sunt
in typographia nostra. Nunc autem de alienis quod non
libenter facio aliquid scribendum mihi est ab amico
inductus cui recusare non potui quin abs le peterem
certum benelicium quod is tibi facile impetratu sibi
persuadet. Is itaque ad me scribit se habere nepotem
natum in Flandria procreatum a Pâtre Hispano cui nomen
erat Pedro de Salinis, juvenem antique et sincère catho-
licum, ei nomen esse Johanni de Salinis qui desiderio
tenetur proximo mense Martio navigandi in Indiam (3)
et illic manendi per octo aut decem annos. Ipse vero
intelligit nemini licere terram ingredi aut in ea habitare
sine Privilégie Regia^ catholica; Majestatis aut consensu
Proregis. Proinde cupit utra opéra sibi Privilegium illud
aRegiaMajestate impetrari et litteras tuas commendatitias
ad ipsum Proregem habere quod si in illo impetrando
aliqua inesset difficultas proximo contentus erit. Ego si
facile impetratu sit utrumque illius nomine peto fieri sin
autem aliqua insit difficultas nolim ullo modo tibi
molestiam ullam parère, ut qui te molestia uUa afficere
non sitanimus magis vero quantum in me situm erit pro
viribus levare et gratum me semper quibus potero modis
probare. Suffecerit itaque mihi si vel tribus quod aiunt
verbis prima opportunitate significares aliquid quod ipse
amico respondere debeam, et si quid sit in quo tibi
obsequium meum cupias efficiam ne diu desideres. Bene
vale in Christo JesuDno nostro in quo vivimus,movemur
et quotquot pereundum Deo regenerati sumus in unitate
spiritus sui sancti. Antverpiae raptim 15. Decemb.
— 122 —
(i) Catherine, avec son mari Hans Arents ou Spieriiick, s'étaient
retirés à Hambourg. Madeleine, femme de Gilles Beys, vivait à Paris.
(2) Jean Poelman, fils de Théodore, au service de Plantin depuis
l'année 1567. Il quitta l'officine d'Anvers en 1579 ' associé en 1581
avec Martin de Varon pour le commerce de livres, il s'était établi à
Salamanque, où il resta au moins jusqu'en 1607.
(3) C'est-à-dire l'Amérique, et principalement le Pérou, où Francisco
de Toledo fut vice-roi de 1569 à 1584,
855. — Gregorio Pere:{ à Plantin.
(Archives Plantiniennes , XC, î° 551).
Alfaro, le 17 décembre 1579.
(Perez ne s'est pas hâté de faire venir les livres d'Anvers en
Espagne, vu l'état troublé du pays. Il a écrit à de Soto, ayant appris
que les colis sont en lieu sûr. De Soto étant probablement parti,
Perez a chargé Diego de la Pena de lui expédier les livres. Suit l'at-
testation de ce dernier, qui a reçu de Plantin deux coffres et une
caisse mais n'en sait pas le contenu).
Muy mag-^" S""".
Por aver estado los negocios de esos estados tan
turvados no he hecho diligencia en haver de los libros
que yo dexe en casa de V. m. que son dos cofres y una
casa. Tengo abiso que no son perdidos y que ha scripto
V. m. a Jeronimo de Soto que inbie por ellos. El quai
me paresce esta ausente, y asi scrivo al Senor Diego de
la Pena me haga merced de cobrarlos y inbiarmelos por
la via que mejor le paresciere. Y asi supplico a V. m. se
los de al Senor Diego de la Pena o aquien el ordenare
que por esta me doy por contento. Y vea en que le
puedo servir que lo hare como devo. A todoslos de esa
— 123 —
casa dara mis saludes y nuestro Senor los guarde y
prospère en su Santo Servicio. De Alfaro, 17. de
deciembre 1579.
Siervo de V. m.
Fray Gregorio Ferez (i).
Diego de la Pena conosco aver me entregado el S.
Xristoval Plantin los dos cofres y una caxa en esta carta
contenidos los quales me a dado enpacados sin visitar
lo que ay dentro y por ser verdad lo firme de mi n' en
Anveras A 9. de março 1580.
Diego de la Peiia (2).
(Adresse an verso :)
Al muy Mag'° Seiior Christoval Plan-
tino impresor de su mag'' en su ausen-
cia a Juan Moreto su hierno etc.
Enveres.
(i) Gregorius Ferez, ordinis Minorum, ou encore : de l'ordre de
S. François. Il se trouva en 1577 à Anvers et fît alors diverses com-
mandes chez Plantin.
(2) Marchand espagnol de la place d'Anvers.
856. — Jean More! us à Juste-Lipse.
[archives Plantiniennes, IX, i° 89^).
Fin décembre 1579.
(Jean Moietus communique à Juste-Lipse les feuillets ci-joints
qu'il vient d'imprimer. Le professeur est prié de ne les montrer à
personne. Mekerchius en avait apporté l'original de Cologne. Le
nom de l'officine piantinienne n'y figure pas pour des causes que
Lipse devinera. Que celui-ci veuille s'informer auprès- de l'auteur
quant au nombre des exemplaires désirés. Plantin a été empêché d'é-
crire la présente lettre. Il la signera si son état le permet : il soufïre
en eflfet beaucoup de coliques et de la gravelle).
— 124 —
Doctiss"° V. I. L. S.
Accipe, Vir Doctiss™% h^c folia que tibi soli mittuntur,
nemini mortalium communicanda donec intègre sit
absolutum opus. Ex titulo cognosces si plus tantum otii
tibi ut hase légère possis. Mekerchius noster(i), Colonia
attulit. Festinatione opus fuit in excudendo. Quando-
quidem ài>TLypa(f)op meus jam propere scitur, nomén
N. prefigetur, non nostrum ut vides. Causam apertissime
a nobis deinde cognosces. Vide tu interea, Vir Doctis-
sime, ut cum ipso agas, ac intelligas num ita velit ac
permittat prodire numerum exemplariorum. Ad ipsum
statim mittemus ubi finis operis (2). Tuas expectabimus
quam citissime fieri poterit. Haec, Vir Clar™% nomine
Soceri mei decumbentis, qui gravissimis doloribus cholicis
et calculi afflictus, ipse hase tibi indicare propria manu
voluisset. Subscribet tamen si dolores permittant manus
calamum regere. Vale, Vir Candide, nosque amare
perge(3).
(i) Sur Adolphe Meetkercke, voir lettre 11° 48 (I, p. 112), note 2.
Il résida dès le mois d'avril 1579 à Cologne, où se tenait la con-
férence pour la paix entre les Etats généraux et l'Espagne. Le 4
décembre, il vint rendre compte aux Etats généraux des négocia-
tions, dont le résultat avait été nul. Vers cette époque aussi, Meet-
kercke se rallia ouvertement au calvinisme.
(2) Nous ne pouvons que faire des conjectures à propos de cette
impression dont Moretus parle en termes couverts. S'agit-il de
V Admonitio ad Belgicam, citée dans les comptes de Mekerchius au
Grand Livre de Plan tin ?
(3) Ecriture et rédaction de Jean Moretus, sans date.
I2î —
857. — Guillaume Silvius à Plantin.
{archives Pîaniiniennes, XCIII, f» 278).
1579 (?)
Compère. Le bon S"" n'est pas encores venu, s'il a
trouvé quelque empeschement en son procès neantmoins
vous envoyé icy aultres dix escuz restent dix qu'aurez
ces festes, ou je les vous baillerai du mien, car de luy
n'ay encores receu un seul solz. Bene vale
L'entierement vostre
G. Silvius (i).
(i) Les Archives Plantiniennes ne possèdent pas d'autre autograplie
de ce grand imprimeur anversois que le billet ci-dessus. Rappelons
qu'il fut assez compromis lors des troubles religieux et politiques de
l'époque. Il quitta Anvers en 1579 P°"'' s'établir à Leyde, comme
imprimeur de l'Université, et y mourut en 1580. Nous ne savons pas
à quel procès il est fait allusion ici et dans lequel Plantin semble
également avoir été mêlé.
858. — Plantin à ]ac. de Pamele (i).
{^Archives Plantiniennes, X, fo 301).
1579 W
(Plantin se réjouit chaque fois de recevoir des nouvelles de Pame-
lius, mais il ne lui est pas toujours possible d'y répondre amplement.
11 attend la dernière partie de l'ouvrage de Muret. Quant à l'autorisa-
tion pour l'imprimer, de Pamele peut avoir ses apaisements. Arias
vient d'annoncer à Plantin la réception, de la part du cardinal Sirlet,
d'un cahier rempli de corrections pour les oeuvres de S. Augustin.
L'imprimeur invite de Pamele à lui faire parvenir aussi les siennes,
avec ses observations sur les oeuvres de S. Jérôme, qui seront mises
sous presse vers la fin mars).
— 126 —
s. P. Litterîe tuas 19. Decembris scriptse mihi ut soient
omnes quas abs te accipio gratissim^e fuerunt neque est
quod suspiceris me ita occupatum esse umquam ut non
libenter tuas perlegam etiamsi aliquando accidat ut pos-
sim prolixe respondere. Reliqua Mureti expectabo pa-
tienter.
De Privilégie impetrando alicui curam dare vix ausim,
timeo siquidem ne hoc difficuher impetretur neque ulli
molestum me prsebere volo (2). Proinde jubeo te
quiescere.
Superioribus diebùs a Dno Ben. Ari;^ Montano litteras
accepi quibus significabat se quaternionem magnum
accepisse ab Illustriss. Dno Sirleto plénum emendationi-
bus vel collationibus Operum S, Augustini ad me mitten-
dum, quod prima oportunitate se facturum poUicebatur.
Si quid aliud invenire poteris quod ad eadem opéra fiiciat
quœso ut nobis impetres et mittas uti et in Operibus
S. Hieronymi quas circa finem Martij prselis quoque
favente Domino subposituri sumus (3), etiamsi non ces-
sent hic bella miserrima et detestanda ab omnibus piis et
pacem amantibus viris. Dominus est hactenus nobis
propitius et adjutor in tribulatione.
(i) Minute sans nom de destinataire, se trouvant après une lettre
de Jacques de Pamele du 31 mars 1589.
(2) Il s'agit sans doute de M. Antonii Mureti Variarum hctioninn
Libri XV, in-S», ouvrage paru en 1580 mais dont le privilège est
daté de 1574 !
(5) L'édition plantinienne des œuvres de S. Jérôme parut en 1579.
— 127 —
859- — J'^^n Moretus à Corneille Valerius (?)
{archives Plantinicnnes , IX, f° 91).
Commencement 1580.
(Moretus annonce à Valerius que la nouvelle édition de sa Gram-
maire aurait déjà paru si les temps calamiteux ne s'y étaient opposés.
L'auteur dira lui-même ce qu'il faudra faire des exemplaires de
l'édition précédente : il en reste encore un assez grand nombre. En
attendant, Plantin imprimera volontiers les livres de Rhétorique ou
tout autre que Valerius voudra lui confier).
S. P. Grammatica tua, Vir Doctissime (i) jam denuo
impressa prodijsset, nisi h^ec temporis difficultas obste-
tisset. Exeniplaria primae editionis adhuc quamplurima
apud nos sunt, quc-e tamen successu temporis distrahenda
cogitamus. Tu judex esto quid nobis cum hisce, si
castigatiora videbuntur. Hune qui libros a nobis nomine
tuo accipere debebat non vidimus, cum venerit ipsi nihii
recusabitur. Nos sane h^c deliciarum tuarum jactura
maie habet, conabimur paulatim alias tibi parare. Interea
si libellum de tropis(2) vei aliud quodvis tuum scriptum
miseris, Socer meus (qui tibi plurimam salutem) statim
praelo submittet. Vale, Vir Doctissime, nosque amare
perge.
(i) Minute de la main de Jean Moretus, sans date ni nom de
destinataire. Nous présumons qu'elle s'adresse à Corneille Valerius,
le professeur louvaniste qui fit imprimer chez Plantin, à partir de 1 56 1 ,
plusieurs manuels de grammaire et de dialectique. En 1583 parut
notamment sa nouvelle édition de Grammaticarum instiUitiomim
Libri IIII.
(2) Cornelii Valerii Ultraiectini universam bene dicendi rationem
tabula, summam artts Rheloride compkctens : Recognila & emendatius
excusa. Plantin, 1385, in-8° ?
— 128 —
86o. — Plantin à Janus Dousa.
{Musée Britannique, Add. Ms. 21.524, fo 157).
31 Janvier 1580.
(Plantin est confus des compliments que Dousa lui adresse à
propos de ses éditions. Il le prie d'envoyer au plus tôt possible son
Plante, afin de le mettre de suite sous presse. Dousa lui offrant
de publier ses autres travaux sur les anciens auteurs, l'archiiypo-
graphe lui fait hommage des Offices de Cicèron qu'il vient d'imprimer.
Le commentaire de Cicèron sera publié séparément, comme ceux de
Salhiste, de Tèrence et de Virgile. L'édition d'Horace, en très petit
format, a paru ce jour même. Florns, avec commentaire de Stadius,
sera entamé sous peu. Plantin a commencé l'impression des œuvres
posthumes de Goropius Becanus. Un des livres, Hispanica, sera
terminé dans quelques jours, mais ne paraîtra qu'après achèvement
de l'ouvrage complet).
S. P. Disertissimis et doctissimis tuis litteris rubore
perfusus vix audeo vel paucis balbutiendo respondere.
Nullam in primis video causam cur tantis gratiarum
actionibus officium nostrum in evitando ingrati animi
notam positam prosequaris. Utinam etenim vel quas
debeo possem. Plautum cquidem a vobis avidissime
expecto, rogoque et obsecro ut quam facere poteritis
citissime modo id sine dispendio rerum magis necessa-
riarum fiât mittatis. Ego siquidem ilico praslo submit-
tam (i). Et quoniam adeo liberaliter mihi tua in veteres
scriptores offers (2) accipe qu^e parturit dies jam fere
nullos computans officina nostra Ciceronis omnia e
quibus Officia sunt absoluta sed Annotationes doctorum
virorum [ ] nondum inchoatas (3). Eas autem separa-
tim imprimemus in singula opéra (in duos libris) (4) uti in
Sallustio fecimus et nunc in Terentium atque Virgilium
(quos nuper 8° forma vendimus) facere paramus (5).
— 129 —
Horatius i6^ forma hodie in manibus operarum dedi-
mus (6). Florus primo praelo ab aliquo opère liberato
submitterem cum commentariis Stadii ab eodem ante
ejus mortem recognitis (7).
Becani non impressa opéra serio sum agressus e
quibus Hispanica intra très quatuor dies absolventur
dempto tamen primo ternione in quo frontispicium,
dedicatoria et Index, non etenim statui aliquem librum
publici juris facere donec omnes absolvero (8), ac tum
priores terniones aut quaterniones cum ipsis dedicatoriis
una opéra perficiam favente Domino qui te nobis et
reipub. diu conservet incolumem.
Antverpic'e raptim postrema Januarii 1580.
Tibi tuo merito addictiss.
C. Plantinus (9).
{Adresse au verso :) Eruditione et nobilitate illustri viro
Jano Douzïe Domino a Nordwick
etc. Lugdunum Batavorum.
{de la main de Dousa :) Cassiodorus de arte disciplinarum
(orbis dise.) editus a Johanne Si-
chardo in 4. Basilia cui additus
Censorinus de die Natali.
Sebastianus Corrado de claris ora-
toribus. Brutus excuss(us) Floren-
tiae a Torrentino.
(i) Nous n'avons pas trouvé que Plantin ait publié une édition de
Tlatite par Dousa.
(2) L'arcliitypographe imprima en effet dans la suite plusieurs
ouvrages de Dousa sur les classiques : 'Nota ad C. Salluslii Crispi
— 130 —
Historiarum libros, in-80 (1580) ; Commentar iohis in novam Q. Horatii
Flacci editionem, in-ié» (1580); Ad stiperiorem Commeniariohim suum,
Septetn capittim succidanea pro novissima Horatij editione Adpendix,
in-i6o (1582); Prcecidanea pro Albio Tihullo, in-i6o (1582); Pracida-
nea pro C. Valerio Catnîlo, in- 16° (1582); Epodon ex piiris iambis
Libri II, in-80 (1584); Liiae Friiterii Brti^eiisis libronim... reliquia,
in-80 (1584).
(3) M. Tttll. Cicerotiis de officiis liber primas ad Marcum filium.
In-40, 1580.
(4) L'année suivante, Plantin édita les notes de Fulvius Ursinus
sur l'œuvre complète de Cicéron.
(5) Voir plus loin à propos de ces différentes éditions.
(6) C'est l'édition de Dousa même, citée plus haut.
(7) L. Juin Flori renim a Romanis gestarum libri IIII. A loanne
Sladio etiienda ti . . . loannis Stadii in L. Flornm Commentar iiis.. In-8",
1584.
(%) Les œuvres posthumes de Goropius Becanus parurent encore
cette même année. Voir plus loin à leur sujet.
(9) De cette lettre, Plantin n'avait gardé brouillon ni copie. Les
Archives ne contiennent aucune pièce de Dousa, l'illustre savant hol-
landais, professeur et curateur de l'université de Leyde. Il faut croire
que Plantin, ou ses descendants, aient systématiquement détruit
toutes traces d'un commerce plus ou moins compromettant avec les
éléments calvinistes en Hollande.
861. — Michel Sonnius h Plantin.
{Archives Tlantiniennes, XCIII, f° 435).
Paris, le 7 février 1580.
Mon Compère et amij, après ma lectre escripte, est
arrivé l'homme de Mons"" Pamelius ensemble la copie de
Tertullianus avecque lequel aij accordé, et promis trente
exemplaires donq il en aura troijs bien reliés, et 27 en
blanc, et aultre trente escuz sol, en me livrant la reste
de la copie qui doit estre dedans ung mois (i). J'aij
— 131 —
faict ledict accord fort volontiers pour l'amour de vous,
pour ne perdre vos frais, et aussi véritablement a cause
que ladicte copie me plaist fort, bien corrigée, et les
arouments et commentaires contiendront aultant ou
d'avantage que le reste, mais de l'aultre costé m a fort
fâché l'autre impression que doibt estre parachevé
dedans ung mois, et oultre que ceux qui impriment
l'aultre me sauront fort mauvois gré, toutcfoijs pour
tout cela me fault l'asseurer a faire profyt au public, et
doibz commencer ceste sepmaine a l'impression, a la-
quelle nous doibt assister mons-" Carrion (2) pour les
corrections, et oultre fuldra envoyer et renvoyer les
feulles imprimés audict Pamelius et beaucoup aultres
frais qui se monteront a beaucoup, lequelz feray tous a
mes dépens, et aussi luy bailleray le trente escuz sol
seul. Les exemplaires que doibt envoyer suijs d'advis
que les paijons par moitié, au reste ne seroys subject a
aultres frais, si non de cinq cens au pris du papier et
fasson, ce que trouvères raisonnable, comme me tiens
pour asseuré, aussi me doibt fournir d'ung privilège du
Pape et du Roy d'Espangne. Les conditions de cela et de
tout debvons ce (jourhuyct ?) faire quelque escript, donq
vous en adverteray Dieu aydant. Aussi suijs délibéré de
vous envoyer par Hans la tierce partie de Emblemata
que Mons"- Minos (3) m'a renvoyé, et la reste renvoyera
bien tost, aydant Dieu, auquel je prie mon Compère et
ami) vous donner ensemble toute vostre famille en
bonne santé bonne et heureuse vie longue. De Paris ce
7« Febvrier 1580 par le tout
Vostre compère et entièrement Amy
Michel Sonnius.
— 132 —
[Adresse au verso :) A S' Christophle Plantin
Marchant Libraire
A Anvers
(i) Voir lettres du 1$ et du 30 octobre 1579, à propos de l'im-
pression des œuvres de Tertullien.
(2) Louis Carrion, professeur à la faculté de théologie à Louvain.
(3) Claude Minos ou Mignaut, qui fournit le commentaire de la
lîouvelle édition plantinienne des Eniblemata d'Alciat.
862. — Plantin à Bartelus Valentinus.
{Archives Plant iniennes, X, fo 12).
13 Février 1580.
(Pour plusieurs motifs, Plantin s'est réjoui de la lettre de Valentinus,
le compagnon et le soutien de son excellent ami, Arias Montanus.
L'imprimeur fait l'éloge de l'amitié. Il en vient aussi à parler des
rapports existant entre l'homme et Dieu, rapports mystérieux que
l'on ne peut comprendre que par la grâce de Jésus-Christ. Le savoir
des hommes, les plus grands efforts d'intelligence sont impuissants
à percer ce mystère. Suit une dissertation sur l'identincation avec
Jésus-Christ, à laquelle l'homme ne peut arriver que par l'humilité
et une grande élévation d'âme. Plantin reproche à Valentinus les
paroles élogieuses qu'il lui adresse : c'est faire tort à l'image de Dieu,
dit-il, qui doit demeurer incorruptible dans notre for intérieur ! La pièce
finit par des vœux pour le salut d'Arias et de Valentinus).
Rev. P. D. Carolo Barteli Valentino
Hieronymitœ Monacho apud S. Laurentium.
Variis de causis gratissim^e mihi fuerunt tu^ litterse,
Pater in Christo Venerande, e quibus prsecipua quod ad
gloriam Dei tendunt, altéra quod nostro Montano jam
— 133 —
possis esse solatio postquam eo gratia Dei praeeunte
optimam viani te ingressum. Magnum siquidem est
homini pio socium habere qui bono animo, fide intégra
et certa, seipsum hoc est proprios affectus et desideria
abnei^are et in illis qux Christi sunt acquiescere quo is
qui propter peccata nostra hoc est sapientiam, pruden-
tiam, imaginarias rationes et justitiam nostram tamquam
in nobis mortuis tamdiu jacuit redivivus, corde nostri
illis malis occisis et plane mortuis deletisque purificet
suo lumine sancto affulgeat, locum proprium et sibi
peculiarem ibi obtinerit, possideat et spiritus sui sancti
habitaculum faciat eumque ita regat et gubernat ut
voluntas Patris nostri cœlestis jeque fiât in terra ut in
cœlo. Atque tum jam non sunt duo régna sed unicum
regnum ubi per Christum unica est voluntas hominis
cum Dei voluntate. Admirandum profecto est hoc Dei
erga hominem mysterium quod nemini perspicuum aut
cognitum esse potest alij quam ei cui tanto bénéficie frui
ex gratia Dei per Jesum Christum in unitate spiritus
sancti datum fuerit. Q.ui etenim foris sunt et in viis
desideriorum, adinventionum et studiorum suorum au-
dacter et pertinaciter ambulant nesciunt quid intus fiât.
Prohibitum est prasterea conjecturis, divinationibus,
imaginationibus et incantamentis scrutari vias Domini
aut illius sécréta perscrutari. Frustra etiam ad hoc mens
menti, doctrina humana superba doctrine inflat^ supe-
raditur ad inquirendum aut explorandum sécréta Dei.
Cessandum itaque primum est juxta verbum propheticum
a propriis studiis : sedendum in tenebris non surgendum
ante lucem toto animi affectu desiderandum et patienter
expectandum donec ipsa lux divina promissa credentibus
fidelibus oriatur in cordibus nostris qua etiam orta illam
— 134 —
nemo pi'cecedere débet sed attento et humili corde dili-
genter sequi in ea et per eam ambuhire iterque prosequi
donec cum ea ipsa qu^ et vita ^eterna est conjungatur et
in ea requie et pace inventa permaneat Deique unius et
trini nomen seu essentiam veram adoret, veneretur et
laudet in sternum. Atque tum vere benedicunt Dominum
servi Domini vereque dici potest a tali gratia prasditis :
Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in
Unum etc. Quoniam illic mandavit Dns benedictionem
et vitam usque in seculum. Videndum porro est et in
omni semper humilitate Christi cavendum ne prius nos
illuminâtes, liberatos, salvatos putemus quam reipsa
experti fuerimus Jesum Christum Dominum esse nostrum
eoque nomine in spiritu sancto illum compellare possi-
mus. Imo tum etiam maxime opus est ut cum omni
alacritate et diligentia sagaciter indagemus et observemus
omni momento ne magnifice sentiendo vel loquendo de
rébus divinis in cordibus nostris latitet aut furtim irrepat
propriîe glorias scintilla quam si vel tantillam deprehen-
derimus, nihil prius nihil carius nobis habendum est
quam ut illa statim humilitate prompta veraque obruatur
et tandem paulatim spiritu Christi vivi prorsus extingatur
ne forte veluti in domo nuper nundata commoditatibus
suis lignis cedrinis aliisque preciosis rébus instructa et
ornata fomite inventa accendatur, crescat et commoditates
ornatusque omnes absumat et ne quod eheu nimis multis
omnibus temporibus accidit, spiritus jucundus peragratus
loca déserta reversus cum aliis se nequioribus jamque
exercitatis inventum locum custodiis desertum ingre-
diantur, occupent, delectentur seque jactitent nun-
ditia, commoditatibus, ornamentisque illic inventis
quibus abutantur fiantque hominisillius postrema pejora
— 13) —
prioribus, ut pote cujus ignoranria crassa et excusabilis
et qua2 propterea videretur conversa sit in reprobum
sensum et rerum scientiam cujus fructu pulchro et
jucundo vivere volens necatur et a fruitione vitas divinae
repellatur prorsus fiatque similis homini diviti qui
omnem a parentibus datam vel relictam hîereditatem et
quc-e illi studio^ labore et tempore longo addiderat,
semel superbus alea perdiderit vel in voluptatibus illicitis
misère profuderit qua de causa apud coequales divites
tum pauper negligeretur et a numéro eorum deleretur.
Imo ut verus dicam qui Donis Dei abutitur similis est
ei cujus fidei Rex confidenter thesauros suos secretiores
servandos et reditus cotidianos recipiendos crediderit
et commiserit ad eos premendos ex suo prœscripto. Ille
autem cum superbe abutendo régis gratia ex propria cum
ipsis inimicis régis communicare volens non tantum gratia
omni et facultatibus quibus auctus fuerat decederet sed
et jussu régis vinctus a servis ejus in tenebras duceretur
extremas.
Quid namque habemus quod non acceperimus in
depositum ab ipso a quo et vitam rerum conservatricem
habemus et sine quo quam putamus vitam mors est
imaginationibus, opinionibus, fantasiis, timoribus, soli-
citudinibus, anxietatibus et cruciatibus animi et mentis
referta. Sed ad quid h^ec tibi qui ut litter^e tu^ testantur
jam videas et habeas quem probe sequaris ? Nempe ut
tester aperte et vere me nihil agnoscere earum laudum
qu£e tu mihi tuis litteris tribuere cupis. Cave itaque Rev.
Pater si me ut scribis amas et a me redamari (quod aliter
per Dei gratiam fac.ere non possum) cupis ne mihi quod
alterius est vel elementari visibili et proinde corruptibili
personne adscribas quod Dei est invisibilis et incorrupti-
- 136 -
bilis cujus imago quidem est homo ille nostcr interior
mens et intellectus creatus non ut se magnifaciat, ad-
miretur, suspiciat (Imagines siquidem suspicere vel
adorare quid aliud est quam idolatriam committere) sed
ad sui creatoi'is veritatem desiderio et amore ferventi
suspiciendam, adorandam, prosequendam, amplectan-
dam. Nam uti recensitis in tua epistola quit anteliac
elementari modo tibi obvenerunt, innuis non satis est
ex chartis discere qu^ ad salutem sunt necessaria nisi ea
corde teneamus. Imo ne hoc quidem nisi similes esse
velimus illi qui cum vas aliquod ex fonte impleverit alios
ad se invitans ad aquam recipiendam jactitet se fontem
habere ex quo ad satietatem sibi et aliis aquam depro-
mere queat, cum is facile brevi postea inveniatur vacuus.
Toto itaque animi affectu et desiderio orandum et
patienter expectandum donec ipsa fides spe fulta eo
charitatis hominem internum deduxerit ut Christi Jesu
Domini nostri vitas per Dei gratiam conjunctus et unitus
ipse in eo fiât fons aqu^ salientis in vitam ieternam.
Ita ut tum possit veritatis testimonium reddere cum
prius de scripturarum lectione seu relatione aliorum
tamquam ex auditu, postea de fide et spe sua quam
haberet dicere potuerit nisi scriptum et auditores vel
incautus frustra decipere voluerit. Uti s^epe in nobis
ipsis experti sumus putantes (tamquam pueri qui a pro-
vectioribus quid factum serio se imitare imo et melius
facere quamvis nihil minus faciant) nos imitare qua^
vel legeramus vel qu^ audiveramus aut mente con-
ceperamus de rébus divinis cum postea Dei beneficio
grandiores facti et exercitatiores deprehenderimus nos-
tram eo tempore veritatis ignorantiam, stultitiam et
puerilem persuasionem non sine admiratione nostri
137
illius tenebros^e i^norantiiç indeque sequut^ persuasionis
et arrogantias qu£e tum in nobis détestantes, declinare et
humiliter nos gerere, in aliis ferre debemus et eos
patienter expectare juxca doctrinam Domini nostri Jesu
Christi qui Patris nostri cœlestis docet et jubet nos
similes fieri, qui solem suum facit oriri super bonos et
malos et pluit super justos et injustes unde fit perditio
hominis sit a seipso bonitatem Patris aspernante, salus
autem credentis et obedientis ab eo ipso Creatore cui
honor et gloria semper Ipse te cum Aria nostro et omni-
bus se sub ipsius manu petenti humiliter et obedienter
subjicientibus suis donis auctum indies reddere dignetur.
Ego cum uxore et Raplilengius cum Moretis ambobus,
Beisio et Spiringo (2) eorumque uxoribus filiabus nostris
laus Dec bene valemus et tibi cum ipso Montano salutem
plurimam dictam cupimus. Antverpias 13. Februarij
1580(3).
(i) Cette pièce, adressée au compagnon d'Arias dans son ermitage
d'Aracena, traduit bien les aspirations mystiques dePlantin. L'iden-
tification à Jésus-Christ, par la simplicité et l'humilité, est la base
de la doctrine de Barrefelt. Les archives du Musée ne possèdent pas
de lettre de Bartelus ni une seule pièce d'Arias avant l'année 1585,
sauf celle du 7 juillet 1575. Nous aurions pu y apprendre si vraiment
Bartelus, et surtout Arias, partageaient les idées de Plantin et de
la Famille de la Charité. Nous attirons l'attention sur la première
phrase de la présente épître : elle fait comprendre que Bartelus est
entré, grâce à Dieu, et après Montanus, dans la meilleure des voies.
Voir la lettre de Plantin à Arias du 22 février, où il exprime ses
craintes d'avoir été trop communicatif dans l'exposé ci-dessus.
(2) Les quatre gendres de Plantin : Raphelingien, Moerentorf,
Beys et Spieri«ck.
- 138 -
863. — Plantiii à Crockardus.
{yirchives Plantiniennes, X, f° 15^).
16 Février 1580.
(L'impression de la Bible de Valable, revue par les docteurs de Lou-
vain, a été retardée par l'édition des œuvres de S. Augustin. Le
père Harlemius avait demandé avant sa mort, de soumettre un
exemplaire de ces oeuvres à Crockardus, avec prière d'y apporter les
annotations qu'il jugerait nécessaires. L'imprimeur invite le père à
remettre son exemplaire à Sassenus, qui l'enverra à Mylius, à Co-
logne. François Lucas vient de confier à Plantin ses notes sur la
Bible en général. Il s'occupe maintenant du Nouveau Testament, en
vue de l'édition de la Bible de Valable).
Clariss. doctissimoque Viro Dno Crockardo (i)
S. Theologias doctori et pr^esidi Collegij ab Hourerle3^
Cum ante aliquot annos sumptus non parvos fecerim
in exemplaribus Bibliorum Vatabli (2) comparandis et
Magistris nostris Lovanij tradendis ipsisque gratitudinis
ergo quas inter nos constitatum fuerat persolvendis
sperabam Privilegiis tum impetratis ea me commissu-
rum prœlis : sed quoniam plurimis ex iisdem Magistris
nostris prius a me imprimenda S. Augustini Opéra visum
fuisset acquievi facile illorum voluntate et judicio. Hinc
piîe memoric-e Rev. P. Johanni Harlemio placuit exem-
plar a supradictis Magistris nostris correctum approbatum
subsignatum a me petere partim scribebat ut eo interea
dum dicta S. Augustini Opéra excuderem, tu, Vir
doctiss. uti posses, partim ut si quid aliquando occur-
reret ad hue annotandum id potuisset addi in ipso
exemplari.
Ab eo vero tempore scis qua; et quanta sumus passi
et quam inopinate advenerint turb^e quarum cum necdum
— 139 —
finem videam et papyrum- tamdiu ad idem opus impri-
mendum servaverim statui omnino illud statim ubi
exemplar istinc recepero Deo favente aggredi. Cupio
itaque, rogo et obsecro ut illud si adhuc habeas tradas
D. Sasseno Coloniam ad D. Anioldum Mylium mitten-
dum. Q.uod si partem tantum habeas aut etiam nullam
rogo itidem et obsecro ut tua authoritaie interposita a
Patribus Societatis alteram partem vel integrum exem-
plar impetres dicto Sasseno tradendam ut idem quod
scribo faciat. Dus Franciscus Lucas tibi et omnibus aliis
amicis plurimam salutem adscribi jubet oratque ut pan-
els verbis intelligere possit quid de ibi suis relictis sit
actum. Ab eo nuper accepi notas absolutas in Universa
Biblia quas brevi pr^lo submittam Deo favente (3). Is
laborat in novo Testamento (4) pro iisdem Bibliis
Vatabli ad cujus operis subsidium Roma expectamus a
summo Pontitïce impetratum Privilegium legendi libros
adversariorum etc. quorum copia suppeditata est illi. Si
qua in re tibi gratificari potero indica, me promptum et
paratissimum ex animo experieris. Bene Vale. Antverpiae
raptim 16. Februarij 1580.
(i) Crockaert ou Crockardus, professeur et président du Collège
de Houterley, à Louvain. Il était en rapports avec Plantin depuis
1576.
(2) Dès 1568, Plantin avait songé à une nouvelle édition de la
Bible de Valable. Voir plusieurs pièces antérieures.
(3) Notatioiies in Sacra Biblia, quibiis, variantia disciepanlibns exeiii-
plaribns loca, summo studio discutiuntur. Plantin, 1580, in-40.
(4) Les deux tomes de sou commentaire sur les Evangiles ne
parurent qu'en 1606 : In sacrosancta quatuor lesu Christi Evangelia...
commentarius. Apud I. Moretus, in-f».
— 140 —
864. — Planlin à Silvius.
[Archives Plantiniennes, X, fo 14).
16 Février 1580.
Au Signeur M^ Guillaume Silvius.
Mon Conipere, ceste est pour accompagner la lectre
du Signeur Louis Guichardin par laquelle il vous adver-
tist comment a l'instance de plusieurs personnages tant
de la part de son Altesse que de messigneurs des Estats
et Conseil Privé et de Brabant j'ay accordé suivant le
Privilège qu'ils m'en ont octroyé en toutes langues de
faire pourtraire et tailler les cartes générale et particu-
lières de ces Païs bas et les villes principales d'iceux en
platte forme le tout en cuivre a quoy le Signeur Ortelius
avec quelques excellents peintres et quatre tailleurs
sont en besongne passé ja quelque temps et advancent
fort ledict ouvrage pour incontinent les imprimer au
livre dudict Signeur'Guichardin contenant la description
desdicts Païs bas qu'il a augmenté grandement tant de
son industrie que de plusieurs particularités qui en
l'honneur desdicts Païs et nostre faveur luy ont esté
suppeditees par quelques ungs d'entre les plus doctes et
accords desdicts Signeurs qui m'ont solicité de vouloir
entreprendre lesdicts ouvrages et impression.
Et d'autant que c'est chose arrestee et résolue qu'il me
convient poursuivre en diligence les choses susdictes je
n'ay voulu pour l'ancienneté, congnoissance et familiarité
de vous en advertir et offrir le payement de telles figures
que pouvés avoir soit en bois soit en cuivre (encores
que je ne m'en veuille servir veu que je fays faire le
tout en cuivre en autres grandeurs que les vostres) et
— 141 —
pareillement de tous pourtraicts, versions et autres des-
penses que voudrés présentement délivrer. Lequel paye-
ment de ce qu'aurés desboursé j'offre pour milleure
commodité vostre de faire en argent comptant ou bien
en autant d'exemplaires dudict livre au prix du coust de
l'impression que pourra monter vostredict desbourse-
ment par cy devant faict ainsi que de bouche je l'ay
déclaré au Sig' André Verschaut porteur de la présente
et donné commission d'en traicter et parler plus ample-
ment avec vous et de m'envoyer incontinent vostre
response absolue, devant que je commence a imprimer
l'oeuvre en Italian (ce que j'espère faire devant 15. jours)
et a la faire traduire en Latin, François, Flameng, Alle-
mand et autres langues que trouverons propre. Ce pen-
dant je me recommande a vostre bonne grâce et de ma
commère vostre partie et reste de vostre famille. D'An-
vers ce 16. jour de Febvrier 1580 (i).
(i) Lettre reproduite déjà dans nos Kaarlmakers, I, p. 147, où l'on
trouvera des détails concernant l'édition plantinienne de la Descrit-
tione di M. Lodovico Guicciardini patritio fioreniino, di tutti i paesi
bassi, altrimenti detti Germania iiiferiore. Elle ne parut toutefois qu'en
1581, quatorze ans après la première édition, fournie par Guillaume
Silvius.
865. — Planlin à Arias Montanus.
{Archives Plantiniennes, X, i° 14^')'
22 Février 1580.
(Plantin prie Arias de lui faire savoir si, dans sa lettre à J. Car.
Bartelus qui se réclame de partager les opinions de Montanus, il ne
s'est rien glissé qu'on pourrait mal interprêter. Ayant l'intention de
— 142 —
fournir une édition du second tome de V Apparatus en petit format,
l'imprimeur invite son ami à lui communiquer ses observations sur
ce livre. Rassius et Porret ont bien reçu les pierres d'Arias et en
expriment leur reconnaissance).
111' admodum Viro Dno Ben. A. Montano.
S. P. His diebus accepi litteras a Rev. P. Josepho
Carolo Bartelo in quibus agnovi quantum tu« pietati
merito tribuat. Ego pro ut ex tempore potui respondi et
quoniam is asserit se tua familiaritate uti et delectari,
vehementer te rogo et obsecro ut si quid forte in meo
responso invenerit quod non bene assequatur aut quod
ex sermone non puro videatur ineptum aut veritate non
consentaneum illud quicquid erit existimes nihilominus
ab optimo animi affectu profectum et ita apud illum
nostram infantiam excusare digneris (i).
Ceterum quoniam secundum tomum Apparatus Biblio-
rum Regiorum continentem Biblia cum versione inter-
lineari (2) rursus praslo minori papyro submisi peto ut
nobis quamprimum fieri poterit transmittas qu£e in eo
observanda judicas. Statutum siquidem mihi est in eo
libro recudendo pergere quanta per facultates licuerit
diligentia. Aliquot etenim jam prc-eterierunt menses ex
quo nulla nobis ex ducentis quae ultra numerum aliorum
librorum impresseramus restant exemplarin. Suntque
indies qui urgeant sibi partem illam seorsum vendi
sibique injuriam fieri putent cum negemus nos jam non
habere adeo ut vel invitis nobis oporteat ab aliis tomis
separare id quod tandem nobis detrimento magno esset.
Dominus Rassius et frater receperunt lapides Bezoar
atque pro illis tibi mecum gratias habent maximas. Bene
— 143 —
Vale in Christo Jesu Dno nostro. Antverpiïe raptim
22. Febi'uarij 1580.
(i) Voir lettre n° 861, de Plantin à Bartelus,
(2) Le tome II de V Apparatus (Tome VII de la Bible polyglotte)
contient : Hebraicoriim Biblionun Veteris Testaiiienti Latina interpreta-
tic. Novum Testamentitm Grcece Ciim vtilgata interpréta tiotie Latina
Graci contextiis lineis inserta.. Plantin a-t-il en vue l'édition de la
Biblia Hebraica, in-40, qui porte au titre la date de 1580, à lu fin du
volume celle de 1582 ?
866. — Plantin à Buyssetius.
{archives Tlantiniennes, X, f° 15).
4 Mars 1580.
(Plantin vient de recevoir la lettre de Buyssetius du 25 janvier et
s'empresse d'y répondre. Il n'a plus eu la moindre nouvelle de
Curtius et n'a pas reçu le Missel en question. Il chargera son vendeur
à Francfort de faire aussi des recherches à Mayence, En attendant
les corrections de Curtius, Plantin a remis l'impression du Missel.
Pour le reste, il a la conscience tranquille. Quant à l'ami et collègue
que Buyssetius cite dans sa lettre, l'architypographe rapporte qu'il
n'a rien imprimé qui soit contraire à l'Église catholique romaine.
Les Édits, Lettres et Réponses incriminées avaient été ordonnés par
les Etats. Il ne craint donc nullement l'examen de ses impressions à
Anvers ni en Espagne).
P. Buyssetio.
S. P. Tuas ipsa dieConversionis S. Paulli hodie accepi,
P. in Christo Révérende, quibus paucis ordine hic res-
pondebo. Litteras a D. Curtio nuilas prorsus accepi nec
(de) Missali misso (i) hactenus quicquam audivi praeter id
quod in iisdem tuis scribis. Scripsi vero institori nostro(2)
— 144 —
qui ad nundinas francofordienses profectus est ut dili-
genter de eis Moguntire inquirat, ad quod etiam copiam
articuli earundem tuarum litterarum ubi de illis rébus
agitur exscriptam misi. Reliqua addenda mutandave
expecto expectaboque a D. Curtio uti scribis illum ad
me missurum et interea édition em differam ob eam
soiam causam (3). Nam ad aliam quod attinet animo
sum quieto et securo per Dei gratiam, cujus ope non
timebo quid tentent homines inquieti (4). Ad amicum
illum (5) de quo scribis quod attinet is certo affirmât se
nihil prorsus impressisse quod fidem antiquam catholi-
cam Romanam oppugnet neque post impressionem
illius libri ante biennium editi quicquam ejus generis
apud se impressum fuisse. Qu^ etenim postea sunt
secuta Edicta vel litteras aut Responsiones fuerunt publi-
catas a Statibus. Alia vero quœ a privatis hominibus aut
a peculiari Magistratu fuerunt ipsi oblata obtrusave, con-
stanter recusavit et se recusaturum semper promittit,
adeo ut jam maie audiat apud eos qui pêne imperant
non tamen formidat imo constant! animo persistit in
consuetis prosequendis et novis recusandis neque ullo
modo reformidat visitationem istic nec in Iberia omnium
qu^e impressurus est. Is etenim tam constanter hactenus
recusavit illis qui jam valent auctoritate ut jam ab offe-
rendis quas répugnant antiquas orthodoxc-e fidei prorsus
abstineant et illum quasi ludibrio habeant quod praesens
lucrum ex talibus negligat. Proinde ante actorum nihil
puto Dno Curtio nec aliis librorum ritualium censoribus
vel quibusvis aliis hominibus indicandum. Si tu tamen
aliter judicas tui arbitrij esto ea tamen lege ut historice
uti vera sunt dicantur.
Breviarij in 16° duobus tomis impressi exemplaria..
— 145 —
jussi ad D. C... mitti et., ejusdem in uno volumine
cum., exemplaribus Bibliorum in 8°. 4. Martij 1580.
(i) Il s'agit probablement du Missel dont les corrections et ajoutes,
faites à Rome, avaient été confiées par Buyssetius à Curtius pour
être remises à Plantin,
(2) D'habitude, Jean Moretus ou Jean Dresseler allait aux foires
de Francfort pour l'officine anversoise.
(3) L'édition du Missel romain ou celle du Corpus canonicum dont
il est question dans les lettres précédentes à Buyssetius ?
(4) Allusion aux bruits d'hétérodoxie de Plantin que faisaient cir-
culer les ennemis de l'architypographe.
(5) Nous ne savons de quel imprimeur, en dehors de Plantin même,
il est question dans ce passage. S'agit-il de Guillaume Silvius qui,
étant accusé et poursuivi pour cause d'hérésie en 1578, avait dû
quitter Anvers et s'était installé à Leyde comme « typographe,
libraire et imprimeur général des Etats de Hollande » ?
867. — Plantin à Valverdius.
{^Archives Plantiniennes, X, f° 15).
Mars 1580.
(Par la lettre de Valverdius, datée de Prague, l'imprimeur apprend
que son ami n'a pas reçu la sienne. Plantin ne demande pas mieux
que d'éditer les travaux de Valverdius ; or, les routes sont si peu
sûres qu'il ne parvient pas à faire venir du papier à Anvers ni à
expédier des Uvres au dehors. Plantin fait des vœux pour que la paix
soit bientôt conclue par un accord mutuel, les armes ne pouvant pas
mettre fin à la situation actuelle. L'architypographe se plaint du prix
élevé qu'il a dû payer pour les envois de Valverdius).
Illustri Viro Dno Bartholomc-eo Valverdio (i)
S. Theologias doctori et S. Cies. Mai" a sacris.
Ex litteris tuis Pragœ Dominica sexagesima; scriptis
video responsum meuni ad priores tuas tum te non
— 146 —
accepisse. Ex eis etenim intellexisses quanto animi desi-
derio et studio tua imprimenda flagrem et quam libenter
susciperem si temporum calamitas id nobis permitteret.
Itinera siquidem omnia nobis et mercibus nostris inter-
cluduntur a grassantibus passim militibus, adeo ut nec
papyrus hue jam avehi queat neque libri hinc evehi aiio
modo quam mari neque video finem turbarum nisi Dns
Deus corda Principum et aliorum hominum ad mitiora
consilia qu^renda et suscipienda dirigat. Armis siquidem,
authoritate, technis, dolis nec simultatibus aut vindictae
sumendas ullo apetitu res sedabuntur. Exemplis et doc-
trina inde petita opus est ad composcenda ingénia et
corda hominum quae alioqui indies fiunt acerbiora et ad
vim vi repellendum periinacius obfirmata. Hinc est quod
vix queam qua; ante multos annos suscepi meis jam
sumptibus absolvere. Neque intérim te celabo vecturam
eorum qu£e abs te accepi mihi esse tam caram, ut ex
distractione tota librorum ne iilam quidam (etiam si aiia
omnia gratis haberem) recuperaturus essem, ex primo
siquidem fasciculo quinque florenes et ex hoc postremo
duo cum dimidio mihi persolvendi fuerunt prius quam
vel aperire aut litteras légère Hcuerit. Quod ut ingénue
fatear grave mihi fuit neque tantam vecturam posthac
solvere possem pro tam pusillo pondère. 7. Martij 1580.
"(i) Bartholomée de Valverde & Gandia, chapelain de l'empereur,
philologue espagnol, auteur de plusieurs ouvrages de théologie,
mais dont aucun ne sortit des presses plantiniennes.
— 147 —
868. — Ciofano à Plant m.
{Bibliothèque du Vatican, ms. Rtg. lat. 2023, fol. 9, copie).
15 Mars 1580.
(Ciofano exprime ses vifs remerciemeiUs à Plantin de vouloir bien
imprimer son Commentaire sur les œuvres complètes d'Ovide. Il
répète que son travail est entièrement inédit, sauf une minime partie,
tirée d'ailleurs à un petit nombre d'exemplaires et qu'il vient de rema-
nier en vue de la nouvelle édition. 11 a confié le manuscrit à Casnedo
qui aura soin de son expédition).
Christophoro Plantino salutem.
Legi liiteras tuas humanissime scriptas quibus signifi-
cas me tibi rem gratissimam esse facturum, si meas in
univei'sa Ovidii opéra observationes ad te mittam teque
eas, statim ubi acceperis, pra;lo subjecturum polliceris
continuaque opéra ad finem usque, modo ab alio typo-
grapho recenter non fuerint editœ, prosequuturum. Ego
vero, Plantine humanissime, primum tibi gratias ago
sane maximas, quod scripta mea tanti facis ut digna esse
censeas, qu^ a me ad te mittantur typisque tuis pulcher-
rimis celeberrimisque una cum poetae versibus in lucem
prodeant. Pro quo bénéficie tibi veliementer etiam atque
etiam perpetuo debebo. Deinde affirmo tibi ex laboribus
meis, praster Metamorphosin, ut jam non ignoras, Sul-
monis descriptionem una cum Ovidii vita quam Aldus
senior scripsit, et in Fastorum libros et in Halieuticon
scholia (i), nihil esse editum. li autem et perparvi sunt
et nusquam vénales reperiuntur. Vix enim ad ducentos
impressi sunt iisque eos, quibus inscripti sunt, et amicos
quosdam mei amantes muneratus sum. Q.uibus post
primam editionem multa addidi, quœ omnia una cum
ceteris lucubrationibus, id est in libros Tristium, de
— 148 —
Ponto, Heroides epistolas, in elegias amorum, in libros
de arte, de remedio, in elegias de nuce ac de medica-
mine taciei et in Ibin observationibus niitto. Exemplar
alterum mearum in Metamorphosin observationum item
mitto, propterea quod est isto, quod te a me pluribus
auctum accepisse scribis, locupletius (2). Haec autem
opéra amico tuo Casnedo qui hic mercaturam exercet
quique tecum negotia communia habet, omnia tradidi,
ut ad te per fide dignos homines quamprimum mittenda
curet, idque se facturum mihi recepit. Vale et qua usque
hue in me uteris, humanitatem mihi perpetuo conserva.
Quae ad Muretum Variarum Lectionum folia misisti, ai
vel imprimis grata sunt. Romae, idibus martii mdlxxx(3).
(i) Hercidis Ciofani Scholia in Ovidii Halieutlcon. Venise, Aide,
1580, in-80. L'année suivante, et sortant des mêmes presses: Hercti-
lis Ciofani Sidmonensis in P. Ovidii Nasonis Eles^ias de Nuce et de
Medicamine faciei Ûhservationes. In-80.
(2) Voir note i de la lettre de Ciofano à Plantin, n" 841.
(3) Reproduite dans A. Fayen, Lettres Plantiniennes {i<)'j4-i'^Si),
dans Rev. des Bibl. & Arch. de Belgique, t. III, fasc. 6, p. 456.
869. — Plantin à VaJverdius.
{Archives Plantiniennes, X, fo 15^).
20 Mars 1580.
(A la missive de Valverdius du 22 février, Plantin a déjà répondu
par ses deux lettres précédentes. Les temps troublés l'empêchent
d'entreprendre l'impression de tout nouvel ouvrage. Il le regrette
sincèrement car il connaît la grande bienveillance de Valverdius à
son égard. Rappelant les frais qu'a comportés son dernier envoi,
Plantin priera dans la suite Busbeckius et Flaminius Garnier de vou-
loir se charger des plis pour le chapelain).
— 149 —
111' \'iro Dno Bartolomeo Valverdio.
Litteris tuis 8. Kal. Martij scriptis, D. doctor prasstan-
tiss., nihil fcre aliud respondendum mihi videtur quam
ut ea repetam qu^e postremo mense Januario primum et
postea 7. hujus (i) ad duas (non etenim pkires ante has
vidi) priores tuas respondi. Nempe me numquam quic-
quam avidiori animo desiderasse quam ut tuas lucubra-
tiones doctissimas et reipub. Christian£e utilissimas
imprimendas susciperem. Verum praeter quam quod
vecturie solvendiB non essem si tanti esset mihi redi-
menda quanti fuerit illarum priorum in taies difficultates
jam incidimus ut potius de cessando ab inchoatis quam
de novis suscipiendis cogitandum nobis sit, Itinera
siquidem fere omnia nobis pr^clusa sunt quibus e Gallia
papyrum evocabamus et nostra impressa transmittere
solebamus ; restabat nobis Germania quam nobis pr^clu-
dendam audio. Hic vero nihil jam prorsus librorum
distrahitur. Arma sunt in pretio et nisi gratia Dei mentes
principum et populi ad saniora consilia dirigat pr^video
futurum ui facultatibus ademptis et ad inopiam redactis
populis patientia in furorem conversa mutentur imo
summis sursumque deorsum omnia ferantur tandem.
H^c non sine magna animi commiseratione cum
nequeam scribere rogo ut h^ec pauca verba pro longissima
responsione habere digneris et Plantinum tibi mérite
jam tuo addictissimum commendatum habere. Ego
etenim pro illa tua erga me benevolentia qua tua tam
docta et rara liberaliter offers me tibi semper obligatissi-
mum esse uti sentio prasdicabo. Doleo vero ademptam
mihi esse occasionem reipsa testandi quantum me béné-
ficie afFectum sentiam ex ista tua oblata liberalitate.
- 150 —
Intérim et hoc te scire cupio nie a nemine alio quicquam
accepisse tuorum operum quam quod cara admodum
vectura per postam abs te missum accepi. Quod si quid
posthac a D. Busbeckio (2) vel D. Flamminio Garnier (3)
accepero totis viribus coiiabor efficere ne frustra mihi
redditum intelligas etiani si maximo cum dispendio id
mihi faciendum foret. Bene Vale in Christo Jesu Dno
nostro qui tuos sanctos conatus prosperare semper velit
ad suam ipsius gloriam et populi sui utilitatem. Antverpi^e
raptim 20. Marti) 1580.
(i) Voir la lettre précédente de Plantiii à Valverdius, n» 866.
(2) Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur de l'empereur, diplo-
mate et écrivain dont il sera question dans plusieurs lettres suivantes.
(3) Flaminius Garnier, nommé en juin 1581 secrétaire d'Etat et
privé de Philippe II, mort en 1592. Plantin lui adressa dans la suite
un grand nombre de lettres et de requêtes. Voir Fernand Donnet.
Flaminio Garnier, sa famille et son monument dans l'église du Sablon à
Bruxelles. Ann. Soc. d'Archéologie de Bruxelles, t. xxv (191 1), pp.
137-228.
870. — Ciofano à Plantin.
{Bibliothèque du Vatican, ms. Reg. lat. 2023, fol. 90^', copie).
22 Mars 1580.
(Ciofano annonce à Plantin l'envoi de la première partie de son
manuscrit sur Ovide ; l'autre moitié suivra sous peu, par l'intermé-
diaire de Casnedo. Ciofano assure de nouveau que seul le commen-
taire des Fastes et de VHalieuticon a vu le jour, à la demande de
ses amis, mais qu'il n'est pas dans le commerce. Or, même cette
partie a été tellement augmentée et corrigée qu'on peut la considérer
comme inédite).
Eidem (Christophoro Plantino) salutem.
Duabus rationibus et, ut ita dicam, viis mea in uni-
versum Ovidium opéra ad te mittere decrevi, ut commo-
— 151 —
dius ferantur et tu, quae ad te primum perlata erunt, una
cuni Ovidii carminibus imprimere incipias. Mitto itaque
nunc per hune ipsum publicum tabellarium observationes
in Fastorum, Tristium ac de Ponto libros. Quae autem
supersunt, id est observationes in Metamorphosin, quae
istis quas ante quadriennium ad te misi auctiores politio-
resque sunt, item in epistolas Heroides, in Ibin, in elegias
amoris, in libros de arte ac de remedio, in Halieuticon
et in elegias de medicamine faciei ac de nuce, a Casnedo,
cui ego omnia tradidi, quamprimum sese offeret occasio,
mittentur. Ex his autem laboribus in Fastorum solum
libros et in Halieuticon observationes impressae sunt(i),
quae et parvae admodum sunt et nusquam venundantur.
Editae enim sunt ad ducentas amicoruni rogatu, quibus
eos ipsos impertii, qui mihi, ut ederem, auctores fue-
runt. Habes ad verba epistolae tuae : « modo ab alio
typographe recenter non fuerint editae » responsum (2).
Haec quae scribo vera esse comperies : nec, si secus esset,
ex laboribus meis, ut tu eos excuderes, quidquam ad te
mitterem, praesertim a te ipso admonitus. Vale et ama
me, ut facis. Romae, xi kal. aprilis MDLXXX.
Eae ipsae observationes, quas impressas esse dixi, ita a
me ipso auctae et perpolitae sunt, ut numquam editae
fuisse quodammodo dici possint (3).
(i) Voir note i de la deuxième lettre précédente.
(2) Plantin avait prévenu Ciofano qu'il n'imprimerait pas son
ouvrage s'il avait été récemment publié par un autre typographe.
{3) Reproduite dans A. Fayen, Lettres Plantiuiennes, p. 457.
— 152 —
Syi. — Ghcesdael {i) à Plantin.
[Archives Plantiniennes, LXXXIII, f»* 4)5-)).
23 Mars 15S0.
(Par le premier billet, Gheesdael prie l'imprimeur de confier au
porteur le Téreiice et la Grammaire de Despauterius, reliés ensemble.
Par le second, Gheesdael se déclare enchanté du choix des person-
nages à qui son livre sera dédié. Il demande à Plantin de lui envoyer
quelques exemplaires corrigés pour en faire hommage à ses bienfai-
teurs).
i) S. P. Si compact! sunt, quos nuper licitatus sum,
libri, Terentius Antesignani, et Despauterij Grammatica;
qua^so ut huic eos ad me perferendos tradas. Ubi per
occasionem excurrere licuerit (sum enim jam occupatior)
de firmanda emptione rationem aliquam non iniquani
facile inibimus. Ex Sciiola nostra 23 Martij 1580.
Tuus Joannes Gheesdalius.
2) S. P. Humaniss. dne Plantine. Est mihi demul-
cendus unus atque alter, quorum patrocinio, id, quod
taiîi diu ambivi, tandem assequi me posse contîdo. Porrô
quum nihil sit in meis facultatibus quo illorum favorem
demereri queam; visum est nugarum nostrarum (ut ho-
mini est (piXavrla) copiam facere ijs, qui à nostra, quam
illae tradunt, religione non abhorrent. Quare si aliquot
exemplaria emendatiora habes, rogo ut ea ad nos trans-
mittas. De precio facile inter nos (ut spero) convenerit.
Sub vesperam H. T. salutatum veniam, simulque explo-
ratum, ecquid novus iste militiae vostrse Tyro vobis arri-
deat. Bene Vale.
Tuus, quantus est, Gheesdalius.
(i) Jean van Gheesdael, poète et musicien, né à Berchem près
d'Anvers, recteur de l'école de Notre-Dame. Plantin publia de lui ,
1=;
):^
en 1580 : Catecbismiis seu capita doctrina chrisliaiicc. Ad iiivainhim puc-
rorum tiienioi iain Jacili & perspicuo carminé reddita, & in quinquaginta
liiidos digesia : Aiictore loaniie Gbeesdalio Beicbeniio. ln-8°. En i)9i :
Stichologia, Sine de Syllabarum et Carminiun raiione,.. Anclore loanne
Gheesdalio ^Âldenardino Berchemio. In-S».
872. — Plantin à Lœvinus Torreutius.
{archives Tlanliniennes, X, f« 16).
ir Avril 1380.
A Monsigneur Monsieur l'archidiacre de Liège Vicaire
General du Tresillustre Prince Evesque de Liège etc.
Monsigneur. Je me suis pour diverses causes grande-
ment resjouy de vos lectres du xiii. du passé. Pour res-
pondre ausquelles en premier lieu je vous envoyé ce qui
est faict d'Hermathena espérant de vous envoyer le reste
par le Signeur Charles Bille (i) qui me faict ce bien de
vous addresser cecy et dict que dedans fort peu de jours
il s'en ira a Colongne pour y demeurer d'où il promect
de m'envoyer ce qu'il vous plaira luy addresser pour moy.
En faute de quoy pourries envoyer au Signeur Arnoldus
Mylius marchand libraire de Colongne a la Poule grasse.
Lequel ne fera faute de payer libéralement le port en
mon nom et de m'envo3'er incontinent tout ce qu'il
recevra pour moy. Comme je m'y confie et me semble-
roit milleur d'addresser audict Mylius qu'au Signeur
Billeus tant a cause de la résidence certaine comme
pourcequepacquets addressés a marchands semblent estre
plus seurement et facilement délivrés en ce temps icy
qu'a personnages d'estat ou de lectres. Parquoy je vous
supplie mon Signeur d'envoyer tout ce dont il vous
154
plaira continuer de me taire le bien et honneur qu'avés
de long temps commencé me faire de vos tant doctes
labeurs et de vos neveuz pareillement sans en rien excep-
ter ne fust que le livret de Johanne Austriaco (2) trais-
tast choses qui ne se peussent présentement approuver
par ceux qui nous gouvernent maintenant, au gouverne-
ment desquels comme je ne puis aussi ne veux-je entre-
prendre de contrevenir en aucunues choses externes ou
politicques. Car de la conscience ni de mes actions ordi-
naires j'espère que Dieu me continuera ses grâces de ne
changer aucunnement de la religion catholicque en
aucunne particulière ni de continuer a poursuivre seule-
ment l'impression des mesmes sortes et ainsi approuvées
comme l'ancienne coustume le requiert. Vos commen-
taires in Suetonium (3) ont telement pieu qu'il m'en reste
peu d'exemplaires. Parquoy quand il vous plaira envoyer
les augmentations je le reimprimeray volontiers in
folio (4) comme je feray aussi Andronicus Grec et
latin (5) et toutes autres choses qu'il vous plaira m'en-
voyer. Ce pendant je continueray Becanus (6) jusques a
la fin qu'espérons avoir dedans 2. mois ou peu après des
nouvelles parquoy s'il vous plaist aussi envoyer les
Annales corrigées ou bien les corrections transcriptes et
notées page pour page, je les poursuivray pour avoir les
oeuvres entières d'une mesme forme et moindres charac-
teres que lesdictes Annales ne sont. i. Avril 1580(7).
(i) Nous ne connaissons pas ce personnage. Les ^Archives possèdent
par contre le billet suivant, non daté, d'un certain E. Biset, qui s'in-
téressa beaucoup aux œuvres de Becanus (lxxvh, i° 257) : Seigneur
Denise. Je vous prie d'escrire a vostre cousin d'Anvers et le prier
prendre la peine de vous envoler le catalogue ou billet de tous les
livres. qui se trouvent imprimés par delà soubz le nom de Joannes
Goropius Becanus. Pour ce que en son livre de originibus Antverpia-
— 155 —
nis que vous m'avez faict rapporter, il en promet beaucop. Et entre
aultres ceulx qui s'ensuivent :
De prima lingua, seu de linguœ Cimbrica; artificio, seu Hermithena.
De numeris Cimbricis, seu de Cimbrica numerorum magia,
Theologia de xii Dijs, seu de Dijs gentinm, seu Theologica ele-
menta.
Conimentarii de antiqua rcligione.
De Deorum et hotninum priscis nominibus, et de sybillis.
Orphica disciplina.
Historia marchionum Antuerpianorum.
Annotationes in plantarum historiam.
Et n'oublier avec ledit billet envoler le pris d'un chascun desdits
livres.
Vostre bon amy E. Biset.
(2) Allusion à la %esponse et aux autres écrits publiés par Plantin,
en 1578, concernant don Juan d'Autriche, dont il a été question
notamment dans la lettre n» 851.
(3) Laevhii Torrentii tu C. Suetonii TranqiiilU xii. Caesares Covimen-
iarii. Plantin, 1378, in-8°.
(4) Une réimpression, in-40, augmentée et corrigée, parut en 1592
à l'officine Plantinienne.
(5) Une édition à' Andronicus par Torrentius ne nous est pas connue.
(6) II s'agit des œuvres posthumes de Goropius Becanus, mises au
jour cette même année: Opéra loan. Goropii Becaiti, Hacteniis in lucem
non édita: nempe, Herniathena, Hieroglyplnca, Vertumnus, Gallica, Fran-
cien^ Hispanica. Plantin, 1580, in-fo. Avec préface de Lievinus Tor-
rentius à Arias Montanus, datée du f juillet 1578. Les héritiers de
Becanus avaient avancé à Plantin, pour couvrir les frais de l'impression,
la somme de 150 écus; ils lui en avaient prêté 500 autres, à rendre
après la vente du livre.
(7) Ajouté au bas du feuillet par Plantin : Le 14. Avril envoyé le
reste de Hermathena S. T. V. Scribendum ut mittat Epitaphium
Becani. Puis, en haut du f» 18^' : A Monsigneur Monsieur l'Archi-
diacre L. Torrentius. Le 25. Juin 1580. Prie derechef pour la préface
Operum Becani et pro Epitaphio ipsius Becani et envoyé les lectres au
P. Balduin de Lange par Monsieur de Hille.
- 156 -
873 • — Plantin à Valverdius.
{Archives Plantiniennes, X, f" 16^'),
7 Mai 1580.
(Plantin promet d'imprimer l'ouvrage de Valverdius aussitôt qu'il
en aura reçu le manuscrit. 11 engage le chapelain à expédisr ses
plis à Paris, d'où l'on peut les envoyer plus facilement à Anvers que
par la cour du prince de Parme. Pour plusieurs raisons, Plantin vou-
drait éditer en premier lieu les $0 Tsanmes, avec commentaire).
Ill' Viro Dno Bartholomeo Valverdio.
Etiamsi quas in tuis 8 Id. Aprilis scriptis laudes de me
scribis non agnoscam gratias tamen tibi, D. Doctor
pr^stantissime, habeo maximas pro tua in nos benevo-
lentia. Libros tuos ut paucissimis verbis utar libenter
prima oportunitate postquara exemplar aliquod integrum
accepero pr^elo committam et quanta diligentia potero.
Mittere propterea poteris ubi voles et quomodo. Sed
existimarim liberius Lutetia et istinc recta hue quid
transmittendum quam ex aula Principis Parmensis. Tu
tamen tuo utere judicio et voluntate. Psalmi 50. cum
Commentariis (i) mihi videntur prius imprimenda tum
quod ex iis judicium aliorum cupias audire tum vero
quod Régi dedicare statueris : sic namque citius in con-
spectum ipsius apparebunt. Bene Vale. Antverpi^ 7. Maij
1580.
(i) Nous n'avons pas trouvé que Plantin ait fait paraître cet
ouvrage de Valverdius.
— 157 —
874- — Plantin à Cuyckius.
{.Archives Tlantiniennes, X, fo 16").
7 Mars 1580.
(Plantin se réjouit d'apprendre que Cuyckius a bien reçu les exem-
plaires de Cassien. Certaines gens persistent à douter de l'orthodoxie
de Plantin ; il proteste donc de nouveau de son attachement à l'Église
catholique. Q.uant à Vlimmerius, il prétend ne lui avoir jamais rien
refusé. Plantin s'honore d'avoir toujours satisfait à ses contrats.
Même si Vlimmerius ne rend pas l'exemplaire qu'il détient, l'impri-
meur pourra continuer l'édition des Concordantia, grâce à un exem-
plaire annoté des Bibles qu'il possède).
Clariss. doctissimoque Viro Dno Henrico Cuyckio.
Legendo tuas, dociiss. Cuyki, 14. Aprilis scriptas
gavisus sum quod tibi tandem satisfactum fuerit de
acceptis abs te Cassiani (i) exemplaribus. Miratus vero
sum quod scribas eos qui autores fuerunt ut précédentes
tuas ad me scriberes non deposuisse suam de me quam
conceperant opinionem, non etenim prius significaveras
te alieno mihi scribere nomine. Magis vero miror qui
fiât ut tu contrarium prorsus scribas, me scripsisse quam
ex litteris raeis probari possit ut qui Magistratui in Poli-
ticis obediendum dixerim, non autem in illis ubi contra
fidem mei responsi addis qu^e ad ruinam catholicc'e reli-
gionis diriguntur. Nam uti meum non est de rébus
quicquam pronuntiare qua; a Magistratu jubentur,
numquam tamen favente Dno divellar a vera obedientia
Dei et ejus sanctas matiis nostr£e Catholic£e Ecclesi^e
atque uti numquam quicquam facere est animus quod ad
ejus labefiictionem tendere videatur, sic non est etiam
conari eos qui aliter de me opinantur a sua falsa persua-
sione divellere aut quid pr^-eterea objectioni tuie contra
_ 158-
fidem niei respondere, neque etenim animus est quid
aliud quam ipsam veritatem profiter!, conficta negare,
neque fuit in meo iilo priori responso ad tuas, in quo
etiam de communione clarissime, vere et aperte satis
respondi, id quod res est si a pectore vere catholico,
candido et opinione vacuo legatur objectum et respon-
sum. Nenipe quod nec Calvini aut alterius cujusvis
hominis novi dogmata uUa multo minus ritum eorum
communicandi sequitus sum umquam neque sequi velim,
quid aliud quod Catholica Ecclesia non probaverit. Ego
vero me non doctorem profiteor eu jus sit officium
aliquid alicui persuadere aut a sua opinione concepta
dimovere. Sufficit mihi si de veritate in qua coram Deo
ex animo ambulare conor et quantum ex gratia Dei
datur facio testimonium verum reddidero interroganti,
non autem putavi me ulli mortalium quam tibi respon-
dere multo vero minus uti etiam tum scribebam alicui
me probare aut facta mea. Dei voluntati omnia permitto.
Vlimmerio numquam quicquam denegavi (2). Si quem
nominet cui velit ea qu^e indicas illum a me petere ego
hic aut Colonise dari curabo neque credo meam fidem
istic tam esse suspectam quin aliquis restet qui pro me
hac saltem in re tantilla suam interponere audeat. Quod
si quis fecerit et ipse Vlimmerius voluerit libros nostros
liberare efficiam ne quis petitor neque sponsor a me
frustratum se sentiat umquam. Quod si hoc vel illo
modo noluerit habeo remédia duo satis idonea ad hune
morbum depellendum (propellendum) ne nos uUo modo
ledat. E quibus primum est quod aliud hic habeam
exemplar Bibliorum in quo transcribere jusseram ea
omnia quœ in isto erant notata priusquam ad petitionem
defuncti D. Harlemii istuc remitterem, ex quo si meum
— 159 —
illud non liberetur, mittatur et accipiam imprime;e
possum. Concordantiarum vero cditionem maxima ex
parte jam prosequutus sum quare ne hoc quidem exem-
plar adeo niihi est necessarium quin (etsi illud libenter
sum certas ob causas recepturus) eo facile caream.
Alterum vero prsecipuum et summum mihi jam laus
Deo valde probatum et certissimum semper inventum
remedium est hilari et inexpugnabili patientia in hac re
quemadmodum et in aliis omnibus uti per gratiam Dni
nostri Jesu Christi in quo ut bene valeas opto in eoque
omnibus amicis nec non etiam iis qui frustra de me
sinistram opinioncm suis animis infixerunt salutem
plurimam dici percupio. Antverpias raptim 7. Maij 1580.
(i) Voir lettre no 596, note i, à propos de cette édition deCassien,
fournie par Cuyckius.
(2) Joannes Vlimmerius, prieur des chanoines réguliers de l'abbaye
de S. Martin à Louvain, mort en 1597. Plantin avait publié de lui,
en 1573, une édition des œuvres de S. Fulgence. Voir plus loin la
lettre que Plantin lui adressa le 23 mars 1586. Vlimmerius aurait
donc refusé de rendre à Plantin des Bibles, ayant servi à une édition
des Concordaiilice bibJioruni. Les Annales plaiitiniennes mentionnent
une édition de l'année i 581 ; le Musée en possède une autre de 1385.
875. — Plan! in à Antoine Muret.
(Archives Planliniennes, X, f" 17).
14 Mai 1580.
(Depuis le 27 janvier, Plantin n'a pas eu des nouvelles de Muret.
A chacune de ces lettres, l'imprimeur prétend avoir joint des épreuves
des Variae Lectiones. Muret lui ayant parlé de la publication de
VElhica d'Aristote et de Commentaires sur Xénophon, Thucydide
et Plutarque, Plantin se déclare disposé à fournir ces éditions).
i6o
D. Antonio Mureto.
Varias ad te misi litteras quibus semper conjunxi folia
Variarum (i) impressa et ne fortassis illa perierint (quo-
niam abs te nihil litterarum post vi. Id. febr. accepi) ecce
iterum mitto ea qu^e postea sunt impressa. In iliis autem
tuis litteris offerebas mihi tum Aristotelis Ethica emen-
data et in ea tua commentaria et alia per te in Xeno-
phontem, Thucididem et Plutarchum observata qu«
omnia me libentissime suscepturum et ilico me impres-
surum respondebam (2). In qua sententia non solum
persisto sed etiam obsecro ut quamprimum quod tuo fiât
commodo ad nos mittere digneris vel istic tradere Dno
Casnedo qui ad nos curabit... 14. Mai) 1580.
(i) Voir plusieurs lettres antérieures, à propos des Varice Lecliones
de Muret.
(2) Plantin n'édita aucun de ses travaux du savant humaniste
français.
87e. — Plantin à Ciofano.
{Archives Plantiniennes, X, fo 17).
14 Mai 1580.
(Plantin a bien reçu les premiers cahiers du Commentaire de Cio-
fano sur Ovide. Il attend encore les Métamorphoses et les préfaces.
Jusqu'ici il n'a pas pu entamer l'impression de l'ouvrage. Plantin
propose de publier le Commentaire sans le texte, comme il a été fait
pour les éditions de Salluste, de Térence et comme l'architypographe
le fera pour César, Suétone, Virgile et les autres classiques).
Domino Herculi Ciofano.
Fascicules missos cum litteris tuis accepi. Metamor-
phosim expecto et praefationes. Major siquidem interca-
— i6i —
pedo locorum et dificiliora sunt jam itinera quam ut quid
audeam committere praslo cujus faciem et omnia membra
panes me non habeam. Satius etiam bona tamen tua quod
fiât cum verna videtur, ut separntim scholia tua impri-
mantur ab ipsis carminibus Ovidii, quemadmodum nuper
feci in Sallustio (i), in Terentio (2) et me prosequuturum
spero in C^sare, Suetonio, Virgilio aliisque auctoribus a
me posthac imprimendis separatim in quibus scholia,
notas et observationes doctorum statui imprimere ne
pueri pauperiores quorum tenuitati maxime consulendum
est absterreantur vel arceantur ab emptione nostrarum
editionum et simul ditiores doctique possint pro suo
arbitrio illis uti. 14. Maii 1580 (3).
(i) Les notes sur Salluste venaient d'être éditées séparément : lani
nDouo^a Nordovicis ad C, Salltistii Crispi hlstoriarti»i lihros, nota. Plantin,
1580, in-80.
(2) M. Antonii Murefi, argnmentoruni et scholionun in Terentimii
Ubet\ suivi d'annotations par Franciscus Fabricius Marcoduranus,
Theod. Pulmannus, Eographius, Aldi Manutius PauUi F. Aldi.
Plantin, 1580, in-80.
(5) Reproduite dans A. Fayen, Lettres plantiniennes, p. 458.
877. — Plantin à Rat aller us.
{Archives Plantiniennes^ X, f° 17^).
14 Mai 1580.
(Plantin imprimera très volontiers la traduction en vers des tragé-
dies de Sophocle par Ratallerus, que celui-ci avait promise depuis
longtemps).
Ampliss. doctissimoque Viro Dno G. Ratallero Prassidi
Ultrajectensi (i).
Tragœdiarum Sophoclis in latinum a te versibus olim
— l62 —
conversarum exemplar recognitum et correctum ad nos
si miseris, Vir amplissime, conabor fidelitate et diligentia
efficere ne diu illi labores tui desiderentur aut frustra me
ad hsec tua doctiss. et admiratissima scripta in lucem
typis nostris describenda hoc tempore deligere volueris (2).
Idque suscipiam et proscquar libentius quod mihi quae-
dam alia tua numquam ante bac evulgata pollicearis.
Valde siquidem tuis doctissimis laboribus ornatam iri
nostram typographiam non dubito (3). Bene Vale, pr^eses
dignissime. Antverpi^ 14. Mai) 1580.
(i) Georges Rataller, poète et jurisconsulte, né à Leeuwarden en
1528, mort à Utrecht en 1581, en relations avec Plantin depuis 1571.
(2) Le Musée conserve encore cet exemplaire, pourvu de nom-
breuses notes de la main de Ratallerus : Tragœdice Sophodis quotqiiot
extant carminé latino redditce Georgio '^atallcro in supremo apiid Belgas
regio senatu S^ichlinia Consiliario, & libellorum siipplicum Magistro,
interprète. Antverpias m.d.lxx. Ex officina Gulielmi Silvij, typographi
Regij, In-80,
(3) Au lieu de Sophocle, Plantin fournit une édition de trois tragé-
dies d'Euripide, traduites par Rataller : Euripidis Poêla Tragici Très
Tragœdia, Phoenissae, Hippolytus Coronatits, alque Andromacha^ 'De
Gracis olim Latino carminé conversa^ & niinc primum fdila; aiwtore
Géorgie Ratalkro Ultraiectina proiiincia Senatus 'Praside. Antverpise,
Ex officina Christophori Plantini, cIo Id. lxxxi. In-i6".
878. — Plantin au magistrat d'Anvers.
{Archives Tlantiniennes, LXXXXVIII, f° 351).
28 Mai 1580.
(Plantin demande l'autorisation de construire une petite maison au
coin du Marché du Vendredi, à côté de son domicile, et touchant
à l'égout. Ce coin, mesurant six pieds, est d'une saleté répugnante
de l'avis de tous ceux qui viennent visiter l'architypographie).
- i63 -
Aen mynen heeren Burghem.
ende Schepenen der stadt van Antwerpen.
Verthoont ootmoedel. Cristoffel Plantijn, hoe dat ter
zyden int gesichte van incomen van zynen huyse opte
Vrijdaechs mert alhier, is eenen cleynen hoeck die lee-
lyck ende vuyl is. Int aenzien van aile de goede heeren
ende nieer ander luyden die tzynen huyse comen, zoe
omme zyne druckerye te besichtigen als anders(sins)
ende om zyn huys van de voorseyde stinckende vuylic-
heyt te bevryen, zoe en isser anders geenen middel dan
dat de voors. hoeck werdde geapproprieert tôt eenge
cleyne wooninge, ende omme hier toc te geraken bidt
de voors. suppliant dat uvven ghelieven wille tauctorise-
ren den Trésoriers ende Rentmren datse den muer vandcn
voors. vuylen hoeck comende aende Ruye hen suppliant
mogen overlaten ende transporteren met orlofF, om daer
neffens eenen houten overspronck ses voeten breet over
de Ruye tzynen coste te mogen maecken, al ter designa-
tien ende moderatien van den voors. Trésoriers ende
Rentmren, ende oick met laste van alzulcken jaerlycxen
redelycken chys tôt behoeve vander stadt, als de suppliant
met hen zal connen overcomen, ten eynde de suppliant
alsdan 't voors. plaetsken zoude mogen aen schoonlap-
pers oft dyergelycke verhueren. Dwelck doende rs inde
marge stoiedt geappostilleert aldus.
Sy gestelt in handen vanden Trésoriers ende Rentmren
ten eynde zy hen op dinhouden ende gelegentheyt vande
erve in desen geruert te informere omme tzelve gedaen,
ende heurlieder advys gehadt voorts geordonneert te
wordene naer behooren. Actum II* martij Anno XV^
ende LXXX. Ondert. Hoboken.
164
Daer naer gehoort het nippoert ende gehadt het advys
vande Trésoriers ende Rentmeesteren deser st.ndt, is by
mynen heeren Bor^em. ende Schepenen gecommitteert,
den Trésorier Cornelis Pruynen, cm met den suppliant
te comniceren ende overcomen ter zaken in deser ge-
ruert, Zoe hij tzelve goet vinden zal ende dat alleenlyck
by manière van provisie. Actum xx.viii^ Maii Anno
XV*^ ende tachentich. Ondert. S. van Uffele (2).
(i) Le 22 juin IS79, Plantin avait acheté la moitié de la grande
maison de Lopez (louée en 1576), qui avait une sortie sur le Marché
du Vendredi. L'autre moitié donnait dans la rue Haute. A sa maison
du Marché, Plantin donna le nom du Compas d'Or. C'est là qu'il
habita jusqu'à la fin de sa vie. Son magasin de la Cammerstrate
continua à porter la même enseigne.
(2) Dans deux pièces complémentaires (Ihidem, fos 365-9), Plantin
rappelle qu'il avait antérieurement acheté le droit de lumière (recht
van lichtsclieppen, de lumine non officiendo) de son voisin de l'autre
côté de l'égout, un nommé Jan Pauwels, boulanger, propriétaire de
la maison « Den Keysere ». L'imprimeur s'offre de payer à la ville la
redevance due pour la construction d'un passage en pierre de l'égout
en question. La ville accueillit favorablement cette demande ; depuis
lors le canal-égout, comblé dès le XVI* siècle, a appartenu aux
Plantin-Moretus . I! forme actuellement la seconde cour du Musée,
longeant le côté sud de l'imprimerie.
879. — Plantin à Laurentius.
{Archives Planthnennes, X, fo 17^).
14 Juin 1580.
(Souffrant depuis un mois de la gravelle, Plantin répondra le plus
brièvement possible à la lettre de Laurentius. La Theolo^ia Germauica
a été dûment approuvée par les censeurs lors de son apparition. Il
est vrai que les Calvinistes ont également loué l'ouvrage. La com-
mission, instituée par le duc d'Albe pour examiner les nouvelles
- les -
impressions, n'y a pas trouvé trace d'hérésie. Plantin envoie la copie
du privilège accordé, il y a 23 ans, ainsi que le catalogue des livres
prohibes. Blosius est mort depuis plusieurs années. L'architypographe
n'a jamais songé à défendre quelque livre contre les théologiens de
Louvain ni à entreprendre quoi que ce soit contre la religion catho-
lique).
Chiriss. doctissimoque Viro Duo Laurentio cumdivis..
Morbo calculai'! toto mense vexatus ad litteras tuas
paucis responsum dare cogor. Libellum cui titulus est
Theologia Germanica (i) per theologos députâtes a
Regia catholica Majestate prius approbatum et postea
Privilegio Regio mihi datum impressi neque umquaiii
intellexi quemquam theologum catliolicum fuisse qui
eum librum reprobaret. Ex illis autem qui Calvini dog-
mata sequuntur quamplurimi quare qui eum librum rem
faciet ipsis gratissimam ob id maxime quod relictis pro-
pres affectibus ad bene operandum exhortetur quo
nomine ab omnibus pietatem Christianam pluris faven-
tibus quam verba maxime semper probari intellexi.
Atque quod pro duplici laude et approbatione haberi
débet. Cum hic mandato Ducis Albani omnes officinas
et tabernœ nostr^e librari^ una eademque hora claude-
rentur ad inquirendum acerrime et visitandum num quis
quid in sua officina impressisset haberetve quod vel
minima hc-ereseos suspicione contaminatum esset, is
libellus ab inquisitoribus laudatus fuit, tantum abest ut
inter reprobatos adscriptus fuerit. Exemplar vero Privi-
legij ante 23. annos mihi concessi ad te mitto una cum
catalogo prohibitorum in eo acerrimo examine libro-
rum (2). Nihil praeterea nunc venit in mentem quo vos
scrupulo vobis injecto levare queam.
— i66 —
Obiit siquidem ante aliquot annos piissimus vir Blo-
sius (3), obierunt et pliirimi theologi Lovanii a qua etiani
urbe secludimur bello intestino et militum grassatio-
nibus cotidianis, neque statui contra theologos aliquem
librum defendere neque valde laboro quid calumniatores
contra nostras actiones semper catholicas et ab omnibus
catholicœ doctrinie adversantibus aliénas mentiantur,
magis vero in eo sutn ut mea voluntas voluntiti Dei con-
jungatur per ejus filium ^eternum Jesum Cliristum Dnm
nostrum in unitate spiritus sancti. Junii 14, aut circiter.
(i) Il s'agit des traductions française et latine, parues chez Plantin
en 1 J58, de la Deutsche Théologie, Bâle, 1557 : Theologia Germauica.
Libellus aiireus : Hoc est, hrevis & pragnans : Ouo modo sit exneiidns Vêtus
homo, induendusque novus. Ex Germanico translatas, loanni Theophilo
interprète. Antverpias, Ex officina Christophori Pluntini sub Unicorni
aureo 1558. Cum privilegio. In- 160 (Par Sébastien Castalion). Titre
français : La Théologie germanicque. Livret auquel est traiclè Comment il
faut dépouiller le vieil homme, & vestir le nouveau. A Anvers, De l'Impri-
merie de Christofle Plantin. M.D.LViii. 10-12°. Les auteurs des Annales
Plantiniennes, Ruelens et De Backer, l'ont qualifié de livre plein de fa-
natisme « et qui fit passer son auteur pour favoriser les opinions des
anabaptistes. On s'étonne de voir sortir ce livre des presses de Plantin,
et plus encore de le voir revêtu d'un privilège». Il n'en parut pas moins,
en 1590, une traduction flamande à l'officine plantinienne : Theologia
Germanica. Een gulden Handtboecxken, Cort ende tvichtharich : inhoudeiide
hoemen den ouden mensche moet wtdoen, ende den nieuwen aendoen, Eerst
\vt den Hoochduytscheint Latijn overgheset deur JoannesTheophilus,
ende nu ghestelt in Nederlandtsche sprake deur E. X. t'Antwerpen,
Inde druckerije van Christoff'el Plantijn, by de Weduvve ende Jan
Moerentorf. m.d.xc. Met Gratie ende Privilégie. In-16».
(2) Le Catalogue des livres prohibés, in-folio-plano, imprimé par
Plantin en 1)69, par ordre du duc d'Albe.
(3) Louis de Blois, ou Blosius (i 506-1 566), de l'abbaye de Liessies,
auteur ascétique. La meilleure édition de ses ouvrages parut à l'offi-
cine plantinienne, en 1632,
- léy -
880. — Planlin à Turrianus.
{Archives Planliiiiennes, X, f» 18).
24 Juin 1 580.
(Tourmenté toujours par la gravelle, Plantin répondra par quel-
ques mots seulement à la lettre de Turrianus du 20 avril. Il est
heureux d'apprendre que les exemplaires de Clément sont bien
arrivés. L'arcliitypographe se déclare prêt à imprimer tout ce que
Turrianus voudra lui confier. En fait de rééditions, il préfère ne pas
en fournir contre le gré des premiers éditeurs, à moins que l'Eglise
catholique ne l'y invite spécialement).
Rev. in Christo P. Francisco Turriano.
Calculari morbo vexatus paucioribus quam facere pos-
sum cogor respondere tuis ultimo Aprilis Romas datis.
Gaudeo equidem quod vos tandem exemplaria démen-
tis (i) acceperitis meque promptum et paratum offero ad
ea omnia nostris typis describenda quiç mittere placuerit
modo in facere queam sine dispendio eorum qui prius
tua doctiss. opéra ediderint. Nam etiamsi cotidie expe-
riar alios typographos parvi facere quantum damni nobis
et aliis typographis inférant qui primum quid ab aliquo
authore dum idem imitare non dubitent, imo indies
videam plurimos ex ditioribus qui nihil fere aliud impri
munt quam quod prius ab aliis impressum et veluti
pr^coctum aut prit^mansum cibum fuerit. Ego certe a
talibus fucis tantum abhorreo ut malim damnum pati
quam inferre. Proinde noio quicquam recudere ab alio
prius impresso sine ejus consensu et facultate nisi quid
sit cujus penuria laboraret alioqui Christiana catholica
respub. aut mihi juberetur ab illis quibus obedire cogor
aut debeo. Bene vale in Christo Jesu Dno nostro. Ant-
verpiœ raptim ipsa Die S. Johanni Baptistas sacro 1580.
— i68 —
(i) Apostolicartim constiltitiomun & Catholicie doctrince démentis
Romani Jihri Vlll. Francisco Turriano Societatis lesti interprète è Grceco.
Anvers, Plantin, 1578, in-f<'.
881. — Plantin à Biiysselius.
[Archives Plantinieinies, X, f° 18).
24 Juin 1580.
(La maladie oblige Plantin à répondre brièvement. Il se réjouit de
la bonne arrivée des Bréviaires et espère en expédier d'autres, avec
les Offices de la Vierge. L'imprimeur a accusé réception du Missale
in-40, il y a quelques jours. Le DiuniaJe in-240 paraîtra bientôt en
format plus élégant. Les exemplaires du Bréviaire in- 16°, en deux
volumes, deviennent déjà rares).
Rev. in Christo Patri Joh. Buyssetio.
Tuis 17. Kal. Junias Romae datis paucis me respondere
cogit inorbus calcularis quo misère vexor. Gaudeo te
aliquot Breviaria tandem récépissé, plura uti spero reci-
pies cum officiis B. Marine. Illa siquidem ter ni fallor
sarcinis istuc mittendis imponi curabimus magis vero
quod tibi placeant utinam et aliis omnibus. Superioribus
diebus scripsi me accepisse Missale in 4*° (i) ad me
missum cujus pretium et ejus vecture percupio refundere
prima oportunitate data quam valde desidero et intelli-
gere qua in re tibi et Illustriss. VV. aliisqiie Dominis
gratificari possim. Diurnale in 24° recudo eleganter.
Jamque miiii desunt exemplaria Breviarij in 16° duobus
tomis. Bene vale in Christo Jesu Dno nostro. Antverpi^
ipsa die S. Joh. Baptistae dedicato 1580.
(i) Voir plusieurs lettres précédentes à propos de ce Missel
romain, demandé avec instance par Plantin à Buyssetius.
— ré9 —
882. — Planti)i à Arias Mo?ilanus.
{Archives 'Pla'iitiniennes, X, f» 18^).
V Juillet 1580.
(Depuis sa réponse à Arias et à Valentinus du mois de février,
Plantin était sans nouvelles de son ami. Hier enfin, la lettre d'Arias
du 15 décembre lui a été remise! Souffrant de la gravelle, l'impri-
meur y répondra en peu de mots. Il a fait insérer les corrections au
Commentaire des Prophètes, qui sera mis sous presse incessamment,
grâce à l'aide financière de son ami. Outre la Bible en hébreu, Plantin
se propose d'éditer une Bible en grands caractères, avec notes margi-
nales et autres, illustrée de gravures sur cuivre dans le genre de celles
des Monumenta d'Arias. Moflin lui a écrit que Montanus enverra
quelques cartes géographiques par les bons soins du marchand
Goossens. Plantin fera expédier de suite les livres, commandés par un
ami d'Arias qui est médecin en Amérique. Porret ayant fait parvenir de
Paris l'article demandé, Plantin l'enverra aussitôt en Espagne. Les
oeuvres à' Horace seront imprimées d'après les indications de son ami.
Arsenius est mort. Plusieurs des anciens amis vivent tristement à
Louvain, la ville étant abandonnée par la plupart de ses habitants.
Jean Moretus n'a pas été aux trois dernières foires de Francfort. Pierre
van Tongheren, qui vient d'épouser la sœur de Moretus, y a été seul
et en a rapporté les livres désirés par Arias et Perez. Salutations de
la famille et de tous les amis. Paludanus est décédé. Plantin approuve
son ami qui ne répond plus aux accusations farouches de Léon).
Illustri viro D. Ben. Ariie Montano S. P.
Postquain mense Februarij meas ad te et Rev. P.
Carolum Valentinum responsivas (i) iiiisi nuUas a vobis
accepi nec misi. Hesterna vero die tuîe desideratissim^e
15. Decemb. dat^ primum mihi sunt reddit^ non sine
admiratione qui fieri potuerit ut nisi post sex menses
intègres potuerint ad nostras manus pervenire. Illis vero
breviter et concise ad singula earum capita mihi respon-
dendum est propter morbum calcularem subinde recur-
rentera.
lyo
Primum gaiideo per Dei gratiam nos mutuo memores
esse utinam et aliquando vel semel iterum Deus per-
mittat nobis animi nostri sensa prsesens pra;senti decla-
rare et mirabilia ipsius Dei qu^e nostris temporibus suis
inter varias mundi anxietates cominunicat enarrare.
Emendationes in Prophetarum commentaria (2) illico
jussi libre adscribi, praslis brevi favente Dno subjicienda
ne diutius a studiosis desiderentur, ad quorum suinptus
sublevandos noster Perezius se ducentos a te pr^escriptos
florenos mihi numeraturum est pollicitus et alios ducentos
quibus tu me donare liberalitcr voluisti, quos ut nihil te
celem quod significare possim eodem momento addixi
operibus piis et tuturis posteritati pietatis amanti per Dei
gratiam utilissimis uti favente Domino aliquando te
visurum et approbaturum confido saltem nihil aliud jam
ipsis utilius mihi videtur ad inimicos Jesu Christi confun-
dendos et vere catholicos Christianos juvandos et in vera
catholica fide conservandos aberrantesque a via simplices
reducendos conducendosque modo ipsi non répugnent.
Quid enim homini ad pietatem contendenti dulcius,
jucundius, utilius testimonio vitae ChristiaUc'e thesauro
litterario consecrato ? Postremis meis litieris scribebam
nos Biblia Hebraica cum interlineari versione etc. Biblia
etiam nunc statui imprimere magnis typis cum variis
lectionibus in margine et earum rationibus in fine atque
figuris in a^re excisis juxta rationem Monumentorum
tuorum addere sed fere duplo illis majores, quod opus
ni fallor placebit curiosis et illis qui raris cupiunt ornare
suas bibliothecas (3). Vide quanta hoc tempore moliatur
tuus Plantinus.
Mofflinus scripsit se habere aliqaas descriptiones (4)
abs te quas per D. Goossens mercatorem curabit ad nos
ryi
deferri antequam proficiscatar ad vos in aulam a qua
certe vos abesse malim siDeo ita visuni esset cujus volim-
tati nostram submittere debemus.
Libros omnes et alla oinnia abs te petita mittam quam-
prinium pro amico illo tuo medico in Nova Hispania
dej^enti et pro aliis atque in usum tuum et fr. Caroli
Vaientini uti prinium timoris ita et uti spero etiani inde
sequentis amoris Domini condiscipuli cui salutem ex me
plurimam dici percupio et ab illo intelligere num meam
responsionem ad suas et quo animo acceperit (5).
Poretofratri scripsi ut Lutetia tibi mittat illud recipe(6)
quod desideras et mihi quoque ut hinc etiam ad te mit-
tam, ne illo diutius careas si contingeret in via iterum
amitti. Eidem et Rasio salutem plurimam tuo nomine
adscripsi.
Horatium imprimam ut mones (7). Indicem in eum
et qu.Tedam alla non semel misi, quiB si jam non acceperis
miror : mittam vero iterum prima oportunitate.
Arsenium obiisse audio(8), Goudanum vivere(9). Pluri-
mos vero Lovanii contabescere, urbem civibus desertam
et jam maxima parte domibus disjectis vacuam. Miser-
rima certe rerum faciès ubique sed necdum finem video
imo vix initium adhuc malorum.
Johannes noster Moretus jam superioribus tribus nun-
dinis domi meo jussu mansit propter itinerum pericula.
Petrum van Tongheren (10) solum eo misimus qui res
nostras féliciter satis curabit. Is ante mensem sororem
nostri ipsius Johannis in uxorem duxit, mansurus apud
nos adhuc per duos annos. Is varia nostro jussu et D.
Perezij tibi singulis nundinis émit et est favente Deo
empturus qu^ tu jubés et tibi placitura putabit. Uxor,
filias, generi, Ortelius, Galleus, Rignalmus, Prunius,
— 172 —
Kikelbergi, Pulmannus aliique amici plurimi te resalu-
tant quamofficiosissime. Obiit in Dno Paludanus.
Postremis meis scribebam nos Biblia Hebraica cum
versione interlineari recusuros ac proinJe petere id quod
etiam nunc facimus ut quag in illis mutanda judicas indi-
care dignareris. Optime facis quod Leoni (1 1) non te op-
ponas. Q.uis enim ex Dei Sapientia edoctus rabiei bestia;
frendenti non cedet ad tempus saltem donec impetus suos
vel erga inanimata aliquantulum fregerit ? Vivet Dns cui
vere inservire serio regnare est quicquid aliud cogitent
hujus mundi prudentes etc. Ipsi Deo honor et gloria
per Jesum Christum Dominum certe nostrum cum illi
serviamus in unitate spiritus sancti. Antverpii^ raptim
prima die Julij 1580.
(i) Lettres de Plantin du 15 et du 22 février (nos 861 et 864).
(2) Ne parut qu'en 1583 : Henedicti Aria Montani Hispaknsis
Commentaria in duodecim prophetas : Nunc tandon ah ipso aiictore recog-
nita. Anvers, Plantin, in-40. La première édition était de 1571.
(3) C'est la grande Bible in-f» de 1583, belle et grande impression,
à deux colonnes : Biblia Sacra. Qiiid in hac ediiione a theologis lovanien-
sihiis priestitum sit, eorwn prafatio indicat. Frontispice, lettrines et
grand nombre de gravures sur cuivre (29 pour l'Ancien, 57 pour le
Nouveau Testament], par Pierre Huys, Abr. de Bruyn, J. Sadeler,
Jean et Jér. Wiericx, d'après P. Huys, C.Vanden Broecket P. Vander
Borcht; au commencement, les trois grandes cartes géographiques
d'Arias Montanus qui avaient déjà figuré dans la Bible royale de 1573.
A la fin, les Notationes in Sacra Biblia de François Lucas (pp, 1-117).
(4) A traduire aussi par cartes et plans géographiques, dont -\rias
et Moflin firent parvenir plusieurs spécimens à leurs amis Plantin et
Ortelius, entre autres des cartes de l'Amérique, de la Chine, des des-
criptions de villes espagnoles, etc.
(5) Voir la lettre du 13 février de Plantin à Bartelus Valentinus.
(6) Probablement les médicaments, indiqués dans la lettre du
22 février à Montanus sous le nom de Lapides Bezoar.
(7) Plantin publia les oeuvres d'Horace en 1582, avec notes de
Th. Poelman et J. Dousa, outre un Commentariolus et un Adpcndix
— 173 —
du dernier, tous deux en format in- 1 6°. L'index d'Horace dont parle
l'imprimeur, est celui de Treterus (Plantin, 1576).
(8) Nom de plusieurs mathématiciens de Louvain apparentés à
Gemma Frisius, qui fournirent à Arias Montanus des instruments
astronomiques.
(9) Cornélius Reinerus, docteur en théologie à Louvain.
(10) Pierre van Tongheren, commis de Plantin, épousa en effet
cette année la sœur de Jean Moretus. S'étant de nouveau rendu seul
à la foire de Francfort en 1586, il fut attaqué par des soldats et
dépouillé de tout son avoir.
(11) Léon de Castro, le détracteur de la Bible royale en Espagne.
883. — Antoine Gasseii à Martine Plantin.
(Archives Tlantiniennes, LXXXII, f** 483).
Paris, le 10 juillet 1580.
Cousynne Mart3nine. La présente sera pour vous ad-
vertyr que la grase Dyeu, je me porte fort byen et touste
ma famylle, au reste nous avons tous eu la quoqueluche
et asture nous somes en un povre règne. L'on delese la
vylle de Parys. Je dys que l'y a plus de la moystyé du
monde deors come la noblese sens que ont moyen au
chans et les bourgoys le semblable. Les ecolyers sont de
ja deors (i). Je vous lèse a panser sy sela n'epovante pas
la vylle ou sens que demurant et portant, je ne suys pas
delyberé d'avoyr davantaje de marchandyze dont je vous
prye et vous suplye de voloyr dyre a madamoyzelle
Suzanne que (2) l'y feray tennyr argent le plus tost que
me sera posyble mes toutes foys yl fault byen que consy-
derent le tans que croyés que l'on ne dy pas combyen
toutes foys yl fault toust remestre en Dyeu dont je prye
a Dyeu que nous soyt en sa saynte garde a tous a un
— 174 —
chaqun Aureste je vous prye cousynne de me mander
un peu la toust talyté de se que avés receu pour moy
pour aselle fyn que je voye se le conte du sr Jensere
vyendra par ce que m'a ranvoyé des espeses légères et
ausy que je voye comment yl a fect le chanje et je
vodroys byen avoyr les sedulles que avés payé pour
moy et moy étant par delà je vous satysferay sy plest a
Dyeu que je croys que avec le tans Dyeu provoyra a
toust par sa bonté et grase. Je vous donne beaucoup de
peynne mes j'espère que avec l'ayde de Dyeu que le
toust se portera byen sy plest a Dyeu et que nous serons
tous contans les uns des autres et je vous prye cousynne
de m'envoyer de vous novelles le plus tost que vous sera
posyble. Autre choze je ne sa}^ que vous mander sy non
que je avoys grende anvye de vous aler voyr mes croyés
que le tans est byen dyvers et septera. Cousynne je ne
say que vous ecryre autre choze pour le présent sy non
que je vous prye de me recommander a la bonne grase
de monsr. vostre père et a madame vostre mère et au
cousyn Mouranteurf et a tous les amys sans oblyer les
noveaus maryés (3). Je vous suplye leur présenter me.s
humbles recommandatyons. Je vous prye d'anprendre
vostre part. De Parys se 10* Julest 1580
par vostre afectyonné cousyn a james.
A. Cassen (4).
(Adresse au verso :) Soyt donnée la
présente a la quosynne Martynne
Au compas d'or anvers an
La quamestrate
Anvers
pa)'és de port dus patz.
'5
(i) La France fut en ce moment le théâtre de luttes intérieures
acharnées entre catholiques et protestants, menées par Henri de Guise
et Henri de Navarre. En outre, l'année précédente, la peste avait fait
30.000 victimes dans la ville de Paris seule ; durant quinze ans,
l'épidémie y resta chronique.
(2) Mot illisible.
(j) Henriette Plantin, qui avait épousé Pierre Moureiitorf en 1578.
(4] Antoine Gassen ou Gassan, frère de Jean, le malheureux époux
de Catherine Plantin. Antoine, comme son frère, était marchand à
Paris, trafiquant non seulement en dentelles et lingerie, mais aussi,
comme on le verra par la lettre du 26 mai 1581, en tableaux ft en
acier. C'est Martine, femme de Jean Mourentorf, qui correspondait
habituellement avec lui.
884. — Henri du Tour (le jeune) à Plantin.
{Archives Plantiniennes , LXXXl, fo4 5 5).
Il Juillet 1580.
Trescher Compère. J'ay receu vos Lectres avec les
Chartes et Figures des Villes et Provinces du païs bas,
desquelles je feray mon debvoir pour avoir aussy le
pourtraict de la ville de Gand, au plustost qu'il me sera
possible (i). Car je m'ay blessé en ma jambe (op de
schene) que je ne puis encore aller par les Rues, qu'il
me fauldra par ce moyen attendre encore quelque 3. ou
4. jours que la jambe soit reguarye s'il plaict a Dieu. Et
me semble sans besoin d'envoyer vostre Copie originele
de vostre Previlege, mais qu'il suffira d'en envoyer une
Copie signée par quelque Notaire, et j'en feray mon
debvoir selon mon pouvoir pour en avoir le Congié ou
absolute Responce et Resolution. Sy le Prince de Condé
est arrivé en Anvers le Vendredy au soir, ila faict bon
voyage. Car il estoit icy jusques aux 10. heures du
matin, a cause de la seconde foulle et trouble de mauvais
- IJé -
bruict des malcontents, car corne il estoit sorty la porte
d'Anvers et oyoit l'alarme des Tambourins, il est re-
tourné en la ville, jusques a ce que les troubles cessè-
rent, lesquelles commençoyent d'un mauvais bruict de
villageois lesquelz s'enfuyoyent en la ville en apportant
le bruict que les malcontents estoyent derrière eulx,
dond il n'en estoit rien ou bien peu. Mais il nous fault
bieij confesser et douer la gloire a Dieu que s'il n'eust
veillé pour nous le jour précèdent, et leur envoyé sur le
col une pluye sy excessive qu'ilz ne pouvoyent tenir feu
en leur mesches, que nous fussions trestouts perduz et
massacrez. Car ilz ont esté jusques au dessus des Ram-
parts, et n'avoyent nulle eau a passer, et n'y estoyent
que 7. soldats des nostres sur le Rampart, dond les 4.
n'avoyent point de pouldre et s'enfuyoyent et il estoit
bien long temps devant que les bourgeois estoyent jwests,
oukre tout cecy, avec la venue et entrée du Prince de
Condé par la mesme porte, on avoit deschargé et tiré
toutes les pièces d'artillerye dudict costé, lesquelles
estoyent encore vuydes, et n'y avoyent ny boulles ny
pouldre, tellement que pour le premier coup de canon
les bourgeois versoyent leur pouldre en un chapeau,
dond ilz tiroyent un coup avec le tappon. Et cependant
l'ennemy n'osoit entreprendre l'assault, voyant le nombre
des bourgeois accroistre, et par ainsy ilz se reculèrent en
pillant et chassant devant eulx touts les chevaulx, vaches
et brebis qu'ilz pouvoyent rencontrer jusques a Cour-
traj' (2). Nous fondons les imperfections de l'Augustine
Allemande, lesquelles come il me semble montent sy
hault qu'il ne me semble besoin d'en fondre la seconde
fonte, puis que je pense que vous avez délibéré de faire
parfournir la première fonte avec les imperfections. S'il
— 177 —
ne vous discommode et que ne l'oubliez, je vouldroy
bien veoir une espreuve de l'Herbaire (3).
Je me trouve en telle charge avec la maison mortuaire
de mon Père que je ne voy moyen de me pouvoir mectre
en ma besoigne et soigner de mes affaires, encore en
dedens 4. ou 5. sepmaines, et ne scay aussy après toute
la ruse et travail si je prouficteray chose d'importance
ou non, tellement qu'il m'ennuye grandement et ne fust
la compassion des 5. petits enfants du dernier lict, je
feroy peu de compte de quicter le tout. Et sur ce me
recommandant a vostre bone grâce de la dame de voz
biens et le reste de vostre famille, je prye Dieu estre
vostre garde. De Gand ce 11. Juillet 1580, par
Vostre compère et serviteur a comman-
dement Henry du Tour.
(Adresse :) Au Sire Christofîle Plantin
Chef Imprimeur du Roy en son
Imprimerye derrière le Marché
du Vendredy
A Anvers.
(1) Comme à la plupart de ses amis et relations, Plantin s'était
adressé à Henri Van den Keere pour avoir des cartes et plans, en
vue de la nouvelle édition de Guicciardini, Descrittiont di tutti i
Paesi Bassi, 1581.
(2) Allusion au coup de main essayé par les Malcontents pour
surprendre la ville de Gand, au mois de juillet 1 580.
(î) C'est le Pïantarum seu slirpium Ustoria, ou la traduction fla-
mande, parus tous les deux chez Plantin en 1581 : Kruydtboeckoft
Beschrijvinshe Van alhrhye Gheivassen, Kruyderen, Hesteren ende Ghe-
hoomten, deur Matthias de Lobel, Medmjn der Princ. Exe'-. In-fo.
12
- lyS -
885. — Plantin à Jean Matai Metellus.
{archives Tlantif tiennes, X, f» 19).
4 Août 1580.
(Muret ayant insisté sur l'achèvement des Variée Lectiones, Plantin
s'en étonne fort : depuis quatre mois, il lui a envoyé les dernières
épreuves ; en mai, cinquante exemplaires du livre lui ont été expédiés.
L'imprimeur accepte de mettre sous presse la Bibliothèque d'Apollo-
dore, en grec et en latin, la dernière édition, parue à Rome, étant
très défectueuse. Plantin imprime en ce moment les œuvres de
Cicéron, corrigées par Fulvius. Ortelius est informé de la lettre de
Matai, concernant la géographie de Ptolémée. Languet est parti
d'Anvers et a prié Plantin de garder les lettres qui arriveraient à son
adresse).
D. Joh. Matalio Metello Sequano (i) C. Plantinus.
Miror Muretum petere ut ego absolvam Varias ejus
lectiones (2) cum ego ipsi ante menses quatuor folia
omnia miserim absoluta et iterim per veredarium eadem
mense Mayo atque in sarcinis duabus quiuquaginta inté-
gra exemplaria in singulis nempe 25. Si quid miserit ad
nos non poterit non esse gratiss. Quamvis hoc tempore
pauciss. libri Graeci distrahuntur paratus ero Apollodo-
rum Grsece et Latine recudere ubi exemplar unum ab
aliquo correctum accepero. Scio etenim eum auctorem
Romas fuisse incorrecte admodum editum, id quod me
ante aliquot annos deterruit ab eo imprimendo (3).
Opéra Ciceronis a Fulvio emendata imprimo. Ortelio
dicam quîe scribis de Geographia Ptolom^ei. De publicis
nihil. Utinam vere cogitent de pace. Languetus (4) ante
aliquot hebdomadas hinc ut aiebat discedens a me petiit
ut si quas ad illum reciperem litteras adservaremus donec
rediret aut ipsemet ad nos scriberet qtio eas mitteremus.
— 179 —
111e vero mihi non dixi't nec eum interrogavi quo profi-
cisceretur. Vale. Antverpias 4. Sextilis 1580.
(i) Voir antérieurement à propos de cet ami de Plantin, et surtout
d'Orteiius.
(2) Les Variie Lectioues de Muret avaient en effet paru cette même
année.
(5) L'édition romaine à laquelle Plantin fait allusion, est proba-
blement celle de Bened. Aegiiis, parue en 1555, a in sedibus Ant.
Bladi », in-80. En 1581, Plantin se proposa d'éditer le livre du
célèbre grammairien d'Athènes, mais avec les notes de Sufïridus
Petrus. Le Musée possède un exemplaire de l'édition de 1555, pourvu
de nombreuses corrections, sous le titre manuscrit suivant : ,ApoUo-
dori ^tbeniensis gramniatici ; bihliotheces, sive de Deoriim oriaine, îibri
très ; Graece, ac Latine. Benedicto tAegio Spoletuw, hiterprete. A Suffrido
Petto Leovardiensi, Frtsio I. C, recens emendali.
(4) Hubert Languet, grand polémiste français du xvi= siècle, mort
à Anvers le 30 septembre 1581, auteur de V^Apologie ou défense de-
tresillustre prince Guillaume par la grâce de Dieu prince d' Orange : Contre
le Ban & Edict publié par le Roi d'Espaigne.. présentée à Messieurs les
Estais Générants des Taïs bas. De l'Imprimerie de Charles Silvius,
Leyde, 1581.
886. — Ciofano à Plantin.
{Archives Plantiniennes, LXXX, fo i65"r)_
Rome, le 6 août 1580.
(Depuis que Ciofano envoya à Plantin son travail sur Ovide, il a écrit
certainement sept ou huit fois, toujours avec quelques nouvelles
observations pour l'éditeur. Il vient d'apprendre maintenant par Cas-
nedo que l'imprimeur se porte bien. Ciofano voudrait que son livre
pût paraître prochainement. 11 envoie à Plantin une nouvelle préface
pour ses notes sur le Halieuticon, et quelques ajoutes et corrections
pour son commentaire sur les Métamorphoses).
ibo
Molto Mag^" S""" mio oss"°.
Dopo li 22 di Marzo, ch'io vi mandai le mie fatiche
sopra Ovidio, vi ho scritto sette ô otto volte, et sempre
vi ho mandata qualche cosa d'aggiongere à quelle, et
averiito voi di quello, che mi pareva essere necessario :
da V. S. mai di cosa alcuna so stato avisato, solamente
hora ho saputo dal Casnedo che state bene, et che gli
havese scritto. vi priegho mi diate aviso délie mie fatiche,
che le vogliase stampare subito, come mi scrivesse. Vi
mando hora alcune cose, et alcuni avertimenti. Cancel-
late il titolo délia prefatione dell' osservationi dell'
Halieutico, et délia parola : Si hoc poema etc. insino à
quelle : Quas omnia etc. mettiate avante l'osservationi,
avante quelle : Accepit mundus legem, etc. Il restante
che segue dopo quelle parole : Q.uas omnia, cancellatelo,
et buttatelo via : che vi mando quest' altra prefatione :
III""" Abbati, Joanni Baptistae Albano Hercules Ciofa-
nus Sulmonensis S.
(Suite la dédicace qui se trouve aux pages 86-8 y de
P. OviDii Nasonis Epistol^ Heroides, ab Hercule Cio-
FANO SuLMONENSi OPE VETERUM Hbrorum emendataii, &
observationibus illustratïe. AntverpiiE, Ex ofHcina Chris-
tophori Plantini. m.d.lxxxii).
Nel lib. XIII pag. i66 ante illa : Consedere duces, Pone
hîec :
Consedere duces {Suit toute la page 224 de Herculis
CioFANi Sulmonensis in P. Ovmii Nasonis Metamor-
PHOSIN5 EX xxiii. ANTiQUis LiBRis Obseruationes. Antver-
pi^, Ex off. Chr. Plantini. m.d.lxxxiii).
— i8i —
Cancelhite nnchora il titolo délia prefatione délia
Metamorfosi et le parol-e da principio insino à quella :
Quidam (pasco enim eius etc.) havendoci quest' altro
Titolo :
Herculis Ciofani Sulmonensis Métamorphosées laus,
et Ouidij defensio.
duidam, cum sciret poëtam hune nostrum esse fabu-
larum scriptorem etc. insino à quelle parole : Atque
haec cum ita sint. Siche non mancate di cancellare il
principio et la fine, corne ho detto, col titolo.
Nella descrittione di Sulmona pag. 9. nell'aggiontioni
dopo quel parole di Andréa Silvio, quos tamen in potes-
tatem redegit, A;^giongete questo :
duam quidem cladem mirifice dolet atque exaggerat
Franciscus Petrarca lib. iix epistolarum, ad Barbatum
Sulmonensem scribens, de bello in Italia grassante. Jam,
inquit, Sulmonem primo belli impetu calcatum, in ditio-
nem hostium pervenisse fama est : heu generosum oppi-
dum, tuam et Nasonis patriam, quibus prosequar lamen-
tis, ab his hodie possessam, inter quos ille morte gravius
putavit exsilium ? Qui autem, adeo miserabiliter non
tam de exsilio, quàm de loco exsilij questus est, ut
librum non exiguum texeret querelarum. Quid dicturus
fuisset, Istri populos, et id genus hominum ; quam vagus
Sarmata, et arcitenens Getes, nivosos observant coUibus,
ad occupjndam armis patriam suam venturos, ullo tem-
pore praevidisset, ad quos se Caesaris imperio proficisci,
tam inique tulit animo, ut nihil aliud fleret, nihil aliud
deprecari, nihil aliud loqui posset. Te vero frater, quid
nunc dicere arbitrer, qui ista cernentem, quae nec ego
etc. Item circiter annum m.ccc.lxxx, ut idem Silvius
scribit de historia Europae, Rhenanus etc. (i).
— l82 —
Altro non ho da mandarvi ne sopra la Metamorfosi,
che alcLine bellissime cose mi sono state robbate, ne
sopra altro libro, ch'io gia vi ho mandato quanto ho di
buono, et d'utile sopra tutto Ovidio. Si che V. S. po
cominciare à stampare l'opère d'Ovidio con le mie
fatiche, et il priegho à farlo quanto prima, poi che cosi
mi promese, vi priegho anchora che mi diate aviso di
quanto vi ho mandato, et di gratia non mancate. N. S.
Dio vi feliciti, et prosperi. Di Roma alli 6 d'Agostd
1580.
D. V. S. S" aff°° Hercole Ciofano.
(Adresse au verso :J Christophoro Plantino viro ornatis-
simo
Antverpiam.
(i) Ce passage aurait dû venir à la page 13 de l'édition planti-
nienne de 1583 : Herculis Ciofani Siihnonensis in omnia P. Ovidii
Nasonis Opéra Obseruationes . Vna cum ipsitis Oiiidij Vita, & descrip-
tione Sulmonis. In-S**.
887. — Plantin à Henri III.
(In : Opéra loan. Goropii Becani, hactenus in lucem non édita.
Plantin, 1580, Francica, fo 2).
Avant le 19 août 1580.
(Plantin se rappellera toujours avec reconnaissance comment, après
le sac d'Anvers, le roi de France lui offrit les fonctions d'imprimeur
officiel, avec gages et privilèges considérables. L'archi typographe se
permet donc de dédier au roi ce livre savant, qui traite des origines
de son peuple).
- i83 -
Ad Serenissimum et Christianissimum Regem Henri-
cum III. Francis et Polonise.
Cum in manibus meis varia opéra loannis Goropij
Becani essent, Christianissime Rex, quibus cogitabam
dare lucem; visa mihi est peropportuna occasio decla-
randi animi mei studiiq. erga potentissimum regem.
Teneo enim memoria & sternum tenebo, heroicam
illam & insignem liberalitatem animi : qua me post cla-
dem Antverpiensem Lutetiam venientem M. Tua ita est
complexa, ut ultrô ac sponte honestissimum mihi Typo-
graphi Regij munus detulerit, cum descriptione stipendij
privilegiorûmque liberali & ultra votum. Quod benefi-
cium nisi maximi asstimem, stultus sim : & nisi agnoscam
praedicémque, ingratus. Itaque libenter & meritô, cùm
Francica lo. Becani, viri dum vixit magni, vulgarem :
titulo ipso admonitus, opus hoc mittendum censui ad
magnum Francorum Regem. Confido autem & opère
ipso delectatum M. T. iri, in quo multa nec protrita
sunt de origine celeberrimas gentis : & certè animum
meum gratum ilii futurum, qui pro copia opibùsque
testatum relinquere devotum studium suum & benivo-
lentiam voluit. Deus opt. max. Maiestatem T. cum
regno incolumes tranquillôsq. conservet.
T. M'i»
servus humillimus
Christoph. Plantinus (i).
(i) La Francica loannis Goropii Becani forme le quatrième tome
des oeuvres posthumes du célèbre médecin anversois. Chacun de ces
volumes, reliés ordinairement ensemble, est dédié à une personnalité
différente. Une préface générale de Lsevinus Torrentius à Arias Mon-
tanus précède l'ouvrage. Après la première partie, Hermathma, vien-
— 184 —
nent les Hieroglyphica, avec une dédicace de Plantin à Gasparus
Studlerus de Zurich ; ensuite le Vertiimnus, avec une préface de
l'imprimeur à Arnoldus Flemingus Wineghemus ; les Gallica, avec
une lettre de Plantin à lacobus Taius D. de Goicken ; les Hispanica
contiennent une épître du même à Corneille Prunius, datée du 19
août 1580.
888. — Rat aller us à Plantin.
{archives Plantiniennes , XCII, fo 247).
25 Août 1580,
(Ratallerus a oublié d'ajouter à l'exemplaire corrigé de son Sophocle,
la version de l'oracle et l'énigme du sphinx, qui précèdent VŒdipus
Tyrannus. Il prie Plantin de remettre ces passages à leur place.
Quant à l'édition des trois pièces d'Euripide, Ratallerus attend la
réponse de l'imprimeur à sa letti-e précédente).
S. P. In priore Sophoclis editione non fuit addita
versio Oraculi Laio dati et iEnigmatis Sphingis, quse in
Grasca editione exstant Oedipo Tyranno préfixa. Quag
etiam versio nescio qua negligentia in recognito exem-
plari omissa est, quod ad te superioribus diebus trans-
misi (i). Qjjod cum in mentem venisset, commonefa-
ciendum te putavi ut versionem eam post argumentum
Oedipi Tyranni adjici cures, pagina 200 in recognito
exemplari.
Quod de Phœnissis, Hippolyto, et Andromacha Euri-
pidis (2) postremis literis ad te perscripsi, ejus adhuc
responsum abs te exspecto. Vale opt. Plantine. Ultrajecti
VIII Idus Septemb. 1580.
Tuus ex animo
G. Ratallerus.
- i85 -
Oraculum Laio datum ex Gr^co.
Felicem poscis sobolem tibi Laie, voti
Efficiére tui compos, potieris amata
Numine proie meo. Sed fata hoc voluere noris,
Proie ut ab occisus linguas lias aetheris auras.
Hoc Pelopi quondam sic Juppiter annuit ipse,
Ob carïe raptum sobolis, tam saeva precanti.
iEnigma Sphingis ex Graeco.
Quadrupedem, bipedem, tripedemque humus educat aima,
Vox huic una sonat, interque animalia solum,
Sive ea per terram qu^e reptant, sive sub undis
Qux vitreis degunt, seu permis aéra fulcant,
Naturam mutât, pedibus quo nititur ire
Pluribus, hoc fermi minus est per membra vigoris.
{Adresse au verso :) Doctiss. Viro D. Christ.
Plantino Architypographo Regio
Antverpiam.
(i) C'est l'exemplaire cité dans la note 2, lettre n° 876.
(2) Voir note 3, lettre n» 876.
889. — Pierre Porret à Jean Moretus.
{archives Plantiniennes, XCI, f" 119).
Paris, le 4 septembre 1580.
Frère et amy. J'ay receu vos lectres en datte du 24. Juin
et 22. Juilliet par lesquelles m'escripvés avoyr mys en
comte les 50. escus desquelz n'estoit faict mention au
i86
double du comte envo3'é et 32. de M^ Aubin, despu37S
j'en ay encore receu dudict Sonnius 150 et 20. de maistre
Aubin et quand au comte de Manmalcer (i) vous le
verres en la lectre que j'escrips au seig"" Adriane et celle
de mons'' de Liesvelt et de mon frère pour le seig"" Ferez.
Le tout ensemble se monte 475 escus 5 r solz et j'ay receu
en tout de Sonnius et de M^ Aubin 302 escus et 180 fl.
en aultres monnaies (?) que vous redigerés en escu car je
ne scay pas bien ayde a rédiger florins en escus. Je pen-
çoys ne prendre pas tant d'argent et m'acquiter de la
pention du ragonde (?) mays je seray contrain d'en
prendre encore quelque somme dudict Sonnius et pour
cela je m'en iray jusques en sa maison des champs ou il
est il y a environ un moys et vais en ceste ville de Mon-
morency ou la nécessité m'a contrain achepter une petite
cabane. Car personne ne veult loger ceulz de Paris. Vous
verres par les comtes que j'envoye au seig"" Adriane Man-
maker d'où vient la faulte du comte. J'ay faict escripre le
comte liquidé a mons"" le chancellier (2) par son fils
comme verres en sa lectre. Vous me mandés par la vostre
du 22. Juilliet que vous m'avés escrip un petit mémorial
enfermé en la lectre de nostre frère. Je vous advertys que
je n'ay receu ny le mémorial ny la lectre, mays le con-
tenu en icelle est desclaré par vostre lectre, c'est que le
seig"" Loys Ferez veult que je cerche homme pour con-
duire ses nepveuz, et que il fera le mesme de son costé,
de sorte que s'il en avoit trouvé un et moy un aultre,
l'un des deux seroit trompé, par quoy ay esté d'advis
d'atendre sa resolution avec celluy qu'il pourra envoyer^
en attendant certaines novelles dudict lieu de Bourges,
car on en parle diversement, les ungz disent que la peste
y est comme a Paris, les aultres disent que non. J'attendz
— iSy —
lectre de Manmaker lequel y est allé et m'a escript
d'Orléans que si la peste y "estoit comme il avoit entendu
qu'il prendroit le chemin de Lion. Je prie Dieu le con-
duire car c'est un bon enfant sage et modeste. Et sur ce
feray fin me recommandant a vous, a Martine et toute
vostre famille, priant Dieu vous donner en joy et santé
bonne vie et longue. Escript a Paris ce 4 (ou 12) Sep-
tembre 1580.
Vostre frère et amy
P. Porret.
(Adresse au verso :) Au sire Jehan Morentorf
marchant libraire A l'enseigne
du Compas d'or
A Anvers.
(i) Christophe Mannemaker, dont le fils étudiait également à Paris
et habitait chez Porret. Adrien était l'oncle du jeune Mannemaker.
(2) Thierry van Liesvelt, chancelier de Brabant. Voir lettre suivante.
890. — Pierre Porret à Thierry van Liesvelt (i).
{archives Plantiniennes, XCI, fo 107).
Montmorenc)', le 11 septembre 1580.
Monseignieur. Je vous ay escrip par plusieurs foys.
Je ne scay si vous avés receu mes lectres que tous les
collèges de Paris sont fermés et que la peste s'estant
bien fort approchée de nostre logis, j'ay esté contrain de
retirer vostre filz en ceste ville de Monmorency. La ou
nous somes logés a grand peine et grandz frais et sans
taveurs_, on ne nous souffriroit pas au lieu a cause que la
— i88 —
ville de Paris est fort descriee pour la peste. Il avoit un
compagnon qui a tousjours esté avec luy en mesme
chambre fort modeste et bon estudiant lequel est party
pour continuer ses estudes a Bourges ou quelque aultre
université f.imeuse pour ne perdre son temps. Car il y a
peu d'espoir que de long temps les collèges puissent estre
ouvers. Parquoy je vous supplie treshumblement de vou-
loyr prendre quelque bonne resolution pour envoyer
vostre filz en quelque bonne université, non pas que je
soye enuyé de sa compagnie laquelle m'est fort agréable,
mays je seroys marry que un si gentil esprit perde son
temps. Car je vous puys asseurer que j'ay veu peu de
gens du pais qui se soyent mieux façonné que luy. Et
estant poulcé aux estudes il a l'entendement bon pour
estre employé en grandz affaires, qui me faict vous sup-
plier derechef de ne le laisser icy perdre son temps après
ses compagnons. Car je m'asseure qu'il les passera tous,
car il ayme l'estude et n'est jamays oisif. Au reste, il vous
a envoyé les comptes de ce que j'ay desbourcé pour luy
qui se monte a la some de 31. escus et avant que vous
ayez receu la présente il aura desmeuré 13. moys avec
moy qui se montera en some 135. escus solz. Surquoy
on m'a escrip avoyr fourny a Plantin pour mon comte a
deux foys la some de 254 fl. 7 pat. parquoy vous plaira
livrer audict Plantin le reste de ce quy me sera deu pour
payer le seig"" Sonnius qui nous fournist argent sans
lequel je seroys en paine, car estant hors de Paris, je
n'ay aulcune commodité. Et sur ce je salueray vos
bonnes grâces de ma treshumble recommandation, priant
Dieu,
Monseig', vous donner en joye et santé, bonne
— 189 —
vie et longue et augmentation de vostre grandeur.
Escripte a Montmorency ce 11. Septembre 1580.
Vostre serviteur treshumble
P. Porret.
(Adresse au verso :) A Mon Seig''
Mons. de Liesvelt
Chancellier de Brabant
A Anvers,
payez le port.
Geste ne servira que pour mémoire du comte et cela
fault baillier.
(i) C'est la première des nombreuses pièces, conservées aux archi-
ves du Musée, provenant de Pierre Porret, l'ami d'enfance de Plantin.
Ces lettres, quoique très intéressantes, ne se rapportent pas toujours
aux affaires de l'officine anversoise. Par la présente, nous apprenons
que Porret surveilla les études du jeune van Liesvelt, fils de Thierry,
l'éminent jurisconsulte bruxellois, nommé chancelier de Brabant
vers 1579.
891. — Jean Gouault (i) à Plantin.
{Archives Plantiniennes, LXXXIII, fo 481).
Troyes, le 19 septembre 1580.
De Troyes le 19= septembre 1580.
Sieur Cristofle Plantain. Je me recommande a vous
tant comme je puis, ceste vous donnera advis que je
vous envoyé deux fardeaux marqués n° 13, n° 14 PN
desquelz seluy n° 14 j'ay promis a la veufve feu S""
Anthoyne de Tolenare luy env(oye) et le dois délivré
en vostre mayson. Je vous prie luy envoyé les laictres
sy inclus et sy ele vous mande que luy envoyés (s'il) vous
— 190 —
plaict ferés suivant sa laictre et me ferés grand playsir,
l'autre n° 13 est pour vostre compte dans lequel trouvères
88 Rames pety bastar a la main parmy 17 Rames tandre
9 Rames dudy
II Rames pety bastar de vilage
108 Rames a 5 fl. 10 d 31 — —
36 Rames bateleus 346. 6d. . , . 8 — —
39 — —
se qui ne vous duyra s'il vous plaict me le garderés avaic
l'ambalage qui sera l'androict ou je prie Dieu vous donner
sa grasse.
Par vostre serviteur et antier
amy Jehan Gouault.
Je vous ay envoyé depuis mon partemant d'Anvers, je
vous ay envoyé encore 6 fardeaus assavoir n° 7 n° 8 n° 9
n° 10 n° II et n° 12. Je vous prie me mandé sy les avés
resu et adressé vos laictres a S' Charle le Grand marchant
demeurant a Rouan rue du vieux paies devant le lion
rouge.
(Adresse au verso :) A Sieur Cristofle
Plantain marchant
Imprimeur demourant
en la rue de la camestrad
a l'ansenie du compas
d'or
A Anvers,
de port deux patard.
(i) Jean Gouault, papetier de Troyes, en rapports fréquents avec
Plantin jusqu'à sa mort.
— 191 —
892. — Plant in à Arias Montanus.
{archives Plantmiennes, X, fo 19^).
Octobre-novembre 1580.
(Arias recevra deux exemplaires des œuvres posthumes de Becanus,
dont Torrentius lui a dédié la préface. Plantin lui envoie en outre
les Notationes de François Lucas, qui sont jointes à l'édition de la
grande Bible latine. Les livres de la Genèse et de VExode paraîtront
en grec et en latin, comme Plantin voudrait aussi faire pour les autres
livres. Le Nouveau Testament, imprimé en grec et en latin pour la
Bible susdite, paraîtra également en format in-S», à l'usage des écoles,
François Lucas vient de promettre à Plantin sa défense de la Para-
phrase chaldéenne, rédigée depuis plusieurs années. Le commentaire
d'Arias sur les Prophètes sera mis sous presse le mois prochain. La
Description des Pays-Bas de Guichardin s'annonce comme un très
beau livre. Les temps troublés obligent malheureusement Plantin à
se défaire de quelques-unes de ses presses).
111' admodum viro Dno B. A. Montano.
Mitto exemplaria duo Becani operum nuper a nobis
tandem editarum, tibique merito a D. Torrentio dedica-
tarum, cetera ex ipsius pr^fatione intelliges. Mitto etiam
folia notationum Francisci Luc^t Variantium exemplarium
Bibliorum quas etiam folio regali imprimo, conjungendas
Bibliis latinis quorum editionem auspicatus sum magnis
admodum typis uti ante aliquot annos conceperam (i).
Genesim et Exodum hebraice-latinè impressimus perge-
musque in reliquis Bibliorum libris Deo favente ad tînem
usque. Novum autem testamentum statui edere grteco-
latinum semel pro iisdem Bibliis et iterum in 8° pro
scholis : quare si quid in eo interea observaveris percu-
pio ad nos mitti mature una cum illis quas tuis litteris
pollicitus est ad loca illa inaniter reprehensa (2). Supra-
dictus Franciscus Lucas pollicetur etiam se ad nos mis-
— 192 —
surum suam pro Caldaica Paraphrasi defensionem quam
superioribus annis jubentibus theologis Lovaniensibus
conscripserat quam me impressurum spero in 4^° ut con-
jungatur cum notationibus inter compingendum, cum
alioqui sit dispar argumentum propter quam causam
separate vol u mine imprimam.
Commentaria vero tua in Prophetas sequenti mense
in 4'° etiam Deo favente aggredar et continua opéra
prosequar. Guicardini Descriptionem liarum regionum
duplo auctiorem Italice habeo sub praslo cui cartas harum
omnium regionum et urbes in piano ad vivum expresse
suis locis adjungentur omnes in sert excisa. Opus hoc
tempore sumptuosiss.
2 Horas 24°, 2 in 32°. — 2 Kalendarium cum figuris
asneis (3). i Diurnale in 24°, fig. de bois par faute,
Temporis difficultates maxime vero itinerum militibus
undiquaque impeditorum efficiunt ut de cessatione ali-
quot praelorum cogitare debeam ubi qu^ sub illis sudant
absolvero.
(i) Voir note 3 de la lettre à Arias Montanus du v juillet 1580.
(2) NovuM Testamentum Gr^ce, Cum viilgata interpretaiione
Latina Graci contextus lineis inserta. Ouce quidem inter pretatio.. aique
alla Ben. Ari^ Montani Hispalensis operâ c verho reddita. Antver-
piîe, Ex off. Chr. Plantini, 1583, in-S».
(3) Elégante petite impression, avec gravures sur cuivre de Pierre
Van der Borcht : Sanctorum Kalendarii Romani, luxta Concilium
Tridentinum restituti, Imagines in are excisa. Plantin, 1580, in-i6°.
— 193 —
893. — Henri Barrefelt à Plantin (i).
[Archives Plantiniennes, LXXVI, f» 433)-
17 Novembre 1580.
(Barrefelt a bien reçu les lettres de Plantin du 31 octobre et du 12
novembre, qui lui ont appris le rétablissement de l'miprmieur. Il
demande l'avis de Plantin à propos de l'édition du Livre du Trésor et
des Lettres missives. Si les circonstances le permettent, il voudrait venir
à Anvers vers la Purification, peut-être pour y établir son domicile.
Barrefelt parle ensuite d'un certain Hubbe, dont les idées restent tou-
jours flottantes. Plantin pourrait lui écrire un mot au besoin, ainsi
que vers la Noël, à Litterinus d'Utrecht, pour savoir comment la
secte s'y maintient. Les livres de Niclaes seraient prohibés en Angle-
terre Barrefelt n'a pas bien saisi pourquoi Plantin n'imprimerait pomt
le Livre du Trésor; il invite son ami à préciser ses objections. Com-
pliments à Arnold 't Kint, à Bylant et aux membres de la famille
du typographe).
Anno 1580 den 27 novembre.
Lieve vrant, ick hebbe 2 brijven, (i vanden lesten
ocktobre, unde vanden 12 novembre i) entfangen (2),
daer ick uth vornomen hebbe iul. beteringe daer ick
blijde om bin, mit uns is idt oick redelicken naden tijt.
Ick hebbe al wat syckelicken gewest, dan idt is nu gotlof
weder redelicken, wijder mijn lieve vrunt so moet ick
iuw mijn méninge van unse komenschop (3) ein wienich
schruven unde geven iuw dat oick to bedencken, dat is
dewijle dat ick wo langer wo merder de blintheit der
mensche bevinde, so doechte mijn wij wolden sien, ofte
wij ein wienich vanden schatboeck (4) konden gedruckt
crijgen, idt wer 3 ofte 4 hondert, tam hogesten unde
laeten de suive leggen, daer si) wel wezen, unde dan
wolden wij idt epestelboeck (5) voert daer na anfangen,
unde drucken daer vrij de helefte mor van, unde de
13
— 194 —
wolden wij ulh laeten gaen, sohijr unde daer under
de bekenden, unde besoeckent daer mede, daer na dan
dat de komenschop treck heft daer na solden wijse ande
marcket brengen, dit dochte mijn den besten raet to sijn
over de unbekentheit der menschen, up dat wij mit er in
de komenschop nicht to cort komen, wijder so idtdie
tijt wilde lijden so wer mijn méninge teerste schoen weer
datter um trijnt lichtmis komt so wolde ick over komen,
is idt dan nicht heel mitterwon, so sait mit mijn prasoo
wesen, unde dan wolden wij sien wat uns toe doen
stande. Angande van hubbe wet ick iul. nicht sanders ofte
seckers to schriven, dan ick int secret wel kan vornemen,
dat he van de eine buesel ofte blintheit in de ander
loopet, he komt altomit bij mijn, unde sit stel en swijget,
unde hoert wat ick seggen sal, unde als ick al wat segge
so swijget he daer dickwijl stel up, unde secht daer nicht
mendalen toe, dan mijn doncket dat he al wachtet ofte
ick hem van idt werck seggen sal, dan mijn doncket so
he in dat wesen blijvet unde uns daer nicht af ansprecket,
so solde men up idt leste als ick schijr vorreysen solde
na antwerpen, hem vragen ofte iul. solde hem ein brijfken
schriven, ofte he naden eijsche des werckx, mit uns wil
wercken ofte dat he des genoech heft, nicht mer dan
naden eijsche des werckx, secht he dan ja so sulen wij
hem den grant des wesens voer holden, unde seggen so
arbeijde wij, wil gij mede wercken up dat up fondament,
so suit gij mit uns loonn entfangen, secht he neen so is
he vol daen, unde kan uns mit de warheit nicht na seggen
dat wij hem daer uth worpen, gelick ick eins wat vor-
staen hebb. Hijr schrive ick iul. int corte idt fondament,
dan komen wij mit hem to sprack daer sal wat mer bij
valen. Wijder so dochte mijn oick, so den man van
— 195 —
Utrecht (6) geen antwordt up mijnen brijf gevet, so
mochte gi) wel um trijnt karsmis ein groet an hem
schriven, unde schriven de wile he an iiiw nicht schrivet,
so worde gij vororsaecket ein groet an hem to schriven
om to vorhoren oftet hem wel ginck, unde ofte daer wat
voert ganckx in de komenschop is. Unde dan solde gij
voert vorhalen dat unse vverck dat wij voer hadden, nu
wat stil leijt, um den tijt einwienich in to sien, wat he
voert brengen sal, unde vorhalen dan lijner mede (so idt
iuw goet doncket) wo dat de schreften van H. N. (7) in
engelant vorboden weren, dan mijn doncket dat idt
meest um er roewe leven is ; unde dan voert so he tôt
antwerpen quam dat gij vruntlicken up hem begerden
dat he iuw ansprecken sal, went gij soit noch wel geeren
mit hem wat van unse werck sprecken, toch nicht in
sonderheit van de grant, de bin ick wel secker, dan van
idt uth geven der getugenise (8) wat iuw daer van
doechte. Ick hebbe wel vorstaen, dat gij nicht vornoget
sijnt in idt uth geven, dan ick wet nicht encktelicken,
up wat punten dat gij to seggen hebbet, daerdorch dat
ick iuw vruntlicke bidde, um gots wile, dat gij mijn de
suive punten over schrift, up dat ick mag seen, unde
gevoelen, ofte ick ein rechte orsaeck voer got, unde den
mensche hebbe um idt werck stil toe laeten staen ofte
nicht, went mijn doncket dat idt sonder mijnen hulp ofte
to doen noch voer eerste nicht under den man sal komen,
daerum bidde ick iuw noch eins (so lief als got der men-
schen salicheit heft) dat gij mijn (so gij de gave van got
entfangen hebbet) ein clare uthkomst gevet, up dat
icker mit vrijer herten mijn haut mach aftrecken (gelick
als mijn donckt dat gij doet) ofte dat ick mit vrijer herten
tôt gots prijs behoer voert te voeren, um dat mijn tijt in
— 196 —
den creatiur cort is, unde dat daer noch schoonne dingen
vor handen sijnt so ick vorstae. Dus dochte mijn dat iul.
an hem mochte schrive, toch so idt iuw up ein ander wijse
beier doncket idt is mijn wel to wil, dan ick vinde de
eygenwijse so pruijts unde stolt dat sij er sulven wijs
maecken, dat sij hemel unde erde sulen beheerschen,
also dat men nicht wet wo mensy voerkomen sal, toch
int ende loopen sy er sulen doot. Hijr mede mijn lieve
vrunt wil ick iul. hertelicken groeten, unde ick bidde got
dat he unsen regijrder wil sijn um sijn werck (dat toch
voer de wijsen van deser werlt nicht is) uth te voeren,
idt welcke he oick doen sal. Groet mijn oick unsen vrunt
A tk (9), oick bijlant (10) mit sijn famijlij, unde schrivet
mijn miten eersten wat iuw doncket vanden inholt in
desen brijf.
bij mijn barrefelt iuw vrunt
unde diener wat ick vormach.
Wilet bijlant dat in gelechte brijfken
geven.
Den eersamen, unde voor-
sichtijgen Christophel
Plantijn, inden passer
in de kammerstraet tôt
Antwerpen
Den bode dre stuiver.
(i) C'est la plus ancienne des missives de Barrefelt, conservées
aux archives Plantiniennes. Celle qui suit dans le dossier est de l'année
1389. La majeure partie de cette précieuse correspondance s'est donc
perdue : Barrefelt écrivit plus tard à Moretus que toutes les semai-
nes, il reçut des lettres de Plantinl Voir Max Rooses, Christophe
Tlantin, imprimeur anversois, chapitre IV.
(2) La pièce de Plantin à Barrefelt du 22-28 août (n" 834) n'est
— 197 —
même pas citée, preuve du grand nombre de lettres que les deux
amis ont dû s'envoyer.
(3) Komenschap, ou commerce, signifiât « le parti » dans le lan-
gage conventionnel de la congrégation de Barrefelt,
(4) Il s'agit de l'ouvrage capital de la secte : Het Boeck dcr Ghetuy-
geuissen vanden verborgen Acker-schat, vervalet in achl deeleii, imprimé
par Plantin vers cette époque, ainsi que de sa traduction : Le Livre des
Tesmoignages du Thresor caché an champ.
(5) Les Sendl-brieven wt yverighe herieii, ende vjI afvoorderinghe,
schriftelijck aen de Lief-Jiehhers der JVaerheyt, deur den wtvloedt van
den Ghcest des eenwesighen Leiicns wighegheveit, petit in-S", par Barrefelt,
imprimés par Plantin à Leyde, mais dont la traduction, Epistres ou
Lettres missives, escrittes par Veffluxion d'esprit de la vie uniforme : Tra-
duittes du Jîameng, in-80, a vu le jour dans une autre officine.
(6) Hubert Littorinus, à qui Plantin adressa la lettre du 31 dé-
cembre suivant (n" 897).
(7) Henri Niclaes, l'ancien chef de la Famille de la Charité, dont
Barrefelt était un dissident.
(8) Het Boeck der Ghetuygenissen etc.
(9) Arnold 't Kint, adepte de la Famille de la Charité, beau-frère
de Hans Spierinck, gendre de Plantin.
(10) Bylant, autre disciple de Barrefelt.
894. — Plantin à Ludovicus a S. Francisco.
{Archives Tlantiniennes. X, f» 20).
27 Novembre 1580.
(Plantin se félicite de voir l'Espagne protéger des érudits comme
Ludovicus a S. Francisco, qui suit de façon si digne les traces d'Arias
Montanus dans l'étude des textes anciens. L'architypographe regrette
que ses moyens ne lui permettent plus de faire des éditions somp-
tueuses. Il a sous presse les Notationes de François Lucas. Depuis des
années, il avait voulu publier les ^4nnolationcs Vatahli, immédiate-
ment après les œuvres de S. Augustin et de S. Jérôme : la situation
troublée du pays le lui a défendu. La Bible en hébreu et en latin
paraîtra également en petit format. Plantin connaît M. Martinus ;
toutefois, il n'ose pas entreprendre l'impression de son Thésaurus ni
de son livre hébreu avant de les avoir fait examiner. Il souhaite
— 198 —
qu'ensuite quelque Mécène pût l'aider à supporter les frais de ces
éditions).
Rev"^" admodum in Christo Patri Fr. Ludovico
a S. Fr'° (i).
Litterae tuas Kal. Septemb. ad me datas ad xxiiii diem
Novcnib. redditiç mihi fuerunt, Pater in Christo Rev"^',
quibus paucis respondere me cogunt valetudo afflicta et
occupationes typograpiiicit. Gaudeo certe et isti regno
gratulor ex animo quod tantos viros alat uti est iilustriss.
ille Navarum Marchio cujus post pi^e memoriae patrem
nomen suspicio qui nobis et posteritati consulunt in
promovendis studiis tui similium qui Ben. illinc Ariae
Montani vestigia sequentes ad iinguarum cognitionem
non ostentationis multo minus contestationes sed pietatis
verc-e causa studia convertunt, ad quse juvanda pro virili
numquam me segnem pr^ebebo. Sed uti non tantas
laudes quantas mihi tribuere cupis non agnosco ita
nonnullorum istinc virorum suasionibus pertrusus ad
sumptus ingentes taciendos pro impressionibus futuris
librorum ritualium debiiitatas et attritas nostras facultates
sentio ut nec decimam partem sumptuum ferre queam
quos antehac potui. Interea tamen Dei beneficio non
deest animus bonus ad ea prosequenda quie studiosis et
piis viris spero utilia. Inter ea vero qua; jam sub pri^lo
habemus sunt Notationes Variantium exemplnrium etc.
in Universa Biblia (2) quarum spécimen antehac dedemus
in Novum Testamentum quas brevi spero me absolutu-
rum in forma quam vocamus 4* ; erit autem justum
voiumen. Vatabli Annotationes curaveram ante aliquot
annos per Theologiie facuhatem emendari et approbari
easque sperabam post D.D. Augustini et Hieronymi
— 199 —
operum impressionem imprimere : sed turbic exortas
precluserunt nobis itinera et commoditatem recipiendi
illinc exemplar nostrum de quo tamen aliquando reci-
piendo non desperamus.
Ego Biblia Hebraice-latina recudo minori pnpyro quam
ea sint quas cum Bibliis re^iis impressa fuerunt et studio-
sis minori pretio dari queant. Illis et Idiotismos adjungere
poterimus in gratiam pauperiorum quorum tenuitati
quantum possum accommodare me conor. Argumenta
in Biblia catholica probata si quis suppeditaret ego in
Bibliis imprimendis cons(ilium) t(uum) seq(uar) avidis-
s(ime). D. Martinum Martinum (3) virum fuisse doctiss.
non ignoro, sed de ipsius Thesauro nihil polliceri
auderem prius quam vidissem uti neque de illo libro
hebraico quem scribis Pulmannum nostrum Rev, P. T.
ostendisse. Q.uod si quis esset Mœcenas qui nos in
sumptibus faciendis juvare vellet, ego illos libros et alios
non minus reipub. Christianas utiles emittere conarer
animosissime per Dei gratiam qui tibi tuisque conatibus
et studiis piis favere semper dignetur. Antverpi^e raptim
27. Novemb. 1580.
(i) Ludovicus a S. Francisco, théologien portugais et professeur
de droit canon ; il publia à Rome plusieurs ouvrages de philologie
sacrée dans la seconde moitié du xvie siècle.
(2) Sur cette publication de François Lucas, voir lettres précé-
dentes.
(3) Probablement Martinus Martinez, docteur et professeur de
théologie à Salamanque, auteur de Institutiones lingnarwn hebraica &
chaldaic.c et de plusieurs ouvrages de théologie. Plantin n'a rien
imprimé de lui.
— 200 —
895. — Plantin à J. Fr. Nunos.
{Archives Planttniennes, X, fo 20^').
10 Décembre 1580.
(La lettre de Nunos a été reçue par Plantin au bout de vingt-et-un
mois. L'imprimeur s'étonne de ce que Nunos assure avoir laissé cliez
lui la Somme du père Molina. Plantin prétend qu'il a obtenu du
doyen de la cathédrale d'Anvers, la partie du livre jusqu'à la lettre E.
Le père Molina, décédé depuis lors, lui devait une certaine somme
d'argent : Plantin espère que Nunos lui apportera en compensation
tout le manuscrit, qu'il aurait déjà imprimé s'il avait pu en disposer).
Rev. P. Fr. Johanni Francisco Nuno Socio Patris
Molin^e (i) M. Commendatari confessarij.
Tuas vel tuo nomine 3. Idus Aprilis 1579 scriptas
litteras P. Rev. ego priiiium 10. hujus mensis Decembris
accepi, nempe vigesimo primo postea niense quam
scriptas testentur. Hac itaque de causa miror ubi nam
tamdiu héeserint ill«. Magis vero quod scribas te reli-
quisse apud me Summam R. P. Molinas (2) cum tu
scias si recte meministi me tantum accepisse usque ad
litteram E inclusive neque id quidem abs te sed a Rev.
D. Decano Ecclesias B. Mari^ hujus urbis cui jubente
ut tum intellexi dicto Rev. P. Molina vos tradidistis
exemplar totum examinandum, a quo post primos qua-
terniones continentes usque ad dictam litteram E nihil
prorsus accepi. Alioqui jamdiu est quod impressionem
dictée Summîe agressus fuissem. Quod propterea facere
nequivi idque meo damno qui te procurante cum hue
rediisses post abitum exemplar debebam habere integrum
pro ea summa pecuniaria quam mihi debebat ut scis
defunctus ille Rev, P. Molina. Proinde ad dictum Rev.
D. Decanum poteritis scribere et ab eo intelligere ubinam
— 201 —
sit reliqua pars exemplarls eamque ut decet mihi procu-
rare. Bene vale Rev. P. Antverpias lo. Deccmbris 1580.
(i) Etienne Molina, de l'ordre des frères Mineurs, confesseur du
Comendador mayor de Castille, Voir la lettre de Nuno à Plantin,
n" 826.
(2) Ibidem, note 2, à propos des éditions plantiniennes de la 5o)H»«e
de S. Thomas.
896. — Plantin à sa fille Madeleine.
(Archives Pîantiniennes, X, fo 20^].
2$ Décembre i$8o.
Ma fille Magdelaine, pour response aux vostres du 3
de ce mois, tenés vous asseuree que vostre mère ne moy
n'avons ni n'aurons souvenance des fautes passées que
recongnoissés pour vous en porter rancunne ne despit,
scachants bien que faillir est commun a l'ignorance, mais
c'est a vous de vous en souvenir pour éviter le mal qui
s'en ensuict.
Quant a la demande que me faictes de mon enseigne
et des livres de mon impression avec leurs aflBclies, je
seray trescontent de le faire non seulement aux condi-
tions et moyens que j'en reçoy de celuy qui les a main-
tenant, mais encores a cent escus moins par chaicun an
qu'il ne m'en a tousjours baillé, advancé et payé et le
continue (i). De sorte que je luy doibs bonne somme
présentement. Car sans ledict advancement, la distribu-
tion grande et recepte des payements impossible me
seroit de continuer a m'acquicter et moins a imprimer.
De sorte qu'a mon grand deshonneur et de vous tous et
202
a une perplexité corporelle en nos vieux jours et caducs
il nous faudroit tromper ceux a qui devons perdre credict
et tous moyens de vivre. Et pourtant ma fille considérés
la vérité de ce que je vous ay tousjours advertie touchant
nostre moyen qui n'a esté autre qu'en assidu labeur et
sobriété ou espargne de ce que possible nous a esté de
contenter nature sans adviser a la grandeur du nom ne
manières de faire d'autruy. Car nous n'avons jamais eu
rien de nos parents que charges et cousts (2) et si avons
commencé premièrement mesnage du seul labeur de nos
mains et depuis le nous a convenu par les accidents
survenus recommencer plusieurs fois du mesmes et
finalement nous rendre comptables et serviteurs d'autruy
ce que nous sommes encores de trop plus que ne pensés.
Et pourtant je vous supplie d'adviser si nous pourés
ftire comme autruy a cent escus moins par an comme
dict est et nous serons tresjoyeux et contents qu'ayés
l'honneur et le profict. Et pleust a Dieu que nous peus-
sions vous faire mieux.
(1) Il s'agit du libraire Michel Sonnius et du contrat conclu avec
Plantin, le 22 août 1577 (voir pièce no 774).
(2) Cette déclaration, simple et concise, détruit les légendes inven-
tées aux siècles précédents sur l'origine illustre de la famille des
Plantin-Moretus.
897. — Plantin à Gilles Beys.
{Archives Plantiniennes, X, f» 21).
25 Décembre 1580.
Gilles, la response a celles que m'avés escrittes est
sommairement contenue en celé que j'escry a nia fille
203
vostre femme (i). Quand a celés qu'avés escrittes a mon
gendre Jehan Mourentorf et ordonné qu'il me mons-
trast (2), je ne voy qu'y respondre autre chose que cela
que souventesfois je vous ay escrit et déclaré de bouche :
scavoir est que grâces a Dieu je ne porte rancunne ni
envie a quelqu'un pour chose qu'il m'ait oncques faictes
ni aux miens : ains que je remects toute vengeance a
Dieu et que je pren toutes adversités pour verges de
Dieu servantes a bonnes instructions et salutaires, n'en
retenant non plus mal gré aux exécuteurs d'icelles que
doibt faire l'enfiint debonaire aux verges de quoy son
Père l'a chastié, lesquelles mesmes le père luy faict baiser
pour son humiliation mesmes au temps que les fesses
luy cuisent encores de la douleur : tant s'en faut qu'es-
tant venu en aage de milleure congnoissance il les
maudisse etc. Et quant aux dicts, et soupsons des hom-
mes, je suis aussi desja rusé par tant d'expériences que
je m'en soucie poinct davantage que doibt faire celuy
qui ayant quelque grosse apostume au pied faict faire
souliers selon son mal sans regarder a ce qu'en dira le
vulgaire plus tost que de contraindre tellement sondict
pied apostume qu'en la fin il luy faillust par sa braveté
perdre et pied et jambe voire la vie du reste du corps.
Car je vous répète que la nécessité m'a tousjours con-
trainct et me force encores d'user de tout labeur assidu,
d'espargne, et de tous autres moyens qu'il plaist a Dieu
me donner pour soustenir nostre honneur et par consé-
quent celuy d'entre vous tous et des vostres qui après
nous (mais non devant) devés estre les héritiers de nous
deux, vieux et caducs, ausquels devés maintenant aider
et non pas nuire a nous acquicter et vivre le reste des
jours qu'il plaira a Dieu de nous laisser entre les hommes.
— 204 —
Ce que commencerés de faire si premièrement nous
payés ce que debvés comme il appartient que le faciès
plus tost qu'autres, estant certain que toute personne
raisonnable tasche plus tost de faire le debvoir et payer
ses amis et prochains que les estrangers de qui ils ne
prétendent d'estre héritiers : et ainsi l'ay-je tousjours
practiqué et le practicqueray autant que Dieu m'en fera
la grâce, aimant beaucop mieux debvoir aux estrangers
qu'aux amis. Advisés doncques je vous prie a cecy et a
l'offre que je fay en mes autres, et conclues en vous si
pourries bien me faire ainsi que l'autre m'a faict et con-
tinue de faire, m'advanceant tousjours argent de sorte
que pour ceste heure je luy en doibs bien bonne somme
et ne voy moyen de la luy payer ni encores moins de
continuer l'imprimerie ni de subvenir a mes debtes que
par le taict duquel il plaist a Dieu favoriser nos travaux
assidus : ainsi que je doibs confesser qu'il l'a grandement
faict depuis que j'ay traffîcqué avec celuy que tant vous
deprisés au lieu qu'en debvriés louer Dieu et l'aimer pour
l'amour du plaisir qu'il m'a faict et continue, car du
moyen que Dieu m'a donné par luy je me suis acquicté
de bonnes et grandes sommes et toujours faict rouler les
presses plus que je ne pourray doresenavant faire, veu
la somme que je doibs maintenant audict personnage et
que je n'oserois plus le requérir avant que de l'avoir du
tout payé comme j'espère le faire des sortes qui s'achè-
veront de bref. Outre quoy il me faut continuer envers
les autres qui m'ont aussi assisté et puis a ceux a qui
j'estois comptable dès le temps que je vous envoyay pre-
mièrement par delà et le suis encores maintenant. Que
si ne me croyés encores je vous off"re pour vous donner
tout contentement possible de vous faire voir nos comp-
— 205 —
tes par le menu et me remèctre a toute bonne conclusion
et conseil que vous et mes autres gendres et filles me
pourrés donner. Car je vous proteste devant Dieu que je
ne tasche qu'a garder credict et honneur en contentant
tous ceux a qui j'ay afaire et de pouvoir continuer d'en-
tretenir sobrement ce peu de reste de jours qui nous
restent a vivre en ce monde, pour vous laisser a tous
une bonne renommée sans qu'oncques j'aye pensé de
rien espargner pour quelque nostre affection particulière :
Aussi vous puis-je asseurer en vérité que oncques je ne
tins argent en casse pour petite somme que ce ait esté
quand j'ay deu a quelque amy principalement ni a autre
qui l'ait demandé : car quand aux amis je le leur ay
tousjours envoyé quand il m'a esté possible sans qu'ils
rayent demandé. Et pourtant Giles je vous prie de con-
sidérer ma simplicité, ma nécessité et mes moyens et de
vous contenter de la raison selon Dieu et la nature a quoy
je ne veux ni ne puis contrevenir sans nous ruiner, et
offenser Dieu de rejecter les moyens par luy donnés pour
quelques fantasies des hommes qui n'entendent la ou le
bast blesse la beste. Au reste si vous pouvés croire le
bien que je vous veux vous en louerés Dieu, lequel je
prie vous favoriser ses sainctes grâces en tout bonheur et
prospérité. Ce 25. Décembre 1580.
(i) Voir la pièce précédente.
(2) Voir lettre 11° 27, qui contient quelques rares indications sur
les parents de Plantin.
— 2o6 —
898 — Elisabeth Van den Keere à Plantin.
{archives Planiiniennes , LXXX, f" 461).
27 Décembre 1580.
(La veuve de Henri Van den Keere veut céder à Plantin, de
préférence à tout autre imprimeur, les poinçons de son défunt mari.
Dans le cas où Plantin ne les achèterait pas, elle s'adresserait à des
typographes anglais. Elle invite Plantin à liquider les comptes de
son mari et lui envoie le registre des caractères français qu'il doit
avoir reçus).
Lieve ende beminde ghevaerken na dien onsen Tho-
maes (i) thuus comen es, so heb ic verstaen dat U L
dunct seer veele te wesen aile de poinsoene die hy U L
ghegheven heeft by geschrifte, Dwelck my niet te seer
veele en dunct te syne. Maer so U L lust hebt om te
begheeren, ic salse U L. noch wel wat min gheven^ want
ic wilde wel dat ghyse hadt voor een ander. Ende so U L
gheen van desen en begheert, so bid ic U L willet my
metten eersten laten weten, want ic soude schryven na
Inghelant in saterdaghe, want ic en ben van gheen sinne
de selve te behauden. Ende bid U L so hertelick om
hulpe ende bystant die ghy my hier in sout moghen doen.
Voorts ic bid U L commet U L te passe dat gh}^ sout
willen gheven in Ghent t'Andwerpen de reste vande
haude rekeninghe te weten fl. 118 st. 3, so ware de
haude rekeninghe betaelt. Indien dat het U L te passe
comt, latet my weten v>'anneer dat U L dunct te ghe-
ven.
Voorts ic sende U L hier het register vande fransche
letter die U L heeft ontfaen. Hier mede blyft den almach-
tighen God bevolen met al U L famille. In Ghendt den
27" Decembris met grooter haeste.
— 207 "~*
le Thomaes ghcbiede my hertelick
tuwaert in U L goeder gratie.
By my U L ghevaerken
Elysabet vanden Keere.
(i) Thomas de Vechter, ouvrier de Henri Van den Keere, qui
continua les affaires de son maître, d'abord à Gand, ensuite à Anvers
et à Leyde,
899. — Plantîn à Hub. Litterinus.
{Archives Tlanliniennes, X, fo 21'').
31 Décembre 1580.
(Il y aura bientôt un an que Plantin a préparé la nouvelle édition
du Boeck der Ghduygenissen. Les avis étant partagés à propos de
la publication, il en a remis l'impression. Litterinus, dans sa lettre
à Barrefelt dont Plantin a eu connaissance, avait trouvé que plusieurs
passages laissaient à désirer, ce que Plantin confirme. L'imprimeur
regrette vivement que Litteranus n'ait pas remanié ces parties, de
concert avec ses amis. Il a ainsi retardé l'apparition du livre auquel
Plantin tient plus qu'à tout autre au monde. Comme il a dit à
Corn. Jansz., l'architypographe est dans l'impossibilité d'y collaborer.
Il demande en termes énergiques que Litteranus lui envoie une
meilleure rédaction ou qu'il fasse savoir quelles parties de l'ouvrage
pourraient être supprimées. La publication sera distribuée à un petit
nombre d'amis).
Clariss. dpctissimoque viro D. Huberto Litterino
Pastori etc(i).
Spero te bene utrimque valere. Nos laus Deo non
admodum mala utimur valetudine corporis, animi tamen
paulo meliore fruimur per Dei gratiam cui nos nostraque
omnia dedicare indies magis ac magis pergimus quantum
— 208 —
per Christum Jesum Dnm nostrum in unitate spiritus
sancti possimus. Proinde cum jam fere annus sit elapsus
ex quo parata jam servo quas sunt necessaria ad novam
editionem operis illius 7. partium lingua inferiori tandem
descripti (2) : Quam editionem sperabam collatis prius
inter vos operibus aggredi ante aliquot menses. Quo tem-
pore cum tibi hoc institutum non probatum iri intellexe-
rim illud et ego prorsus diferendum censui. Ego namque
ut simplicem me fateor et aliis negociis secularibus im-
plicatum tibi facile exercitato pluris tribuendum mihi
visum est quam voluntati me*e et nonnullorum aliorum.
Idque maxime feci quod ex postrema tua (quam saltem
audivi legi tune namque laborabam adversa valetudine
tali ut ne quidem ipse légère tum potuerim) epistola ad
amicum Barefeldium scripta meminerim te in ea esse
sententia ut non satis bene dicta sunt plurima quae in eo
habentur opère a qua etiam non me prorsus dissentire
tibi olim declaravi et propterea obnixe tum rogavi ut tu
pro tua in docendo populum exercitatione et pietate in
Deum et proximum velles ea omnia quae displicerent
annotare in chartulis postea conferenda cum quibus
oporteret. Q.uod non factum fuisse dolui vehementer
doleoque rem tanti momenti procrastinari tam parva de
causa ad quam explicandam sumptibus nullis parcere
vellem quamdiu vixero in hoc corpore jam astate, morbis
et adversitatibus variis pêne confecto. Id quod me magis
ac magis accendit ad hoc negocium posteritatis causa
quantum licet urgendum. Nescio siquidem si nunc vel
postea quis inveniendus sit qui rem cordi sit habiturus
uti nunc me habere fateor. Quia tamen me aptum ad
quid in hac re praster exemplar tentandum non sentio
(uti semel pr^esente alio amico dixi D. Corneljo Jansz.)
— 209 —
hactenus a vobis expectavi ùt inter vos conveniretis ac
tum exemplar uri emittendum foret daretis scriptum.
Qua de re cum nihil jamdudum intellexerim sentiamque
ut dictum est indies corpusculum hoc deficere animum
vero magis ac magis accendi ad ea prasstanda qu« utilia
posteritati'confido continere me amplius non potui quin
le haec rudi stilo quidem spiritu vero ferventi exaraia epis-
tola compellarem et ad mihi respondendum exhortarem.
Rogo itaque, obsecro imo Dei et proximi causa postulo
ut tu quicquid habes melius concinnatum seu in meliorem
aut faciliorem ordinem redactum (quantum etenim ad
rem testatam in illo opère supradicto nullum adhuc mihi
dubium obortus est) nobiscum communicare velis aut si
nondum quicquam paratum habes saltem hoc nominibus
supra dictis exigo ut interea dum tu meliora vel exactiora
paras mihi prima significes oportunitate num tibi satius
videatur illa quas vidisti supprimenda prorsus : an parvo
aiiquo numéro edenda pro selectis amicis talium, ne
diutius ego tantos sumptus frustra ferre coner solus. Id
quod libenter hactenus feci faciamque libentius modo
inteliigam vel paucissimis viris illa qu^ inde provenirent
profutura. Parum certe est quod abs te peto et a profes-
sione tua non alienum. Quasso itaque ne hanc meam
humilem ferventem tamen petitionem negligas. Et si quid
vicissim a me cupis indica vel verbo efficiam quantum
in me erit ne te officium meum diu desideres. Dns Deus
tuos conatus dirigere et prosperos semper reddere digne-
tur. Antverpias postrema Decemb. 1580 (3).
(i) Hubert Litterinus, curé à Utrecht, disciple de la congrégation
de Barrefelt, en rapport avec Plantin depuis 1574.
{2) Il s'agit de Het Boeck der Ghetnygenissen vanden vtrbor^en Acker-
schat, vcrvatet in acht deekn, dont il est question dans la lettre de
14
— 210 —
Barrefelt du 17 novembre précédent. Remarquons que Plantin en
parle comme d'une nouvelle édition.
(3) Le ton sur lequel Plantin finit la pièce est assez surprenant :
c'est le ton d'un chef qui parle à des inférieurs. Le livre à l'appari-
tion duquel il attacha un si grande importance, était considéré
comme la Bible de la secte de Barrefelt. Le 19 février, Plantin
n'ayant pas eu de réponse, écrivit de nouveau à Littorinus : Clariss.
doctissimoque viro D. Huberto Litorino pastori. Scripsi 19. Februarij
rogans responsum ad meas circa finem Decembris ad ipsum scriptas
etc. per Adrianum Jansz. Ultraiectensem.
900. — Janus Dousa à Plantin.
(In : lani Doin;a Nordovicis Ad C. Sallustii Crispi historiamm
libros. notae, Plantin, 1380, f» 3;.
Leyde, 1580.
(A la demande de Plantin où il en est avec ses Notes sur Salluste,
Dousa répond qu'il a trouvé trois nouveaux fragments de cet
auteur, grâce à Juste-Lipse ; d'où surcroit de travail : le nombre
des textes à examiner est porté maintenant à six. Quoique très
occupé par d'autres devoirs, Dousa a consacré au travail demandé
par Plantin tous ses loisirs. Que celui-ci l'excuse du retard involon-
taire et fasse paraître une édition qui, par son élégance typographique,
plaira plus au lecteur que par le contenu !)
Janus Douza Christoph. Plantino Suo S. D.
Pensum meum jam absolverim, qunsris ? An ego ne-
gotiosis omnibus, & pro Crispi Historia certatini, sua
quasi pro salute nitentibus, vitam silentio transiens,
ductariè tantum facinus emolirer ? Tutemet videto, mi
Plantine, quàm nec in hoc génère operâ parcus mea,
nec restrictus fuerim in largiendo. Etenim supplementi
vicem auctarium, tria Nova-vetera Fragmenta, Sailustio
adieci ; non quidem de meo (ne quid erres) sed proinde
— 211 —
Ut nunc mos viget, atque ut fartores faciunt, de alieno.
Unde igitur ? unde, nisi à commun! Achate, doctissimo
Belgici generis, Lipsio nostro ? Is enim hîc (ut scis) &
fundus est, & iugis quasi thésaurus nobis (i). Nec hac
struice usuraria contentus, ctiam altéra quinque priori-
bus adtexui ; quas princeps ego, ab aliis per incogitan-
tiam (ut videtur) omissa, non terra, aut mari, sed ex
Plutarclii & Isidori synthesibus mihi, tibique, ac Crispi
amatoribus evolvi. Nunc itaque, mi Plantine, (Qua tes
tum datori, tum acceptori, toti denique Reip. litterariœ bene
felicitérque vortat) promissas tibi in principem Historicum
Notas expensas fero (2) ; recens à me, occasione novas
editionis uso, saltuatim & quasi per Saturam conlectas
in quibus si cui forte vota pr^ecipitasse, méq. ac spes meas
nimia scribendi lubidine corrupisse iudicatus fuero, nas
herculo ego cum illo pignus haud ausim dare. Quid
enim ? Fateor me ad hoc scriptionis genus maiore studio,
quàm consilio protractum. quippe qui operam ceiocem,
non corbitam dare coactus (solemne illud nostrum, ut
Plautissemus, agnoscis), diebus paucissimis non artifici
ascia politum opus, sed rude & velut agresti fiilce defor-
matum hoc, quodcumque vides, in tempore tibi exhibere
properavi ; metuens videlicet moram aliquam operis
tuis incommodé creare. & quidem inter reciprocos Conii-
tiorum sestus, mediis conatibus meis ex transverso incur-
rentium, & molestissimam aggerum procurationem ;
quas me totum ferè hune mensem, alienissimo hercle
tempore, & domo, & caris meis, hoc est, libris expertem
fecerunt. Nil itaque mirum, si, spatiis exclusus iniquis,
prseter animi quam libuit sententiam, solito indiligentius
hîc fuerim. Et tamen qui nostra h«c cum aliorum
Correctorum exemplis conferre voluerit, facile is, opinor,
intelliget, caussam non esse, cur me huius quamvis
tumultuarij laboris pœnitere tantopere debeat. Nam
quantum mihi restât, obsecro, ad eos omnes, qui ante
nos in Crispi Fragmentis reconcinnandis operœpretium
aliquod facere priores occupavere ? Quorum ut neminem
mérita sua laude privatum cupio, ita & me in bas veluti
Sallustiani naufragij tabulas aliquantam industrias partem
contulisse a^quos atq. iniquos omnes fassuros esse con-
fido ; de qua competitoribus nostris adhuc in mentem
non venerit : nec tamen tantam, (quid enim sciens contra
verum niti me postulem ? ) quantam aut rei ipsius
dignitas, aut tua etiam de me exspectatio mereri fortasse,
vel postulare videbuntur. Habes ecce confitentem reum,
& qui Albini illius exemplum asraulus (pace Censorij
Catonis quod fiât) deprecari noxam mavult, quàm noxa
vacare : apud te prassertim, cuius formularum Genius,
hoc est, typorum celebritas ac elegantia, maximam ad-
versus invidos huic Notarum nostrarum abortioni fiduciam
parit : &, puto, propter hoc legentur. Summa tamen
expurgationis nostrae (cum Petroniano Bolenio dicam)
haec est : Placebo tibi, si me culpam emendare permiseris.
cuius adeô me non pœnitet, ut & gratias mihi hoc
nomine insuper deberi existimem, quôd famam modes-
tiamq. meam post publicas utilitates habuerim, & cuius
rei lubet periculum me facere prasoptarim potius ; dum
quid modo emolumenti ex eo litterarum studiosis acce-
deret : non quia mihi industria atque ingenium meum
amplius îequo probarentur ; sed inter tôt tamque varia
iudiciorum certamina, veteres mutantium scripturas,
visum est faciundum, ut & sententias nonnuUorum
excuterem, & nostras simul suspiciones lectori propo-
nerem ; ex quarum comparatione veritas magis elucere
— 213 —
posset. verùm id frustra, an ob rem fecerim, in tua atque
eorum, qui hsec cognitione sua haud indigna iudicabunt,
manu situm est, Plantine. quibus si consiii) nostri ratio-
nem non displicuisse cognovero, accendetis, quare ad
digniora porrô gradum facere avidius capiar : veterum
dico Latinorum Oratorum, Poëtarum, atque Historicorum
Fragmenta; qu^ sola nunc reliqua, de tôt egregus
ingenij facinoribus, deorum nobis benignitas fecit. quod
opus ego ex Casca & Opica illa vetustate, omnique
scriptorum génère cum cura & fide coacervatum, non
vitio mentis, neque ex ambitione mea, sed Lipsianae
maxime auctoritatis fiducia cautè atque meditatè iampri-
dem aggressus, ad exodium porrô ducere cogito : tibique
cis hercle paucas tempestates mi Plantine, cum dis
volentibus repr^sentare. Eâdem additurus & Praecidanea
nostra (3), in quibus, (uti spero) operam meam accusari
non sinam : quippe ad eas res aciem iampridem omnem
paratam atque instructam habens. Lubet enmi paratra-
gœdiare, hoc pr.^sertim s.^culo tam ventoso & ambitiosè
personato. Nam qui minus verô milii hoc Hcere autumem,
quàm meris ostentatoribus istis, factiosa lingua, ignava
opéra, sublesta fide ? qui multa Castigationum millia in
omne scriptorum genus minati, post inanissimum dic-
torum strepitum, nihil aliud lectori, quàm fumum ex
fulgore relinquunt. qui tamen tanti non est, ut ideo
oculis nostris vel minimum dolorem concinnent. Quid
iim > Rideo, ait Galba, cantherio. Vale flos Calcogra-
phorum Galli^ tu^, simul autem salve. Lugduno Bâta-
vorum.
(,) André Schottus, se trouvant à Paris, avait copié ces fragments
inédits de Salluste pour son professeur Juste-Lipse.
(2) Ces Notes sur Salluste forment le premier ouvrage de Dousa
— 214 — *
imprimé par Plantin. Avant cette date, en 1569, il avait publié un
recueil d'épigrammes et d'élégies. La même année 1580, l'architypo-
graphe publia lani Dotisa Nordivicis in novani O. Horatii Flacci editio-
nem Commeniariohis,\n-i6°.DQ 1581 à 1584, plusieurs autres ouvrages
de Dousa sortirent des presses plantiniennes.
(3) lani Dousa Nordovicis Tracidanea Pio Q. Valerio Catullo. Ex
off. Chr. Plantini, 1582, in-i6". lani Dousa Nordovicis Prœcidanea
Pro Albio TibuUo. Ibidem, 1582, in-iôi^'.
901. — Plant in à Valverdius.
[Archives Plantiniennes, X, fo 22).'-
I Janvier 1581.
(Par l'intermédiaire du maître des postes, Plantin a répondu ce
qu'il avait à dire'à Valverdius. Il lui sera malheureusement impossible
d'obtenir de Flaminius Garnier quoi que ce soit ou de rien lui en-
voyer. L'agent des Fugger a remis à Plantin une partie du Commen-
taire sur les Psaumes. Il a dû payer 13 florins de port, malgré la
promesse de Valverdius de ne plus le charger de frais. Buyssetius
vient de lui envoyer vingt livres du Spoudasmaton. Les difficultés
d'argent de Plantin ne le permettent pas de mettre l'ouvrage de Val-
verdius sous presse, à moins de lui acheter d'avance 300 exemplai-
res du livre. L'architypographe désire d'abord achever les impres-
sions commencées-. En attendant, il engage Valverdius à lui faire
parvenir le reste de son Commentaire sur les Psaumes et du Spou-
dasmaton).
111' viro Domino Bartholomeo Valverdio S. C^es.
Majestati a sacris, Venetias. 111' viro Dno
Christophoro Salazario ad D. Catharinœ
Regiae Cath. Ma*'^ Secretario.
Responsum ad superiores litteras tuas me primum
debere fateor Rev. D. tum ad postremas Patavij Idib.
Novemb. datas quas hodie primum recepi. N-ullas vero
-- 215 —
prasterea quibus ego non dico responderim vidi respon-
sumque dederim in Domo Magistri Postariim quod
vocant. Nam ad Flaminium Garnier quo scribis te misisse
fasciculum nec hinc proh dolor nobis licet eo quicquam
nec illinc hinc sine periculo supremo. Ab institore vero
Fuggerorum me accepisse partem Kimhi in Psalmos(i);
respondi non sine quereia quod oportuerit me solvere
pro vectLira plusquam tredecim florenos hujus moneta^ :
cum ante fuisses pollicitus curaturum te ut quas mitteres
libéra redderentur solutione vectur^e, uti fecit 111'^ admo-
dum D. Buyssetius de xx. libris Spoudasmaton (2) quos
recepi et illi tum etiam scripsi dificultates quas me deti-
nerent quominus ego tuis imprimendis vacare liceret hoc
tempore, nempe quod ita in arctum contrahimur ut
nusquam tuto nos quid hinc librorum mittere liceat,
multo vero minus in hisce locis distrahere propter penu-
riam ementium. Quod si quis sit qui aHquo libro im-
presso trecenta exemplaria redimere pra^senti pecunia
velit ego statim ubi de hac re certus ero opus aggrediar :
sin minus non possum hoc tempore defectu pecuniarum
ad sumptus faciendos. Ego namque prius quam tua rece-
pissem omnes reHquas a depraedatione facuhates con-
sumpsi in aliis operibus suscipiendis qu^ adhuc sudant
sub praslis nostris. Nihil proinde jam nostris sumptibus
inchoar^'possum donec incœpta perfecero quod futurum
vix video ante festum Paschatis proximum. Quod si prius
potero libenti et prompto faciam animo, Hbentiori tamen
si operum tuorum reHqua prius mitteres, nempe Com-
mcntaria in alios Psahîios reHquos et Spoudasmaton.
Opéra siquidem imperfecta non tam facile distrahuntur
maxime si in folio imprimantur et justa libri magnitudine
careant. Compactura siquidem multorum foliorum in
— 2l6 —
folio non pluris constat quam paucorum et vix reponuntur
opéra non absoluta in Bibliothecis. Vale. Kalend. Januarij
1581.
(i) David Kimchi, célèbre rabbin, mort en 1240, dont les Commen-
taires sur la plupart des livres de l'ancien Testament ont été souvent
imprimés. Voir les lettres précédentes de Plantin à Valverdius du
21 mars et du 7 mai 1580.
(2) Ou Spudasmata, titre d'un ouvrage de Valverdius, qui ne fut
toutefois pas imprimé chez Plantin.
902. — Plantin à Jacques Monaw.
{Archives Plantinitnnes , X, fo 22).
7 Janvier 1581.
(La lettre de Monaw lui a été particulièrement agréable parce
qu'elle rappelle et confirme une fois de plus leur ancienne amitié.
Ortelius vient d'envoyer à Plantin ce qu'il avait demandé. Arias se
porte bien, quoiqu'il n'ait pas trouvé en Espagne la situation qui lui
convient. Il prépare un commentaire sur Josué, après achèvement de
celui sur les Epttres de S. Paul. Monaw connaît probablement les
notes d'Arias sur les Evangiles, in-40. Plantin a accepté d'imprimer
de Valverdius les Commentaires de Kimchi sur cinquante Tsaumes et
vingt livres de son Spoudasmaton. Pour plusieurs raisons, il ne peut
mettre ces diflférents ouvrages sous presse en ce moment. Salutations
de Raphelingien et de Poelman ; Denellus lui écrira personnelle-
ment).
Virtute, doctrina et nobilitate praestanti viro
D. Jacobo Monavio Patruo Vratislaviensi.
Clariss. doctiss. V. D. Jacob. Monaw.
Litteras tuae ut doctiss. ita gratiss. mihi : maxime quod
amicitiam déclarent et mutuam poscant qua magis delec-
tor quam uUa re alia. Quid namque illa majus. ? Cum ea
— 217 —
non sit nisi a Deo et in Deo nam qux pr^eter conspiratio
est contra Deum. In eo itaque per Jesum Christum Dnm
nostrum constans permaneat amicitia nostra. Cetera non
meror. Ortelius noster tibi misit qu^ a nobis volebas.
Arias ille vivit et valet sed non ad animi votum ; coactus
precibus hoc est imperio Régis frustra manere in aula
frustra dico, quoniam impeditur illic rébus ab ingenio
prorsus alienis, quae illi vero propria non^placent'aulicis
ullis. Parât nobis commentarium in Josue (r). In appa-
ratu Biblico forte noluit tantam Novi quantam Veteris
habere rationem : partim propter dificultates[]temporum
partim quod speraret se in illud privato opère scripturum
uti etiam nunc sperat et scio -illum' commentaria sua in
aliquot Epistolas Paulli descripsisse (2). Credo te vidisse
notas ipsius in Evangelia 4*^ forma per nos impressas.
Libros 20 Spoudasmaton D. Valverdij accepi et versionem
Commentariorum Kimhi in 50. Psalmos Davidis : sed
duplici imo triplici de causa non possum nunc praelo
subjicere. Prima est quod hase difïîcultas temporum
nobis adiment |facultates, altéra quodjpraela sint impe-
dita usque ad sex nienses aut circiter, tertia quod non
libenter opéra imperfecta suscipiam meis sumptibus im-
primenda. Scripsit etenim Valverdius se adhuc habere
10. alios] libros Spoudasmaton, 3 et requirentur adhuc
Commentaria in^aîios centum Psalmos. Quare si quis sese
offerret qui de distractione 300. exempl. nos certos reddere
illico'praelo quae habeo subjicerem. Raphleng. Pulmannus
mecum te resalutant. Habes responsum a Denello. Vale
7. Jan. 1581.
(i) Allusion au Commentaire d'Arias sur les douze Prophètes, paru
cher Plantin en 1585, in-40.
— 2lS —
(2) Ce commentaire, Elttcidaliones in omnia sanctorum apostolorum
scripta, ne fut publié par Plantin qu'en 1588, in-40.
903. — Plant i II au Gouverneur de Diest.
{archives Plantinietities, X, f» 22^').
8 Janvier 1581.
A Monsigneur Monsieur de la garde
Coronel et Gouverneur de Diest.
Monsigneur. Jaçoit que le debvoir d'homme a homme
en la nécessité m'eust deu contraindre d'escrire a V. S.
Si est-ce que pour n'avoir oncques trouvé l'heur d'avoir
eu accès a icelle je n'eusse osé l'entreprendre si Mon-
signeur vande Werve (i) de sa benevolence et singulière
fiiveur ne m'eust amné de le faire. L'occasion doncques
de ceste mienne est qu'on m'a escrit qu'ung certain
personnage nommé Jehan Maes imprimeur demeurant a
Louvain (2) alant dudict lieu a Namur a esté prins et
mené prisonnier en la ville de Diest ou il est maintenant
en la rue dicte Beverstraete chez Jan van Baissel ou est
logé le sergeant Lauren, et que ledict Jan Maes de
craincte et d'espovantement auroit promis cinc cents
florins pour sa ranson. Laquelle somme (selon que j'ay
congneu ledict personnage en me servant icy passé quel-
ques années a simples gages pour sa journée et depuis
qu'il s'est aie tenir audict Louvain pour y besongner a
gages d'autruy et aussi comme j'entends par les lectres a
moy escrittes) excède bien quatre fois la puissance et
facultés d'iceluy Maes prisonnier. Et pourtant Monsigneur
je vous supply treshumblement que vostre honneur et
— 219 ~^
devoir sauves il vous plaise avoir pitié dudict pauvre
homme désolé et faire que le rausou d'iceluy soit modéré
et limité a l'equivelent de ses facultés a celé fin que sa
pauvre femme et ses amis puissent trouver moyen de le
pa3'er et qu'ainsi il vous plaise ordonner qu'il soit délivré
des siens. Ce que faisant vous ferés oeuvre charitable et
je me tiendra}^ obligé a vous faire tout humble service
comme je m'y offre en toutes choses qu'il vous plaira
me commander a moy aucunnement possibles. Et ce
pendant je prieray Dieu qu'il luy plaise vous augmenter,
Monsigneur le Coronel, ses sainctes grâces en toute
prospérité. D'Anvers ce 8. Janvier 1581.
(i) Simon van de Werve, margrave d'Anvers.
(2) Jean Maes imprima même un certain nombre d'ouvrages pour
Plantin. Voir plusieurs lettres précédentes.
904. — Gilles Beys à Plantin.
{^irchives Tîaniinieiifies, LXXVII, fo 59).
12 Janvier 1581.
Mon Trescher Père, j'ai receu la vostre du 27' du
passé (r) par laquelle ay entendu beaucop de particularitez
de vos affaires. Et que par le moyen d'iceluy avec lequel
vous vous estes associé vous ayez payé bonnes sommes
de vos debtes dont suis fort joyeulx aimant aultant vostre
honneur et profict que le mien propre saichant pour
certain que vostre honneur est le nostre et vostre des-
honneur àussy le nostre et réciproquement le nostre le
vostre. Et pourtant vous avoys-je prié par mes dernières
tant a vous que a mon frère Mourentorfz (2) qu'il vous
pleust nous accommoder (si faire le poviez sans vostre
— 220 —
perte, dommage, et deshonneur) de vostrc enseigne.
Livres nouveaux des primiers avec les effigies, et nous
(qui sommes vostre enfant propre) préférer devant ung
aultre (3) qui ne vous touche en rien, et qui ne cherche
que par vostre moijen (encores qu'il n'en ait que faire
estant riche assez) s'enrichir davantage et avancer les
siens, au préjudice et grand dommage de nous, a quoy
si c'estoit vostre plaisir pourriez bien remédier et pour-
voir au contentement de l'aultre et de nous en luy
accommodant pour son argent des livres qu'il pourroit
demander de vous au pris de papier et façon, ou aultre
tel pris et marché que pourriez accorder par ensemble,
et nous aider tandis que vous avez le moijen et qu'en
avons besoin de ce que scavez trop mieulx que nous (ny
que nous ne vous le scaurions escrire ou mander) nous
estre propre et utile sans vostre dommage, a quoy je
vous supplie derechef bien affectueusement vouloir en-
tendre et adviser, qui nous pourroit servir de recompense
en mauvais temps que nous avons eu depuis sept ou
huict mois en ça et avons encores. Et si Dieu par sa
grâce et miséricorde n'y pourroit, sommes bien taillez
avoir encores pis vous assurant que depuis lessusdicts
sept ou huict mois passez il m'a fallu emprunter assez
bonne somme d'argent pour vivre, laquelle somme je
doibs encores, tant s'en fault que j'aye aulcun moijen de
payer tant petite somme puisse-elle estre a qui que ce
soit. Ce que a la vérité me contriste grandement car la
volonté est bonne mais le moijen me defauit. Que si
Dieu nous voulust tant favoriser que de nous délivrer de
ceste contagion (4) tant dangereuse et nous envoyer quel-
que bon temps de vente en response j'espererois que petit
a petit et bien tost j'aurois contenté et payé ung chascung
a qui je puis debvoir, au contraire si Dieu nous continue
ladicte maladie je ne scay que nous ferons, sinon implorer
l'aide et avoir recours a nos vrais amys (dont vous nostre
père est le premier) lesquels au besoing se monstrent et
aident volontiers les leurs de tout ce que leur est pos-
sible mesmes devant que d'en estre importuné, sollicité
ou prié etc. Je n'ay encores oy aulcunes novelles du
dernier toneau de livres qu'il vous a pieu de me faire
envoyer dont suis en peine craignant qu'il ne soit perdu
en la mer que Dieu ne veulle ; que si par fortune il estoit
encores en Anvers je vous vouldrois bien prier le garder
encores jusques a ce que ayez aultres novelles de moy
car je desirerois bien d'avoir lesdicts livres, mais je n'ay
pas le moijen de payer le port ou voicturage desdicts
livres qui me cousteroit plus que (peult estre) je pourrois
recevoir d'argent de six mois si le temps ne se change
dont il y a pouvre apparence. Dieu par sa grâce y veulle
remédier et pourroit s'il luy plaist, et nous envoyer a
tous ce que nous est nécessaire et salutaire tant au corps
qu'a l'ame, me recommandant a vostre bonne grâce,
prieray le Créateur vous maintenir tous en bonne santé
longue et heureuse vie. De Paris ce 12' Janvier 1581.
Le vostre treshumble
gendre Gilles Beijs.
{Au verso :) A mon Trescher et treshonoré
Père le Sire Christoffle Plantin
marchant libraire A
Anvers.
(i) Voir la lettre n° 897, du 25 décembre.
(2) Il s'agit entre autres de la lettre n» 802.
(3) Michel Sonnius.
(4) C'est-à-dire la peste, qui régnait toujours i Paris.
— 223 —
905. — Planlin à VaJverdius.
{ylrchives Plant iniennes, X, f» 22^').
13 Janvier 1581.
(Planlin a répondu en somme par sa lettre du H de ce mois à
celle de Valverdius, reçue ce jour même. L'imprimeur y déclara qu'il
lui est impossible d'entreprendre une nouvelle impression d'ici plu-
sieurs mois. Si toutefois quelqu'un pouvait lui payer comptant 300
exemplaires de ses livres, il se remettrait à imprimer. Plantin rap-
pelle qu'il a dû payer 13 florins de port pour une partie du Commen-
taire de Kimchi, Les routes, infestées par les soldats, rendent les
communications avec l'étranger extrêmement difficiles.)
Ill' Viio Duo Bartholomeo Valverdio.
Tuis Idib. Decemb. quas hodie accepi non deberem
responsum si superiores meas Kalendis hujus mensis
scriptas accepisses, quas ex tuo prœscripto Venetias ad
111. V. D. Salaz. Secret. Reg. misi porro tibi destinan-
das (i). Illis namque paucis et vere declaro me non
posse quicquam sumptibus meis inchoare donec aliqua
ex illis quie sub prselis sudant absolvero quod vix credo
futurum ante festum S. Joh. Baptistas (2). Si quis tamen
vellet nos certum reddere de redemptione 300. exemplar.
statini ubi esset opus aliquod perfectum me illico aus-
picaturum. Nam pr^eter quam quod non libenter solvi
ultra 13. florenos pro vectura tertias partis Comment.
Kimhi in Psalmos maluissem tanto pluris pro vectura
libri Psalmorum integri, ut interea taceam nos hic non
bono jam loco esse ad distrahendum exemplaria quas-
cumque. Intercluduntur siquidem et infestantur militibus
itinera omnia neque video quis sit futurus finis malorum
ita homines obdurantur utrimque cum invidea, odio,
— lli, —
dolis et technis quie res pietati prorsus adversantur et
Christiano honori. Dos Deus sua pace nos beare digne-
tur. Antverpia; raptim Idib. Jan. 1581.
(i) Voir lettre précédente n° 899.
(2) Le 24 juin. Dans sa lettre du i^ janvier, Plantin parla de
Pâques (le 26 mars de cette année).
906. — Plantin à Alexandre Grapheus.
{,Archives Plantiniennes, X, f" 23).
20 Janvier 1581.
(Plantin vient d'apprendre que le livre, envoyé depuis le mois
d'août, est enfin arrivé à destination. L'imprimeur s'en réjouit : il
n'oubliera en effet jamais les services que Grapheus et son père
lui ont rendus. François Raplielingien, dont il a tenu le fils sur
les fonts baptismaux, et Jean Moretus le saluent affectueusement.
Plantin attend Y Apollodorc de Metellus. Théodore Poelman, profitant
des loisirs que lui laissent ses fonctions de percepteur des contribu-
tions, s'occupe toujours des auteurs classiques : Perse, Jiivénal, César,
La deuxième édition du Tacite de Juste-Lipse est achevée ; son com-
mentaire sur le même auteur est sous presse. L'architypographe
s'étend sur l'édition de la description des Pays-Bas de Guichardin,
qu'il espère publier également en latin et en français.)
Clariss. doctissimoque Viro Dno Alex. Graph^eo.
Gaudeo equidem quod fasciculus tibi a me inscrip-
tus post multos dies et varia pericula (mense siquidem
Augusti navigio commiseramus in sarcina quam tuni ad
Maternum Cholinum mittebamus) ad manus tuas uti
cupiebam pervenerit (i). Litteras nullas addidi tum quod
verba noluissem prasvenisse munusculum nostrum tum
quod sperabam te facile intellecturum ut fecisti a quo
tibi mitteretur. Abunde vero mihi satisfactum est cum
— 21/[ —
ex tuis intelligam officium hoc meum tibi non ingratunn
fuisse quod etiam desiderium meum confirmavit ad
talia praestanda officia quoties intellexero tibi quid gra-
tum futurum. Memoria namque teneo aeternumquetenebo
quie tu et piae mémorial Pater bénéficia in nos nostros-
que contulistis (2). Eosque monebo ne umquam oblivis-
cantur : nec a te vel tuis umquam patiantur sua requiri
officia. Franciscus Raphlengius cujus filiolum (3) ad
sacrum baptismatis fontem suscepisti te quamofficiosis-
sime resalutare jubet. Alter item gêner Johannes Moretus
taberna^ nostr^e librari^e ut ille officinse typographie*
prasfectus te salutat.
D. Metello ex me salutem plurimam referri percupio
cui jam bis scripsi de Apollodoro cujus exemphir ab eo
emendatum jam aHquandiu expectavi. Pulmannus noster
vivit, valet et si per totos dies sit Hbris rationum vecti-
gahs vinorum qui extra urbem evehuntur alligatus horas
aliquando vespertinas et quas pr^terea sufFurare potest
a tah officio (4) impendit more soHto in conferendis
auctoribus. Dédit nobis nuper rursus Persum, Juvena-
lem (5), Commentaria Cassaris et quosdam alios quos
brevi praelo favente Deo subjiciam. Cornelij Taciti nuper
alteram editionem Lipsij nostri absolvi, hujus commen-
taria in eundem auctorem sudant sub praelo. Brevi spero
me absoluturum Descriptionem harum regionum Italice
a Guicardino duplo vel amplius auctam in qua sunt cartas
geographica^ regionum et figuras prascipuarum urbium
omnia in asre incisa. Spero me brevi postea Latine
eandem a Camerario et fortasse eodem tempore Gallice
a Nicotio (6) versam editurum. Interea non cesso quas-
rere figuras urbium qu« in hac editione desiderantur.
Cupio namque omnes harum regionum urbes tandem
— 225 —
huic operi adjungere et propterea omnes amicos in
auxilium voco ut si quid postquam nostram hanc edi-
tionem viderint habeant mittere nostris sumptibus ne
graventur. Bene vale. Antverpiae 20. Jan. 1581.
(i) Nous ne savons pas à quel livre Plantin fait allusion ici. Son
Journal du mois d'août 1580 ne mentionne aucun envoi à Grapheus;
mais l'arclîitypographe avait l'habitude d'offrir un exemplaire de
toutes ses éditions à son ami.
(2) Voir lettres précédentes à Grapheus, où il est question de l'aide
accordée par lui à l'imprimeur au début de la résidence de ce dernier
à Anvers. Corneille Grapheus, père d'Alexandre, avait également été
secrétaire de la ville d'Anvers.
(3) Christophe Raphelingien, né à Anvers en 1566.
(4) Théodore Poelman, d'abord foulon, mais les dernières années
de sa vie employé à la perception des droits de sortie sur les vins.
Il mourut cette même année 1381.
(5) Edition parue quatre ans après la mort de Poelman : T). lunii
luvenalis Satyranim Libri V. A. Tersii Flacci Satyrarum Lib. I. Theod.
Tulmanni in eosdem Annotaiiones . . . Anvers, Plantin, 1585, in-i6o.
(6) Les versions de Camerarius et de Nicotius ne virent jamais le
jour. Sur la traduction latine de la Descrittione, voir antérieurement.
Belleforest s'était chargé d'en fournir la version française.
907. — Ratallerus à Plantin.
{archives Plantiniennes, XCII, f° 249).
27 Janvier 1581.
(Ratallerus reçoit toujo^lrs très tard les lettres de Plantin. La
dernière, datée du 29 décembre et reçue le 25 de ce mois, renferme
une liste d'erreurs, relevées par Raphelingien dans son édition, et qui
en ont retardé l'apparition. Il en envoie une épreuve par la présente,
en même temps que des corrections de son Sophocle. Le reste suivra
sous peu).
S. P. Valdè tardé litter^e mihi tuas semper redduntur.
Ultimas 29 Decemb. scriptas, postridie ut quoties accepi.
15
— 226 —
Sed ob hyemis rigorem citius, credo, illre perferri non
potuerunt. Additas fuerunt in eodem fasciculo literae
Raphelengij et Ze in quibus me errorum quorundam
admonuerunt quos doleo editionem libelli retardasse (i).
Correctes nunc mitto, ut etiam eos qui in Sophoclem
nescio qua mea negligentia irrepserunt (2), ne quid te
remoretur. Q,uod reliquum est mittam primo quoque
tempore, et antequam te siderari poterunt. Vale opt.
Plantine, generoque tuo Moreto plurimum ex me saluta.
Ultrajecto VI Cal. Feb. 1581.
Tuus ex animo
G. Ratallerus.
Ego me Raph. et Ze excusavi, gratiasque egi. Nego an
publica impediverunt quo minus juvare mea, ut decet,
potuerim. Mone eos quasso ut aliorum certiorem faciant.
Ex Ajace et alijs Sophoclis Tragœdijs.
{Suit une liste de corrections à apporter au texte de l'édition
de IJ70).
{Adresse au verso :) Ornatiss. Viro D.
Christophoro Plantino
Architypographo Régie.
Antverpiam (3).
(i) Il s'agit sans doute de l'édition des trois tragédies d'Euripide,
citée dans la pièce n° 877, note 3.
(2) La nouvelle édition de Sophocle par Ratallerus (voir lettre
no 888) ne parut jamais, l'auteur étant mort inopinément dans le cou-
rant de l'année 1581.
(3) Cette lettre fut également trouvée dans l'exemplaire annoté
des tragédies de Sophocle, cité antérieurement (no 877, note 2).
— 227 —
9o8, — Elisabeth Fan den Keere à Plantin.
{Archives Tlauliuieuues, LXXXI, f° 457).
50 Janvier 1581,
Mon Compère pour Respoiice aux vostres, il me veint
ung peu mal a poinct, que n'ayés la commodité de venir
pardeça que ce ne soit environ les Pasques et ce a cause
que ne puis partir de mes enfans Orphelins jusques a ce
que j'aye vendu mes poinsons, et pourtant vous prye que
si le temps et vostre convalescence peuvent supporter de
le faire plustost, mais si cela ne se peult faire et l'occa-
sion ne s'y offre ne laisseray pourtant d'attendre vostre
venue, car ne sors d'intention de les offrir a personne si
premièrement je n'aye tasché par tous moyens d'accorder
avecques vous, me sentant en ce cas a vous plus que un
aultre obligé et redevable. Tellement que vous puis bien
asseurer que je ne retarde de les vendre par faulte d'aultre
marchand ains seulement pour la cause susdicte, vous
promettant au surplus que n'ay intention que d'y procé-
der a bon escient, et faire tout ce que la raison peult
supporter, attendant le mesme de vous comme jusques
ores ay tousjours apperceu vostre benevolence envers
moy et mon defunct mary, dont je vous remercye vous
pryant me tenir en vostre bonne grâce (i). De Gand le
30'' de Janvier 1581.
Vostre Commère et Amye.
Je vous envoyé cy joinct
le nombre des poinsons de chacune
lettre comme désirés avoir.
(i) Plantin lui acheta, le 15 février de cette année, au prix de 1500
florins, vingt espèces de poinçons de lettres et de notes, et douze
sortes de matrices de lettres (voir n» 913).
— 22» —
909. — Plantin à Gilles Beys.
{Archives Plantiniennes , X, f 23^),
2 Février 1581.
Gilles. Pour response aux vostres du 12. Janvier (i)
je m'esbahi grandement que ne pouvés comprendre les
raisons qui me contragnent selon Dieu et la nature de
n'obtempérer a vostre requeste autant incivile et non
acceptable que seroit celé d'ung jeune homme fort et
robuste pour marcher de soymesmes qui voudroit per-
suader a son Père vieil et caduc de luy bailler pour
tousjours le baston duquel il s'apuye pour marcher. Car
vous donnant mon enseigne, livres et affiches celui qui
m'en achapte et distribue si grand nombre (2) n'en
voudroit plus pour diverses causes trop longues a reciter
maintenant qui suis trop occupé a d'autres affaires et
débile. Et ainsi demeurerois-je frustré des moyens et
commodités que je reçoy de ce costé-la, et en danger
d'estre ruiné quant au faict de continuer Timprimerie.
Veu mesmes qu'escrivés de n'avoir moyen de rien payer
non pas la voicture et qu'avés tant emprunté pour vivre
etc. Parquoy vous eussiés mieux faict de m'escrire telle
nécessité sans me mander le dernier tonneau que je veux
bien que faciès recevoir par mon frère Porret ou par le
Signeur Sonnius qui en payera la voicture et me le
gardera. Et j'eusse tasché de vous assister a mon pouvoir
comme je le désire de tout mon cueur et comme vray
Père doibt estre affectionné de faire bien tandis qu'il vit
et qu'il peut a son enfant non selon que l'enfant ignorant
et outrecuide en son audace et fantasie le voudroit bien :
car cela seroit luy mal faire ainsi qu'il advient a maints
— 229 —
Pères trop légers, crédules et singes de leurs enfants
qu'ils pensent advancer en leur livrant ce qu'ils deman-
dent estant encores jeunes escholiers et non expérimentés
aux affaires et voulants comme oyseaux encores non
emplumés voler plus liaut qu'ils ne doibvent, en se
voulant esgaler a ceux qui ont moyen ou veulent qu'on
croye qu'ils l'ont, faisants a la mode de la chouette
Esopicque et en fin se trouvant trompés. Ce que je vous
conseille et enhorte de laisser et de vous remectre a
travailler constamment comme il appartient selon Dieu
et la raison. Que s'il n'y a qui vous baille besongne a ce
que pouvés faire par delà m'en advertissant je m'effor-
ceray de vous en bailler ou faire bailler. Que si vous
pensés ne pouvoir plus tailler et qu'aimiés mieux venir
par deçà je vous employeray bien volontiers a ordonner
de pendre et despendre les formes de l'imprimerie, a
bailler les papiers, a collationner, assembler et a fliire
toutes autres choses possibles et si n'aurés pis ne mieux
que nousmesmes. Bref je suis prest de vous aider selon
ma puissance outre laquelle je ferois aussi mal de me
vouloir eff^orcer et vous octroyer ce que demanderiés
outre icelle comme le Père qui estant pouvre voudroit
entreprendre d'enrichir son enfant. Labore Constanti
victum et amictum hactenus per Dei gratiam comparavi,
tu quoque fac simile fili, c'est le plus grand bien que j'ay
tousjours tasché de vous faire acquérir comme ra3''ant
trouvé par expérience le milleur et plus asseuré en ce
monde. Et pourtant je vous prie de rechef et supplie de
le vouloir comprendre et le practicquer a bon escient et
sans faintise, dissimulation, ni fantasies ou opinions
decevables et vaines de penser qu'on vous doibve la ou
vous estes redevable. Ce qu'espérant que ferés doresen-
230
avant je prieray Dieu vous en faire la grâce me recom-
mandant a la vostre et de ma fille et tous vos enfants
ausquels je désire accroissement en la craincte de Dieu
sans qui tout est vain ce que Thomme se forge. D'Anvers
en haste ce 2. Febvrier 1581.
(1) Voir lettre précédente, n» 902.
(2) Michel Sonnius.
910. — Plant in à Ciofano.
(Archives Plantinienms , X, f° 24).
2-12 Février 1581.
(Plantin s'est réjoui de la lettre de Ciofano. 11 s'engage à mettre
son ouvrage sous presse aussitôt qu'il aura terminé l'impression du
Commentaire de Fulvius Orsini sur les œuvres de Cicéron, c'est-à-dire
vers Pâques, L'architypographe fera son possible pour faire paraître
sans interruption les Observations de Ciofano sur les Offices et Epitres
de Cicéron. Plantin lui envoie, par l'intermédiaire de Charles Pesnot,
la liste de ses éditions, mises en vente à Francfort.)
Herculi Ciofanio C. Pi. S. D.
S. P. Litterœ mx, III Id. Januarii datœ laîtitiam mihi
ut decuit maximam attulerunt eo quod legitimam nos-
tram excusationem te accipere testarentur, et tuam in
me immeritum propensam animi tui voluntatem. Id quod
animum nostrum valde erexit ad tua doctissima scripta
prselo committenda prima occasione quam mihi non
sinam pr^terire, Eam vero me habiturum spero statim
ubi absolvero Fulvii annotationes in opéra Ciceronis (i),
quas post tôt rémoras a temporis difiicultatibus nobis
objectas jam nunc primum licuit pra;lo subjicere et circa
— 231 —
sanctissimas Pasch^e festum me absoluturum spero. Quare
si tuas interea Observationes in Officia Ciceronis et
Epistolas miseris, efficiam Deo favente ut continua
opéra excudantur. Et quoniam scribis has mihi inscri-
bendas, rogo et obsecro ne nimium accipe de me quic-
quam scribas aut plus tibi de me poUicearis quam priEsiare
queam. Quas jam misisti, curabo fideliter suis iocis addi.
Hic liabes catalogum eorum librorum quos Francofurtum
misimus Carolo Pesnot aut ejus vicario tradendos, porro
tibi destinandos. Addidi quidam qu^e tibi grata esse
percupio.
Quoniam vero eheu hinc jam nihil recta, vehementer
abs te peto lîe tibi molestum sit tuis adjunctas Romam
curare et quicquid solveris ad me perscribere, siquidem
ilico ut tibi repondatur conabor gratiamque insuper
habebo (2).
(i) Ftilvii Ursini in omnia Ciceronis opéra notie. Anvers, Plantin,
1581, in-8«.
(2) Reproduit par A. Fayen. Lettres plantitiiennes (1574-1581),
Revue des Bibliothèques & Archives de Belgique, III, fasc. 6, p. 459.
911. — Plantin à Fulvius Ursinus.
{Archives Plantiniennes, X, f* 24).
12 Février 1581.
(Le livre d'Ursinus dont Plantin avait commencé l'impression avant
les Koles sur Cicéron, n'a pas encore pu paraître. Il espère l'achever
vers Pâques. Aussitôt qu'il aura reçu les fragments en question, il
les mettra sous presse et finira l'ouvrage à la satisfaction de l'auteur
et du cardinal de Granvelle).
— 232 —
Clariss. doctissimoque viro D. Fulvio Ursino.
Qu£e priusquam tuas notas in Ciceronis opéra inchoa-
veram et ante annum absolvere speraveram, ego ne nunc
quidem potui tant^e dificultates tempora nobis pepere-
runt (i). Nolui tamen diutius diferre quin illas praelo
subjicerem quarum spécimen primum liic tibi mitto.
Circa festum vero Paschatis spero me absoluturum illas
et ad te missurum ilico. Fragmenta necdum vidi neque
mercator sarcinam suam se accepisse dicit. Ubi recepero
statim magnis typis quantum tibi et Illustriss. Cardinali
(2) placet aggrediar et continua opéra prosequar favente
Dno qui te nobis et reipub. diu servet incolumen. Ant-
verpiag 12. Februarij 1581.
(i) Ursinus doit avoir confié à Plantin, en même temps peut-être
que ses Notes sur Cicéron (parues en 1581), ses Notes sur Polybe,
dont la préface est datée du 20 novembre 1581.
(2) Antoine Perrenot, cardinal de Granvelle, à qui Ursinus avait
dédié son livre de Polybe. Voir P. A. de Nolhac. Lettere inédite del
Card. de Granvelle a Fulvio Orsini e al Card. Sirleto. (Studi e docu-
menti di storia e diritto. Anno V). Roma, 1884, in-f».
912. -- Plantin à Scaliger (i).
{^'lichives Phintiuiennrs, X, f» 24).
12 Février 1581.
Monsigneur Scaliger, ayant occasion j'ay prins la har-
diesse de vous escrire et envoyer ung exemplaire du
Songe Lipsian(2)et vous présenter mon affection et service
en tout ce que penserés que je sois propre de vous en
faire ou a qui que ce soit de vos amis. Ce pendant je
233
prie Dieu vous augmenter ses grâces me recommandant
a la vostre. D'Anvers ce 12. Febvrier 1581.
(i) Joseph-Juste Scaliger, célèbre philologue français et professeur
à l'université de Leyde (1540-1609). Plantin n'a rien imprimé de lui,
en dehors du commentaire sur Virgile, paru en appendice à la grande
édition in-f» de Virgile par Val. Guellius, en 1575.
(2) /. Lipsij Satyra Menippaa Somnium. Lusiis in noslri avi Criti-
cos. Antverpiae, Ex officina Chr. Plantini, Architypographi Regij.
M.D.LXXXi. In-40. Avec dédicace de Lipse à Joseph Scaliger.
913. — Pierre Porret à Jean Moretus.
(^Archives Plantiniennes, XCI, f° 121).
Paris, le 13 février 1581.
Amy Morentorf. Par vostre lectre du 24. de Janvier
vous me mandés que le seig*" Louys Pères depvoit avoyr
la spécification par le menu de ce que j'ay fourny pour
ses nepveuz. Ce que je n'ay encore faict attendant la
response de sesdictz nepveuz auquelz j'ay envoyé les
parties par le menu et aussi je luy envoyeray par mesme
moyen ce qu'il avoit heu a Poictiers de celluy a quy je
les ay adressé. Je luy ay mandé in globo ce qu'ilz ont
despendé despuys qu'ilz sont avec moy jusques au 17®
de Décembre qu'ilz sont partis. Par le premier je luy
envoyeray tout parle menu. Quant a Manmaker, je croy
qu'il est si homme de bien qu'il congnoistra combien par
les payementz qu'il doibt avoyr faict par les demi années,
comme verres par ce que j'en mande dans la lectre de
mon frère affin que n'ayez la peine de le chercher. Au
reste je vous prie s'il y a quelque chose de nouveau de
Paracelce a Francfort (si vous y allés ou envoyés) me le
— 234 —
vouloyr faire tenir dedans les tonneaul'x de Nivelle ou
Jacques du Puys(i) avec un livre dudict autheur intitulé
Quintum esse (2). Ensemble quelque demi dozaine de
rames du fin papier et deslié a l'aigle. Et de tout ce que
m'envoyerés vous en feray rembourcer par delà a vostre
v(olon)té. Et surce me recommandant a vostre bone
grâce, je prieray Dieu vous donner en joye et santé
bonne vie et longue. Escripte a Paris ce 13* de febvrier
1581.
Vostre serviable frère
et amy P. Porret.
Je vous prie de saluer
Martine, vos frères et seurs de
ma treshumble recommandation.
(Adresse au verso :) Au Sire Jehan Morentorf
marchant libraire
au Compas d'or
A Anvers
par amy que
Dieu garde.
(i) Sébastien Nivelle et Jacques Dupuis, libraires à Paris.
(2) Un des nombreux ouvrages de Paracelse, fameux alchimiste et
médecin du XVle siècle.
914. — Plantin à Charles Billohe.
{Archives Tlantinienms , X, fo 24).
12-15 Février 1581.
A Monsieur Charles Billohe.
Monsieur les vosires dattees a Madrid le 22. Novembre
— 235 —
de l'année passée m'ont esté délivrées le 12. Febvrier.
Pour response a icelles je vous remercie en premier lieu
de ce qu'il vous plaist interpréter mon simple debvoir
pour courtoisie et bonté. Secondement je vous certifie
que je suis comme j'ay tousjours esté singulièrement
affectionné de faire tout humble service a monsigneur
le docteur Viperan, estant triste que par je ne scay
quel desastre j'ay tousjours esté frustré de mon intention
et bonne volonté de le luy monstrer aussi tost par effect
comme il l'eust bien désiré et moy encores plus qui ait
faict toute diligence a moy possible de luy faire tenir des
exemplaires de son oeuvre de arte poetica (i) duquel je
ne faudray de livrer icy tel nombre que le porteur voudra
recevoir (car il a délivré la lectre en ma bouticque sans
parler ne dire son nom ne demeure) en faute de quoy
j'en envoyeray pardela en la première basle que je scau-
ray qui se face pour envoyer d'icy pardela. duant a ce
que je n'ay poinct encores imprimé les autres oeuvres
dudict Signeur Viperan et que j'ay continué comme je
fay d'en imprimer tant d'autres la cause est que depuis
le temps que je fu deceu par ceux qui soubs le nom et
auctorité du Roy m'ont faict employer passé huict ans
plus que quatre fois autant que mes facultés ne portoyent
a faire les préparations pour imprimer les grands psau-
tiers, Antiphonaires et Graduels pour tout le Royaume
d'Espagne et puis après retiré (en autres ouvrages qu'ils
m'avoyent cependant faict faire) les dix mille escus qu^ils
m'avoyent faict livrer pour arres des autres livres sus-
dicts seion nostre accord. Depuis dis-je ce temps la qu'ils
m'abusèrent ainsi je fu contrainct de m'assubjectir et
obliger a quelques marchands qui payèrent mes debtes.
A quoy depuis est survenu le malheur du sac de ceste
— 236 —
ville ou je fu derechef si misérablement traicté et ran-
sonné outre la valeur de tout mon bien que sans la
bonté et amitié des mesmes marchands qui me rachapte-
rent et mon imprimerie (peut estre pour me sauver a cause
de ce que je leur debvois) je n'eusse jamais eu moyen
de rien faire (2). Parquoy je fus contrainct de m'assub-
jectir et m'obliger a eux d'imprimer a leur profict et par
leur consentement tout ce que j'imprimerois en après
jusques a ce qu'ils fussent remboursés de leurs deniers
advansés pour les causes susdictes. Or est-il que leur
ayant faict la recommen(da)tion deue des doctes oeuvres
dudict S. Viperan ils me permirent que je les imprimasse
pour les vendre toutes ensemble encores que chaicunne
oeuvre eust son tiltre et fust imprimée a part ainsi
qu'alors je l'escrivi audict Signeur et pour cela luy
demanday-je qu'il luy pleust m'envoyer ce qu'il pourroit
avoir observé, corrigé, osté ou adjouxté en ses deux
premiers livres par moy imprimés, l'un de Rege et
Regno, l'autre de Historia scribenda, surquoy le mesmes
S"" m'escrivit que je luy envoyasse des exemplaires des-
dicts livres, par ce qu'il n'en avoit plus pour y adjouxter
ce que bon luy sembleroit. Ce que j'ay faict par deux
fois sans jamais avoir depuis sceu entendre s'il les avoit
receus. De quoy s'est ensuivi que mesdicts Maistres ne
m'ont permis jusques a présent d'imprimer ceux que j'ay
sans les autres veu que par la vente desdicts deux livrets
premiers je leur avois donné espoir des autres. A quoy
faut adjouxter que depuis deux ans en ça nos compa-
gnons se sont tant desbauchés et leur est survenu tant de
maladies que je n'ay sceu achever encores pour ceste
foire de Francfort ce que je pensois bien achever ung an
passé, mesmes les oeuvres de Becanus pour le soulage-
— 237 —
ment de l'impression desquelles les héritiers nous ont
donné en don cent et cinquante escus et preste autre
cinq cents a rendre de la vente d'icelles. Vo3'la les causes
pourquoy je ne puis ce que je veux et la principale pour
laquelle je n'ay sceu imprimer les oeuvres du susdict
S' Viperan, ascavoir pour n'avoir receu de luy lesdicts
exemplaires de Rege et Regno et de Historia scribenda
ou sa volonté sur iceux pour imprimer lesdictes oeuvres
chaicunne a part : mais les vendre conjoinctement aux
libraires marchands qui ne font compte d'achapter petits
livres. Parquov je vous supplie impetrer dudict Signeur
qu'il luy plaise m'envoyer lesdictes deux copies ou ce
qu'il luy plaira sur icelles a part. Cependant je vous
promects qu'incontinent ce quaresme fini (car plus tost
je n'auray le moyen) je commenceray (avec la grâce de
Dieu) les Oraisons d'iceluy et poursuivray les autres
autant que j'en auray le pouvoir et le moyen (3). Par-
quoy ce sera pour l'autre foire ; aussi bien toutes les
marchandises que debvions envoyer a ceste prochaine
sont elles parties avant que j'aye receu vostredicte lectre.
Que si elle m'eust esté délivrée en temps je me fusse
efforcé d'y satisfaire d'aussi bon cueur que je désire faire
treshumble service a Monsigneur 111""*, a Monsigneur
Viperan, a vous et autres vos semblables doctes person-
nages sincères et loyaux, et que je souhaitte que mes
tresaffectueuses recommandations vous soyent a tous
aggreables.
(1) lo. Antonii Viptrani De Poetica libri très. Anvers, Plantin,
1579, in-80.
(2) Allusion à la Furie espagnole et à l'intervention de Louis
Ferez qui paya la rançon de Plantin et de son imprimerie à plu-
sieurs reprises.
— i38 —
(5) lo. Antoni: Viperani, Orationes VI. Anvers, Plantin, 1581,
Dans le même volume se trouvent réunis d'autres ouvrages de
Viperan, ainsi que l'avaient désiré les patrons de Plantin : lo. Antonii
Fiperaiii, De compoiwnda oratione, lihri III. lo. Anlonii Viperani, In
M. T. Ciceronis de optuno génère oraionuii^ commentarius ; avec les
deux traités De Toetica et De scribenda hisloria, parus en 1579.
915. — Plantin aux héritiers de Henri Fan den Keere.
(Archives Ptantiniennes , X, f» 25).
15 Février 1581.
Je Christophe Plantin congnois et confesse debvoir
aux héritiers de feu Henrick vanden Keere (i) en son
vivant demeurant a Gand, tailleur et fondeur de lectres
pour l'imprimerie la somme de treze cents florins et ce
pour vingt sortes diverses de poinsons de lectres et notes
et douze diverses sortes de matrices de lectres que j'ay
achaptés d'eux. Laquelle somme de treze cents florins je
leur promects payer ou au porteur de la présente en
deux termes esgaux ascavoir six cents et cinquante flo-
rins de cejourdhuy en six mois et les autres six cents
cinquante florins de ce jourdhuy en an, a condition tou-
tesfois qu'au cas qu'il ne me vint a commodité de payer
lesdictes sommes audict terme que je leur en payeray la
rente a six et ung quart pour cent par chaicun an jusques
au jour que je leur feray ledict payement. En tesmoing
de quoy j'ay escrit et soussigné la présente de ma propre
main et signe manuel cy faict en Anvers le 15. jour de
Febvrier 1581.
Je Christophle Plantin promects a ma commère Elysa-
— 239 —
beth veuvfe de feu Henrick vanden Keere que en cd'î
que l'un de ses enfants et de sondict defunct mari ou
bien leur serviteur Thomas vanden Vechter (2) et non
autres voulussent cy après rachapter de moy pour s'en
servir : mais non livrer a autre qui que se fust les poin-
sons et matrices que j'ay achaptees ce jourdhuy d'elle
soubs le nom des héritiers dudict defunct vanden Keere
que les ayant alors sans les avoir aliénés je les delivreray
au mesmes prix qu'ils m'auront cousté sans quelque
augmentation de prix par dessus ledict coust et paye-
ments— alors faicts pour lesdicts poinsons et matrices. En
tesmoing de quoy j'ay escrit et soussigné la présente de
ma propre main et signe manuel cy mis le quinziesme
jour de Febvrier 1581.
(i) Henri Van den Keere était mort avant le 11 juillet 1580.
(2) Thomas de Vechter travailla encore à Gand, pour le compte de
Plantin, le 14 décembre 1581. Il vint s'établir alors à Anvers, et
fournit à l'officine plantinienne des caractères et des poinçons jusqu'à
la fin de 1584. Il partit ensuite pour Leyde, où il résida jusqu'en
1592 : « In de Vrouwestege aen de Breestraet ».
916. — Plantin à Andréas Papius.
[Archives Plaiitiniennes, X, fo 25).
15 Février 1581.
(La lettre de Papius, arrivée à Anvers non sans grandes difficultés,
a beaucoup réjoui l'imprimeur. Plantin est très satisfait des Heures.
Il envoie maintenant un Diurnal, se déclarant disposé à en expédier
d'autres sur demande. Il accueillera avec joie le livre de Papius que
celui-ci voudra lui faire parvenir. Plantin fait hommage d'un exem-
plaire du Songe de Juste-Lipse à Papiiis et à son oncle, Torrentius, qu'il
— ±4^ —
prie de prendre patience : ses Poésies sortiront prochainement de
presse. Salutations de Ferez et de la famille de l'architypographe).
Clariss. doctissimoque viro D. Andreae Papio (i).
S. P. Litterse tuse 8. liujus scriptas mihi tandem red-
ditse fuerunt easque admodum perterrefact^e quod ab
armatis in porta non solum acriter primum examinatse
sed postea :td coronatos delatas et iteriim illic ad rigorem
usque articulatim probat^ae et nisi prudentes fuissent non
bene cessisset. Cum vero manibus illas palpare inceperem
rursum ad se redierunt nosque mutuo exhilaravimus illae
quod tuam mentem mihi aperirent ego eadem de causa
et quod abs te venirent cui proprio et avunculi (2)
merito nihil non me debere agnosco. De Horis abunde
mihi satisfactum est cum vel unum exemplar intelligam
avunculo gratum fuisse. Diurnale mitto quod tibi etiam
gratum esse percupio, plura si evocaveris, tune pretium
illorum indicabo. Interea vero si tuum opus (3) miseris
iHco auspicabor Deo favente. Institorem etenimFrancofur-
tum metam (?) Somnium (4) mitto tibi et avunculo cui a
me salutem dici percupio et apud illum excusari quod
leniius quam voluissem progressum sit in imprimendis
ejus carminibus (5) quas brevi Deo favente absolventur.
D. Waltero Vandersteghen (6) ex me salutem quoque
dicere quasso ne graveris. Ipsi vero quamvis nunc nihil
scribam gratias habeo maximas de sua in me benevolen-
tia quam declaravit suis litteris qu« si eo modo que tu^e
fuissent examinatae hinc fuisset illi migrandum quem
alioquebantur. Salutat illum etiam Perezius et familial
nostrae. Bene vale. Antverpi^e 18. Feb.
(i) André De Pape ou Papius, poète et musicien, né à Gand en
1542, mort accidentellement à Liège, le 15 juillet 1581. Plantin avait
— ^41 ~^
imprimé de lui, en 1575 : Dionysii ^lexandrini De Situ Orhis Liber,
Interprète Andréa Papio Gandensi. Mtis^i Hero et Leander, eodem inter-
prète. In-80.
(2) Papius, par sa mère, était le neveu de Liévin Torrentius, évêque
d'Anvers. Il avait été appelé par ce prélat à Liège, en qualité de
grand vicaire, avec canonicat à Saint-Martin.
(3) Aud. Papa Gandensi s De Consonantiis, seu Pro Diatessaron lihri
duo. Plantiii, 1581, in-S». Il y avait eu une première édition, parue
à Anvers en 1 568.
(4) /. Lipsii Satyra Menippcea Somnium. Lusus in nostri aviCriticos.
Plantin, 1581, in-40.
(5) Le Musée ne possède pas d'édition des Toemata de Torrentius
de ces années, en dehors de la troisième, datée de 1579, ^^ cqWq
parue en 1594.
(6) Censeur des livres à Anvers, qui approuva entre autres le livre
de Papius, De Consonantiis.
917. — Plantin à Antoine Caucius.
{^Archives Plantiniennes , X, f 25^).
17 Février 1581.
(Plantin a bien reçu de Caucius le double ducat de Portugal et sa
Grammaire. L'imprimeur lui fera sous peu savoir à quelles conditions
son livre pourra paraître. Il envoie à Caucius six exemplaires des
Prodidagmata de Hunnaeus tl le Songe de Juste-Lipse. Ce dernier a
fait paraître une nouvelle édition de Tacite, tandis que son commen-
taire sur le même auteur est sous presse. Juste-Lipse s'étonne de
ne pas recevoir des nouvelles de Frédéric : il prétend l'avoir pourvu
régulièrement d'argent durant tout l'hiver).
Cariss. doctissimoque Viro D. Antonio Caucio (i).
S. P, Excusationem tuam longioris mori£ quam vo-
luisses facile admitto. Accepi duplicem ducatuni Lusita-
nicum et Grammaticam tuam (2) quam primo die
inchoabo Deo favente atque tum dinumerabo quot foliis
illa excudi possit et inde pretium coUigam tibique
16
— ^± —
significabo et spécimen una mittam efficiamque quantum
in me erit ut qu^ mones observentur. Hunnasi Prodi-
dagmatum (3) exempla sex mitto, quibus adjunxi ut
rideas Somnium nostri Lipsij a quo Tacitum rursus
emendatum nuper recudi, ejus in eum auctorem com-
mentaria sudant sub praelo (4). Is autem miratur pluri-
mum quod ipsi nihil respondeas maxime de Fredciico (5)
qui pecuniam omnem quam secum tulerat facile ante
mensem postquam illuc appulisset consumpsit, adeo ut
ab eo tempore mercator amicus cui ipsum nomine Lipsij
commendavi singulis mensibus persolverit hospiti ipsius
expensas omnes, dederit aliquot libres et viginti plus
minus scutatos ad vestimenta et alia necessaria in hyeme
comparanda, uti rationes quas misi ad Lipsium indicant
e quibus priores existimo ipsum ad te misisse. Ego illum
abs te per litteras internuncias jubebo salvere quampri-
mum ego nuntium invenero qui nunc rari sont propter
flumina gelu indurata. Bene vale. Antverpiœ 17. Febr.
1581.
(i) Antonius Caucius, Gauchius ou Anthony van Cuyck, né à
Utrecht vers 15 30, résidant à la cour du prince Adolphe, duc de
Holstein.
(2) Caucius est l'auteur d'une grammaire française (Bâle 1570,
Anvers 1576, Strasbourg 1586, in-8°) et d'une grammaire latine,
parue chez Plantin en 1371 et 1581, Il s'agit sans doute ici delà
dernière édition. Juste- Lipse, l'ami de Caucius, écrivit en tête de cette
grammaire une dédicace à l'auteur en vers latins.
(3) ^iigustini Huniiai Trodidaginata de dialecticis vociim affectionibus
et proprietatibus, à la suite généralement de la Dialectica du même
auteur, dont une nouvelle édition plantinienne parut en 1586.
(4) Voir précédemment au sujet de ces trois ouvrages de Juste-
Lipse.
(5) Probablement l'ancien serviteur de Juste-Lipse.
— 243 —
91 8. — Plant in à Buyssetius.
{Archives Tlantinknnes, X, f» 25^).
17-19 Février 1581.
(Pour plusieurs motifs, entre autres à cause du manque d'ouvriers,
Plantin ne pourra pas envoyer à la foire de Francfort de septembre
prochain, les livres qu'il aurait voulu expédier à la foire de carême.
L'imprimeur remercie Buyssetius de ses conseils. Casnedo doit lui
avoir remis certains livres, que Plantin prie de distribuer à ses amis
romains. L'architypographe fait allusion aux travaux qu'il doit exé-
cuter par ordre dts autorités, souvent à contre-cœur. Il s'est entendu
avec Rome pour imprimer le 'Droit canon. Une Bible grand format,
avec figures sur cuivre, est sous presse. Il vient d'achever les Notes
sur la Bible, dont il avait remis antérieurement quelques feuillets au
cardinal Sirlet. Plantin voudrait éditer les Homélies des Pères par
Johannes Deus. Il se permet de demander à Buyssetius de les lui faire
parvenir par l'intermédiaire de Casnedo).
Rev. in C. P. D. Jo. Buyssetio.
Litteris tuis desideratissimis, Rev. Pater, Id. Jan. datis
quas hodie recepi respoiidebo hic paucis. Taies nobis lioc
anno difficuitates obvenerunt ut qu« speraveratn ad
nundinas Francoford. me missurum necdum ad lias
proximas omnia mittere queam (i). Nam praeter alia
incommoda paucissimi ex nostris operatoribus liberi
fuerinit a variis morbis per totum annum, obierunt
nonnulli, languent adliuc etiam non pauci.
Admonitio tua de iibris inventis gratissima mitii.
Asserit autem quem interrogavi niliil prorsus missum
istuc ne prius evocatum, imo neque quicquam illius
Kimhi (2) liabuisse sed tum evocanti satisfaceret pras-
senti pecunia émisse a Johanne Bellero : quod non
fecisset nisi omnino crcdidisset eum pro quo evocaban-
tur habuisse potestatem liabendi etc. Utinam tradiderit
— 244 —
tibi Casnedus ea quîe indicas ut mature distributa fuerint
uti spero jam factum. De Actis (3) cupit fieri qui misit
id quod expedit, nihil etenim cupit quod displiceat Dnis
meis etiam si necessario cogatur talia imprimere aut
se suaque omnia fisco exponere. Abstinet vero abstine-
bitque semper quantum in se erit. Quod si sua sine
quibus nec satisfacere creditoribus nec sibi nec suis victum
acquirere posset transferre liceret alio faceret haud dubie.
Cum populo Romano meo nomine conventum est ut in
his regionibus mihi liceat Corpus canonicum imprimere,
Biblia nunc maxima forma et typis cum figuris in ^ere
excisis imprimo ad exemplar nostrum in 8° et nuper
absolvi notas in Biblia (4) quarum folia hic aliquot mitto.
Mitterem intégras nisi absterrerer magnitudine pretij pro
vectura. Existimo folia nonnulla antehac reddita Illustriss.
C. Sirleto per duos juvenes Brugenses qui hinc istinc
superiori éestate sunt profecti, ad hoc namque ipsis decem
ni fallor folia tum dedi. Cuperem ex omnibus exempla-
ribus quîe istic corriguntur ad me mitti semper unum
opéra D. Casnedi qui etiam illa solveret meo nomine.
Non dubito quin Homiliae Patrum super Epistolas et
Evangelia Dominicalia a D. Johanne Dei collectée futurœ
sint utiles concionatoribus et aliis Ecclesiasticis viris :
quare ego libentissime illas prœlo committam si placue-
rit ipsi eas ad nos mittere. Quod etiam fieri posset opéra
dicti Dni Casnedi in aliqua sarcina hue destinanda neque
parcum me prsebebo in dandis auctori aliquot exempla-
ribus amicis ipsius donandis, pecunia vero exemplaria
nova numquam redemi nec redimere cupio ab aliquo
auctore^ neque possem hoc maxime tempore nobis si
umquam difficili. Martyrologium habeo Venetiis impres-
sum 158..
— 245 —
Queo si prseterea istic denuo emendatum prodeat
percupio mihi exemplar mitti. Bene cedat imitatoribus
nostris omnibus, nemini siquidem maie cupio etiam si
non ita mihi cupiant ipsi. Facio quas possum in reipub.
Christ. utiHtatem persistamque Deo favente sine invidia
vel amaritudine cordis, in ahos semper Dni est terra, in
eo confido, per cujus gratiam spero me nihil (inachevé).
(i) La première foire de Francfort, dite de carême, avait eu lieu,
en 1581, le 12 février. La seconde se tenait au mois de septembre.
(2) Voir lettre du !■■ janvier 1581, à Valverdius.
(3) Les ordonnances sans doute que Plantin devait imprimer par
ordre des Etats généraux.
(4) Les notes sur la Bible par François Lucas, dont il a été question
dans les pièces précédentes.
919. — Plantin à Jean Matai Metellus.
[Archives Tlantiniennes, X, f» 26).
17-19 Février 1580.
(Dans ses deux dernières lettres, Plantin avait signalé de nom-
breuses erreurs dans l'édition romaine à'ApoUodore. Il imprimerait
volontiers cet auteur si quelqu'un voulait lui prêter un exemplaire
corrigé. Plantin tient également à publier la gravure du pont sur le
Rhin, avec explication de Matai. Hopperus, de son vivant, avait
promis à Plantin la publication de l'ouvrage dont parle Metellus.
L'architypographe le remercie de lui avoir indiqué le plan de Tournai.
Il offre deux exemplaires du Songe de Juste-Lipse, l'un pour Matai,
l'autre pour Alexandre Grapheus).
Chiriss. doctissimoque viro D. Jo. Matalio Metello
Sequano.
Miror equidem ubi nam postremiç nostrœ perierint
nam dam binas dixi me sciipsisse, inter eas numerabam
— 246 —
eas de quibiis etiam in his tuis mentionem facis, nempe
in quibus dicebam errata in exemplari Romano me
hactenus deterruisse ab excudendo Apollodoro, alioqui
me libenter impressurum si quis euni emendaret (i).
Idem postremis confirmabam me statim submissurum
prœlo ubi exemplar correctum ad me delatum esseï, id
quod commode fieri poterit si detur Institori nostro dum
redierit a nundinis proximis Francof. Pontem supra
Rhenum stratum rogo ut abs te delineatum nobis mittas.
Curabo siquidem excudi et addi Jucundiano (?) quod si
tu etiam verbis tuam delineationem explicare velis
gratus erit.
Hoperus (2) dum viveret mihi significaverat se illud
opus quod nunc indicas paratuni habere ut ad me mitteret
imprimendum. Cum liberalitat-e recepi tune me facturum
meque nunc amici defuncti memoria incitât ad illud
suscipiendum. Argumenta libri etiam tum mihi scripserat
et placent (3).
Habeo gratias de indicata nobis descriptione Torna-
censi (4). Conabor eam impetrare nisi jam secunda
parata sit nobis ab eodem qui ante aliquot septimanas
nobis mittebat quam a nuntio eripuerint milites adversœ
partis. Mitto Somnii duo exempla, tibi unum Graphaso
unum cui ex me salutem dici percupio, jam etenim nunc
ipsi respondere non permittunt négocia.
(i) Voir la lettre de Plantin à Metellus du 4 août 1580.
(2) Joachim Hopperus, membre du Conseil privé, mort à Madrid,
le 1 5 décembre 1576.
(3) En 1590 seulement, les deux ouvrages de Hopperus sortirent
des presses plantiniennes : Paraphrasis in Psalmos Davidicos, additis
brevibiis argutnentis et explanationihus.. In- 12". Seduardus, sive De Fera
lurisprudentia^ ad regem, libri XII... ^idieclus est eiusdem auctoris De
ifisiitutîone Triucipis liber singidaris. In-fo,
— 247 —
(4) Plan de Tournai, destiné à" la Dcscrittione de Guichardin. Le
8 juillet 1581, Plantin paya a Pierre Van der Borcht « pour la ville de
Tournay taillé et painturé » la somme de 12 florins.
920. — Plantin à Charles de Bomber ghen.
{^4rchives Plantiniennes, X, fo 26).
21 Février 1581.
A Monsieur Charles de Bomberghe (i)
Monsieur ceste est pour vous advertir en premier lieu
que Jacques Grammay a3'ant gaigné le procès contre vous
m'a faict sommer et traicter tellement que sans la faveur
de quelques bons Signeurs j'eusse esté réellement exécuté
tant par luv que par Falckenbergh a qui il a transporté
son action depuis l'an 1577. Parquoy je vous prie adviser
a me faire la raison rabbatant ce que verres raisonnable
pour mes interests outre le capital de l'argent d'une année
que je vous ay advancee passé quelques années. Et en
second lieu c'est pour vous prier et admonester qu'il vous
plaise adviser a prendre telles sortes de livres ou autres
choses de l'imprimerie qui soyent en mon pouvoir pour
vous, payer en temps de tout ce qui vous est deu (2). Car
je désire grandement que soyés satisfait et les affaires
pressent tellement qu'impossible seroit d'y subvenir
autrement de quoy de pure sincérité accoustumee je vous
ay voulu présentement acertener tandis que l'oportunité
y est encores libre et franche. Que si au reste je vous
puis faire aucun service m'en advertissant je m'y em-
ployeray d'aussi bon cueur que me recommandant a vos
248
bonnes grâces je prie Dieu vous augmenter les siennes
en bonne santé et prospérité. D'Anvers ce 22. jour de
Febvrier 1581 (3).
(i) Ancien associé de Plantin et échevin de Bruxelles en 1581.
Elu membre du consistoire des Calvinistes à Anvers, il quitta le pays
lors des troubles religieux.
(2) Le 6 avril 1 577, Charles de Bomberghen avait avancé à Plantin
la somme de 9.600 florins « pour subvenir a ses payements a la foire
de Francfort après la pillerie d'Anvers ».
(3) Est-ce à la suite de celte lettre que l'association de 1563 fut
dissoute ? La présente pièce est suivie d'une déclaration ainsi libellée :
Je Christophle Plantin, cong(nois) et confesse que j'ay receu du Sig^
Jaspar van Zurch colonel de ceste ville d'Anvers les livres de comptes
de certaine compagnie d'imprimerie, autrefois faicte entre ledict
Signeur defunct Bernuy, Schoti, les Bomberghes, defunct Becanus et
moy. Desquels livres je le promects descharger envers tous ou bien de
les exhiber toutesfois et quantes qu'il en sera besoing. Et en tesmoing
de vérité j'ay es(cript) et ,s(igné) l(a) p(resente) de. ma p(ropre) m(ain)
et s(igne) man(uel) cy mis le 7. Mars 1581.
921. — Plantin à Catnerarius {i)
{archives Plantiniennes , IX, fo 93^').
Février 1581.
(Plantin se réjouit de la bonne arrivée du livre italien, que son ami
a accepté de traduire. Camerarius lui en fournira une version fidèle; il
peut écourter les passages qui ne lui paraissent pas essentiels. Plantin
le prie cependant de ne supprimer le nom d'aucun personnage, car
l'auteur en a cité plusieurs à dessein pour s'assurer de leur amitié.
L'architypographe invite Camerarius à lui répondre le plus vite pos-
sible, et d'ajouter, s'il y a moyen, les feuillets déjà traduits : ils seront
mis sous presse immédiatement, pour que l'ouvrage puisse paraître
avant la foire prochaine).
S. P. Gavisus sum, Vir Doctissime, cuin tuae pridie
Cal. Feb. datïe me certiorem redderent partem illam
— 249 —
italici libri (2) ad manii.s tuas perlatam fuisse. Paucis
nunc qure ijsdem respondendum accipe. Vidisti quas in
hoc libro nova mutata et auctiora ab ipso authore sunt
reddita, ordinem similem in translatione te sequi sum-
mopere velimus (3). Non est tamen quod te moneam ut
tam prolixe aut verbose ut ita dicam latine singula red-
das, modo nihil omittatnr eorum c[ux ad pr^ecipuam
rei materiam pertinere omnino tibi visa fuerint. Si vero
quorundam Doctorum Virorum seu privatorum virorum
nomina ab authore sint inserta, causa fortassis non nisi
leviori, idem fiât omnino. Certissime scio me teque ab
ipso culpandos si quid hujusmodi omissum reperiat ;
intelligis quid velim. Utere libertate ac compendio in
hac versione tua, modo ut dixi nichil hujusmodi preter-
mittatur. Author, ni fallor, hujusmodi nominibus addendo
gratificari studuit nominatis, imo hac via sibi eorundem
amicitiam contrahere cogitavit. Quomodocunque sit
nobis nec fertur nec metitur. Quod reliquum est, tuo
judicio relinquo in nomen tuum translationi huic adden-
dum. Responde quo citius, fac etiam in nundinis litteras
tuas habeamus, cum parte quadam libri conscripta qu^
statim pr^lo submittetur ut ante sequentes nundinas
absolvatur opus.
(i) Minute non datée, de k main de Jean Morelus, sans nom de
destinataire.
(2) Il s'agit de la Descrittione di tutti i pacsi bassi, de Louis
Guichardin, considérablement augmentée, dont Plantin voulait pu-
blier en même temps la traduction latine, par Joachim Camerarius.
Cette version n'a pas vu le jour. A différentes reprises, jusqu'en
1586, Plantin insista auprès de son ami pour qu'il achevât son
travail. En 161 3 seulement, Reinier Telle fit paraître. sa traduction
latine de la Descrittione ; Jean Brant, beau-père de Rubens, en avait
préparé une autre, restée également inédite. Lodavico Gtiicciardint...
Bihliographischt stiuiie door P. A. M. Boele van Hensbroeck, p. 47. i" :
250
Bijdragen en Mededeelingen Historiscli Genootschap, Utrecht, i dl.
(3) Guillaume Silvius avait fourni en 1567 les premières éditions
italienne et française du livre de Guicliardin.
922. — Georoes De la Hèle à Plantin.
{archives Tlantinicnnes, LXXXV, fo 353).
12 Mars 1581.
Monsieur Plantin. J'ay receu une lectre de Monsieur
d'Oyenbrugghe (i) Chantre et Chanoine de l'Eglise
Cathedralle de Tournay par laquelle il me mande que
luy avez envoyé un gran plaintif de moy disant que je
vous serois redevable la somme bien de C livres de gros,
dont ay esté bien émerveillé- d'autant plus queje ne vous
pense debvoir jusques a présent que cinc ou pour le plus
six volumes des Messes que vous m'avez imprimé (si
i'estois a ma maison je vous escriveroy le nombre prefix)
qui ne peuvent monter a la somme susdicte (2). Vray
est et je le confesse avoir faict un contract avec vous par
lequel me suis obligé de prendre certain nombre desdicts
volumes bien tost après qu'elles s'achevoient d'imprimer,
mais je vous vouldroy bien demander sy depuis qu'ilz
sont imprimez j'ay eu moyen de seurement les mander ?
Et quant encoire seroit que je les cuisse tous eu en la
ville de Tournay je n'eusse eu le moyen de les pouvoir
distribuer pour en retirer l'argent pour vous satisfaire,
car des lors les dissentions dudict l'ournay ont encom-
menchez, de sorte qu'allors vous eussiés eu plus de
moyen de vous mal contenter de mo}- que maintenant.
Partant vous prie qu'eu esgard a la difficulté du tems ne
vous contenter tant mal de moy veu la bonne envie que
— 251 —
j'ay de satisfaire a tout, ce que je ne veux différer sinonc
a la première commodité qui se présentera, que si ce ne
fut pour l'injure du tems et pour les dangiers des chemins
vous fussiez déjà tout quiet desdicts volumes car ilz
sont tant requis que si j'en avois C volumes ou plus en
Italie je les scauroy tous venduz, ce que je scay d'une
lectre que j'ay veu escrite de Rome d'un des premiers
Musiciens que l'Italie nourrit pour le présent lequel s'eul
en vouldroit bien avoir par de la C et L volumes. Et
quant a moy comme je pretens de brief m'acheminer
vers Espaigne pour aller servir nostre Sire le Roy de
Maistre de sa Chappelle (3), je ne fauldray d'en mander
un bon nombre de volumes pour porter par delà quante
moy, tant pour satisfaire a nostre contract que pour y
gaigner dessus quelque chose. Au reste comme le livre
que j'ay envoyé présenter a sa M*^ a esté si mal lyé
qu'il y a deux Messes qui ne se peuvent chanter, je vous
vouldroy bien prier d'en faire tenir prest un autre vo-
lume du gran papier afEn de le faire relier correctement,
car je le veux porter quantemoy et le veux moimesme
présenter a sadicte Ma*^, a mon arrivée, partant vous
vouldroy bien prier de prendre égard qu'il ny entrent
nulz feuillez souillez, maculées ou déchirées, ains plustost
en leur lieu en taire r'imprimer des autres a mes despens
car je vouldroy bien présenter le livre entier et sans
taiche sachant bien nostre Roy estre curieux de netteté.
En outre vouldroy- je bien avoir un beau breviare en
grand volume des plus beaux que vous avez imprimé,
car j'en vouldroy bien faire un présent a quelcun. Je
vous escriveray plus amplement lors que j'auray receu
tous mes despesches de sa Ma*^. Cependant prieray le
Créateur vous donner, Monsieur Plantin tresheureuse et
252
longue vie, me recommandant a voz bonnes grâces. De
Cité d'Arras ce 12. de Mars 1582.
Vostre bien bon Amis en service et plaisir
G. De la Hele.
{Adresse au verso :)
A Monsieur Christophle Plantin
Imprimeur du Roy nostre Sire, Mon bon
S' et amis
En Anvers.
(i) Conrard d'Oyenbrugghe, chantre de Tournai, en rapport
avec Plantin de 1577 à 1^82.
(2) Voir lettres précédentes à propos de celte édition monumentale
des Messes de Georges De la Hèle.
(3) Georges De la Hèle fut appelé en Espagne après la mort de
Gérard de Turnhout, décédé le 5 septembre 1580, comme maître
de la chapelle royale de Madrid. De la Hèle y resta jusqu'à sa mort,
en 1589.
923. — Michel Sonnius à Plantin.
[archives Plantiniennes, XCIII, f" 437).
21 Mars 1581.
Je Michel Sonnius, Libraire juré à Piiris, confesse avoyr
eu et rcceu tous et chascung les livres contenuz en
inventaire a moij venduz par S"" Christophel Plantin, le
22' Aoust 1577, en la ville d'Anvers comme apert par
le contraict passé par devant notaire ledict jour entre
Icdict Plantin et moij soubzsigné (i), duquel contraict et
contenu me tiens pour bien content et en tout satisfaict,
comme aussi ledict Plantin s'est tenu pour bien -content
— 253 —
et satisfaict dudict contraict comme apert par sa quitance
a la fin dudict contraict signé de sa main, de sorte et
manière que demourons quites ensemble de ce que
dessus. Tesmoing mon seing manuel cij mis ce 21'
Mars 15 81.
Michel Sonnius.
(i) Voir, à la date du 22 août 1577, le texte de ce contract (n»
774). La présente pièce est suivie des comptes détaillés de toutes les
affaires traitées entre Sonnius et Plantin.
924. — Plantin à Melissus.
{archives PlantinUtines , X, f» 26^).
22 Mars (?) 1581.
(Plantin a fait parvenir l'envoi de Melissus à Juste-Lipse, dont la
réponse se trouve jointe à ce pli. L'architypographe remercie Melissus
de lui avoir remis les oeuvres de Bargasus, Il s'excuse toutefois de ne
les mettre sous presse avant d'y être sollicité par l'auteur même ou
par le dernier éditeur de l'ouvrage. Il a agi de même pour les Notes
de Ciofano sur Ovide, publiées d'abord par les Aides, Plantin achèvera
sous peu le Commentaire de Tacite par Juste-Lipse et les Notes
d'Ursinus sur les œuvres de Cicéron, auxquelles l'édition de Ciofano
servira en quelque sorte de complément).
Illustri viro D. P. Melisso comiti Pal. Equiti
Civi Romano (i).
Fasciculum tela cerata et funibus ligatum nomine tuo
ab Institore nostro allatum Francofurti misi ad Lipsium
cujus hic responsum habes. Habeo tibi gratias maximas
de operibus Bargœi (2) mihi oblatis. Non etenim libenter
opéra recentium auctorum ab aliis prius impressa recudo,
nisi ab ipsis auctoribus vel a primis impressoribus ipsis a
— 254 —
me petaïur, ut qui non honestum, minus vero Christia-
num judicem alienis laboribus insidiari : neque me
movcnt exempla plurimorum qui ubi quid a me vel
quovis alio primum fuerit emissum in lucem plausibile
non habita ratione nostri qui non sine difficultate et forte
sumptibus majoribus primum ex autographo auctoris
expressimus illud avide imitare conantur. Quas causa
fuit cur primo me dificilem pr^ebuerim in recudendis
Annotaiionibus Ciofanij in Ovidium quas ne nunc quidem
suscepissem recudendas si non significasset id Aldo non
displicere. duid namque Mélisse prsestantissime apibus
cum fucis commercij ? Intra paucissimos dies spero me
absoluturum Commentaria Lipsij in Annales Taciti et
Notas Fui. Ursini in Opéra Ciceronis quibus Ciofanij
not£e (3) succenturiatum iri confido. 22. Aprilis 1581.
(i) Paulus Melissus, Schede ou Schedius, poète-lauréat de Vienne,
né à Melrichstadt en 1539, mort à Heidelberg en 1602.
(2) Peirus Angelinus Bargseus, poète toscan, né vers 15 16, mort
en 1596. Plantin n'a rien imprimé de lui. La bibliothèque du Musée
possède l'édition de ses Cynegitica et autres poésies, in-40, parues à
Lyon en 1561, chez Séb. Gryphius, ses Coninientarii de Obelisco, 1586,
Rome, ex officina Barth. Grassij, in-4'J.
(3) Voir pfusicurs lettres précédentes, à propos de ces différentes
éditions.
925. — Pierre Porret à Jean Moretus.
{Archives Plantiniennes, XCI, f° 123).
Paris, le 6 avril 1581.
Amy Morentorf. J'ay receu vostre lectre que vous avés
datte du 2. febvrier, mays je croy que vous voulés dire
mars, vu que je collige par le comte que vous m'avés
— 255 —
envoyé commençant le 20. octobre 1578 jusques a 2. de
mars 1581, par lequel je vous seroys redevable de la
somme de 49 escus 1/4 ne comtant que ce que vous avés
receu. J'entendz beaulcop mieux ce comte reduict a
escus que je ne faisoys par florins. Je trouve que nous
nous somes abusés au comte de Manmaker pour le temps
qu'il a esté avec moy de la some de 66 escus et 36 sols.
Je ne scay d'où peult venir la faulte et mescomte n'estoit
que vous n'eussiés pas comté les 50 escus que j'ay baillié
a son partement : si ledict Seig' Manmaker a escrip ce
qu'il vous a baillié, il trouvera bien la faulte par le comte
que je vous envoyé faict par demies années (i). Je croy
bien que ledict Manmaker aura encore pris quelque
argent de mes parens ausquelz je l'ay recommandé,
combien que je n'en heusse aulcune charge, mays je l'ay
trouvé si bon enfant et si modeste que je luy feray plaisir
par tout la ou je pourray. Il m'a escrip que mes parens
l'ont fort bien receu et offert plaisir et service de quoy
je suys fort joyeux. Je croy que son père congnoissant
le mescomte ne fera difficulté de vous rembourcer le
surplus. J'ay aussi fourni pour messieurs les Ferez comme
verres par le comte que je luy envoyé la some de 365
escus 29 sols 3 deniers et vous n'avés receu que 216
escus 1/4, parquoy resteroit encoire a payer la some
de 149 escus 14 sols. Et combien que je aye envoyé a
ses nepveuz les parties, je vous les envoyé encore de
nostre façon. Je scay bien que j'ay assés oblié de petites
choses estimant qu'ilz seroyent diligens a les escripre,
mays ilz n'en ont rien faict a ce que j'ay entendu. J'ay
escrip ce de quoy je me suys souvenu. Je vous remercie
de ce qu'avés escrip a Francfort pour les livres nouveaulx
de Paracelse et papier, car c'est pour un amy qui m'en
— 256 —
a prié et de tout vous tienJray bon comte. Je n'ay pas
tant de negotiation a faire que je face estime de tenir
livre, me remettant du tout au vostre. Je vous renvoyé
encore le mémoire de Manmaker avec la lectre qui m'a
escrip despuys quelque temps par laquelle il monstre sa
modestie et qu'il n'est ingrat des plaisirs que je luy ay
faictz. Au contraire des aultres (2) a qui j'en ay faict
davantage et toutesfoys me calumnient, mays la vérité
me defïend, pourquoy je me donne peu de peine pourveu
que je contente l'oncle qui me les a recommandé. Au
reste advisés si je puys quelque chose pour vous et je
m'y employeray d'aussi bon cueur que je salue vos
bonnes grâces de ma treshumble recommandation, priant
Dieu vous donner en joye et santé bonne vie et longue.
Escripte a Paris ce 6. Apvril 15 81.
Vostre cordial frère
et amy P. Porret.
(Adresse au verso :)
Au Sire Jehan Morentorf
Marchant libraire a
l'enseigne du Compas d'or
A Anvers.
(i) Dans sa lettre à Plantin du 15 mars -1581 {Archives Plant.
LXXXVIII, fo 63), Christoplie Manmaker discute courtoisement
les différents comptes de Porret.
(2) Lopes Ferez, frère de Louis Ferez, le protecteur et ami de
Plantin.
926. — Plantin à Canicrarius.
{archives Tlantiniennes, X, f» 27).
19 Avril 1581.
(D'après l'agent de Plantin à Francfort, Camerarius enverrait sous
peu une partie de sa version de Guichardin. L'imprimeur rappelle à
— ^57 —
son ami de n'oublier aucun des personnages cités dans la Descrittione,
Il le prie de remettre à Melissus la lettre jointe à ce pli. Plantin lui
offre, ainsi qu'à Melissus, un exemplaire du Commentaire sur Tacite
par Juste-Lipse et des Notes sur Cicéron par Ursinus. Renseignements
au sujet de l'impression de la version flamande de VHerhier de Mathias
de Lobel, du livre sur la Patmonie par Clusius et de l'édition latine
de VHerhier de Dodoens).
Clariss. doctissimoque Viro D. Joachimo Camerario.
Institor meus Francofurto reversus dixit te illic fuisse
atque pollicitum fuisse versionis Guicardini partem te ad
nos brevi missurum (i). Eam avidissime expecto, voloque
uti antehac gêner meus scripsit meo nomine te omnino
liberum esse in eo libro latine faciendo, tantum peto ne
nomina illorum virorum qui in eo indicantur silentio
pr^etereas ne quis ansam calumniandi arripiat quod illius
celebritatem impedire voluerimus. Inclusas D. Paullo
Melisso tradi cupimus ego et Lipsius qui et tibi Salutem
plurimam dicit. Ejus commentariorum in Annales Taciti
et Notarum in Ciceronem Fulvij Ursini exemplaria bina
curavi vasculo imponi quod ad Doiîiinum Guntlach
mittimus, quie cupio tibi et dicto D. Melisso grata. Si
quid haberem prastereaquod vobis gratum scirem libenter
mitterem.
Absolvam brevi Deo favente Herbarium Lobelij sed
hac inferioris Germaniae lingua impressum, multo locu-
pletiorem Latino (2). Clusium Londini (ubi cogetur
adhuc hasrere ad aliquot septimanas) expecto ad desig-
nandas ipso prassente aliquot adhuc figuras pro ipsius
Observationibus Pannonicis (3). Dodon^us scribit fré-
quenter se brevi hue venturum ut ipsius de re Herbaria
opus latinum tandem integrum imprimamus (4).
BeneVale, Virpraestaniiss.Antverpiae raptim i^.Aprilis.
17
^ 258 --
(î) Camerarius avait accepté de fournir la traduction latine du livre
de Guichardin, Descrittione di tutti i Paesi Bassi, paru cette même
année chez Plantin. Belleforest s'occuperait de la version française.
Au feuillet 28"^ de ce même dossier, nous trouvons une liste de
corrections, apportées par Plantin au texte de Belleforest.
(2) Kruydtboeck oft Beschrijvinghe Van aller leye Ghewassefi, Kruyderen^
Hesteren ende Gheboomten deur Matthias de Lohel Medecijn der Tritic.
Exe"*. T'Antwerpen, By Christofïel Plantyn. m.d.lxxxi. In-fo.
Edition flamande, revue et augmentée, de Tlantarun: seu stirpiiim his-
ioria, publiée en 1576 et 1581. Beau frontispice gravé; le feuillet sui-
vant contient une grande vignette, avec les mots « Candore et Spe t,
par Antoine Van Leest. Des quatre exemplaires que possède le Musée,
deux ne renferment pas la dédicace au prince d'Orange.
(3 ) Caroli Cîusii Atrehatis Rariortim aliquot Stirpium^ per Pannotiiam,
Atistriam^ & vicinas quasdam Provincias observatarum Historia^ quatuor
libris expressa. Anvers, Plantin, 1583, in- S».
(4) Remberti Dodonaei Mechliniensis Medici Casarei Stirpium Historia
Temptades stx. Sive Libri XXX. Anvers, Plantin, 1583, in-f». Très
belle publication, renfermant, comme les deux ouvrages précédents,
un grand nombre de figures gravées sur bois.
927. — Plantin à Fuhius Ur sinus.
{Archives Plantiniennes, X, f» 27^).
22 Avril 1581.
(Plantin fait parvenir à Ursinus un exemplaire unique de ses Notes
sur Cicéron; cinquante autres accompagneront les douze exemplaires
du Commentaire de Tacite par Juste-Lipse, pour distribuer à Muret, à
Ciofano et aux amis. L'imprimeur entamera à présent les Annotations
de Ciofano sur Ovide. Toutefois, les circonstances l'empêchent de
faire en un an la besogne qu'il fournissait autrefois en huit jours. Il
n'a pas encore reçu la copie promise par Ursinus).
Clariss. doctissimoque Viro D. Fui. Ursini.
En exemplar unicum Notarum tuarum in Ciceronem,
earum exemplaria 50. mitto cum 12. exemplaribus
— 259 —
Commentariorum Lipsij ad Annales Taciti tibi, Mureto,
Ciofano et aliis nniicis pro tua voluntate tradendis.
Utinam ad vos tam mature perveniant atque cuperem.
Nunc in eo sum ut me accingam ad dicti Ciofanij Adno-
tationes in Ovidij opéra imprimendas (i) : in quarum
impressione pergam sine intermissione quantum in me
erit. Verum quotidianas molestias nos ita prasmunt ut
vix mense integro ea possimus absolvere qu« ante bas
calamitates spatio unius septimanie poteramus. Ego nec-
dumexemplar Fragmentorum (2) accepi neque quicquam
aliud possum intelligere quam quod ante menses aliquot
intellexi. Bene Vale, Vir pr£estantissime. Antverpias
raptim 22. Aprilis 1581.
(i) Voir lettres précédentes au sujet de ces ouvrages de Fulvius
Ursinus, de Juste-Lipse et de Ciofano.
(2) L'année suivante, un autre ouvrage de Fulvius Ursinus sortit
des presses plantiniennes : Noite in Polybium deUgatioiihiis (1582).
Il en a été question antérieurement.
928. — Plantin à Sambucus.
{^Archives Tlantiniennes, X, fo 27^).
22 Avril 1581.
(L'imprimeur a communiqué à Ortelius la représentation de cer-
taines médailles. Celui-ci en a corrigé quelques inscriptions; d'autres
sont retournées à Sambucus, parce que Ortelius n'ose les changer de
sa propre autorité. De Vulcanius, Plantin n'a rien pu obtenir).
Cl. V. D. Johanni Sambuco.
Communicavi cum Ortelio figuras numismatum (i).
Is quasdam litteras emendavit in nonnulis. Has vero
— 26o — '
suasit ut tibi remitterem ad scripturam examinandam in
qua putat esse majora vitia quam ut audeat manum
apponere. Nostri Francofurto redierunt : sed libri non
sunt adhuc allati. A Vulcanio nihil potui extorquera (2).
Is hinc discessit. Bene- Vale. Antverpias raptim inter
varias occupationes et ditîcultates innumeras. Deus nos
sua misericordia conserver. 22. Aprilis 1581.
(i) Il s'agit probablement des médailles qui devaient paraître dans
une nouvelle édition des Emblemata de Sambucus. Voir sa lettre à
Plantin du 26 août de cette année. Ortelius était l'ami éprouvé du
savant hongrois.
(2) Bonaventure Vulcanius ou De Smei, l'excellent philologue
classique, né à Bruges, le 30 juin 1538. Nommé recteur de la
première école publique fondée à Anvers, il n'occupa ce poste que
peu de temps. Appelé vers 1381 à l'université de Leyde, il mourut
en cette ville en 1614. Plantin publia plusieurs de ses ouvrages :
Callimachi Cyrenaei Hynmi, Epierammata et fragmenta, qua exstant. Et
separatim, Moschi Syraciisii, et Bionis Smyrnaei Idyllia. 1584, in- 160.
Batavia, sive De antique veroque eius insulte quam Rhenus in Holîandia
facit situ, descriptions & laiidibus ; adversus Gerardtan Noviomagum,
Libri duo ; ^Auctore Corn. Aurelio.. Bonaventura Vulcanii operd, nunc
primvni in hicem édita. 1586, in-8°.
929. — André Schottiis à Plantin.
(In : Pomponii Mêla 'De Situ Orbis libri très. And. Schottiis..
Anvers, Plantin, 1582, p. 7).
5 Mai 1581.
(Schottus caractérise brièvement l'œuvre de Corneille Valerius, de
Théodore Langius et de Théodore Poelman, qui viennent de mourir.
Il rappelle les tristes événements dont sa patrie, depuis plusieurs
années, est le théâtre, et qui ont éloigné tant d'illustres savants de
l'université de Louvain. Schottus fait l'éloge de cette académie; il
énumère les célébrités qui y ont enseigné. Plantin a collaboré de façon
— 26l —
heureuse à l'épanouissement des sciences et des lettres à Louvain
et dans les Pays-Bas en général. Schottus engage l'imprimeur à
continuer son activité, même à cette époque désolée. Quant à ses
propres travaux, il les lui enverra au fur et à mesure de leur achève-
ment, entre autres des études sur les auteurs grecs et latins, notam-
ment sur Sénèque. Salutations aux gendres de Plantin et à ses bons
amis Ortelius et Pruynen).
And. Schottus Christoph. Plantino omni bono
de R. P. merito, evrrpdTreiv.
Ain' verô, Plantine, Corn. Valerium, & Theod. Lan-
gium fuisse? Nuper etiam Theod. Puhnannuni ? O tristem
nuncium ! quo ita percussus sum, vix ut apud me sim (i).
IlHs enini Lovanij Gmdiorum in Gr^cis Latinisque totum
biennium publicè privatimque operam dedi : hoc verô
Antverpiae meae iucundissimè sum usus, homine in illus-
trandis, & ad vetera exemplaria comparandis poëtis
antiquis diu multùmque versato. Quantum enim otij ab
aliis rei domesticas negotiis suppeditare poterat, omne id
ad vitam legendo, scribendôque ex Varronis prc^cepto,
procudendam conferebat. Langius omnem in Graecis
litteris îetatem consumpserat,quas BurdigalasapudGallos,
annos fere decem professus est ; reliquo tempore in
Gymnasio trilingui Busleidiano, collega Pe. Nannij viri
doctiss. qui Latinae Eloquentias & Philosophias doctor
erat ; Huic Corn. Valerius succenturiatus, ita fideliter
provinciam subivit, nihil ut purius aut tersius dici, quàm
ab illo, posse videretur. Disciplinarum eum orbem, quem
Gr?eci éyKVKXoTry.LSelcuv vocant,Latinis litteris conscripsit :
quo nihil sanè in eo génère hactenus prodiit accuratius,
ncc aliud puerorum manibus teritur, apud omnes ferè
nationes, aut frequentius, aut utilius. lam Comment.
lingu;x; Latinae in manibus habebat affectos, & inibi ut
— 262 —
abs te, qui reliqua elegantiss. typis saspenumero beasti,
excuderentur. Sed hinc scena rerum inversa ; factiones
secessionésque exorta^ : hinc finitimarum urbium odia,
strages, direptiones, vastitas agrorum, belli calamitas
nata, qu^, ut ille ait,
Postquam pluris annos arva calvitur ;
Ingens famés & inedia subsecuta : ex qua, ut fieri amat,
pestilitas, interneciones, caedes : doctorum hominum,
quorum semper Lovanij frequens concursus erat, fuga(2).
Quas quidem senem quotidie spectantem mirificè ange-
bant, ut iam ad caelestem patriam commigrare seriô
optaret, ubi beati sempiterno aevo fruantur. Videbat enim
R. P. faciem commutatam ; Galli^e Belgic^ (quod Deus
* ne siverit) ruinam animo praeceperat : studiorûmque
exsilium impendere, quod omen & Deus avertat, divina
mente cygneâque cautione prsesagiebat ; Quod omnium
totius orbis Academiarum amœnissimumMusarum fuerat
domicilium, nunc militibus refertum, nihil pr^eter tym-
pana & tubas sonare ex animo dolebat. Equidem de
me affirmare hoc possum, non mediocriter affici me
(avSpû)7roç yyp eifil) cùm illorum obitu ; tum loci illius
interitu ; quibus quantum id est, quod discendo, docen-
doque sumus consecuti, acceptum referimus. Nec intérim
iniucunda recordatio Genij illius soli, caslique Lova-
niensis : ut facile augurer fore, ut nusquam gentium
studiis aptiorem locum videnm : quod & exteri ipsi non
invité agnoscunt : ij praesertim, qui Gallise, Italias, His-
paniœ, Germanias, & Britanni^e Academias lustrarunr,
verum id esse vi veritatis ingénue confitentur. Alibi
quidem collegiis opes affluentiores ; alibi fortasse studio-
sorum frequentior numerus. sed otiosorum. Est ubi
singulas disciplinas uberius doceantur; at nusquam, credo,
— 2^3 —
gentis humanitas maior, vel civium in litteratos vehe-
mentior affectus. Nusquam cseW clementia salubrior :
nusquam omnessimul disciplinée tanta diligentia fidéque,
reiectis quas ad inanem ostentationem & Sophisticen
pertinent, docentur, quàm Lovanij (3). Jam verô mœstus
recolo illas non de vulgo animas, vita, doctrinâque
Theologos, Latomum, Dorpium, Tapperum, Driedonem,
Hesselium, Alardum, mitrique insignes, Sonnium, lan-
senium, Lindanum, Curtium : & è familia DD. Francisci
& Dominici, Sasboudum, Titelmanum, & Backerium :
quôsque ipse audivi, Bayum, Hunna^um, Molanum,
Baliolanum, & Gravium. Recordor luris legûmque peri-
tos, Damhouderios, Vanderanos, Molinasos, Leoninos,
Wamesios, Ramos, Zuerios : Mathematicorum memini;
Gemmae, Beausardi, & Zeelstij. Occurrunt medici,
Gemma filius, Tremelius, Biesius, Dodon^eus, Pantinus,
Bruhelius : Philosoplii verô acutissimi, Beveri, Crocardi,
Othones, Lyrani. Observantur & Eloquentias professores,
linguarùmque And. Balenus, Goclenius, Nannius, Bar-
landus, Ceratinus, Paludanus, Leopardus, Olivarius,
ceteri : nam hi fere libris editis, in vulgus noti sunt.
Omitto pr^stantissima ingénia eorum, qui è Grudiis, ut
olim ex equo Troiano meri heroës, doctissimi prodierunt;
Lipsium, Carrionem, Canteros, Giselinum, Fruterium,
Gifanium, Duzam, Torrentium, Levineium, Papium,
Modium, ceteros : qui rem litterariam mirificè exornant,
& Belgij decus gnaviter tuentur, nec, ut spero, intermori
sinent, quin potius aiiô migrantes Musas, tamquam è
fuga, obtorto collo retrahent. Aliorum igitur interitum
eo fero constantiùs : cùm,
Quod sciani nihil in vita proprium morîali datiim,
ut ait Lucilius : eàque nobis lege vita; usuram datam,
— 2^4 —
non mancupi ; sed ut depositum nihil cunctando red-
damus : tum quôd illorum laudibus hi succrescani ;
qui si Reip. tranquillitas & secunda aura afflabit, nomen
illorum facile obscurabunt. Accedit ad haec ; te etiam,
Plantine, ita studia libris, elegantiss. formulis, & emen-
datissimè edendis provehere, pomœriâque quam latissimè
proferre, ut barbaries sequioris sa;culi minime metuenda
sit, & publicum dumtaxat bonum respicere ipse,& privato
commodo longé anteponere videaris. Tôt enim labores
pro R. P. litteraria exanclasti, ut, quod ex M. Tullij
oratione pro M. Aemilio Scauro hud.n Asconlus, flagrantes
studio laudis, in spem impideris, posse virtutem sine prce-
sidio Fortuna, quô contendisset Labore et Constantia
pervenire. Macte igitur, & perge litterarum studiosis facem
industria tua diligentidque accendere : nec te à beneme-
rendi officio, rebùsque gerundis abduci quorundam im-
probitate aut calumnia patiaris. De me si forte scire
aves ; non omnino cessamus : Serimus arbores, quce alteri
saculo prosint : conamur saltem. Observationum libros
è Graecis Latinisque auctoribus cudimus (4) : ubi matur-
uerint, ad te mittam, ut si genio ipsi suo, vel nulla re
alia ; industria saltem tua in excudendo commendentur,
& in apertum referantur. Senecœ quoque Controversias(5)
cum antiquissimo M. S. ex Bibliotheca Ant. Covarruvi^
V. C. (6) comparavi : unde & Grasca omnia, hactenus à
doctis efflagitata, & incredibili studio quœsita, quôd in
editis nec vola, nec vestigium appareat, quantum de
characteribus semilatinis coniectando fieri poterit, repo-
nemus. Reliqua prastereo : adhuc enim messis in herba
est. Intérim Deum O. M. precor, veniam petens ut qua egi,
ago, axirn, vcrruncet benè, ut ille ait : In liac tamen
studiorum peregrinatione, more maiorum suscepta, cum
- 2é5 -
Varronis illo Sesquiulysse : Meluo ne me quoque, cùm
domum iam ab Ilio cessim revertèro, prater canem cognoscat
nemo. luvat ramen,
Neptunum procul è terra spectare furentem :
aliorùmque naufragia intueri, quàm eâdem navi iactari
malo : & ut ait Sophocles, Kav vttÔ arèyr) irvKvà'i ÛKoveiv
y^cKaho'i evZovar] (fypevi (7). Sed de Repub. ut nunc tem-
pora sunt, pax. Studia tractemus, & rectum clavum
teneamus, ut nos aliquando vixisse posteris testemur.
Vale, vir optime, & me amare perge. Salutem à me
Raphelengio, & Moreto, generis : Abr. quoque Ortelio (8)
& Corn. Pruenio civibus meis carissimus. A. D. III.
Nonas Maias. cid. id. lxxxi.
(i) Cornélius Valerius était mort à Louvain, le 11 août 1578;
Théodore Langius, le 8 juin de la même année; Théodore Poelman,
au commencement de 1581.
(2) Schottus lui-même, après les excès de la Furie espagnole,
s'était enfui à Douai. De là se rendant à Paris, il s'était établi en
Espagne, d'où il écrivit la présente lettre.
(^) Cet éloge des études supérieures dans nos provinces au XVIe
siècle, et à l'université de Louvain en particulier, a d'autant plus de
valeur que Schottus, rappelons-le, venait de quitter les principaux
centres d'érudition de l'Europe occidentale. Bon nombre des profes-
seurs et docteurs dont les noms suivent, ont été mentionnés dans les
volumes précédents de cette Correspondance.
(4) Avant son édition de Pomponiiis Mêla, Schottus avait fait
paraître à Douai, en 1577, Scriptortim de Viris illustrihis Nota, in-40;
en 1579, chez Plantin : Sex. ^nrelii Victoris Historiae Romanae
Breviarum, avec Epitome, in-80.
(5) De cet ouvrage sur Sénèque, annoncé dès 1581, le Musée ne
possède que l'édition de Heidelberg, parue en 1604 : M. Anuiri Seneca
Rhetoris Suasoria, Controversia, Declamalionumque Excerpta ; ^b
Andréa Schotto ad velerum exemplarium fideni castigata, Gracis etiam
hialibus expletis, Noiis curisq. seciindis explicata;... In Bibliopolio
Commeliniano, In-f".
(6) Antoine Covarruvias, frère de Didier, qui avait fait nommer
— 266 —
Schottus à l'université de Salamanque pour y enseigner la littérature
grecque.
(7) Œdipe à Coîone, 307.
(8) Ortelius avait fourni la petite mappemonde qui se trouve dans
l'édition de Pomponius Mêla par Schottus : Orbis terrariun hiinc tijptim,
secundum Pomponij Mêla traditionem delinedbat Ab. Ortelius. i ^82.
930. — Plantin à Ditlevus Silvius.
(Archives Plantiniennes, X, f" 28).
4»
13 Mai 1581.
(La lettre de Ditlevus du 16 mars est arrivée les premiers jours de
ce mois. Plantin attendra le reste des planches promises pour mettre
le livre de Regius sous presse, aux conditions stipulées dans la lettre
de Ditlevus. L'imprimeur a pu acheter, à des prix très, élevés, les
Sermones Corn. Dordraceni et les Madr ig al i Jacob i de Wert. Par contre,
il n'a pu mettre la main sur les Madrigali Johannis Budaei.
Clariss. doctissimoque Viro D. Ditlevo Silvio
Hamburghum (i).
Litteras tuas 16. Martij datas sub initium Mai) primum
recepi, Vir pr^stantissime, et cum his Delineationes
figurarum aliquot reliquas expectabo quibus acceptis ego
tu£e et m. Viri D. Regij praefecti voluntati morem gérera
conabor, ejusque librum quainprimum omnia ad hoc
parata habuero imprimam conditionibus abs te mihi
litteris tuis prasscriptis.
Sermones Corn. Dordraceni et Madrigali Jacobi de
Wert, illum redemi stufferis septem. Alios florenis qua-
tuor cum decem stufferis quod pretium mihi tam carum
visum est ut ab illis Hbris tant! redimendis animus p^ne
abhorruerit. Is tamen a quo emi jurât se nemini hactenus
— 267 —
dédisse minori pretio quam quinque florenis neque
posthac ulli se daturum tam vili. Madrigales Johannis
Bud^i non potuimus invenire (2). Si quid praeterea velis
curatum a nobis, indica et bene vale. Antverpiîe raptim
Vigilia Pentecostes 13. Maij 1581.
(1) Dethlev Sylvius à Wandelsbeck près de Hambourg, au service
de Henr. Ranzovius, gouverneur du Holstein. Ses poésies latines
l'avaient fait acquérir une certaine réputation.
(2) Nous n'avons rien pu trouver au Musée à propos des œuvres
de Corn. Dordracenus, Jacobus de Wert et Joh. Budaeus, citées dans
cette lettre.
931. — Plantin à Guill. Fornerius.
{■^Archives Plantinunnes, X, f** 28).
17 Mai 1581.
(Louis Carrio a remis à Plantin, au nom de Fournier, le texte
corrigé du T)roit civil. L'architypographe a immédiatement prié son
collègue Sonnius de faire parvenir à Fournier les deux exemplaires
demandés de l'édition plantinienne du Droit civil. L'imprimeur mettra
l'ouvrage sous presse aussitôt qu'il en aura reçu le texte complet ; il
se déclare disposé à mettre en lumière tout ce que Fournier voudrait
lui confier).
Clariss. doctissimoque Viro D. Guillelnio
Fornerio (i) Consiliario Regio et professori
Aurelianensi primario.
Ludovicus Carrio vir clariss. doctissimusque mihi
Textum juris civilis abs te, Vir prîestantissime, correc-
tum tuo nomine detulit imprimendum, modo tibi duo
exemplaria nostras editionis curem ad te deferenda. Id
quod cum mihi gratissimum sit litteris iaternuntiis petij
— 268 —
a Sonnio nostro ut prima opportunitate illa duo exem-
plaria curet meis sumptibus istuc perferenda et tibi
tradenda neque dubito quin sit ilico facturus. Ego vero
bona fide polliceor me statim impressurum ubi exemplar
integrum accepero. Idemque facio de omnibus tuis
operibus quibus nostram typographiam ornare voles. Si
quid interea tuo nomine potero indica, efficiam Deo
favente ne tu officium nostrum diu requiras. Bene Vale.
Antverpiie ex officina nostra typographica 17. Maij 1581.
(i) Guillaume Founiier, savant jésuite, né à Paris, docteur régent
à l'université d'Orléans, connu par plusieurs travaux de philologie
et de droit. Nous n'avons pas trouvé que Plantin ait imprimé le traité
de Droit civil dont il est question dans cette lettre.
932. — Antoine Gassen à Martine Plantin.
{Archives Flantiniennes , LXXXII, f» 485).
Paris, le 26 mai 1581.
Ma cousynne Martynne, serés avertye que je vous
ecryst dernijeremant et je vous avoys donné quelque
petyste charje dont je croys que Tarés fect sy quand est
que l'ayés fecte je croys que Tarés anvoyé. Pour le fayre
court ma cousynne je vous prye de m'acheter suyvant le
santylon que je vous anvoye 120 ft d'asyer moyté un et
moytyé autre. Je dys des 3 esantylons au vyeus marché
au blé au logys d'un tonnelyer en la dusyeme chanbre
et se nome gaspart, toutes foys sy luy n'est que soyt un
autre que je croys que par tout l'y a d'un et d'autre et
Tayent acheté je vous prye de me le voloyr anvoyer par
le premyer a quales sus le Sr. Charles Grymont a
— 269 —
Tanscygne du Lyon d'argent a Quales pour le fayre
tennyr au Sr. Antlioynne Gassen a Parys. Autre choze
je ne say que vous mander sy non que je croys que ares
receu la letre de chanje que je vous ay dressé pour moy
et j'espère que ses jours ysy je vous poray anvoyer
quelque letre de chanje pour bayller a bon conte a sens
que je doys, toutesfoys le tans n'est pas ancores venneu
Dyeu mersy. Toutes foys des 100 escus que je fect
chanje a Anvers Monsr. Porest tour jour l'y ara byen, de
reste pour acheter l'asyer que je croys que ne vaust pas
plus de 27 ou 28 patz vous varés, prennes le meur
marché et la melure marchandyze (i). Autre choze je ne
vous puys que ecryre voynt la ate du mesagyer, si non
que je vous prye me recommander a Monsr. vostre père
et mère et au cousyn Mouranturf et a tous les amys de
par de la et je vous prye d'en prendre vostre bonne part
a Dyeu soyés. De parys ce 26= may 1581 par vostre
cousyn et bon amy a james
A. Gassen.
Je vous prye me recommander au cousyn père et a
la cousynne, au ryeste et que je n'ay ryen fect de luy
fect (?).
{Adresse au verso :)
Au Sr. Jen Mouranturft
Marchant demeurant
anvers au compas d'or
An la quamestrate anvers
Anvers
par amys que Dyeu garde.
— 270 —
(i) Le Grand livre i^y 1-1^82 fournit des renseignements intéres-
sants au sujet de? relations commerciales, existant entre Antoine
Gassen et Martine Plantin. Voici, entre autres, pour la seule année
1581 (f" 411) :
S"^ Antoine Gassen Doibt ce io« de Ap. 1581, pour aultant payé
comptant a Ambrosius Franque painctre a bon compte des 45 escus a
54 V'î poLir cincq tableaux, pour le dit Gassen. Val. fl.74, st. 17, d. 1/2.
Adi 1 1« ditto pour aultant payé pour licents 2 fl. pour les deux
toiles 15 pat. pour l'amener au navire fl. 7, st. 6.
Adi 28« Ap. 1581. Pour aultant que avons paijé encores a Ambro-
sius Francq, pour reste des 45 escus des paintures. Val. fl. 50.
Laditte casse avec les paintures a esté chargée adi 20' Ap. 1381 en
la navire de Guillm= Verhel.
Pour I coffre a comptoir achepté pour luy et envoijé par devant.
Val. fl. 15.
Adi 12^ Junij par Jaspar Haberts pour f^ 50 de fil d'acier suivant
le monstre a 29 patz. Val. fl. 72, st. 12.
Item pour 4 tonnelets de noix et de gingembre conficts envoyez
de Francfort, fl. 2.
Itim adi 18 de Septembre payé a Peeter Mourentorf pour une
bague fl. 108. —
Ambroise Francq n'est autre que le grand peintre flamand Am-
broise Francken, d'Anvers (i 544-1618).
933. — Le Conseil des États de Brabant à Plantin.
[Archives Pluntiniennes, CXVI, i° )Si).
17 Juin 1581.
(Les États de Brabant ordonnent à Plantin d'imprimer et d'éditer
la copie des lettres du duc d'Anjou, adressées aux Parlements de
France, au sujet de la défense des Pays-Bas. Vingt-cinq exemplaires
seronl remis aux Etats de Brabant, avec la copie originale).
Eersaeme, Lieve, besondere. Wy seynden U hierin
besloten copye van zekeren brieff vanden doirluchtichsten
Vorst ende Heere den Hertoch van Anjou gesonden aen
allen den Parlementen van Vranckryck, nopende de
— 271 —
vaste ende loffelycke resolutie by zyne V. H. genomen
totter defensie voii dese Nederlanden(i). Octroyerende U
ende ordonnerende mits desen deselve copye te drucken,
ende in drucke vuyt te gheven, op dat eenyegelyck daerafF
kennisse mach hebben. Ende ons alsdan de voirseyde
copye wederomme zeynden met vyffventwintich gedructe
exemplaeren. Hiermede
Eersaeme, Lieve besundere, zyt den Heere Almachtich
bevolen. T'Antwerpen, den XVIP" Juny XV^LXXXI
Uwe goetwillige
Die vanden Raede der Staeten van
Brabant.
Ter ordonnancie vanden voirseyden Raede
Zueraris (?)
1581
{Adresse au verso :)
Eersaemen, Lieven, besonderen
Christophel Plantyn
Boeckvercooper, oft
In zyn absentie aen
zynen agent oft facteur.
(1) Copie des lettres de remonstratice, T)u Treshaut & Tresilliistre
Seigneur, Monseigneur le Duc d'Aniou, &c. Envoyées à tous les Parlements
de France : coticernans la ferme, & louable resolution prinse par ledict
Seigneur, endroit la defence & délivrance de ces Tais bas. A Anvers,
Chez Christofle Planiin, m.d.lxxxi. In-40.
— 1^1 —
934- — /^^^^ Moretus à Plantin.
{archives Tlantiniennes, CXVI, f" 451).
Juin 1581 (?)
Mon père. Je viens de compter avec le sire P. Bellere
de la partie des livres qu'il debvoit payer contanti montoit
fl. 317. I. (i) desquels rabatant (qu'il dist luy venir a
cause que luy avez accordé 15. pour 8 mois, restent
fl. 253 s. 13 qui font livres 42 s. 5 d. 6 de gros.
Il m'a payé livres 40 et s. 9 de gros, pour tout a con-
dition toutesfois que vous soyez content.
Il désire scavoir s'il aura les 250 concordantie (2)
disant qu'il baillera l'argent quand on les luy aura livrés.
{Réponse de Plantin :)
Je ne me puis assés esmerveiller de tant de ruses a
faire comptes et a dire et demander choses impertinentes
contre les pourparlers et accords. Si est-ce que je ne veux
plus disputer du passé : mais bien Dieu aidant me garder
pour l'advenir. Quant aux Concordances je veux qu'ache-
viés tout premièrement de conclure du passé et puis
après je feray ce que je pourray : combien que je ne sois
en rien tenu de luy en bailler : mais je veux bien bailler
encores pour ceste fois mesure plus que pleine.
(i) Grand Livre Signé C (1572-1589), f» 132 : Adi 2« Maij 1581
pour divers rouges et noir qu'il (Pierre Bellère) a eu comme au
Jornal Q., fo 61, montants in nummis la somme de fl. 317, et 3 pat.
(2) Ibidem : Adi 23e Junij ce fust par devant livré 200 Concor-
dantiae Bibliorum 40 a 3 fl. 10 pat. pièce. Valeur fl. 700. — Il s'agit
de l'édition plantinienne des Concordantice de 1581.
— 273 —
935- — Gabriel de Çayas à Plantin..
(Archives Plantiniennes, LXXVIII, f" 91).
3 Juillet 1581.
(De Çayas invite Plantin à lui envoyer de ses nouvelles par Tinter,
médiaire de Diego Maldonado, et directement à Lisbonne, où il restera
quelques mois. Il s'informe de l'édition des œuvres de S. Jérôme et de la
grande Bible. Il voudrait voir au monastère de S. Laurent les dernières
impressions de l'officine plantinienne. Le roi tient à posséder le petit
Missel a sine canto », publié par Plantin. Sa Majesté a chargé de Çayas
de régler tous ses comptes avec l'architypographe. Arias Montanus se
plaît à sa retraite d'Aracena. Aussitôt que l'édition de ses Prophètes
in-40sort de presse, de Çayas voudrait en avoir un exemplaire, ainsi que
du TDictatum Chn'stianum, en français et en latin, et des sermons de
Louis de Grenade. Il ne sait pas quelle édition Plantin a fournie du
Calepino. Il le prie d'acheter une carte de l'Espagne, meilleure que celle
parue en Angleterre, et de le renseigner à propos des tapisseries à
acheter. Avant tout, de Çayas désire avoir des nouvelles sur la situation
politique des Pays-Bas).
Sefior,
Tengo tan particular desseo de saber de V. m. y de
su salud y estado de sus cosas que recibire particular
contentamento melo escriva por dupplicadas, remitiendo
las unas a Diego Maldonado Secretario de la Embaxada
de su M*^ en Francia y las otras por mar en los navios
que de ay vienen cada dia para esta Ciudad pues estare-
mos en ella algunos dias y meses y en ellas me embie
V. m. memoria de los libros que ha imprimido, y senala-
damente si se acabaran los Hieronimos y una grande
Biblia (i) que V. m. estava haziendo porque hablando
una persona de V. m. con su M"^ esta maiïana me dixo
que holgaria saber todo esto para dar orden que se traygan
aqui alguna quantidad de libros para su monesterio de
18
— 274 -"
Sanct Lorencio, y V. m. entendera mejor que nosotros
aca los que seran a proposito para esto, avisando assi
mismo de los precios de cada uno porque se embie el
dinero adelantado, y en particular me dixo su Mag'' que
holgaria tener para su persona y oratorio un missal de
los pequenos sin canto (2), que diz que los imprimio
V. m. los dias passades de que yo me acuerdo y si los
ay vengandos uno enquadernado y otro en papel que
como arriba digo, remitiendo V. m. el pliego a Paris
verna con correo a buen recaudo.
Tambien me embiara V. m. una memoria de todo
lo que se le deva de las cuentas passadas que su M*^ quiere
se cumpla muy a su satisfaccion. Yo lo procurare como
si fuera para mi mismo sin que en manera alguna se
dilate mas (3).
Nuestro buen amigo Arias Montano tiene salud y
mucho contentamiento en el Secexco de su Peiia (4) y si
es como se me ha dicho que V. m. ha imprimido sus
Prophetas in 4°, mucho gusto terna su M'^ de que vengan
assi mismo con la brevedad possible y para mi un Dic-
tatum Christianum en latin y otro en frances.
Desseo saber si ha imprimido V. m. el Calepino (5) y
en que forma, por tener uno dellos y en acabando V. m.
los sermones de fray Luys de Granada (6), venga un
juego para mi enquadernado en pergamino, digo cada
volumen de porsi.
Tomaria assi mismo una descripcion de Spaila si ha
saUdo alguna mas perfecta que la que se hizo en Ingla-
terra, y aviseme V. m. como se corre al présente lo de
la tapiceria que si es buen tiempo de comprar embiare
a tomar alguna.
Y sobre todo como van las cosas de nuestra Sanctis-
— 175 —
sima Religion y del Goviernb y publicia en essa desdi-
chada Provincia, de que se apiade Dios y guarde y
prospère a V. m. como puede. De Lisboa, a 3. de Julio
1581.
Tuus ex precordijs
G. Cayas.
(Adresse au verso :) Al muy mag'^*' Seiîor mi S"' Christo-
foro (Plantino) Prothotipographo de
su M"^ (en sus Paises) baxos En
Quadrupp**». Anvers.
fi) Probablement la grande 5ïW/a 5flcra (Theologorum Lovanien.
sium) in-f», que Plantin acheva d'imprimer en 1583.
(2) Le dernier petit Missel plantinien est daté de 1 577; orné de nom-
breuses gravures sur bois par Antoine Van Leest, d'après P, Van der
Borght, il ne contient que quelques pages de musique.
(3) C'est au moins la huitième fois que de Çayas réclama auprès
du roi le payement des sommes dues à Plantin.
(4) Arias Montanus, rentré de Rome en Espagne, avait refusé
l'évêché que Philippe II lui aurait offert. Il se retira dans son ermitage
de la Pena, près d'Aracena (Notre-Dame des Anges) où il avait vécu
jusqu'à ce que le roi l'invitât à diriger l'édition de la Polyglotte.
(5) Le Musée possède plusieurs dictionnaires de Calepinus, du
XVI« siècle ; aucun n'est sorti des presses plantiniennes.
(6) Plantin publia, en 1572, un volume in-80 de Ora«on« de Louis
de Grenade, suivi de quatre tomes de Conciones : les trois premiers en
1581, le quatrième en 1586, outre Quinque de poenitentia conciones
(1584).
936. — Plantin au Dr. Navarro.
(Archives Plantiniennes, X, f» 29, 53-S6).
22 Juillet 1581.
(Par l'intermédiaire de Suchet, Plantin a reçu une lettre du Dr.
Navarro qui l'a beaucoup étonné. Sa première idée était de ne pas y
276
répondre. S'étant ravisé, il s'efforcera de réfuter les calomnies conte-
nues dans la lettre du docteur. Navarro reproche A l'architypographe
d'avoir vendu un grand nombre de ses ouvrages, notamment
du Manuel pour confesseurs, à l'encontre des privilèges royaux et
pontificaux. Plantin déclare qu'il s'est toujours entendu pour la
vente avec les hommes de confiance de Navarro ; si quelques exem.
plaires du Manuel ont pris le chemin de l'Espagne, il n'en peut rien.
Un éditeur espagnol avait invité Plantin à lui en expédier un certain
nombre dans la péninsule. L'imprimeur s'y est refusé, après avoir
demandé l'avis de Buyssetius. Plantin se montre d'ailleurs disposé à
soumettre l'affaire à des juges compétents).
Ili' admodum Viro Dno Navarro.
S. P. A Domino Antonio Suchet (i) litteras nuper ac-
cepi quibus significat 111"". D. V-^"" alias ipsius adjunctas
nomine vestro mihi scriptas fuisse. His autem perlectis
adeo sum miratus, ut non crediderim a V, D. profectas :
sed ab aliquo rerum nostrarum ignaro subdole con-
scriptas ; ac proinde niliil prorsus ipsis respondendum
prima fronte mihi persuadebam. Re tamen altius animo
perpensa statui tandem paucis ejus argumenta falsa
ostendere.
Quoniam itaque falso me accusant maiae fidei,
detentionis rei aliène et ingratitudinis credidi ab Ili'
Viro Navarro assertore, censore veritatis, et pr^scriptore
pietatis justiti^que tum humanœ tum divine, iilarum
argumentum non fuisse dictatum : utpote nuUa in re
veritati, pietati nec justitiae consentaneum. Id quod
ut clarius tibi Ili'' admodum Dne appareat, Epistol^
supradictas exemplar ad verbum exprimam et in margine
singula ejus argumenta qu« me pungere conantur reipsa
refellam; hoc est veritate rei gest^ instrumentis, litteris,
et capitibus ex libro nostrarum rationum bona fide
consciptis rationibus nominatis etiam testibus omni
— 277
exceptione majoribus paucis, et quieto animo (ut pote
nuUius omnino fraudis hac in re sibi conscio) contrarium
probabo facile. Rogo itaque imo et postule, ut tu mi
Domine doctor prasstantiss. his paucis placide lecîis
testimonijs receptis, et si videbitur testibus quos nomino
examinatis, pro caus^ meas veritate et sinceritate judices,
et a tantis calumnijs me libères. Quod si misso brevi ad
me scripto absolutorio non feceris Deura ipsum inspec-
torem cordium summum et verissimum judicem appello
inter me et te vel talium calumniarum auctores, Bene
vale et salve in D. N. Jesu Christo.
Tui studiosissimus C. Plantinus.
Responsum Plantini
a) Amore tui te quae
scribis fecisse nemo dubi-
tabit, qui cognoscet me
abs te solicitatum fuisse
litteris et ab amicis hic
tuis qui numquam destite-
runt a me postulare donec
opéra tua suscepissem non
sine mea insigni jactura
imprimenda cum ego mihi
laborare maluissem.
b) Anno D. 1575, die
Decemb. 2* ego tuis, Simo-
nis Magni Canonici et Ant.
Genardi Inquisitoris Leo-
diensis litteris Rev*^" Patri
Trigoso et D. Paullo Bur-
lamachi Bonvisiorum In-
stitori (3) procuratoribus
Copia litterarum nomine
D. Navarri ad Plantinum
missarum.
111. Senor.
a) Acuerda se v. m*^ con
quanto Amor caridad y
confiança ruegue a v. m"^
que me imprimiesse a mi
Costa mi Manual de Con-
fessores (2) y otros libros
V con quanta perdida mia
y de mi authoridad impri-
mio V. m'*
b) Mas Manuales de los
que yo le rueguey conquan-
ta c) liberalidad le deche
los demaziados con mucha
ganança suya y que los
essos libros que me impri-
mio a mi costa todos me
— 27^ —
tuis probari me non plura
exemplaria Manualis tui
impressisse quam vos iis-
dem litteris vestris postu-
laveratis.
c) Tantum tamen abest
ut tu nec illi erga me libe-
ralitate usi fueritis, ut im-
portunitate vestra coactus
fuerim a vobis exemplaria
(quas, mutata sententia,
contra litterarum vestra-
rum, ut dictum est, teno-
rem contendebas non im-
primenda fuisse) pretio
tertia parte majori quam a
me tibi fuerant computata
redimere et solvere, uti ex
articulis rationum nostra-
rum, ex libro nostro des-
criptis et his conjunctis
videre licet et alia quas ad
probationem justc-e causas
nostrasfaciunt, nempequot
exemplaria, et quibus no-
mine tuo procuratoribus
etc. et quo tempore tradi-
derimus.
d) Imo ne cogitavi un-
quam libros ullos a me
primum cum Privilegiis
impressos in Hispaniam
vendendos mittere, multo
vero minus Manuale quod
los deve porque ninguno
dellos me a entregado a
mi ni a qui mi poder tu-
viesse y que con le aver
traydo a la memoria mis
amigos esta deuda dessos
libros nunca me ha hecho
satisfaction alguna. d) Y
que me scriven que quiere
meter agora v. m'^gran nu-
méro de Manuales impres-
sos en Espaiia contra mis
Privilegios Papales y Rea-
ies.
e) Y 111'^ y heruditiss.
S""" conosco que meresco
y valgo poco, y que v. m**
vale y puede mucho. Pero
se que tenemos Dios qui in
altis habitat et humilia res-
picit y quiere que nemo
scandaliret aliquem ex istis
minimis, y que quando fal-
tare quien haga justitia en
la tierra el la hara en ella y
en el cielo y que no estoy
yo tan desemparado en
essos reinos ni otros algu-
nos que sus governadores
no huelgan de gardar mi
justitia, la quai yo la dc-
mandare a Dios y a su
lugar tenientes, de manera
que V. m*^ gaiie poco de
— 279 —
si qui a me hic emant ali-
quidnonest meum curare
quo missuri sint. Certum
quidem est fuisse quen-
dam Bibliopolam in Hispa-
nia qui a me impressa Ma-
nualia voluisset illinc evo-
care, si abs te facultatem
impetrassem. Sed cum a
Rev. P. D. Buyssetio in-
tellexissem hoc tibi non
placiturum, mittere nolui,
et ea qux impressi exem-
plaria hic distraho paulla-
tim privilegiorum meorum
authoritate justa fretus non
autem contra tua.
e) Quid de teipso sentias
meum non estnequede cu-
jusquam conscientia judi-
care. Ego vero a Deo ipso
omnipotenti creatore nos-
tro per Jesum Christum
Dominum nostrum filium
ejus unicum in gracia spi-
ritussancti a Deo inquam
trino et uno humillime et
toto animi afFectu démisse
precibus contendo ut juxla
suam voluntatem me regere
et gubernare et a calumniis
liberare dignetur : aut sal-
tem sua uti hactenus sx-
piss. fecit sancta pacientia
la honrra y hazienda tem-
pérai. Porende ruego la
mucho por la antigua
amistad y el desseo que su
renombre cresca y no se
diminuiga que compla con-
migo y me pague todo lo
que me deve de lante de
dios y no me haga mas
dano para que no sea yo
forçado de poner todas
mis fuerças en mostrar al
mundo la razon que Dios
save que tengo de quexar
me de v. m*^ cuya 111* per-
sona nro S"' la conserve
con sus sanctissimos dones
en su sanctissima gratia
para la gloria eternal.
Amen en Roma y de
Mayo 15. Anno 1581.
B. 1. M. a V. m-i.
Su muy antigo Ser''"'' y
agora muy olvidado.
M. d'Azpilcueta
Doct. Navarro.
— 280 —
fulcire semper. Ac proinde me meaque omnia ipsi per-
libenter hic in terra et in cœlis judicandum ex toto
animi desiderio committo. Quod si ne hoc quidem modo
nec illo supradicto tibi 111" admodum et Rev'^^Dne Doctor
satisfactum putabis ecce me paratum sistere coram quovis
judice légitime qui ex litteris et testimoniis de hac causa
et négocie judicet in quo ne cogitatione quidem peccasse
me agnosco aut umquam in animo habuisse contra tuam
voluntatem, authoritatem vel res tuas quicquam atten-
tare : tantum abest ut verba, multo minus opère. Proinde
non timeo ut res tota ob oculos totius mundi ponatur si
D. T. visum fuerit. Verum ego te rogo ne quid facias
temere, hoc est non examinatis ex ^quo et bono uti
decet testibus a me prasnominatis et perpensis rationibus
a me prasdictis. Bene vale in Christo Jesu Dno nostro
111" admodum et Rev''' Dne doctor. Antverpia raptim
XXII, Julij 1581.
111'^ admodum etRev*i==D.T.
cliens humillimus
C. Plantinus.
(i) Ou Suchette, libraire à Valladolid.
(2) Enchiridion sive Maniiale confessariorian et poenitentium, ïn-4^,
paru chez Plantin en 1575, et 1 581, et dont il a été souvent question
antérieurement.
(3) Voir lettres précédentes à propos de ces personnages.
937. — Jean Morelus à Gilles Beys.
(Archives Tlantiniennes, IX, f" 94^').
Fin Juillet (?) 1581.
Mon frère, aux vostres du 15^ n'estoit besoing de
responce si elles n'estoient escriptes d'un qui se dict
28l
frère au frère, veu qu'elles ne sont escriptes que pour y
mettre 4 ou 5 lignes des mots picquants, desquelz si j en
voulois user, asseurés-vous que je vous pourrois passer
de beaucop ou pour le moins estre esgal, mais estant
cela du tout contraire a mon naturel si ce n'est que )e
me oublie totallement comme je vois par les vostres que
vous avés faict; et avés pris l'advis que je vous donnais
par mes dernières (de ce que nostre père a sur la presse)
pour une mocquerie. Certes, je suis joijeulx que vos
lectres sont clairs (?) et qu'ils me donnent a cognoistre
que tels advis ne vous sont agréables et qu'une aultre
fois je m'en garde. Mais triste d'aultre part pour voir
clairement de plus en plus qu'il n'ij a plus nul amour
fraternel au monde, veu que partout ce que l'un frère
faict ou dict pour ung mieulx et a bonne intention
l'aultre le prendt en mal et chicanes. Croyés que si
j'eusse si bien cogneu vostre humeur comme je le
cognois maintenant que j'eusse plustost taillé ma plume
en mille pièces, que de l'avoir voulu tenir en main pour
vous advertir chose laquelle (au lieu qu'elle vous deust
estre de tout agréable) vous prenés pour une risée et
moquerie comme escripte d'ung qui soit vostre ennemij.
Et mesmes ce n'est pas assés que vous m'en contristiés
le ceur veu que voyant ce j'aperçoijs vostre tort et
aveuglesse en ce flùct, mais oultre vous advisés a aultres
que vostre frère Mourentorf ne vous envoyé rien de
nouveau sinon 5 ou 6 mois après que Sonnius en a faict
son proffict, mesmes quand vous demandés quelque
chose qui vous soit propre, il dit qu'il n'ij eu a plus,
voila le plaisir qu'il me faict etc. A ce que je me puis
apercevoir le frère Mourentorff c'est celluy qui est seul
qui a mangé le lard, et de qui on se plainct partout a
— 282 —
tous et pourquoi) ? D'aultant qu'il ne veult nij peult pas
faire toutes choses a la volonté ou playsir et a la
demande de ceulx qui luy requièrent choses qu'il n'a
point et qu'il respecte celluy qu'il doibt respecter. Mais
dictes-moij, je vous prie, mon frère, m'avés vous jamais
escript ou requeru chose aulcunne que je ne l'aye
exécutée le plus tost qu'il m'a esté possible, je parle
mesmes de celles qui me sont contraires ? Je ne vois
aultre tesmoing que premièrement vous mesmes, et mon
frère Raphelingien auquel avés tousjours envoyé vos
mémoires. Si souvent en avons tenu propos que quand
avés demandé quelques sortes desquelles ici) avoit pas
ung seul, estants faillies, que estimeriés que on ne les
vous vouloit envoyer. Mais beaucop de parolles pourray-
je icy repeter en vain de ce que n'est besoing et ce qui-
est advenu sur la demande des marchandises que avés
faict. Bien vous diraij pour la vérité que quand nostre
frère Raphelingien a eu mémoire de vous, elle a esté
fornie le mieulx et plus, qu'il a esté mesmes jusques a
n'en retenir aulcun exemplaire et envoyés par le premier
marinier, pourtant je scaij bien que n'avés garde de le
croire, car vos lectres que m'avés escriptes en font foij.
Pleust a Dieu mon frère que cogneussiez bien l'intérieur
de mon ceur, vous ne l'eussiés jamais pensé nij songé
d'escrire ce qu'avés escript. Si c'est par une coustume
mauvaise que avés prinse, je vous prie estudiés a la
laisser; elle vous pourra estre plus dommageable que ne
pourries croire. Cecy vous dirai-je librement, a tel aultre
que moij vous pourrés-vous addresser qui ne auroit pas
si bonne patience, laquelle toutesfois avés tousjours en
bouche. Croyés celluy est bien patient qui a enduré et
endure tousjours pour ung mieulx et non pas çeluy qui
— 283 —
desgorge son impatience par mots injurieux. Mais
escoutés, vos lectres me font parler. Si eussiez esté
(peult estre) ung peu mieulx patient, les marchandises de
nostre Père (desquelles vous parlés tousjours comme si
elles estoyent toutes miennes) ne fussent si tost venu
entre les mains d'aultruy, et eussions eu occasion
(comme bien aultres marchands ont) de changer aulcune-
fois de place, de mesme a ce que vous estant icy l'espace
de quelques années eussiés veu comment les affaires se
comportoyent et quelqu'un de vous venam en nostre lieu
pareillement allant au vostre. Mais (Dieu soit loué de tout)
je n'ai) jamais encores sceu avoir cest heur de pouvoir estre
allégé de ce dur fardeau qui n'est nij ne me semble pas
encores le sera de la pesanteur, duquel en laisse )uger
des plus clers voyans que ceulx qui parlent ou escnvent
par passions ou impatience, et ne scavent que c est de
mesurer au poix. Je vous asseure que je n'eusse enduré
nij sceu endurer ledit fardeau long temps si je n eusse
eu bien melieure patience que ceulx qui escrivent de
leurs Amys et frères choses toutes contraires a ce qui en
est Je vous confesse que je m'apperçoijs que combien
je face tout ce qui m'est possible pour le bien de ceulx
mesmes qui s'en plaignent, que je n'en auraij pas de gré.
Pourquoy, mon frère, je vous aij voulu ceste fois escrire
ouvertement les deux ou 3 mots scuivants. Y a-t-il ou
scavés-vous quelque moyen propre pour vous faire
mieulx ou tout seul servir des sortes de nostre père que
ne avés esté par cydevant. Avisés-le, vous ne Taures si
tost faict et avisé, que s'il ne tient que a moi) et que )e
sorte la mayson (je prens Dieu a tesmoing) que )e
m'apresteraij dès le lendemain de la sortir si tost que
j'auraij entendu vostredict advis. Et si vous scavés
— 284 —
quelque bon compagnon qui pourroit duîre a nostre père
pour estre icy en sa maijson et bouticle, je vous prie
aultant que frère pourroit prier l'auitre que l'advisiés par
le premier ou bien si vous scavés quelqu'un lequel pour-
roit faire vostre cas pardela en vostre boutique et que
vous mesmes vinsiés icy en ma place avec vostre famille,
et mesmes conditions que je ij suis, cela me sembleroit
mieulx encores, de quoy ne en parlerai] point a nostre
père devant que avoir eu responce de vous, laquelle
ayant receu j'espererois de obtenir tout envers nostre
dict père qu'il accordast a ma requeste soit que ung
aultre, ou vous mesmes se vinse tenir icy ma place. A
quoy je vous prie de me respondre par le premier si
rondement et syncerement que je vous escripts la pré-
sente pour me pouvoir régler selon ledit advis que m'en
donnerés. Et ce fa37sant si jamais j'aij receu playsir de
quelque amij et frère je tiendrai] cestuij ung des plus
grands que ne receus onques. Surce priant Dieu qu'il
vous conserve en santé avec vostre compagne nostre
seur Magdeleine et toute vostre famille et nous doint
la grâce de nous entre ayder tous comme frères et seurs
doibvent de tout tcms de s'entre ayder etc. (r)
(i) Minute, par endroits illisible, de Jean Moretus, sans date.
Cette épître permet de se f^iire une idée des relations tendues qui
existaient entre Gilles Beys et l'officine d'Anvers. Plusieurs lettres
du premier sont désobligeantes pour Plantin. Les affaires de Beys
allèrent de mal en pis ; en 1590, ne possédant plus rien, il rentra
à Anvers et ouvrit une librairie à la Cammerstrate, presque à côté
de celle de Jean Moretus.
— 285 —
938. — Melissns à Plantin.
{Archives Plantinicuncs, LXXXVIII, fo 365).
20 Août 1581.
(Melissus remercie l'imprimeur de lui avoir envoyé le Commentaire
sur Taciie par Juste-Lipse et les 'Notes d'Ursinus sur Cicéron. 11 rap-
pelle que c'est sur ses instances que Ciofano a entrepris son Com-
mentaire d'Ovide. Melissus espère toujours que Plantin imprimera
les œuvres poétiques de Bargaeus, dont il lui enverra les manuscrits
qu'il possède. Il a fait parvenir à Plantin le catalogue de ses travaux.
Lipse et Dousa diront ce que l'imprimeur pourra en faire. Personnel-
lement, il tient surtout à voir paraître ses Chants pour quatre, cinq
et six voix).
Et liiteras tuas accepi (i), et commentarium Justi
Lipsij ad annales Corn, Taciti; itemque Fulvij Ursini
notas in opéra Ciceronis. De ijs tibi gratiam habeo,
Plantine doctissime ; quandoquidem nunc non est,
quod referam. Ciofano, Romse cum essem, ante annos
treis hortator et auctor fui, ut pari cura studioque
omnia Nasonis opéra recenseret ; namque ab aliquibus
manum abstinebat. Persuasi. Contulimus inter nos multa.
Cupio quamprimum videre illas notas ex officina tua
operosissima in lucem éditas (2). Ad Pétri Angelij
Bargtci poëmata quod attinet, spero te viro eruditissimo
eloquentissimoque gratificaturum. Atque accc tibi ejus
ad me litteras ! Vides, audis, ut te Apollinem Palatinum
indigitet ; cupiatque sua poëmata tuis ornari typis.
Intérim qu^ pênes me sunt manuscripta, denuo exscri-
benda curabo, ut reliquis F. Angelianis conjungantur :
modo ea ad te mitti voles ; sed voles, sat scio. Indicem
mearum lucubratiuncularum mitto : nihil tamen a te
petere aussim. Pro me Duza et Lipsius loquantur volo.
- 28é --
Mallem cantiones meas harmonicas, cum quatuor, quin-
que et sex vocibus compositas, in hominum pervenire
manus (3). De his Mus^e viderint. Vale, et paucis res-
cribi. Dat. Noribergas, xiii Kal. Sept. Anno oodxxci.
P. Melissus.
Apud Joachimum Camerarium Joach' F".
{Adresse au verso :) S. D. Christophoro Plantino
architypographo regio,
viro ornatissimo.
Antverpiam.
(i) Voir la lettre de Plantin à Melissus du 22 mars de celte année
(no 924).
(2) Les notes de Ciofano sur Ovide parurent en 1583.
(3) Plantin n'a rien imprimé de Melissus. A Wittemberg, dès i $66,
avait paru Patili Meïissi Cantiones quatuor & quhique vocum. In-40.
939. — /. Sambucus à Plantin.
{Archives Tlantiniennes, XCIII, f» 7).
26 Août 1581.
(Sambucus a bien reçu les livres de Plantin. Il prie le typographe
d'en faire toucher le montant par Aubri, qui se chargera également
des feuillets manquants de la Descrittione de Guichardin, Sambucus
s'informe d'Ortelius et de sa carte de la Grèce. Les reproductions des
anciennes médailles sont envoyées et devront être ajoutées â la fin
des Embletnata).
Samb. S.
Libellos novos, una cum Belgi^e descriptione (i)
accepi : habeo gratiam. Si pretium adscripsisses, per
-- 287 —
Aubrium (2) reciperes : volo enim hanc benevolentiani
et liberalitatem erga me suis mutuo, in éjn^krpb^ quoque
commeare. Sed in Guicciardini opère P. tomus deest :
quem Aubrio, tuo tamen commodo, dabis. Dnm Orte-
lium saluta et an Graeciam (3) absolvent, vellem signi-
ficares.
Numismatum antiquorum et ^reorum omnium aversas
partes remissi, cum augmente : addo bas quoque raras :
quas nuper adeptus sum. Oro, ne pereant, et vel addes
Embiematis continuo, aut salva, et intégra remittes (4).
Verum scio Emblemata fore Italis et Gallis longe cariore
horum appendice. Vale raptim 26 Aug. 1581.
In primis scito numos, quorum similitudinem in
aceoplage ad te misi, et mittam forte, si gratum erit,
esse genuinos ^reosque omnes : nullum alius metalli :
ideoque rariores, et amantibus talia, fore gratiores spero,
id.que si in fronte Numorum admonueris, lectorem,
recte faciès (5).
(Adresse au verso '.) Dno Christophoro
Plantinio Typographo
Regio-Amico optimo
Francfortum, Sive
Antverpiam.
(i) La nouvelle édition de la Descrittione di tutti i Paesi bassi, par
Guichardin (1581).
(2) Jean Aubri, marchand-libraire, qui fréquentait aussi les foires
de Francfort.
(3) Il s'agit d'une carte de la Grèce, faite par Ortelius pour l'édi-
tion de son atlas de 1580, qu'il vendit aussi séparément à Plantin :
Gracia, Sophiani. Abrahamo Ortelio descriptore.
(4) L'édition de 1584 des Emblemata de Sambucus ne contient
pas d'autres médailles anciennes que l'édition de 1576. L'auteur était
288
mort dans l'intervalle et Plantin n'a probablement pas pu donner
suite au désir, exprimé par Sambucus dans la présente pièce.
(5) L'écriture de cette pièce est par endroits illisible.
940. — Plantin à Gabriel de Çayas.
{Archives Plantiniennes, X, f"' 31 et 48).
5 Septembre 1581.
Muy 11^ Seiior.
La troisiesme et la 4*^ des lectres de V. 111^ S^ du 3*
Juillet (i) m'ont esté délivrées presque a mesme temps
et heure : a icelles tant le temps que ma santé ne per-
mectent que je face longue response a cause des difficul-
tés présentes, et que je suis maintenant vexé comme
souvent je l'ay esté depuis 3 ans en ça de cholicque, de
la gravelle et de la pierre. Ma famille au reste est en
bonne santé grâces a Dieu par la faveur duquel contre
toutes altérations humaines et vexations extérieures nous
persistons d'esprit rassis et constant au faict de nostre
S'^ Religion comme V. III. S. et autres nos bons Signeurs
et amis nous ont tousjours familièrement congneus par
cy devant. Sans en rien changer de poursuivre les seules
impressions des oeuvres accoustumees : ainsi qu'il appert
par le Catalogue des livres par nous imprimés depuis
deux ou 3. ans en ça, et de ceux que présentement nous
avons soubs nos presses que j'envoie avec la présente (2)
auquel ils sont tous escrits excepté quelques Placcarts
nécessairement imprimés en nostre Imprimerie par le
commandement exprès des Supérieurs ausquels il faut
céder et obéir pour vivre, demeurer et conserver' etc.
— 2\
Quant a la grande Bible (3) de long temps commencée,
je la poursuis autant que je puis fournir a payer les
ouvriers. Car j'ay maintenant fort petit moyen de faire
les fraiz a imprimer ce que je desirerois pour le bien
public : a cause que depuis le temps qu'environ cinq ans
passés j'en employé toutes mes facultés et credict pour
les Préparations a moy commandées au nom de sa S. C.
R. Majesté par les defuncts Sign" Villalva et Virbiesca
pour les impressions des Usages en grands, moyens et
petits formats il m'a convenu non seulement vendre et
mesvendre plusieurs choses : mais aussi cercher tous
moyens de payer les Interests de si grandes sommes et
m'assubjectir de besongner en mon nom pour autres
libraires tant de ceste ville que de Colongne, Paris (4)
et autres lieux : qui pour leurs deniers ont tiré comme
ils tirent encores le profict de nos labeurs assidus, et
lesquels autres libraires ne prennent plaisir comme moy
a faire tels livres trop plus utiles a la postérité qu'a nous
qui les imprimons, ains se délectent seulement tels
libraires a la mode commune des marchands de toucher
incontinent argent de ce qu'ils font faire. Parquoy je
suis contrainct voulant imprimer telles oeuvres d'impor-
tance et de longue vente d'attendre peu a peu les moyens
de fournir aux payements que j'y employé. Car quant
au papier d'icelle Bible que j'ay commencée passé 18.
mois, c'est de celuy qu'a grands et insuportables fraiz et
Interests j'avois gardé dès le temps que par Ordonnance
des susdicts Sign" au nom de sadicte M^é j'en avois faict
provision pour les Usages qu'ils me commandoyent
alors d'imprimer pour les Royaumes d'Espagne. Desquels
papiers j'ay encore grand nombre qui me ronge d'inte-
rests : principalement celuy que suivant le commande-
'9
— 290 —
ment desdkts Sign" j'avois faict faire pour imprimer les
moyens, et les grands Antiphonaires, Psauttiers et Graduels
pro Choro. Duquel papier j'ay esté contrainct et le suis
encores par nécessité de vendre rame a rame pour m'ai-
der : et aussi de l'employer comme j'en ay peu trouver
l'occasion : ainsi que j'en ay faict quelque nombre aux
Messes composées en Musicque par le Sig"" Georges de
la Helle, jadis maistre de chappelle a nostre Dame de
Tournay et maintenant (comme nous entendons) appelé
pour l'estre de celle de Sa Majesté a qui lesdictes Messes
sont aussi dédiées. Duquel papier j'ay aussi depuis
employé quelque nombre a imprimer autres messes
pareillement en musicque de la composition du Sign"" Phi-
lippes de Monte (5) maistre de la chappelle de la Majesté
Impériale et du S' du Gauchier (6) maistre de la chap-
pelle du Sereniss. Archiduc d'Austriche. Le tout a mon
grand dommage en ces temps malheureux etc. ausquels
je me trouve fort oppressé et chargé du reste desdicts
papiers et autres préparatifs faicts (comme dict est) par
l'Ordonnance desdicts Sign" au nom de sadicte M^é.
Lesquels fraiz (comme par trois diverses fois je l'ay par
cydevant escrit a V. 111. S. et envoyé particulièrement
les monstres et articles) se montoyent alors jusques a la
somme de quarante six mille neuf cents soixante florins.
Et de présent il m'en reste encores (outre tout ce qu'a
vil prix et grandes pertes j'ay esté contrainct d'aliéner
pour subvenir aux grands interests et autrement) jusques
a la somme de vingt et quatre mil florins : desquels les
Interests par dessus tous les autres payés (comme dict est)
a mon grand dommage me rongent jour et nuict. Par-
quoy s'il plaist a Sa Majesté me faire descharger par le
payement absolut (comme V. 111. S. m'escrit qu'il luy
291 —
plaist) ce me sera ung merveilleux soulagement et moyen
de continuer comme je l'ay tousjours désiré a imprimer
Oeuvres notables et profitables a la republicque chres-
tienne et treshonorables pour sadicte Majesté. A laquelle
des le commencement j'ay voué les labeurs de ceste
nostre Imprimerie. Laquelle j'ose bien acertener qu'elle
est la plus et la mieux fournie non seulement de toutes
sortes de poinsons, matrices, characteres et autres choses
utiles et nécessaires a une imprimerie absolue mais aussi
de toutes sortes de figures et autres ornements qu'il y en
ait oncques eu en toute l'Europe ni que de présent il
s'en pourroit trouver. Et pourtant ay-je tousjours désiré
et tasché comme je le fay encores et le feray tant qu'il
me sera possible de la pouvoir conserver ainsi bien garnie
a l'honneur de sa S, R. C. Majesté et profict de la repu-
blicque Chrestienne. Ce que je pourray faire par la grâce
de Dieu et les miens après, moy après que j'auray payé
lesdicts Interests et le principal restant a payer pour les-
dictes Préparations faictes comme dict est par l'Ordon-
nance des susdicts Sig" Villalva et Virbiesca au nom de
sadicte Majesté. Au commandement de laquelle S. C. R.
Majesté je seray tousjours prest d'imprimer lesdicts
Usages, moyens et grands Antiphonaires, Graduels,
Psauliiers et toutes autres choses qu'il luy plaira de me
commander et m'en donner le moyen : ou bien de livrer
les Instruments que j'ay faict faire comme dict est tout
exprès au mesme prix qu'ils m'ont cousté. Lesquels
Instruments et papiers m'ont esté comme ils sont encores
une charge incroyable et du tout inutiles comme ils le
sont et seront tousjours jusques a ce qu'il y ait moyen de
les employer aux mesmes ou semblables ouvrages pour
lesquels ils ont esté faicts et appareillés de si long temps.
— 2^2 —
Passés sont deux ans que j'ay envoyé a V. 111. S. tant
pour elle que pour la S. C. R. Majesté par deux fois deux
des petits Missels in 8° avec autres livres. Maintenant
j'en envoyé ung relié et l'autre en blanc de la deuxiesme
Impression en laquelle j'ay adjouxté le chant pour la
commodité de ceux qui voyagent. J'envoye aussi une
carte d'Espagne plus exacte que celle faicte en Angle-
terre (7) : mais non encores telle que nous la désirerions
par ce que nulluy jusques a présent n'en a faict de mil-
leure au moins que nous ayons veue. J'envoye pareil-
lement le Dictatum en Latin et en François et quelques
feilles de la grande Bible a figures en cuivre pour une
monstre. J'espère de l'achever devant Pasques et si
j'estois certain que sa M*^ 3^ print plaisir je la mectrois
en lumière soubs son nom avec telle inscription que je
scaurois luy estre aggreable.
Je ne faudray Dieu aidant d'envoyer B. A. Montanus
in Prophetas et Conciones Granat. incontinent qu'ils
seront achevés. Ce que j'espère sera de bref. Car ce sont
tels livres pour l'impression desquels (a cause qu'ils sont
de bonne vente a Colongne et a Paris on m'advance
facilement argent pour les imprimer comme dict est
soubs mon nom : mais au profict de ceux qui fournissent
ledict argent pour payer lesdicts ouvriers etc. De laquelle
nécessité s'il plaist a sa M*^ me délivrer comme dict est
par le payement des fraix que j'ay faicts, j'auray occasion
de le remercier publicquement et vostre 111^ S'= pareil-
lement de tel bénéfice qui me sera faict a mon extresme
nécessité.
La tapisserie est maintenant la moictié plus chère que
de coustume comme le sont aussi toutes autres oeuvres
manuaires. La plus part des gents (ô grand malheur !)
— 293 —
s'occupant et quasi faisant mestier du maniement des
armes et a mectre en exécution tout ce que sa fantasie
luy suggère et que la superbité des armes et de la guerre
intestine luy permect, sans autre considération de Dieu
ne des hommes que d'exécuter chaicun ce que plus luy
plaist : ainsi que passé quelques années aucuns ont fort
bien preveu qu'il adviendroit et scay qu'il l'a esté dict au
S' Diego Maldonado a Paris et a d'autres pareillement
de telle ou semblable auctorité avec exhortations tant de
bouche que par escrit de prendre autre conseil et resolu-
tion que de rigueur et acharnement des armes. A quoy
je ne voy maintenant autre espoir que d'attendre patien-
tement que les humeurs eschauffees, bouillonnantes et
escumantes comme ung grand pot plain de chair au feu
ou une mer enflée de tempestes orageuses s'appaisent
finalement et que telles personnes orgueilleuses et enflées
contre Dieu et les hommes regardant chaicun dedans
soymesmes, lassés de travaux et misères que chaicun se
forge et donne a soymesmes a la poursuitte de ses
furieuses opinions, revienne a soy et qu'ainsi considé-
rant ses propres malheurs il se vienne renger comme ils
doibvent et soubs qui il convient. Et ce moyennant la
grâce de Dieu par son fils Jésus Christ en la dilection du
Sainct Esprit seul Dieu en trinité saincte, lequel je prie
nous conserver V. 111. S' en bonne santé et l'augmenter
en la prospérité de ses dons célestes. D'Anvers ce 5. de
Septembre 1581. de
V. 111= S°
Le treshumble et tresafFectionné servif
C. Plantin.
(i) Voir lettre n° 935.
(a) La présente pièce est en effet suivie de : Caialogus librorum a
— 294 —
Christophoro Tlanlino Impressorum anno 1^7^, So et 81, de la main de
Moretus, avec prix marqués, outre une liste de livres sous presse
{Nîinc vero sub pralo siint).
(3) 'Biblia Sacra, de 1583, dont il a été question antérieurement.
(4) Allusion à Mylius et à Sonnius, ses associés pour la publication
de certains grands ouvrages.
(5) Plantin avait imprimé, en 1579, ^^ Philippe de Monte : Missa
adtnodulum Benedicta es, sex voctim (réimprimé en 1580).
(6) Très belle impression, devenue rare aujourd'hui . Quatuor
Missa qtnnqiie, sex, et ocio vocum, auctore Alardo Nuceo vulgo du
Gaucquier, Insulano, Sereniss. Principis Mathia Aiistrij Musicorum pra-
fecto, jam primnm in lucem editte. Plantin, 1581. In-f" max.
(7) Probablement celle qui figure dans les éditions du Theatrum
d'Ortelius, à partir de 1581.
941. — Plantin à Calvete Stella.
{Archives Plantiniennes, X, f^ 32^').
12 Septembre 1581.
(Poelman a remis à l'imprimeur la lettre de Calvete, par laquelle
Plantin est invité à publier les derniers ouvrages de l'historien
espagnol. L'architypographe promet d'y mettre toute la diligence
possible. Il n'a pas reçu les plis que Stella aurait confiés à de Çayas
à son intention. Depuis l'impression des deux travaux de Calvete,
Plantin n'a plus rien appris de lui. Il rappelle que la Historia de
Gariba}', en quatre volumes, a été publiée aux frais de l'auteur et
que l'officine n'en a gardé aucun exemplaire. Les fragments de
Tolybe, avec notes de Fulvius Ursinus, sont sous presse. Salutations
de toute la famille; quant à lui, il souffre beaucoup de la gravelle).
Nobilitate et eruditione clariss. Viro Dno Christophoro
Calvetas Stellae (r) Patrono suo antiquo C. Plantinus.
Litterae tuas quas noster Puhnannus (2) mihi reddidit
gratissimas fuerunt tum quod iUis te vivere et valere
— 295 —
intellexerim tum quod illis tuos comptissimos foetus
optimos nobis offeras suscipienda et in lucem emittenda.
Illis siquidem operibus doctissimis gaudebo me posse
officinam nostram typographicam ornatiorem reddere et
doctis hac in re gratiiïcari posse. Age itaque, Vir doctiss.,
fac qu^so ut brevi exemplar illarum recipere possim.
Ego vero non pr^termittam quin ilico praelo nostro
committantur evulganda quamprimum fieri poterit. Scri-
bis autem te qu^edam D. Çay^e commisisse ad nos
mittenda. Ego vero nihil prorsus abs te recepi vel de te
audivi postquam Munuscula tua et Encomium Ducis
Albani recepi quorum tamen exemplaria cum meis littens
ad te misi eodem tempore nempe ante septem vel octo
annos. Eorum nunc etiam sex exemplaria mitto si forte
jam nulla ex prioribus habeas, et cum illis quidam a
nobis impressa quae tibi grata percupio.
Historiam Garibay (3) quatuor voluminibus impressi
quidem sed sumptibus authoris qui ne unum quidem
mihi reliquit exemplar. Sub praelis varia sudant inter qu^
fragmenta Polybij Dionis etc. eaque Gr.çce cum notis
Fulvij Ursini qui ad nos exemplar misit. Si quid sit in
quo tibi gratificari possim qu^so indica ; nuUius siquidem
hominis causa quicquam libentius susciperem quam tua
ut qui semper in memoria sim habiturus qu« olim abs
te receperim bénéficia. Familia nostra laus Deo bene
valet estque prolibus viginti duabus ex quinque nostris
filiabus nuptis aucta. Ego vero singulis fere septimanis
calculos parturio et edo non sine anxietatibus. Uxor
valetudinaria quoque est. Animo tamen semper sumus
hilares per gratiam Dei qua te indies auctum magis ac
magis audire cupimus et ipso Dno Deo precamur. Ant-
verpi^ raptim 12. Septemb. non sine dolore ex calculo
— 296 —
eadem fere hora enixo magnitudinis paullo majoris
cerasi lapilli.
(i) Joh. Christophoro Calvete de Estrella ou Stella, confesseur de
Charles-Quint, historien espagnol, né à Barcelone. Plantin imprima
pour lui les deux ouvrages suivants, en vers, devenus très rares
aujourd'hui : ÏKunuscula loannis Christophori Calveti Stella : Ad
Atnpliss. et Illustriss. Principem Didacum Spinosani... Anvers, 1569,
in-40. — loannis Christophori Calveti Stella : Ad Excellentiss. & Magna-
ntmum Trincipem Ferdinandum Alvarum Toletum Alha Ducem, Enco-
mium. Anvers, 1573, in-4". Le Musée ne possède du dernier ouvrage
qu'une épreuve corrigée.
(2) Jean Poelman, fils de Théodore, libraire à Salamanque, qui
soignait les affaires de Plantin en Espagne.
(5) Il s'agit d'une édition plantinienne, devenue aussi rare que les
deux précédentes : Compendio historial de las chronicas y universal
historia de todos los reynos d'Espana, donde se... Compuesto por Estevan
de Garihây y Çamâlloa,.. Anvers, 1571, en quatre volumes in-f».
942. — Plantin à Fulvius Ur sinus.
{Archives Plantinienties , X, f» 32^).
12-13 Septembre 1581.
(Plantin aurait déjà envoyé des épreuves de Polybe, mais la maladie
de l'année dernière sévit encore toujours parmi ses ouvriers. Il engage
cependant Ursinus à lui faire parvenir la dédicace de l'ouvrage. L'im-
primeur lui enverra les livres commandés ; plusieurs autres lui sont
offerts à titre d'hommage).
Nobilitate et eruditione Viro 111' Dno Fulvio Ursino.
Spécimen fragmentorum Polybij et aliorum historio-
graphorum (i) prius misissem si per opéras licuisset.
Nam uti superiori anno contigit ita et hoc gravioribus
etiam morbis laborarunt et adhuc laborant fere nostri
— 297 -
omnes : adeo ut qu« absolvenda sperabam ante bas
présentes Francofordienses nundinas vix ante proximas
perficiemus. Ego tamen presus (?) horum fragmentorum
impressionem continua opéra prosequi est animus. Rogo
itaque ut quamprimum facere poteris ad nos dedicato-
riam (2) mittas ne libro absoluto illam vel quid aliud
addendum expectare cogamur. Libros abs te indicatos
Adolphum Occonem (3), iEschylum et Sophoclem (4)
cum aliis aliquot quos tibi non ingratos fore confidimus
in prima sarcina quam sciemus istuc mittendam imponi
curabimus. Si quid est prasterea in quo nostrum officium
desideres indica.
(i) Voir lettres précédentes à propos de cet ouvrage d'Ursinus,
paru en 1582.
(2) La dédicace d'Ursinus, adressée au cardinal de Granvelle, est
datée du 20 novembre 1581.
(3) Impp. Romanorum Numismata a Pompeio Magno ad Heraclium: .
Summa diligentia & tnagno lahore collecta ab Adolpho Occone R. P. Ang.
Medico, antiquitatiun sttidioso. Plantin, 1579, in-4*'.
(4) En 1579, Plantin avait édité les sept tragédies de Sophocle, in-
160 ; en 1580, les sept tragédies d'Eschyle, avec notes de G. Canterus.
943. — Plantin à Ciojano.
{Archives Plantiniennes , X, i° 33).
13 Septembre 1581.
(Après les Notes d'Ursinus sur Cicêron, Plantin a mis sous presse
l'ouvrage de Ciofano sur Ovide. Or, les typographes chargés de la
composition, tombant malades l'un après l'autre, les travaux projetés
pour cet été, ne pourront même point paraître d'ici un an. Etant parti
d'Anvers pour soigner sa santé, il espère que Ciofano ne lui a pas
envoyé de nouvelle copie. Il achèvera toutefois les impressions com-
mencées, entre autres les fragments grecs de Tolyhe et d'autres
historiens, avec commentaire de Fulvius Ursinus.)
— 298 —
Clariss. doctissimoque Viro Dno Ciofanio.
S. P. Posiquam Notas Fulvij Ursini ad Ciceronem
impressissem, ego statim tuas in Ovidium collectori
typorum tradidi, qui postquam folia qu^e mitto, ut
vocamus, composuisset, in morbum incidit, ex quo nec
nunc quidem revaluit. Non multos autem post dies alio
commisi exemplar qui ne folium quidem absolvere potuit
quin etiam morbo corriperetur. Hos sequuti sunt plerique
omnes nostri, quibus rariora et manuscripta exemplaria
committere soleo non etenim cuivis talia committi tuto
possunt, adeo ut quse hac iEstate speraveram me posse
perficere, vix nunc ausim sequenti, nisi brevi revalescant
nostri. Qux tamen inchoavimus prosequi curabo quan-
tum in me situm erit.
Utinam vero non alia misisses, quas a meis recepta
sunt, dum valetudinis causa in peregrinatione essem, a
qua morbo graviori correptus sanum redii. Ubi variis
langoribus corporis indies vexor, illa tamen quoniam
hic sunt et placent, emittere conabor in lucem quam
primum tieri poterit. Habeo et fragmenta Gra;ca Polybij
et aliorum historicorum a dicto D. Fulvio Ursino accepta
.et jam ante annos aliquot suscepta, quse quanta potero
diligentia prosequar, uti debeo(i). Rogo itaque et obsecro
ut boni consulas bas excusationes nostras justissimas ut
pote qui nihil contra possim neque mireris moram in
respondendo aut in mittendo specimina tuorum operum
et Epistolarum D. Sacrati. Totis namque viribus libenter
conabor vobis satisfacere. Ultra vero nihil possum neque
vos exacturos confido. Vale, vir clariss. Antverpias
raptim 13. Septemb. 1581 (2).
— 299
(1) Voir précédemment, à propos de ces divers ouvrages d'Ursinus
et de Ciofano.
(2) Reproduit dans A. Fayen. Lettres pîantimenncs, in : Revue des
Bibliothèques et Archives de Belgique, III, fasc. 6, p. 460.
944. — Plantin à Turrianus.
{Archives Pkntiniennes, X, i° 33).
13 Septembre 1581.
(Il y a plus d'un an, Plantin a répondu à Turrianus, pour lui faire
savoir qu'il imprimerait volontiers la seconde édition de son Clément,
si la première était épuisée, auant au texte grec, l'architypographe _
lui recommande de s'adresser plutôt à quelque imprimeur de Rome
ou de Venise, le frais d'expédition et autres étant trop élevés en
ce moment à Anvers.)
Rev. in C. P. D. Franc. Turriano.
Ante annum respondi tuis litteris Rev. Pater, me
paratum fore ad recudendum tuum Clementum ubi prions
editionis exemplaria distracta forent, nam duplicem illius
libri hoc tempore impressionem facere frustra prorsus
esset (i). Gr^ce autem hic edere sub spe distractionis
future Venetiis oleum et operam perdere. Vecturae si-
quidem chariores sunt multo quam ut inde hinc evo-
centur. Proinde suaderem ut Rev. P.V. ahcui typographo
Romano aut Veneto committeret imprimendum ea (2).
Ut intérim taceam quantis proh dolor hic affligamur
miseriis et angustiis arctissimis concludamur magis ac
indies magis. Vale Rev. admodum in C. P. venerande.
Antverpi^ raptim 13. Sept.
(i) La première édition avait paru chez Plantin en 1578 : ^^posto-
— 300 —
licarum constitutionum & Catholica doctriiice démentis Romani lihri
VIII. In-f°.
(2) Nous ne connaissons pas d'édition romaine ou vénitienne du
texte grec de Clément.
945. — Plantin à Petrus Paullus.
(Archives Tlantiniennes, X, fo 33),
14 Septembre 1581.
(Petrus Paullus a convaincu Plantin de l'utilité d'une édition in-80
de la Somme de S. Thomas. L'imprimeur ne demande pas mieux que
de la fournir. Malheureusement, les moyens lui font défaut et une
véritable épidémie règne depuis un an parmi ses ouvriers).
Rev. P. D. Petro Paullo canonico regulaii
Mediolanum.
Litteras tu« mense Julio Mediolani scriptas grate mihi
admodum fuerunt pjaneque mihi persuaserunt Summam
S" Thomas 8^ forma esse imprimenda (i). Proinde cona-
bor vestris piis votis satisfacere. Quod tamen ut ingénue
fatear id quod res est non tam cito facere potero quam
vellem, idque duabus de causis quarum prsecipua facul-
tates nimis attenuat^e tantis tamque variis calamitatibus
nempe spolitionis hujus urbis in qua pras multis pessime
fui multatus et postea indies magis ac magis ingraves-
centibus malis bellorum intestinorum quorum nullum
finem video ; ad quas mala hoc accedit quod nostri fere
omnes operarij morbo in his regionibus grassante per
multos menses laboraverint et adhuc laborent adeo ut
quas sperabam ante sex menses absoluturum vix sim ante
alios sex menses absoluturus. BeneVale. Raptim Antverpias
14. Sept.
ÎOI
(i) Plantin publia à différentes reprises la Somme de S. Thomas,
notamment en 1569, édition in-40, et deux fois in-f«>, en 1575 et
en 1585.
946. — Plantin à Viperanus.
{.Archives Plantiniennes, X, fo 33^').
15 Septembre 1581.
(Plantin s'excuse de ne pas pouvoir publier ou rééditer les livres
de Viperanus : l'architypographe n'a pu amener ses associés à les
mettre sous presse. Par l'intermédiaire de Jean Poelman, Plantin
enverra vingt-cinq exemplaires de ses impressions et plusieurs livres
édités aux frais d'autrui. Il espère cependant, grâce à l'argent que
de Çayas lui fera parvenir de la part du roi, publier les derniers tra-
vaux de Viperanus).
Clariss. doctissimoque Viro D. Johanni Antonio
Viperano.
Scripsi variis temporibus causas quas me hactenus
detinuerunt quominus doctissima tua scripta in lucem
emitterem vel recuderem (i). Ego vero postquam vidi
me illos pro quibus (2) sub meo nomine cogor necessi-
tate typographicam nostram artem exercere non posse
perducere ut ad illa imprimenda sumptus quoque facere
vellent tandem impetravi tantum libertatis ut illa vel
meis sumptibus subcistibus horis liceret. Impressorum
itaque mltto exemplaria 25. per nostrum Poulmannum
istuc revertentem nempe que sequuntur
De re poetica (3) cujus libri exemplaria ante annum
misi Romam sperans te illic esse....
Restant adhuc mihi imprimendi De summo bono
Libri V. et très laudationes h;ibit£e Messanas (4). Hos
— 302 —
ego prima quoque occasione favente Domino Deo reçu
dam ante proximum mensem Januarium : quamvis non
libenter imprimam qu^ prius ab alio sunt impressa.
Utinam libros tuos De rege et Regno et de Historia
scribenda repurgatos vel a nostris vitiis haberem continua
opéra recudendos (5).
Mitto et aliquot alios libellos a me quidem impressos
sed sumptibus alienis. Ex eo namque die quo hic post
alias incommoditates plurimas et difficultates mihi partas
ab illis quibus minime debuit, a militibus etiam fui
misère facultatibus spoliatus, privatus, nihil fere mihi
licuit meis sumptibus imprimere; ahoqui tua prius emi-
sissem quam quasvis aHa. Spes autem mihi est iterum
injecta ab 111' vero Dno Çaya R. M. mandaturam ut mihi
persolvantur sumptus quos ante annos aliquot feci maxi-
mos in comparandis illis et prasparandis quae ipsius
Domine jussa fuerant. Q.uod si fiât potero facile aliquot
e nostris praslis sumptibus propriis exercere. Bene Vale.
Antverpiae 15. Septemb. 1581.
(i) Nous avons énuméré au no 708, note i, les différents travaux
de Viperanus, sortis cette année des presses plantiniennes.
(2) Voir, à propos des anciens associés de Plantin, la lettre du 21
février 1581 (n» 920), note 3, où est rapportée la liquidation delà
société, composée de Jaspar de Zurich, Bernuy, Schoti, les Bom-
berghen et Goropius Becanus. Ses nouveaux bailleurs de fonds
étaient des libraires de Paris et de Cologne, notamment Michel
Sonnius et Arnold Mylius.
(3) lo. Antonii Viperant De Poetica lihri très. Anvers, Plantin, 1579,
in-8«>.
(4) Ces ouvrages de Viperanus ne furent plus imprimés chez
Plantin : De summo bono. — Joannis Antonii Viperani Latcdationes très
habitue Messana in fuuere Caroli V. Iinp. — De scribendis vitis iUiistrium
virorum sertno. Perusise, 1570, in-40.
(5) lo. Antonii Viperani de Rege, et Regno liber.. Eiusdem lo. Auto.
Viperani de Historia scribenda liber. Anvers, Plantin, 1569, in-8'\
— 303 —
947- — Plant in à Arias Montanus.
{Archives Plantiniennes, X, fo 33'').
15-18 Septembre 1581.
(Quoiqu'il lui écrive très peu, il ne se passe pas d'heure que Plantin
ne pense à son ami. Sa santé est précaire. Les difficultés à trouver
des imprimeurs sont telles qu'il doit aider son gendre Raphelingien
à corriger des épreuves. Puisqu'il ne lui est pas donné de passer
avec Arias les dernières années de sa vie, il attendra au milieu des
siens la fin de ses jours, «'absorbant de plus en plus dans la vie de
Jésus-Christ. Plantin espère fournir sous peu un témoignage de ses
progrès dans ces contemplations. Le commentaire sur Josué sera
mis°sous presse lorsqu'il aura reçu le reste de l'ouvrage. Détails
concernant le portrait d'Ortelius offert à Arias, la nouvelle édition
de VAparatus, le Bréviaire in-4", l'affaire Joh. Ginsonius, le mariage
d'Arnold Mylius, les cartes reçues par Ortelius, les livres hébreux de
Moïse Egyptius. Salutations de la famille et des nombreux amis).
111' admodum Viro D. Ben. Ari^e Montano.
Etiam si fréquentes litteras non scribam, ulla mihi
crede vix prcTterit hora nedum dies quin animi tui can-
dorem et sinceritatem Christianam osculis internis am-
plectar. Plurim^ vero sunt causae cur hoc litteris scnptis
non tester. Valetudo nempe adversa, cotidian^ occupa-
tiones typographie^^ hoc maxime tempore nobis ita
difficili ut jam cogar prc^ter morem adjuvare nostrum
Franciscum (i) in legendis quod aiunt probis typogra-
phicis et quod parum la?ta vel utilia queam aperte uti
cuperem. Ego tamen cum tu vel breviss. litteris tibi
satisfactum a me iri poUicearis non committam posthac
quin toties scribam tibi quoties scribere nuntium hinc ad
vos profecturum. Si Deo ita visum esset gauderem me
quovis terrarum loco tecum et aliis tuis similibus quod
— 304 —
superest hujus corporis vitag transigere. Sed quoniam
aliter Deo visum est patientia hilari hanc etiam absen-
tiam elementalem ferre debemus contenti societate illa
qua cum Deo et omnibus sanctis ejus per Jesum Christum
D. N. in vinculo sancti spiritus frui possumus in sancta
Jérusalem corde hominis renovati ut sit habitaculum
ipsius divinitatis immaculatum et sanctum ut pote quod
peccati morte propria in cruce cum Christo libenter
perpessa purgatum sit et sanctificatum ab ipsius in-
habitatoris gloria et illa quidem pro dignitate inexplica-
bili et ineffabili, sed cujus tamen mysterij quantum
elementaliter et créature ferre possunt testimonium
verum illi reddunt soli qui vident, sentiunt, palpant in
vita qua jam per Jesum Christum vivunt asterna, cujus
testimonij spécimen typis consignatum spero max. cum
laetitia videbitur suo tempore ab illis qui per Dei gratiam
ejus desiderio tenebuntur (2). Idque jam brevi futurum
prîesagit animus fide certissima et spe solida in amplexi-
bus charitatis aeterne gestiens et inde precatur confiden-
ter ut qui nondum illam veritatis fiduciam sunt adepti
per Dei misericordiam consequantur. Neque dubito quin
tu idem sentias et proceris quo tandem sepositis omnibus
curis mundi hujus Deo conjungamur ipsi vivamus et ab
eo rogamur semper (3).
Partem Commentariorum in Josua recepi cum illa
commentatiuncula secundo tomo Apparatus sacri sub-
jungenda. In qua scribenda non possum non laudare quod
abstinueris a prodendis nominibus. SuflRcit namque veri-
tatem asserere et testimonium de ipsa proferre studiosis
pietatis. Ad quid namque nomina vana et efficacitate ad
ipsius rei promovendam naturam carentia.
Gaudeo quod me monueris de forma quae tibi commo-
— 305 —
dior videtur ad Commentarium supradictum in Josuam
excudendum. Ea siquidem et mihi placet neque ulterius
differam quam donec quod reliquum est exemplaris
accepero (4) neque prorsus debeo cum me tam liberaliter
juves ad sumptus Impressionis ferendos hoc maxime
tempore nobis certe dificillimo et periculosissimo. Sed
quid dicam rubore profecio suffondor cum iterum me
tantis muneribus ornare non desinas, pro quibus nihil
promitto nisi meipsum et omnia qu^ in mea sunt et
erunt potestate, id quod occasione data probare conabor
semper.
Libros abs te petitos compingi curamus. Francofurto
quïedam expectamus. Alia tua munera lapidis Bezar mihi
a nostro Perezio tradita distribui (5). Omnes tibi gratias
habent maximas relaturi si possint umquam. Ortelius
mihi suam effigiem in argenti lamina manu Gallei
incisam (6) et deauratam cum inscriptione a tergo
orbiculari forma et ligno ebenico adornatam tradidit ad
te mittendam, quod faciam Deo favente cum libris et
aliis opéra D. Perezij. Utinam possim etiam tum (sed
vix adhuc credo futurum) testimonium illud hic supra
indicatum de quo ahas etiam ad te cum illos mihi ducentos
florenos curares dari. Ad hec namque illos res destinavi
non etenim cujusvis res erit etc. Per nostrum autem Pul-
mannum qui jam nobis adest et ad vos primo navigio
cogitât spero me fusius de rébus nostris scripturum. Ipse
vero de Patris obitu recenti ad te (7).
Q.u^ mones quoque addenda secundo tomo Apparatus
addentur huic editioni favente Domino. Breviarium in
4^° nuUum a multo tempore mihi restât.
Johannis Ginsonij negocium ab eo mihi commissum
quantum potui et debui diligenter curavi : sed frustra
20
— 3^6 —
rem tentavi. Arnoldus Mylius ducta postremafilia defuncti
Birckmanni senioris, habitat jam Colonial ubi matre
uxoris mortua potitur solus jam domo amplissima et
taberna libraria illic locupletiss. neque id sine pr^diis et
vinetis abundantibus satis qu^ illi partitione inter alios
hasredes facta venerunt. Exemplaria Descriptionum Indi-
carum et regionis Synarum noster Abrahamus ante
menses aliquot recepit gratiasque tibi pro illis agit et
habet maximas editurus ut sperat brevi.
Scripsi jam bis terve ad amicos Venetias ut libres
hebraicos a Mose ^Egyptio (8) concinnatos quorum ins-
criptio (terme hébreu) nobis compararent et mitterent sed
hactenus frustra cum illi responderint se non potuisse
invenire. Scripsi tamen iterum iterumque scribam.
Uxor, Generi, fili^e, nepotes omnisque familia nostra
mecura tibi a Dno Deo felicia precantur omnia, et nobis-
cum Ortelius, Gall^us, Kikelbergij, Clusius, Ximenius
aliique plurimi qui calamitosis hisce temporibus tuam
pr«esentiam desiderant avidissime.
(i) François Raphelingien, correcteur chez son beau-père depuis
l'année 1564.
(2) Par cette périphrase, Plantin annonce la publication prochaine
du livre fondamental de la secte de Barrefelt : Le Livre des Tesmoignages
du Thresor caché an champ [Het Boeck der Ghetnygenissen vanden ver-
horgeji ^4cker-schat) , paru vers cette époque.
(5) Passage indiquant de nouveau que Arias Montanus était au
courant des idées de la Famille de la Charité.
(4) Le commentaire d'Arias sur les douze Prophètes ne parut
qu'en 1583.
(5) Certaines pierres médicales que Montanus avait expédiées de
l'Espagne pour Pierre Porrei.
(6) Philippe Galle fournit également le portrait d'Ortelius, en
ovale, qui se trouve en tête des éditions pjantiniennes du Theatriun
orbis terrant»!^ à partir de 1579.
— 307 —
(7) Théodore Poelman, père de Jean, était mort à Anvers au
mois de septembre 1 581, ou à peu près.
(8) Moïse l'Egyptien, ou Maimonide, le plus célèbre des rabbins
du moyen âge, grand philosophe, médecin et mathématicien; né à
Cordoue en 1 139, mort en 1209 et enterré à Tibériade.
948. — PI an tin à Pierre Porret.
(Archives Plantiniennes, X, fo 34).
18 Septembre 1581.
Le 18. Septembre 1581. A Pierre Porret.
Esmerveillé qu'il n'ait receu plusieurs miennes par
lesquelles je luy ay escrit que j'avois receu l'entière
première partie passé long temps et par Gassen la 2. et
les brouillats que je luy ay envoyé la 5. 6. et 7" partie.
Que j'ay tousjours respondu a toutes celles de Sonnius,
parquoy je concluds qu'il y ait de la faute ou aux messa-
gers ou a quelques ungs qui espient et prennent mes
lectres. due je luy ay envoyé deux de la Vérité de la
religion (i). Je luy en envoyé encores ung de la partie
8. par Ant. Gassen. Que j'ay envoyé ung placcart contre
le Roy d'Espagne. Que le Secrétaire Çayas m'a ordonné
de luy envoyer ce pacquet de Missal etc. par le Secrétaire
de l'ambassade Maldonado. Envoyé les pierres d'Arias
Montanus(2), graines de Clusius, 3. Icônes Herbarum (3).
(i) De la vérité de la religion chreslienne : Contre Us Athées, Epi-
curiens, Payens, Juifs, Mahumedistes, & autres Infidèles ; Par Philippes
de Mornay, Sieur du Plessis Marly. Anvers, Plantin, 1581, in-4°.
Seconde édition en 1582.
(2) Voir plusieurs lettres précédentes à propos des pierres que Arias
envoya à Plantin pour Porret, par l'intermédiaire de Louis Perez.
(3) Plantin remit ce projet de lettre à son gendre Moretus, qui
correspondait généralement avec Pierre Porret.
— 3o8 —
949. — Plantin à Maldonado.
[Archives Plantiniennes , X, fo 34^).
19 Septembre 1581.
A Monsieur Diego Maldonado Secrétaire
de L'embassade d'Espagne en France.
Monsieur. L'Illustre Sig'' Gabriel de Çayas m'a ordonné
par quatre lectres siennes desquelles j'ay seulement receu
la 3* et la 4' que je vous envoyasse les livres (i) contenus
en ce pacquet afin de les luy faire tenir pour le service
de la S. C. R. M*^ et de peur de faillir qu'il les reçoive
m'a ordonné d'envoyer aussi les mesmes par mer ce que
j'ay faict par le moyen d'ung des Signeurs Ximenes qui
est parti es dernières navires. Reste, Monsieur, de vous
offrir mon service comme je le fay en toutes choses a
moy possibles d'aussi bon cueur qu'en me recommandant
a vostre bonne grâce je prie Dieu qu'il vous donne,
Monsieur Maldonado, l'augmentation de la sienne tres-
saincte. D'Anvers ce 19. Septembre 1581.
(i) Il s'agit de Missels, d'après la lettre à Porret datée de la veille.
950. — Plantin à Arias Mont anus.
{^rcJnves Plantiniennes, X, fo 34^).
25 Septembre 1581.
(Plantin se demande en quoi il a pu affliger son ami. Il proteste de
ses sentiments de profonde amitié et de sa ferme croyance en Jésus-
Christ. L'imprimeur espère publier sous peu un livre où seront
exposées les principales vérités sur l'identification avec 'Jésus-Christ.
— 309 —
Il voudrait voir encore avant sa mort l'achèvement de cette œuvre,
dont il attend le plus grand bien pour le salut des hommes).
111. Viro D. B. A. Montano.
Itane mi Aria teipsum affligerem ad hue ? Si filii Patris
ieterni non nobis sed ipsi per Christum et in Christo
vivimus ad quid imagines amplius? Mortuus est Plantinus
cujus intimus alter si placet ego. Quid erat vel est Plan-
tinus ? Vas in quo si quid est aut erit Domini est non
ipsius nec tuum. Desinamus qu^so tandem libenter id
quod vel necessario debemus desiderare quod alterius est,
acquiescemus volontati Patris c:elestis cui per filium
edocti vere testari debemus : fiât Voluntas tua. Domus si
a Domino locuplete possideatur usui est familiaeque et
vicinis commodo. Si vero ne vel familia vel vicini glo-
rientur in ea et abutantur fiducia maie concepta vel certa
alla de causa sibi cognita dominus ejus illam diruere
voluerit quis subditorum ipsius debebit resistere ? Domini
qu^so simus cujus vita donati vere serviamus ipsi
quamdiu et quo modo illi placuerit non autem juxta
nostram propriam voluntatem cui mortui prius jam non
nos sed ipse vivit in nobis eaque per nos operatur quc^
ipsi vel omni prudentia et sanctitate hujus mundi répug-
nante placent, uti ex testimoniis actionum mirabilium in
sanctis ipsius per ipsum factorum videre fuit. Hactenus
estque jam illis qui oculis spiritualibus internis illumi-
nantur ab ipso lumine et inhabitante spiritu divino cujus
rei testimonium notaria manu descriptum brevi conspi-
ciendum non sine lastitia spero exhibebitur.
Ulinam vero tamdiu mihi liceat servire Domino hoc
elementari corpore et facultatibns mihi concreditis ad
hoc typis perscribendum et perficiendum (i) sicuti aliis
— 3IO —
meis litteris nuper scriptis et hoc ipso die Domino Perezio
missis ad te mittendis priusquam tuas flebiles ad me
misisset legendas. E quarum lectione et aliarum quas in
istis regionibus scriptas atque Romam et ad alia loca
missurum intelligo esse adhuc ut olim qui velint persua-
dere vulgo morte mea frigere officinam aut quid aliud
in suum commodum. Eos autem omnes bene valere
percupio illisquegratias habeo quod eo modo me moneant
ejus rei cujus jamdiu memor sum laus Deo, qui te nobis
incolumem servare dignetur. Raptim 25.
(i) Plantin, comme dans sa lettre précédente à Arias, fait ici
allusion à la publication du livre des Témoignages ou Ghehdgenissm.
951. — Matai Metellus à Plantin.
{^Archives Tlantiniennes , LXXXVIII, fo 375).
6 Octobre 1581.
(Metellus a reçu de Muret des corrections pour ses Varite Lectiones
et plusieurs^lettres, à joindre au livre des épitres. Muret a fini cinq
autres livres de Lectiones, qui pourraient être mis sous presse inces-
samment. Metellus a été très affecté par la mort de Languet. Il invite
l'imprimeur à lui décrire les derniers moments de son ami et à lui
communiquer son testament. Le fils de Joachim Hopperus écrira la
préface pour le livre de son père).
Metellus Plantino. S. Adcepi nunc a Mureto emenda-
tiones quasdam Librorum variarum, quas edidisti, et
epistolas aliquot, epistolarum libro addendas. Tarde
admodum hue ad me pervenerunt. Pollicetur se varias
aucturum, alijs quinque libris, jam a se conscriptis, si
voles recudere (i). Non mitto scripta ejus illa per vere-
darium, ne te sumptu gravem.
311
Heri hue adlatus est nuntius, de obitu Langueti nostn.
aui nuntius, me vehementer perturbavit ; propter mu-
tuum inter nos amorem, et singulares ejus virtutes.
Itaque cupio scire morbi genus, quo sublatus est, et
mortis tempus, et qu^ praeclare ille disseruit, qunleque
testamentum condidit, et qu^ reliquerit Legata, cete-
raque, qu;^ eo pertinent. Non quidem curiositate ulla;
s'ed ut petentibus, de his ipse respondeam, et ea amicis,
ad ejus memoriam, quos habet plurimos et praestantissi-
mos perscribarn. Scio te occupatum, quominus hisce
rébus vacare possis (2). Da hanc curam Bizarro nostro(3),
viro optimo, qui perscrutetur, mihi scribat, tibique lit-
teras tradat, ne in aliorum manus incidant. Scripsi lUi,
Calendis. Litterasque alteri institorum taorum reddendas
tradidi. Obsecro, eas ipse ab eo recipe, mihique remitte.
Cum enim sit mortuus, alii dari nolo. Libro Hoppen
pr^fationem filius conscribit (4). Urgebo, ut cum pri-
mum mittatur. Vale. Prid. Non. Octobreis co . d.xxci.
Colonia Ubiorum.
{Adresse au verso :) Clariss_imo virtute doctrinaque
viro, Dn. Christophoro Plantmo,
Architypographo Regio, &c.
Antverpiam.
(1) En 1586, Plantin publia une nouvelle édition des quinze livres
de Varia hctiones de Muret.
(2) Voir la réponse de Plantin à propos de Languet, note 7, lettre
du 11-20 octobre 1581 (nogSS)- . , . ,^ ,^ ,-
(0 Petrus Bizarrus, historien, de Sassoferrato, nuis résidant a
A, V rs Plantin imprima de lui : Senatus popuîique Genuenns rcnm
t;:>-.'.. .estai mstoria at.ue Annales. In K 1579. ^— »
rerum Hisioria in XII. Ubros desoipta. In-t", 1583.
— 3^2 —
952. — Plantin à Arias Montanus.
(Archives Plantmiennes, X, {° 35).
25 Septembre — 7 Octobre 1581.
(Plantin prie de nouveau son ami de ne plus s'attrister des événe-
ments actuels. Son frère Porret vient d'annoncer le décès de trois
compatriotes remarquables : Cenovillius, Postel et Rassius. Plantin
fait l'éloge du dernier, dont les travaux d'histoire naturelle sont
devenus très rares, mais que Porret tâchera de faire parvenir à Arias).
111' Viio D. Ben. A. Montano.
S. P. Ecce iterum ad te scribo, teque per omnem
amicitiam oro ne te pergas affligere propter ea qu« jam
indies accidunt (i). Creator sit qu^e necessaria sint ac
proinde suos miris exercet modis ut ad se fontem vitce
pertrahat. A fratre postquam secundas brèves extempo-
raneas ad tuas flebiles nostro Perezio missas respondis-
sem, litteras accepi quibus significat très illustres admo-
dum viros spacio 7. dierum obiisse Lutetiie : Cenovillium
insignem musicum, Postellum (2) et Nicolaum Rassium(3)
illum amicum nostrum imo totius populi et magnatum a
quibus mirum in modum defletur, desideratur maxime ab
amicis et a pauperioribus quibus non solum gratis con-
sulebat sed pharmaca et necessaria sumptibus propriis
suppeditabat. Ejus naturalia uti frater scribit (est namque
viduae quoque familiaris) vendentur in solidum non
separatim adeoque rara esse asserit ut vix ulla pecunia
quae interea sunt redimi possint vel plurimis annis. Is
tuum esse vellet. Moneo fratrem ut ad nos perscribat
precium tibi indicandum. Hic etiam (inachevé).
(i) Voir la deuxième lettre précédente. Arias aurait-il regretté la
publication des Tesmoigna^es de Barrefelt par Plantin ?
— 313 —
(2) Vieil ami de Pkntin et d'Ortelius, dont il est question dans
plusieurs lettres précédentes.
(3) La bibliothèque du Musée ne possède aucun de ses ouvrages.
Plantin était en rapport avec lui depuis de longues années.
953. — Plantin à Georges Buchanan.
{archives Plantiniennes, X, fo 35).
7 Octobre 1581.
A Monsieur Buchanan.
Plusieurs mois sont passés que Monsieur Daniel Rogiers
m'escrivii de Londres que vous estiés bien délibéré de
m'envoyer toutes vos œuvres par vous reveues pour les
imprimer une fois toutes ensemble. Et premièrement
vostre Histoire du Royaume d'Escosse (i). A quoy je
respondi que je recevrois tel office pour ung bien grand
bénéfice et honneur. Mais depuis que ledict Signeur
Rogerius (2) a eu l'infortune d'estre prinsonnier des
ennemis de ce Pais, je n'en ay rien entendu jusques a
cejourdhuy qu'un jeune homme françois nommé Guil-
laume Bouchardon m'a dict avoir demouré quelques
semaines en vostre maison et avoir eu charge de me
déclarer de bouche que vostre intention est que j'imprmie
vostredicte Histoire ; et que Monsieur M^ Pierre Yon (3)
luy avoit baillé lectres pour moy esquelles vostredicte
intention estoit contenue par escrit mais que quelques
brigants l'avoyent pillé et prins lesdictes lectres avec ce
qu'il avoit sur soy, de quoy je suis fort triste. Et pourtant
Monsigneur j'ay prins la hardiesse de vous escrire la
présente par laquelle je vous certifie que je me tiendray
Grandement honoré et tenu a vous s'il vous plaist m'en-
314
voyer ];i copie de vostredicte Histoire, et vous promects
que tout incontinent que je l'auray receue je commen-
ceray et continueray de l'imprimer en beau et bon papier,
de belle grosse lectre et le plus correctement qu'il nous
sera possible, et que nous suivrons en tout ce qu'il vous
plaira nous faire escrire de vostre intention et volonté,
non seulement touchant ladicte impression d'Histoire
mais aussi de toutes vos autres oeuvres que je désire de
pouvoir une fois imprimer ensemble pour le bien de la
postérité. Car la franchise est ores en ces pais icy propre
a ne rien obmectre des matières que durant le règne
Espagnol on n'eust jamais souffert : ainsi que pouvés bien
le scavoir et juger par ce livre De la vérité de la religion
Chrestienne que je vous prie recevoir en gré avec la
Description de ces Païs bas du S' Louis Guicardin et me
recevoir au nombre de ceux qui pour vos rares vertus et
doctrine désirent vous taire tousjours affectionné service
en priant Dieu qu'il luy plaise,
Monsigneur Buchanan, vous conserver en sa grâce et
prospérité. D'Anvers ce 7. Octobre 15 81.
Envoyé sans les livres par Jehan Coborne de petit lict
qui envoyoit en7poste le 9. dudict quelque sien amy.
Le 12. Octobre 1581 envoyé les; livres et autres lectres
par le mesme Jehan Coborne qui disoit partir par navire.
(i) Plaïuin n'imprima pas ce livre de Buclianan, mort'(rannée
suivante. Le Musée possède l'édition de 1583 dejsonjiistoire d'Ecosse,
parue à Edimbourg : %_erum Scoticanim Historia, Auctore Georgio
Buchanano Scoto. xAd lacobuvr^VI. Scotoriim Rcgetii... Ad exemplar
Alexandri Arbuthneti edituni Edimburgi. In-f".
(2) Daniel Rogers ou Rogersius,' historien et homme politique
anglais, très lié avec Ortelius (voir les Episitihe Orteliana, publiées
par J. H. Hessels). Rogers avait été envoyé par la reine Elisabeth à
— 31)
l'empereur Rodolphe II ; il fut arrêté en route et resta plusieurs
années en prison.
(3) Dans le Grand Livre XVIII, f° 443 > ^P^ès la note détaillée des
livres envoyés à Buchanan le 7 octobre 1583, on lit : Ceulx ides
livres) qui sont doubles, l'un d'iceulx est (pour) Mons^ De Jong.
554. — Planttn à Gobelius.
(^irchives Plantiniennes, X, f° 3)^').
II Octobre 1581.
(Gobelius n'est pas le seul à qui l'on avait annoncé la mort de
Plantin. Ce bruit a circulé à Rome, en Espagne et en France. L'mi-
primeur se réjouit de la bonne réception des figures des plantes
demandées. Une erreur s'étant glissée dans la dédicace, Plantm la
réimprimera. Il n'a plus d'exemplaire colorié de V Herbier deDeLobel,
et il faudrait au moins trois mois pour en achever un. L'édition
flamande ne contient que des planches dessinées d'après nature.
Plantin en envoie deux exemplaires, dont un colorié pour le prince.)
Clariss. doctissimoque Viro Dno Severino Gobelio
Regiomonti lUustriss. Ducis Prussiie doctori medico.
Non vos istic soli estis, Vir pntstantissime, quibus
Plantinum vitam cum morte commutasse superioribus
mensibus narratum sit. Nam Roma nonnulli, ab Hispaniis
plures et ex Galliis non pauciores eandem famam in illis
partibus volasse ad nos frequentibus litteris scriptum
est (i). Utinam vero ita sit quantum ad humanos affectus
uti cum Deo per Christum hic jam incipiemus vivere
vita îeterna. Gaudeo interea te boni nostrum officium in
tibi dedicandis iconibus Stirpium consuluisse tibique ob
id gratias habeo maximas. auoniam vero D. Johannes
ab Achlen (2) retulit nos errasse in titulo dedicatori^
prompms cro semifolium recudere ubi nobis pY.^scribere
_ 3ié -
placuerit quid velles mutatam additumve. Illustratum
vero coloribus nullum nunc habeo neque posset decenter
fieri spacio trium mensium, ad vivum uti maximo labore
et impensis haud parvis curavi 3. exemplaria impressionis
ea qua hic utuntur lingua in quibus nulla est figura quœ
non sit ad vivum ex ipsis stirpibus expressa, suis genuinis
coloribus depicta. Et quoniam significas Sereniss. Régi
placiturum ecce illorum hic unum tibi exemplar mitto
cum altero non depicto quod tibi tam gratum percupio
quam me inter amicos tuos adscriptum. Bene Vale.
Raptim 11. Octob. 1581 (3).
(i) Le cardinal de Granvelle parle à plusieurs reprises de cette
prétendue mort de Plantin, dans ses lettres à Fulvio Orsini. Voir
P. DE NoLHAC, supra, lettres VI, VII, IX et X. Dès le mois de mai
1581, on avait annoncé au cardinal cette nouvelle de Lisbonne et
de Paris !
(2) Jan van Achelen, marchand anversois dont Guichardin, dans
sa Descriltione, rapporte qu'il s'était spécialisé dans le commerce de
l'ambre. Le nom de Jan van Achelen figure dans la liste des Marti-
nistes suspects de 1367 (Mertens & Torfs, Geschiedenis van ^iut-
werpen, IV, p. 618).
(3) Le Grand Livre XVIII, fu 442, contient le poste suivant relatif
à Severinus Gobelius, médecin du duc de Prusse, se rapportant à la
lettre ci-dessus :
D. Severinus GobeUus doibt du 7= Julij ij8i pour pièces 150
Effigies Plantarum. Envoyez par S'' Van Acchelen.. montent in
nummis fl. 270. — Pièces 150 Indices avec additamenta pour les
150 Effigies sudits n'ayant estes imprimés par devant. Valeur. —
Adi ditto pour i. Herbarium Lobelij Pictum ad vivum. Sont XXI'^
figures a i pat. Valeur fl. 105 et 8 flor, pour le livre blancq. Valeur
in nummis fl, 115. Item ung Herbarium en blancq que G. Plantin a
donné dono audit.
Plantin dédia à Gobelius, le recueil de 2. 191 figures de plantes,
connu sous le nom de : Plantarum seu stirpium Icônes, in-40, 1581.
Dans l'épître dédicatoire, l'imprimeur appelle son ami par erreur :
Sereniss. Dania Re^is doctori medico.
— 317 —
95 5' — Plantin à Matai MeteUus.
{tArclnves Thntiniennes, X, 1° 36 et VIII, ° 239).
« 11-20 Octobre 1581.
(Plantin attend le colis de Metellus, avec les livres de Dodoens et
de Hopperus ; il en accusera également la bonne réception au Dr.
Tengnaghel. L'imprimeur ne changera pas sa dédicace au roi, bien
que Philippe II soit déclaré déchu de ses droits aux Pays-Bas. Il prie
Metellus de ne plus l'appeler dans la suite « imprimeur du roi ».
Personnellement, l'architypographe reste attaché à Philippe II, quoi-
que nul au monde n'ait des motifs aussi sérieux pour en vouloir à
ses ministres. Plantin rappelle l'histoire de ses grandes éditions
liturgiques, commandées par la cour, et qui ne lui ont jamais été
payées. Combien de fois, de Çayas et Arias Montanus ont cependant
appuyé les réclamations de Plantin ! En attendant, il continue péni-
blement les travaux commencés, avec l'argent d'autrui. Il s'excuse
d'ennuyer Metellus avec l'histoire de ses malheurs financiers ; mais
son ami avait pensé, à tort, qu'il allait fonder une typographie en
Espagne, aux frais du roi).
Clariss. doctissimoque Viro D. Metello,
S. P. Vas nostrum ab institore istic compositum
accepero et libros in eo incluses D. Don^ei (i) et pia^
mémorise Hopperi (2) ; de hoc ad vos tibi et D. Doct.
Tennaglio respondebo (3). Interea hoc unum dico mihi
non videre mutandum esse defuncti sententiam de libro
dedicando Reo;i Hisp. quamvis nomen istius ab ilHs qui
gubernant sit porsus interdictum quamobrem ilU qui eo
utuntur vel patiuntur appelari nomine Regio suspecti
sunt valde. Proinde cupio ut tu ab eo posthac epitheto
cum ad me scribis abstineas (4). Ego tamen nihilominus
idem sum et ero quod fui quamdiu vixero, etiam si
neminem in vivis esse cui facta sit (pro ratione nostras
qualitatis) sub ipsius authoritate ab ejus ministris injuria
- 3i8 -
quam mihi sit facta jam ante quinquennium quod longum
esset rem narrare cujus summa est. Jussus sum nomine
Regio curare confie! punsiones quod vocamus Matrices
et talia varij generis et papyrum emi ad maximes libros
pro choro imprimendos, missis prius speciminibus magni-
tudinis et formée augustiori modo quam umquam vel
impressi vel scripti fuissent libri. Petij pro arris ut aiunt
decem milia coronatorum semper apud me manendis
donec libri fuissent absoluti et ut mihi daretur hic mer-
cator qui ultra illos decem milia coron, singulis mensibus
persolveret tantum operis quantum illi redderem. Vires
siquidem meas et facultates aliter non posse ferre (libro-
rum siquidem impressorum summa pervenisset ultra
centum milia). Conditiones placuerunt Ministris, de
pretio quoque per folia conventum est inter nos. Nume-
rati sunt mihi decem milia coronati. Curavi qu^ neces-
saria erant in quibus expenderam ad summam plus minus
viginti milium coronatorum. Opus inchoavi, spécimen
misi, placuit, jusserunt prosequi. Respondeo mearum
non esse virium ulterius prosequi nisi aliquis juxta
nostram conventionem hic esset qui opus unius mensis
jam impressum solveret et ad se reciperet idque singulis
mensibus prosequeretur facere. Mihi responderunt se
primo veredario illinc hue venienti factures. Interea
saltem alia opéra quae illorum quoque jussu impresseram
nempe Missalia, Breviaria et talia institori suo ut traderem
qui mihi prassenti pecunia soluturus esset ut ex ea solu-
tione possem me juvare ad illa majora opéra prose-
quenda interea dum de mercatore deligendo qui singulis
mensibus promissa persolveret statuèrent. Obsecutus
sum, tradidi Breviaria et Missalia impressa institori
qui tum in ea causa erat hic nomine Regio cui nomen
- 319 —
erat Hieronymo de Soto qui secretis litteris dictorum
ministrorum in mandatis habebat ut primo decurtatis
ut ita dicam illis prioribus decem milibus coronatorum
quod reliquum esset mihi curaret ab aliquo mercatore
persolvi : reclamavi, docui ex litteris variis et instru-
mentis quomodo res sese haberet, ostendi sigillatim
omnia facta et impensas qu^e tum ascendebant ad qua-
draginta septem milia florenorum. Frustra omnia. Debe-
bantur pr^eterea mihi detractis illis lo.milib. coronatorum
decem milia florenorum, quas si vellem a mercatoribus
hic recipere oportebat me fidejussorem esse pro dicta
summa in Hispaniis persolvenda. Institori siquidem
neque Ministris Regiis fidebant dicti mercatores. Hanc
etiam ficum (?) me opportuit devorare. Ex ea quoque
summa Ministri dempserunt ducentos coronatos pro
Breviariis aliquot qui eo madidi appulerunt. Petita sunt
illa Breviaria pro quibus coronati demebantur, denegata
sunt quoque, ac proinde ducentos illos coronatos coactus
sum reddere mercatori qui pecuniam solverat. Scripsi
tum in Hispanias ad varios amicos ; Arias Montanus
nullum non movit lapidem ut nostram justam causam
eo promoveret ut saltem persolutis impensis eorum
instrumentorum qu^ nullius usus esse poterant nisi ad
supradictos libres pro choro imprimendos eosque ad
usum Hispanicum. Surdis vero semper cantatum est.
Hactenus quamvis D. Çayas octies ut minimum scripserit
Regiam Majestatem petere meas rationes quas judicabat
mihi persolvendas esse. Toties autem eas misi cum
speciminibus eorum qua; jussus fueram ab ejus ministris
comparare. Omnia vero hactenus frustra. Postremo etiam
mense Junio idem Çayas iterum ad me scripsit nomine
Regio ut ad se rursus scriberem qu^e mihi debentur et
— 320 —
aliquot libelles a me impressos petebat pro ipsius Majes-
tate Regia idque ut triplicatis vicibus me vel quadru-
plicatis uti saltem vel sem.el ad manus suas pervenirent.
Id feci scioque certo mea dicto Çay« reddita ante
mensem. Responsum expecto quod vereor ne frustra
expectem ut qui toties delusus fuerim. Expectabo tamen
patienterque favente Deo ferre prosequar. Hanc mihi
factam a ministris Regiis injuriam ipso namque Régi
opt. nolim culpam adscribere (5). Cogor tamen singulis
annis ultra tria milia florenorum pro usuris talium im-
pensarum illis persolvere qui me sua pecunia in talibus
comparandis juverunt quc'e res efficit ut cogar alienis
laborare non nobis. Hœc a me mentio facta in tuis
litteris de typographia in Hispaniis instituenda impensis
Regiis extorsit. Utinam vero Rex in animum inducat
serio ea mihi persolvere qua^ débet et recipere a nobis
qua£ ad illius typographiae ornatum pertinent(6). Libenter
siquidem typographiam nostram illi cederem vel in His-
panias mitterem si vellet ut deberet me a tanto ^ere
alieno liberare. Ipsi vero felicia precor (7).
(i) Pour Dodonaeus, le grand botaniste flamand, dont Plantin fit
paraître, en 1583, Stirpium Historia Tempiades sfx. Toute la première
phrase est plus claire au dossier VIII, f» 239 : Vas nostrum ab institore
nostro compositum expectabimus, Vir praestantiss., quod ubi recepero
de libre Hoperi id quod hasredes cupio significatum scribam.
(2) Voir n" 919, note 3 (Plantin à Matai, le 17-19 février 1581).
(3) Georgius Tennaghius ou Tengnaghel. Voir plus loin la lettre
que Plantin lui adressa le 18 novembre.
(4) Les deux rédactions de cette pièce offrent des divergences assez
sensibles. Nous avons suivi celle de VIII, f" 239. Dès le début, les
lignes suivantes de X, f° 36, y manquent : « Quicquid Mureti miseris
libenter imprimam. Apologiae Principis Gallicse nullum prorsus
exemplar invenire possum. Latinae autem hue extat. Edicta exauc-
torationis Régis mitto quatuor petita exeniplaria. Juris Pontificij
exemplar necduni accepi Ronia unde illud correctuiii expecto ad
— 321 —
recudendum. » Les Edicta exauctorationis Régis désignent le placard
imprimé chez Plantin, en français et en flamand, qui « déclare le roij
d'Espaigne estre decheu ».
(5) Reg. X,fo 36 : Non crederes mi Aletelle quanta versutia mecum
sint usi eo ipso tempore que mihi nihil non promitterent illi Regii
ministri.
(6) Plantin aurait donc été invité successivement à s'établir à Paris,
à Turin et en Espagne.
(7) La rédaction du Reg. X, contient à la fin un passage important,
relatif à Languet, qui montre que Plantin était à Anvers l'homme de
confiance du grand polémiste français : Cum tuis ad me litteras ad
piîe mémorise Languetum reddidit Institor noster. Vix autem dubito
quin vos jam sciatis illum diem suum penultima mensis Septembris
circa tertiam matutinam intestatum obiisse. Magistratus vero com-
misit D. Vander Meulen cum aliis qui quse sunt inventa custodiret
litteras omnes quce ad illum mitterentur aperiret. Ego vero quod
amici nonnumquam litterse familiariores sint quam ut quis velit in
aliorum manus pervenire tuas aperui ut si quid esset quod tuo nomine
possem facerem, idque feci confidentius quod defunctus pridie quam
moreretur me jussisset vocari ut ad se scriptas litteras secretiores ipsi
legerem. Perlectis autem luis video qusedam esse quae tu fortasse
noluisses a deputatis legi, quare tibi eas hic remitto ut de eis quod
vêles facias.
il
INDEX ALPHABÉTIQUE.
Achelen (Jean van), 18-9, 515-6.
Adolphe, duc de Holstein, 242.
Aegius (Ben.), 179.
Aeschylus (1580), 114, 297.
Albe(Ducd'), 116, 164-6, 295-6.
Alciatus, 115, 13 1-2.
Aide. Vide Manuce.
Alençon (Duc d'), 93, 270-1.
Allardus, 263.
Andronicus, 154-5.
Anjou. Vide Alençon.
Antiphonarium (1573), 13-5, 19-
24, 25, 41-7, 50-1, 70-4, 235,
290-1, 318.
Antonine (colonne), 2, 10.
Anvers (Magistrat d'), 35-7, 38-
39, 107-10, 144, 162-4.
Aparatus Bibliorum. Voir Biblia
Regia.
Apollodore, 178-9,223-4,245-6.
Arbuthnetus (Alex.), 314.
Arents. Vide Spierinck.
Arias Montanus(B.), 15, 37,42,
49-55, 74-5, 85-7, 92-3, 119-
22, 125-6, 132-3, 157, 141-3,
155, 169-73, 183, 191-2, 197-
8, 216-7, 273-5, 303-10, 312,
317, 319-20.
— Humanje Salutis Monumenta
(1571,1572, 1583), 85, 169-70.
— Elucidationes in 4 Evangelia
(1575), 216-7.
— Dictatum Christianum, 67-8,
273-4, 292.
— Elucidationes in omnia sanct.
apost. scripta (1588), 217-8.
— Elucidationes in Paulum
(1576), 216-7.
— Commentaria in xii prophe-
tas (1583), 50, 52-3, 74-5,
169-70, 172, 191-2, 216-7,
273-4, 292, 302, 305.
Aristote, 159-60.
Arsenus (Gualterus), 169, 173.
Ascanius de Renialme, 171.
A.sconius, 264.
Aubin, 186.
Aubri (Jean), 286-7.
Augustin (Antoine), 119.
Augustin (St.) Opéra, 15, 125-6,
138, 197-8.
Aurelius (Victor), 115, 265.
Aurelius (Corn.), 260.
Autriche (don Juan d'), 58, 107,
109, 116, 154-5.
Azpilcueta, M. ab (Dr. Navarro),
275-80.
— Enchiridion sive Manuale,
28, 58-59, 81-3, 89, 106-7,
115, 276-80.
Backerius, 263.
Baissel (Jan Van), 218.
Balenus, 263.
Baliolus, 263.
Barbatus Sulmonensis, 181.
Bargîeus (P. Ang.), 253-4, 285.
Barlandus, 263.
Baron. Vide Varon.
3H —
Barrefelt (Henri), 76-8, 90, 137,
193-7, 207-10, 306, 310, 312.
Bartelus. Vide Valentinus.
Bazin (Et.), 85.
Bayus, 263.
Beausardus, 263.
Becanus. Vide Goropius.
Belleforest, 225, 258.
Bellère (Jean), 104, 243.
Beilère (Pierre), 64, 272.
Bernuy (Fernando de) 248, 302.
Beverus, 263.
Biesius, 263.
Beys (Egide ou Gilles), 27, 122,
137, 202-5, 219-21, 228-30,
280-4.
Biblia regia (i 568-1 573), 17-9,
35. 37, 73, 142, 172-3, 275,
303, 305,
Bible française (1578), 114.
Bible latine (1578) : 18, 52, 89.
— (1583), 169-70, 172, 191,
243-4, 273, 275, 289, 292,
294.
— (i58o),96-8, 114, 144, 197-9.
Bible hébraïque (i 580), 98, 115,
143, 169-70, 172, 197-9.
Bille (Ch.) Billeus, 153.
Billohe(Ch.), 234-7.
Birckman (Geoffroy), 306.
Biset (E.), 154-5.
Bissy. Voir Pontus de Tyard,
Bizarrus (Pet.), 115, 511.
Bladus (Ant.), 179,
Blosius (Louis), 165-6.
Blotius (Hugo), 1,3, 12.
Boele van Hensbroeck (P. A. M.)
249.
Bolenius Petronianus, 212.
Bomberghe (Charles de) 247-8,
302.
Bonnyères (Mich. de), 80.
Bonvisi, 63, 65, 277.
BorchttP. Vander), 17, 84, 172,
192, 247, 275.
Boucliardon (G.), 31 3.
Brant (Jean), 249.
Breviarium (1577), 13-5, 20-4,
26, 42, 52, 58.9, 73, 81-4,
89, 114, 144, 168, 303, 305,
318-9.
Bringerus (Joh.), 12.
Brisson, 27.
Broeck (Crispin Van den), 172.
Brughelius (Bruhesius, Van Bru-
hesen, L. et P.), 263.
Brutus, éd. Torrentinus, 129.
Brutus (Jo. Mich.), 26, 28.
Biichanan (G.i, 313-5.
— Rerum Scoticarum Historia,
313-4.
Budasus (Joli.), 266-7.
Burlamachi (Paul), 277.
Busbeck (Augerius a), 148, 150.
Busleidianus, 261.
Buyssetius (Buyssetus J.), 58-9,
81-4, 106-16, 143-5, 168,
214-5, 243-5, 276, 279.
Bylant, 193, 196-7.
Caesar(J.). Commentaire, 3, 12,
160-1, 223-4.
Calepinus, 273-5.
Callimachus Cyrenaeus, 260.
Calvete Stella (Chr.) Voir Stella.
Camerarius(Joach.), 17-8,48-9,
224-5, 248-9, 256-8, 286.
Canisius (Pierre), Parvus Cate-
chismus (1567), 1 14.
Canterus (Guill.), Sophocles
(1579), 114, 297.
— Aeschylus (1580), 114, 297.
325
Canterus(Théod.), 265.
Carrion (Lud.), 57-8, 78-9, 263,
267.
— C. Sallustii Crispi Operum
nova editio (1579), 57-8, 61-2,
78-9, 115, 131-2.
Casas (Barth. de las), 93.
Casiiedo (J. B,), 81-4, 147-8,
150-1, 179-80, 243-4.
Cdssianus,édit. deCuyckius,i 14.
Cassiodorus, De arte discipl.,
129.
Castalion (Séb.), 166.
Castro (Léon de), 169, 172-3.
Cauchius, Caucius, ou Van
Cuyck, (Ant.), 241-2.
Çayas (Gabr. de), 12-6, 19-24,
38, 41-7, 50-1, 70-74, 86-90,
91-5, 109,116, 119-20,273-5,
288-95, 301-2, 307-8, 317,
319-20,
Cenovillius, 312.
Censorinus, De die Natali, 129.
Ceratinus, 263.
Chacon. Voir Ciaconus.
Charles-Quint, 2-3, 296, 302.
Cholin (Materne), 223.
Ciaconus ou Chacon, 90-1.
Cicero, 264.
— Opéra, par F. Ursinus, 24-6,
115, 118-9, 128, 130, 178-9,
253-4. 257, 285, 297-8.
— Orationes, par Brutus, 26,
28, 69-70, 230-2.
Ciniitero (Pietro), 6.
Ciofanus (Herc), 90-1, 147-8,
150-1, 160-1, 179-82, 230-1,
253-4, 258-9, 285-6, 297-9.
Clément. Edition par Turrianus
(1578), 80-1, 167-8, 299-300.
Clusius (Charles), De simplici-
bus medicamentis, 46.
— Stirpium historia per Panno-
niam, 257-8.
Coborne (J.), 3 14.
Coecke van Aelst (Peter), 34.
Comelinus (Heidelberg), 265.
Concordances (de la Bible), 64-5,
115, 157-9» 272.
Condé (Prince de), 175-6.
Copus (Alanus), 59.
Cordier, ou Corderius (Jean)
27-8
Cordus (Val.), Dispensatorium
115
Corpus Canonicum, 17-8, 58-9
64, 81-4, 106-7, 116, 145
243-4
Corpus juris civilis (1 575), 17-8
59, 64, 267-8
Corrado (Séb.), De claris orato-
ribus, 129.
Corvinus (Georg.), 12.
Covarruvias (Ant.), 264-5.
Covarruvias (Didacus), 20, 23,
44-6, 265.
Crequillon (Th.), 17.
Crespin (Jean), 101.
Crockardus, 138-9, 263.
Cruquius (Jacques), 52.
— Q.. Horatius Flaccus (1579),
52-3.
Curtius, 116, 143-5, 263.
Cuypres (Séb.), 65-7.
Cuyckius (Henri), 157-9.
— D. Joanni Cassiani.. libri 4
(1578), 114, 157-9-
De Bruyne (Abr.), 172.
Damhouderius, 263.
De Jong, ou Yon, 315, 315.
326 —
De la Hèle (Georges), 16-7, 47,
83-4, 89-90, 114, 250-2, 290.
Denellus, 216-7.
Denise, j 54.
De Pape. Vide Papius.
Despauterius, 152.
Des Prêts (Josquin), 17,
De Smet. Vide Vulcanius.
Deus (Je), 243-4.
De Vechter (Thomas), 206-7,
239.
Diana enamourada, 105-6.
Diest, gouverneur de, 218-9.
Diest, Gillis van, 34.
Dionysius, Alexandrinus, 241.
Diurnale (1579), 58-9, 83-4, 1 14,
168, 192, 239-40.
DodoncKus (Rembertus), 1-12,
30, 263, 517, 320,
— Stirpium historia (1583),
257-8, 320.
Donnet (Fern.), 150.
Dordracenus (Corn.), 266-7.
Dorpius, 263.
Dousa (Janus), 128-30, 210-4,
263, 285.
— Plaute, 128.
— Notas ad C. Sallustii G. hist.
libros, 122-9, ^61.
— Commentariolus in Q.. Ho-
rat., 130, 172, 214.
— Prascidanea pro Tibullo, 130,
214.
— Praecidanea pro Gatullo, 130,
214.
— Epodon, 130.
— Lucae Fruterii reliquse, 130.
Dresseler (Jean), 145.
Driedonus, 263.
Du Gaucquier. Vide Nuceus.
Dupuis (Jac), 234.
Du Tour (Henri), Voir Keere
(Van den).
Elisabeth (reine), 314.
Enriques (Emmanuel), 105-6.
Eographius, 161.
Epo Boëtius, 95-5.
Estienne (Robert), 48.
Etats de Brabant, 270-1.
Etats généraux, 29, 86-90, 92-3,
102-3, 107-11, 124, 144.
Euripides, Edition Rataller,
(1581), 162, 184, 226.
Fabricius (Franc.), Annotationes
in 6 Terentii Comœdias (1565-
IS74), 161.
Falkenberg, 247.
Farnèse (Alexandre, duc de Par-
me), 37, 156.
Fayen (Arn.),9i, 148, 151, 161,
23 [, 299.
Ferdinand (Empereur), 11, 12.
Flemingus (Arn.), 184.
Florus, De Gestis romanorum
(1567), 61-3, 97-8, 115, 128-
30.
Fornerius, ou Fournier (G.).
267-8.
Foulerus (Jo.), 90.
Francisco (Lud. a S.), 197-9.
Francken (Ambr.), 270.
François 1, roi de France, 9, 12.
Frédéric, serviteur de J. Lipse,
241-2.
Frobenius (Jérôme), 27.
Fruterius, 263.
Frydach, ou Freitag, 96-7.
Fugger, 214-5.
Fulgence, Saint, Opéra, 159.
— 32/
Galle iPhil.). i8, ili, 3o5-6.
Garibdy yÇamâlloa(Esteban de),
294-3.
— Compeudio historial de las
chronicas y universal historia
de... Espana (1571)294,296.
Garnier(Flam.), 148,150,214-5-
Gassen (Ant.), 173-3, 268-70,
307.
Gassen (Jean), i73-
Gemma (Cornélius), 265.
Gemma (Frisius), 173, 263.
Genardus. Voir Gherart.
Gheesdael {]o.), 152-3-
Gherart, ou Ghenard (Ant.), 277
Ghetuygenissen. Vide Barrefelt.
Gifanius (Obertus), 263.
Ginsonius (Jo.), 503, 505-
Giselinus (Victor), 263.
Glareanus (Henri Loritus), 12.
Gobelius (Sev.), 315-6-
Goclenius, 263.
Goltzius (Hubert), Numismata
graeca, 27.
Goossens (Jacques), 169, 170.
Goovaerts, (A.), 17.
Goropius Becanus []^à\\], 248,
302.
_ Origines Antverpianx ( 1 569)
154-
_ Opéra inedita (1580), ii5,
128-30, 153-S, 182-4, i9i>
236.
_ Origines Gentium, 155.
Gouault (Jean\ 189-90.
Goudanus. Voir Reinerus.
Graduale Rômanum ( 1 574), 23 3 ,
290-1.
Grammay (jacq.), 247.
Granada (Louis de), 27-8, 58-9,
89, 114-5,273-3, 292.
Granvelle (Ant, Perrenot de),
81-2, 93, 118-9, 231-2,297,
316.
Grapheus (Alex.), 223-5,245-6-
— (Corn.), 223-5. •
Grégoire XIII, 79-
Grassius ^Barth.), 254.
Gravius (Grave, J.), 263.
Grudius (Nie), 263.
Grymont (Ch.), 268-9.
Gryphius (Ant. & Séb.), 254.
Guellius (G. Vaillant de), P.Vir-
gilius Maro, comment. Ger-
mani Valentis Guellii (i575),
233.
Guicciardini (Lod.), 248-9.
_ Descrittione di tutti i Paesi
Bassi,MO-i, 177. i9'-2, 223-3,
247-50,236-8,286-7,314,316.
Guise (Henri de), 175-
Guntlach, 257.
Gymnicus (jo.), 61-2, 70.
Haberts (Gasparti, 268, 270.
Hans, messager, 131.
Harlemius (Jean). Voir WiUems.
Henri III, roi de France, 13-5,
38, 46, 106-10, 182-4.
Hesselius, 263.
Hessels (I- H.), Epistulae Orte-
lianse, 314-
Heures (1578), 20-1, 58-9,192,
239-40.
Heyns (Pierre), 65-8.
Hiël. Vide Barrefelt.
Hieronymus (S.), 85.
— Opéra, 15-5, 20-1, 38-42,
58-9, 125-6, 197-8, 273-
Hille (de), i5 3-
Hoboken, 163.
Hontaneda (Fr.), 102.
— 328 —
Hoogstraten (comte de), 35-7,
70-1.
Hopperus (Joachim), 245-6,
310.1, 317.
Hor»ce, Edit. Th. Poelman,27-8.
172.
— Edit. Lév. Torrentius, 50,
52-3.
— Edit. Jac. Criiquius, 52-3.
— Edit. J. Dousa, 128-30, 172.
Hotomanus (Fr.), 12, loo-i.
Hubbe, 193-4.
Huunaïus (Augustin), 61, 114,
241-2, 263.
Huys (Pierre), 172.
Imagines sanctorum omnium
(1581), lis.
Isidorus, 211.
Jansen, ou Jansz. (Adr.), 210.
Jansen, Jansz. ou Jansenius (Cor-
neille), 207-8.
Jansenius, 265.
Jean de Constantinople, 119.
Jensere, 174.'
Jus civile (1575). Vide Corpus
Juris civilis.
Justinianus. Vide Corpus Juris
civilis.
Juvénal, 223-4.
Kalendarium romanum (1580),
192.
Keere (Elisabeth Van den), 206-7,
227, 238.
Keere (Henri Van den), 56-7,
I7S-7, 206, 238-9.
Kikelbergius, 172, 306.
Kimchi (David), 214-7, 222,243.
Krai, 1 1.
Laiquier, Languier, Layquier ou
Larguier (Ph,), 85-6.
Landry (Pierre), 63-5.
Lange (Balduin de), 155.
Langius (Théod.), 260-1, 265.
Languet(Hub.), 178-9,310, 321.
Lassus (Orl. di), 17.
Latomus, 263.
Lauren, sergeant, 218.
Laurentius, 164-6.
Leest (Ant. Van) 17, 84, 258,
275.
Le Grand (Ch.), 190.
Lenoir (Guill.), 63.
Leoninus (Elb.), 263.
Léopard (Paul), 263.
Le Petit (J. F.), 93.
Liesvelt (Th. van), 186-9.
Lindanus (Guill.), évêque de Ru-
remonde, 263.
Lipse (Juste), 48-9, 100-1,117-8,
123-4,210-1, 213,253-4,263.
— Tacitus (1574-81), 123-4,
241-2.
— Comnientarius Taciti, 115,
253-4, 267-9, 285.
— Electorum liber, 118.
— Satyra Menippea, 232-3,
239-42, 2456.
Litterinus ou Littorinus (Hub.),
193, 195, 197, 207-10.
Livineius (J. Lievens), 263.
l'Obel (M. De), Historia Planta-
runi (1576), 48-9, 177,257-8.
— Kruydtboeck (1581), 257-8,
315-6.
Lopez ^Martin), 164.'
Lucas (Fr.), 191-2.
— Notationes in Sacra Biblia,
116, 138-9, 172, 191, 197-9,
243-5.
— 329 —
— In sacr. 4 Jesu Christu Evan-
gelia comment., 158-9,
Lucilius, 263.
Lyranus, 263.
Madrutius (cardinaux Chr. &
Louis), 24-6.
Macs (Jean). 218-9.
Magnus (Simon), 277.
Maimonide. Vide Moïse d'Egypte.
Maldonado (D.), 13, 15,20,273,
292, 307-8.
Manassi (Nie), 68-9.
Manmaker (Christ, et Adr,),
186-7, 253> 255-6.
Manriques (Lud.), 52, 54-6, 72-4.
Manuce (Aide), 12, 83-4, 147-8,
161, 253-4.
Manuce (Paul), 69.
— Cicero, Epistol^e familiares
(1568), 68-9.
Marnix de Sainte- Aldegonde,
(Ph. de^, Oratio legatorum
(1578), 116.
Martinez (Mart.), 197-9.
Martyrologium (Venise), 244.
Mathias (Archiduc), 38-41, 93,
107, 1 11-2, 118, 290, 294.
Maximihen II (Empereur), 11.
Mekerchius (Ad.), 123-4.
Mêla (Pomponius), De Situ orbis,
265-6.
Melissus (Paul), 253, 257, 285-6.
Menippea. Satyre par J. Lipse,
232-3, 239-41, 245-6.
Mercator (Gérard), 98.
Mercator (Rumoldus), 96-8.
Mertens & Torfs. Geschiedenis
van Antwerpen, 316.
Metellus (Jean Matai), 178-9,
223-4, 245-6, 310-1, 317-21.
Meulen (Van der), 321.
Meyvisch (G.), 37.
Mignaut, Mignault ou Minos,
(Cl.) 115, 131-2.
Missale romanuni in-40 & in-fo,
13-5, 19-24, 41-7, s8, 73,
81-4, 8q, 106-7, 143-3, 168,
273-5, 292, 307-8, 318-9.
Modius, 263.
Moerentorf. Voir Moretus.
Mofflin ( Jean), 50, 53-6, 70,
72-4, 1 16, 169-70.
Moïse d'Egypte, 75, 303, 306-7.
Molanus (Jean). Voir Vermeulen.
Molina (Etienne), 60-1, 200-1,
263.
Monardes (Nie.), 46.
Monaw, ou Monavius i Jacques),
216-7.
Monte (Phil. de), 83-4, 290, 294.
Moretus (Jean), 17-9, 29, 34,
37,47-8,75,78,84,93,96-8.
103-4, 124-5, 127, 157, 139,
145, 166, 169, 171, 173-5,
196, 203, 219, 223-4, 233-4,
249, 254-6, 265, 269, 272,
280-4, 294, 507.
Moretus (Melchior), 98.
Moretus (Pierre), 75, 137, 175,
270.
Mornay, Sieur du Plessis Marly,
(Ph.), 307, 314.
Muret (Muretus) (Ant.), 90-1,
117-8, 159-60, 258-9, 320.
— Annotationes in 6 Terentij
Comœdias, 161.
— Varias lectiones (1580), 115,
117-8, 125-6, 148, 159-60,
178-80.
Mylius (Arnaud), 64-5, 96-8,
138-9, 153, 294, 302-3, 306.
330 —
Naiinius (P.), 261, 263.
Navarrus (Dr.) Voir Azpilcueta.
Navarre (Henri de), 175.
Niclaes (Henri), 77, 195, 195,
197.
Nicotius, 224-5.
Nivelles (Sébastien), 254.
Noël le Ducq, 98.
Noliiac (P. de). Lettere inédite
del Gard, de Granvelle, 232,
316.
Nouveau Testament grec et sy-
riaque, 52, 191.
Noviomagus (Ger.), 260.
Niiceus (Alardus), 290, 294.
Nuno (Jo.), 60-1, 200-1.
Officiuni B, Marine (i 375), 85-4,
114-), 168.
Occo (Adolphe), 297.
Olivarius, 263.
Oporinus, 48.
Orange (Prince d'), 29, 93, 179,
258.
Ortelius (Abraham), 48-9, 73-5,
140, 171-2, 178-9, 216-7,259-
61, 265-6, 286-7, 303, 305-6,
313-5.
— Theatrum orbis, 74-5, 85-6,
287, 294, 306.
— Synonymia geographica
(1578), 27.
Osorio de UUoa, 50, 56, 74.
Otho (philosophe), 263.
Ovide (1 566), 27.
Ovide (1*575), iOyS.
— Commentaire par Ciofanus,
90-1, 147-8, 150-1, 160-1,
179-82, 253-4, 258-9, 285-6,
297-8.
Oyenbrugghe (Conr. d'), 250,
252.
Pagninus (Sanctes), 27.
— Biblia, 27.
Palludanus, 169, 172, 263.
Pamelius (Jac), 78-9, 95-6, 98-
100, 125-6, 130-2.
Pantinus, 263.
Papius (Andr.), 239-41, 263.
Paracelse, 233-4, 255.
Paullus (Petrus), 300-1.
Pauwels (Jan), 164.
Pena (Diego de la), 101-2, 122-
123.
Perez (Grég.), 122.
Perez (Lopes), 256.
Perez (Louis), 49-50, 74, 90,
92-3, 97, 120, 169-71, 186,
233,237,240,255-6,305,307.
Perse. Edit. Théod. Poelman
(1585), 223-5.
Pesnot (Charles), 63-5, 69, 230-
231.
Petrarca (Fr.), 181.
Petrus (Suffridus), 179.
Philippe II, 15, 20, 22, 36-7,
38-9, 41-7, 70-1, 79, 86-90,
92-3, 102-3, 109-10, 1 18, 120-
121, 131, 130,251,275, 290-
292, 307-8, 317-20.
Photius, 8.
Picatrix, 8.
Piciorius, Dialogues, 68.
Plantin (Catherine), 78, 122.
Plantin (Henriette), 175.
Plantin (Madeleine), 122, 201-2,
284.
Plantin (Martine), 173-5, 268-
270.
— 331 —
Plantin (Père de Christophe),
202.
Plutarque. Moralia, 159-60, 211.
Poelman (Théodore). Voir Piil-
mannus.
Pol3'be, par Fulvius Ursinus,
1 18-9, 232, 259, 294-8.
Pontus de Tyard, seigneur de
Bissi, 37-8.
Porret (Pierre), 26-7, 37, 103-4,
119-20, 142, 169, 171, 183-
189, 228, 233-4, 254-6, 269,
306-8, 312.
Porta (f.B,),MagiaNaturaHs, 68.
Postel (Guillaume), 312-3.
Prunius (Corn. Pruynen, ou
Pruenen), 74-5, 164, 171, 184,
261, 265.
Psalterium (i 573-4), 235, 290-1.
Ptolémée, géographe. 178-9.
Pulmannus (Jean), 120, 122,
172, 199, 294, 296, 301, 305,
307.
Pulmannus (Théodore), 28, 119-
20, 122, 161, 172, 216-7,
223-4, 260-1, 265, 296, 305,
307.
Radœus (Eg.), 104.
Ramus (Pierre), 263.
Ranzovius (H.), 267.
■Raphaël, 2,11.
Raphelingien (Christofle), 224-
225.
Raphelingien (François), 37, 40,
70-1, 75, 77-8, 93, 137, 216-
17, 223.6, 265, 282, 303, 306.
Rasius ou Rassius (Nie), 50, 52,
75, 119-20, 142, 171, 312-3.
Ratallerus (G.), 161-2, 184-5,
225-6.
Ratloo Meyer van Limborch.
(R. van), loo-i.
Reatinus. Vide Victorius Maria-
Reinerius ou Reynerius (Corné-
lius, 171, 173.
Renialmus (Corn.). Vide Asca-
nius.
Rhenanus (Beatus), 181.
Rodolphe II, empereur, 11, 12,
31S.
Rogeis, Rogiers ou Rogerius
(Daniel), 313-5.
Romain (Jules), 12.
Rooses (Max), 57, 77, 93, 196.
Rore (Cypre de), 17.
Rubens(P. P.), 249.
Ruelens (C.) et A. De Backer,
Annales Plantiniennes, 116,
166.
Sacratus, 288.
Sadeler (f.), 172.
Salazarius (Christ.), 214, 222.
Salinis (Jean et Pierre de), 1 20- 1 .
Salluste, 57-8, 78-9, 115, 128,
130, 160-1, 210-4.
Salomon (Anneau), 8.
Sambucus (Jean), 259-60,286-8.
— Emblèmes, 260, 286-7.
Sanderus (Nie), 89-90, 114.
Sasboudus, 263. ,
Sassenus (Servatius), 158-9.
Savoie (duc de), 15.
Scaliger (Jos. J,), 232-3.
_ P. Virgulius Maro (i57 3),
233.
Scaurus (Aem.), 264.
Schede, ou Schedius. Vide Me-
lissus.
— 332 —
Scholiers (Jér.), 53-4.
Schotti (Jacques de), 248, 302.
Schottus (André), 260-6.
— Aurelius Victor, 115,213.
— Séiièque, 261.
— Pomponius Mêla, 265.
— Scriptorum Not^, 265.
Scrinius (Mich.\ 18-19.
Ségorbe (évêque de). Voir Co-
varruvias (Didacus de).
Sendt-brieven. Vide Barrefelt.
Seneca, Edition espagnole, 105-6.
— Edition de Schottus, 2^4-'^. -,
Serlio (Séb.), 9, 12, 34.
Sichardus (Jo.), 129.
Silvio (Andréa), 181.
Silvius. Vide Sylvius.
Sirlet (Guill.), cardinal, 125-6,
232, 243-4.
Sluperius Herzelensisijac.), 104.
Sonnius (François), 263.
Sonnius (Michel), i, 26-8, 37,
47. 79' 97, 99-100. 130-2,186,
188, 202, 221, 228-30, 252-3,
267-8, 281, 294, 302, 307,
Sophianus, 287.
Sophocles (1579), ^'4, 161-2,
184, 225-6, 265, 297.
Soto (Hier, de), 14, 20, 23. 44-
6, 101-2, 122, 3 19.
Spierinck;(Hans), alias' Arents,
78, 122, 137, 197.
Sfinosa (Did.), 296.
Stadius (Jérôme), 62-3, 97-8.
Stadius (Jean), 61-3, 70, 97-8,
— Florus, de gestis Romano-
runi (1567), 61-3, 97-8, 115,
128-30.
Steghen, (Waltherus Van der),
240-1.
Stella (Christ. Calvete), 294-6.
Stephanus (Rob.). Vide Estiennc.
Studlerus (Gasp.), 184,
Strada (Jacques) de Rosberg,
I-I2, 30-4.
Strada (Octavien), 12.
Strada (Paul), 8.
Stuivers, 77.
Sachet, ou Suchette (Ant.), 275-
6, 280.
Suétone, Commentaire de Tor-
rentius, 28, 50, 52-3, 114,
154-5, 160-1.
Suzanne, 173.
Sylvius (Guill.), 125, 140-1, 145,
162, 179, 250.
Sylvius, Ditlevus, 266-7.
Tacite, édition J. Lipse et Com-
mentaire, 115, 223-4, 253-4,
257-9, 285.
Taius (Jac), 184.
Tapperus, 263.
Tassis (Léonard de), maître des
postes, 214-5.
Telle (Reinier), 249.
Tennaghius, ou Tengnaghel,
(G.), 317, 320.
Térence, 114, 128, 152, 160-1.
Tertullien, 78-9, 95-6, 98-100,
130-2.
Tliéodose (colonne de), 2, 10.
Theologia Germanica (1558),
164-6.
Theophilus (]o.), 166.
Thomas (St.), Summa (1569,
1575 1, 60-1 , 105-6, 200 I,
300-1.
Thucydide, 15 9-60.
Titelmanus, 263.
"t Kint (Arn.), 193, 196-7.
Toledo (Fr. de), 122.
333 —
Toleiiare (Anth. de), 189.
Tongeren (P. van), 169, 171,
173.
Torreminus, 129.
Torrentius (Lœvinus), 74-5,
1)3-5, 183,191, 239-41. 263.
— Laevini Torrentii poemata
(i 579-1 594), 240-1.
— Suétone (1578), 50, 52-3,
114.
Trajane (colonne), 2, 9-10.
Tremellius (Emmanuel), 263.
Treterus (Th.), 173.
Trigoso, 277.
Turnhout (Gér. de), 252.
Turrianus (Fr.), 80-1, 101-3,
116, 167-8, 299-300.
Tyard. Voir Pontus.
Tyron (Ant.), 67-8.
Uffele (S. van), 164.
Ursinus (Fulvius), 12, 90-1,
230-2, 258-9, 296-9, 316.
— Polybius, 118-9, 253-4, 285,
294-7.
Valentinus (Bartelus Car. ), 1 3 2-7 ,
141-3, 169, 171-2.
Valerius (Cornélius), 49, 5 1 , 1 27,
260-1, 265.
— Institutiones grammaticae.
(1575 et 1583), 127.
— Rhetorica (1585), 127.
Valverdius (Barth.), 145-6, 148-
50, 156, 214-7, 222-3, 245.
— Psaumes, 156, 214-7.
— Spoudasmaton, 214-7.
Vanderanus, 263.
Varon(Martin de), 101-2,1 19-20,
I 22.
Varron, 261.
Vatahle (Franc.), 116, 138-9,
197-8.
Vêlez (Marquis de los), 43.
Verhel (Guill.), 270.
Verhulst (Mayken), 34.
Vermeulen (]ean)(Molanus),263 .
Verschaut (André), 141.
Victorius (Marianus Realinus),
41, 59-
Villalva (Père), 20, 289, 291.
Vincentius (Père), 60.
Viperanus (Jo. Ant.), 235-8,
301-2.
— de Scribenda historia liber
(1569^, 236-8.
— de Rege et Regno liber, 236-
237, 302.
— de Re poetica (1579), 235-8,
301-2.
— Orationes sex (i 581), 237-8.
Virbiesca (Hern. de), 20, 289,
291.
Virgilius Maro(P.), 128, 160-1.
— par Val. Guellius, 27, 115,
233.
— éd. espagnole, 105-6.
Vives (Louis), 65-6.
Vlimmerius (Jo.), 157-9.
Vosmerus (Mich.), 17-8.
Vulcanius (Bon.), 259-60.
Waichmans (J.), 37.
Wamesius, 263.
Wert (Jac. de), 266-7.
Werve (Simon van de), 218-9.
Wierickx ou Wirikx (J.), 172.
Willems (Jean), ou Harlemius,
49, 51, 138, 158.
Xénophon, 169-60.
Ximenes (André), 64, 306, 308.
— 3:)4
Ypes (Bote). Vide Epo.
Zeelstius, 263.
Zilletus (Jord.), 118.
Zohar, 75.
Zueraris, 271.
Zuerius, 263.
Zuingerus (Théod.), 48.
Zurich (Gaspar van), 248, 302.
UITTREKSEL
UIT DE
WeTTEN DER AnTWERPSCHE BlBLIOPHILEN
Art. 10. De uitgaven der Maatschappij zullen bestaan uit :
a. Prachtexemplaren op :^waar getint papier, ter perse ge-
nummerd en den naam dragende van het lid, voor
wien zij bestemd zijn, alsook de handteekens van den
voorzitter en van den secretaris. Zij u^'orden gegeven
aan de Eereleden en aan de Dienende leden van het
Bestuur.
b. Exemplaren der leden op :(waar papier, dragende den
naam van het lid, en voorzien van de handteekens
van den voorzitter en van den secretaris.
(Deze exemplaren zijn in den handel niet verkrijgbaar)
c. Exemplaren op gewoon papier, voor den boekhandel ge-
trokken, waarvan het getal en de prijs door het
bestuur vastgesteld worden. (Van de exemplaren, voor
den handel bestemd, worden er slechts van 150 tôt
300 voor elk werk getrokken).
50
U [ '1" G A V E N
DER
Alaacschappij de Antwerpschf. Bibliophilïïn.
Trijs der exemplaren voor den bandel besîemd :
' i . Max Rooses. Boek gehouden door Jan Aloretus II, als
deken der St Lucasgilde (1616-1617) Frs. 2
2. Ridder Léo de Burbure. De Antwerpsche Omme-
gangen in de XIV': en XV^ eeuw « i
3. P. Génard. De Gebroeders van der Yoort en de
volksopstand van 1477- 1478 04
4. K. Ruelens. Refereinen, afgeschreven door Jan de
Bruyne. I^ deel » 5
5. lîidder Gust. van Havre. Chronijck der Stadt Ant-
werpen,toegescbreven aan notaris Geeraard Bertrijn. » >
6. Max Rooses. Kilianus' Latijnsche gedichten. ...» 4
7. K. Ruelens. Refereinen, II« deel » 5
8. P. Génard. Biographies d'artistes anversois, par 'l'h.
Van Lerius. Tome I » ^
9. K. Ruelens. Refereinen, III^ deel » 5
10. Pli. Ronibouts. Certificats délivrés aux imprimeurs des
Pays-Bas, par Christophe Plantin » 4
1 1 . P. Génard. Biographies d'artistes anversois, par 'l'ii.
Van Lerius. Tome II » S
12. Max Rooses. Correspondance de Christophe Plantin.
Tome I . "7
15. Chev. G. van Havre. Marques typographiques des
imprimeurs et libraires anversois. Tome I . . . » 10
14. Chev. G. van Havre. Marques typographiques. T. II. » 10
15. Max Rooses. Correspondance de Chr. Plantin. Tome II » 7
(6. E. Spanoghe. Synonymia latino-teutonica ex etymo-
logico C. Kiliani deprompta. Latijiisch-N'ederlandsch
woordenboek der XVII>^ eeuw. I^ deel » 10
17. Ch. Ruelens. Le Passetemps de [ehan Lhermitc.
publié d'après le manuscrit original. Tome I. . . » 7
18. E. Spanoghe. Synonymia latino-teutonica ex etymo-
logico C. Kiliani deprompta. IL" deel
19. [. P. N. Land. Van de Hooft-Deuchden, de eerstc
tucht-verhandeling door Arnout Geulincx
20. Ch. Ruelens. Le Passetemps do Jehan Lhermite,
publié d'après le manuscrit original. Tome II
21 Max Rooses. Icônes veterum aliquot ac recentium
Medicorum, Philosophorumque elogiolis suis edi-
tae, opéra J. Sambuci » 30. —
22 E. Spanoghe en J. Vercoullie. Synonvmia latino-teuto-
nica ex etymologico C. Kiliani deprompta. 111= deel » 10. —
23 Fernand Donnet. Het Jonstich versaem der Violieren » 10. —
24. Eniiel Dilis. De rekeningen der Rederijkkamer De
Olijftak over de jaren 161 5 tôt 1629 .... « 5. —
2i. J.icobus De Wit. De kerken van Antwerpen (schil-
derijen, beeldhouvvwerken, geschilderde glasramen,
enz., in de XVIIIe eeuw) . . » >. —
26. .Max Rooses. Correspondance de Chr. Plantin. Tome 111 "
27. Jan Denucé. Oud-Nederlandsche kaartmaker.s in bc-
trekking met Plantijn. !« deel »
28. lan Denucé. Kaartmakers. 11^ deel »
29. ]. Denucé, Correspondance de Chr. Plantin. Tome IV -> 7
50. » >' » » V
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